Baigneuse assise sur un rocher est un tableau réalisé par le peintre franco-suisse Félix Vallotton en 1910. De format horizontal, cette huile sur toile est un nu féminin qui représente une jeune baigneuse assise sur un rocher au bord d'une mer calme. Aperçue de dos, elle se tient déhanchée, sa main gauche près de son talon gauche. Donation de George et Adèle Besson en 1963, l'œuvre fait partie des collections du musée national d'Art moderne, à Paris... Elle se trouve depuis 1970-1971 en dépôt au musée des Beaux-Arts et d'Archéologie de Besançon, à Besançon, dans le Doubs...
Dès 1904, Vallotton acquiert sa renommée grâce à ses paysages et son thème principal, le nu féminin. Son amitié avec les Nabis l’oriente vers une esthétique influencée par l’Ecole du Pont-Aven, caractérisée par la découpe d’une surface par les cernes et juxtaposer des plans colorés aux valeurs très contrastées.
C’est par ses tons acidulés traités en à plat et à la facture <<léchée>> qu’il se fait surnommer le “Cabanel du lac Léman”. Dans ce traitement du corps féminin, l’anatomie ne donne pas à rendre une rigoureuse restitution de la réalité, mais plutôt un jeu de couleurs avant d’être un sujet, par le bleu et le rose détonnants. L’accentuation graphique des formes corporelles, notamment des hanches et du bassin, crée un aspect révélateur. L'œuvre savamment dotée de courbes invite le spectateur à contempler la contorsion du corps à travers les parenthèses des bras encerclant son dos. Une analyse approfondie révèle une possible anamorphose qui semble rapprocher le rocher à la chevelure de la baigneuse ainsi que le traitement du sable rosé à sa nuque.
La figure de la baigneuse nue évoque des références mythologiques, telles qu’Andromède attachée au rocher ou Vénus. Une ligne sinueuse qui prolonge tout son dos jusqu’à son pied gauche semble montrer l’intérêt que le peintre porte aux arabesques d’Ingres signifiant la beauté.
Cette représentation du nudisme dans un cadre naturaliste suscite l’intérêt des artistes du XIXème siècle, bien que certains critiquent le traitement formellement froid et provoquant de la sensualité du corps. L’interprétation de la noyade, suggérée par la distance entre le corps de la femme et l’eau faisant référence au monde réel renforce le thème de la mort. La disparition de son reflet dans l’eau souligne cette atmosphère de mystère et de fatalité dans l’environnement austère.
Des collectionneurs comme George Besson remarquent sa virtuosité dans ce détachement par la couleur, avec ce corps violacé et l’achète avant d’en faire don à l’Etat.
Références
Voir aussi
Bibliographie
Julien Cosnuau, Yohan Rimau, Nicolas Surlapierre, Guide des collections du Musée des beaux-arts et d'archéologie de Besançon, SilvanaEditoriale, Besançon, 2018, 287 p. .
Liens externes
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