vignette|upright=1.2|Un appareil reflex numérique grand public Nikon D3200. vignette|upright=1.7|Schéma d'un appareil reflex numérique. On distingue le capteur numérique derrière le miroir mobile.

Un appareil photographique reflex numérique (APRN, ou en anglais Digital Single-Lens Reflex, DSLR) est un appareil photographique numérique de type reflex mono-objectif utilisant un capteur numérique de grande taille (format 4/3, APS-C, APS-H, et « moyen format »), ayant une visée reflex et permettant de changer d'objectif.

Il existe également des appareils d'aspect similaire utilisant une visée électronique (appelés également « appareil à miroir semi-transparent » comme les modèles de la gamme Sony Alpha SLT). Au sens strict, ce ne sont pas des reflex car ils sont dépourvus de visée optique.

Après un lent développement des reflex numériques dans les années 1990, puis un âge d'or dans les années 2000 où ils supplantent rapidement les modèles argentiques, les années 2010, voient l'essor du smartphone et surtout des appareils photo hybrides, proposant des performances similaires au reflex mais en étant plus compacts et plus légers car dépourvus de miroir mobile et de pentaprisme, remplacés par une visée numérique ou juste dépourvus de visée. Les hybrides supplantent complètement les reflex au début des années 2020, qui sont progressivement délaissés par les fabricants.

Histoire Le , Sony présente le prototype MAVICA. Cet appareil était un appareil électronique analogique équipé d'objectifs interchangeables et d'un viseur reflex.. En 1986, Nikon dévoile un autre prototype à la photokina. La même année sort le Canon RC-701, considéré comme le précurseur des reflex numériques modernes.. En septembre 1991, la NASA lance le Nikon F4 NASA à bord de la navette spatiale Discovery lors de la mission STS-48. L'appareil photo est basé sur un F4 à la norme monture-F muni d'un capteur CCD monochrome offrant des images de 1024 x 1024 pixels sur une surface de ..

En 1999, Nikon sort le D1 équipé avec le même boîtier et les mêmes montures Nikkor que le Nikon . C'est le premier appareil reflex numérique destiné à un large marché de professionnels. Des modèles très spécialisés et à diffusion restreinte comme les Kodak de la série DCS (sur base de boîtiers Nikon) l'avaient précédéCours de photographie numérique de René Bouillot, Dunod, Paris .

Au début des années 2000, d'autres fabricants d'APRN font leur entrée sur le marché, y compris Canon, Kodak, Fujifilm, Minolta (plus tard Konica Minolta, finalement acquise par Sony), Pentax, Olympus, Panasonic, Samsung et Sigma. En , Fujifilm annonce le FinePix S1 Pro. En sort le Canon EOS-1D de 4,1 mégapixels.

En 2003, le Canon EOS 300D équipé d'un capteur de 6,3 mégapixels est le premier APRN destiné au grand public. Son succès commercial a encouragé d'autres fabricants à produire des APRN en réduisant les coûts pour créer des produits d'entrée de gamme et permettre aux photographes amateurs d'acheter un reflex numérique..

En 2004, Konica Minolta commercialise le Konica Minolta Maxxum 7D, le premier APRN équipé de stabilisation d'image. formule qui est ensuite reprise par Pentax, Olympus et Sony.

Au début de 2009 sort le Nikon D90, premier APRN à fonctionnalité d'enregistrement vidéo. Depuis lors, toutes les grandes marques offrent des appareils avec cette fonctionnalité.

Pendant longtemps, la photo numérique fait la course aux mégapixels, les utilisateurs changent donc leur matériel fréquemment pour disposer d'une définition plus élevée. La définition est, par ailleurs, une manière de hiérarchiser les modèles avec une définition relativement faible en entrée de gamme et une définition très élevée en haut de gamme. Cette course semble avoir perdu son sens puisqu'on peut désormais acquérir des modèles d'entrée de gamme offrant une définition très élevée, supérieure à celle de modèles haut de gamme de générations antérieures. Par exemple le Nikon D3200 équipé d'un capteur 24 mégapixels.

En , Canon annonce le premier APRN à proposer un écran tactile, l'EOS 650D. Bien que cette fonctionnalité est déjà largement utilisée sur les appareils compacts et hybrides, elle n'a pas encore fait son apparition sur un reflex numérique jusque-là..

Présentation thumb|upright=1.5|Coupe transversale d'un appareil photo reflex 1. Objectif 2. Miroir abaissé (image visible dans l'oculaire / le viseur) 3. Obturateur focal 4. Capteur/Film 5. Verre dépoli 6. Condensateur 7. Pentaprisme 8. Oculaire/Viseur

Les objectifs sont interchangeables, montés sur baïonnette, ce qui permet une grande variété d'utilisation. Mais chaque marque utilise une baïonnette qui lui est propre et il n'y a donc pas de possibilité d'échanger objectifs et accessoires d'une marque à l'autre. Sauf parfois avec des bagues adaptatrices mais en perdant généralement la plupart des automatismes ce qui en fait une solution peu pratique.

Un APRN se caractérise par. :

un pentaprisme associé à un miroir mobile pour la visée ; une gamme d'objectifs interchangeables (zoom, téléobjectif, grand-angle, macro, objectif à focale fixe…) ; un capteur numérique, en 2014 généralement de type CMOS de 18 à 36 MP..

Un appareil d'entrée de gamme peut avoir les variations suivantes : un pentamiroir à la place du pentaprisme (perte de luminosité, plus faible poids) ; un boîtier de construction légère à la place d'un boîtier avec une armature en alliage de magnésium ; un nombre limité de commandes rendant plus difficile une utilisation exigeante.

Un APRN est différent d'un appareil photographique bridge qui possède une ergonomie et une forme se rapprochant des reflex mais avec un capteur de taille réduite (comme un compact), une visée électronique et un objectif fixe. Ce dernier est un zoom offrant généralement des rapports de focale très importants (du grand angle au téléobjectif puissant).

Les principaux constructeurs de reflex ne proposent pas seulement des appareils mais un véritable système photographique comportant divers modèles de boîtier, une large gamme d'objectifs et de nombreux accessoires permettant d'accéder à des domaines spécialisés de la photographie car ce système doit pouvoir répondre aux besoins des professionnels. Tout cela est rarement disponible pour les autres types d'appareil mise à part les hybrides haut de gamme.

Viseur thumb|Un Canon EOS 600D à visée optique thumb|Un boitier de Sony Alpha 77 à visée électronique

Bien que les viseurs électroniques aient fait des progrès importants, ils n'offrent pas toutes les qualités d'un viseur optique, en particulier pour les utilisations en condition difficile (lumière très forte , mouvements rapides). Par contre, en très faible lumière, la visée reflex est très faiblement lumineuse, contrairement au viseur électronique.

Visée optique La visée reflex (dite TTL pour through the lens, en français « à travers l'objectif ») s'effectue à travers l'objectif grâce à un pentaprisme et un miroir. La visée optique reste la plus naturelle et plus précise.

Avantages : visée sans latence ; vue optique directe de la scène.

Inconvénients : bruit mécanique du miroir, vibrations pouvant être engendrées par le mouvement du miroir, impose un important tirage mécanique, compliquant la conception des objectifs de courte focale il est fréquent (modèles bas et milieu de gamme) que le viseur ne couvre pas l'intégralité du champ capté, ne montrant par exemple que 95 % sur chacun des axes (soit 90 %) de l’image réelle, en raison de la taille et du coût du prisme), alors que la visée électronique couvre 100 % du champ capté.

Tous les viseurs reflex ne sont pas identiques. Le grossissement du viseur, dans les spécifications des constructeurs, indique le rapport entre les dimensions du sujet dans le viseur avec un objectif de réglé sur l'infini, par rapport aux dimensions du sujet vu à l'œil nu.. En conséquence, le grossissement du viseur ne peut être comparé qu'entre modèles équipés de la même taille de capteur.. Pour les modèles à capteur APS-C, on trouve deux types de viseur correspondant à un grossissement réduit pour les modèles grand public (entre 0,75 et 0,85 X environ) qui utilisent un pentamiroir et un grossissement plus important (0,9 à 1 X environ) pour les modèles plus sophistiqués utilisant un véritable pentaprisme. Les valeurs de grossissement étant celles fournies par le constructeur dans les conditions expliquées plus haut. Il est possible de calculer le grossissement réel d'un viseur à partir des informations fournies par le fabricant avec la formule suivante : G = grossissement du viseur, V = valeur de grossissement fournie par le fabricant, C = facteur de conversion (par exemple 1,5 pour APS-C), D = couverture en % La validité des résultats peut être vérifiée en appliquant la formule à des modèles dont les tests sont disponibles..

Avec un système aussi complexe, il est difficile d'obtenir exactement le même cadrage dans le viseur et sur le capteur. Pour cette raison, les modèles grand public montrent, dans le viseur, une image légèrement recadrée par rapport à celle qui sera réellement enregistrée par le capteur donc l'image finale obtenue. La différence se mesure en pourcentage, la valeur typique pour un reflex grand public étant de l'ordre de 95 %. Il faut remarquer que le viseur ne procure généralement pas un recadrage identique sur tous les bords de l'image : c'est une raison de ce recadrage afin qu'aucune partie de l'image finale ne soit coupée par rapport à ce que le photographe a vu dans son viseur. Avec un modèle plus élaboré, il est possible d'obtenir un viseur dit 100 % censé donc procurer un cadrage identique dans le viseur et sur l'image finale. Cette précision se traduit par un prix plus élevé.

L'oculaire du viseur a également son importance. Le dégagement oculaire peut être plus ou moins important ce qui influe sur le confort d'utilisation et peut ou non permettre la visée avec des lunettes. Tous les reflex disposent d'un réglage dioptrique (permettant l'adaptation à la vue de l'utilisateur) mais l'amplitude de ce réglage peut être plus ou moins grande. L'oculaire dispose généralement d'un œilleton amovible pouvant être retiré pour le montage d'accessoires de visée ou de verres correcteurs.

Enfin le viseur constitue le centre de contrôle de l'appareil permettant au photographe de vérifier et de régler tous les paramètres essentiels de la prise de vue. Sur l'image cadrée, un viseur de reflex présente, en surimpression, les zones de détection pour le système autofocus et, éventuellement (en fonction des réglages adoptés) celui ou ceux qui sont actifs. À ces éléments essentiels, il peut s'ajouter des aides à la prise de vue comme des lignes repères et un horizon artificiel permettant un cadrage précis. Sous le cadre de l'image, se trouvent les informations techniques essentielles de la prise de vue (vitesse, diaphragme, sensibilité ISO, etc.). Le photographe peut ainsi gérer ces paramètres sans que son œil quitte le viseur donc sans risquer de perdre une prise de vue importante. Du moins avec les modèles qui disposent des commandes adéquates et n'exigent pas de passer par les menus pour y accéder.

Visée par l'écran