Léon Lesca est un entrepreneur, homme d'affaires et propriétaire foncier français né le à La Teste-de-Buch en Gironde et mort le au lieu dit L'Herbe, sur le territoire de la même commune.
Il acquiert au et développe un vaste domaine sur la presqu'île du Cap Ferret, dont l'urbanisation est alors insignifiante, prémices de la future station balnéaire.
Biographie Les Lesca constituent une ancienne famille testerine qui compte au des marins, des tenanciers de relais de poste, des tonneliers, des vignerons. À partir de 1780, elle investit dans le pin et son gemmage et devient au , avec plus de de pinède, un des plus gros propriétaires de la région.
Bernard dit Léon Lesca naît le à La Teste-de-Buch, dans une famille de six enfants. Il épouse en 1860 Coraly Godbarge, de quinze ans sa cadette, fille de sa cousine germaine et d'un entrepreneur de travaux publics bourguignonCoraly (ou Marie Coralie) est la fille de Marie Justine Lesca, cousine germaine de Léon (le père de celle-ci, Jean Patriote, et celui de Léon, Pierre Aîné, sont frères). Elle naît en 1840 à La Teste et meurt en 1923 à L'Herbe.. À Bordeaux, le couple se fait édifier un immeuble au 130, rue du Palais-Gallien. Il aura six enfants.
Associé à son beau-père, il participe à la construction du port de Boulogne, des quais de Toulouse, de la ligne de chemin de fer Toulouse - Castelnaudary. C'est surtout en Algérie qu'il fait fortune, grâce au marché de construction des quais du port d'Alger obtenu en 1862 et à celui de la voie ferrée qui relie Constantine à Philippeville.
thumb|gauche|La « villa algérienne » de Léon Lesca vers 1900. De retour en métropole, Léon acquiert avec son frère FrédérickJoseph dit Frédérick Lesca, de dix ans l'aîné de son frère Léon, se consacre à l'exploitation du pin des Landes. Il en commercialise le bois et les produits résineux, via la société térébenthine Lesca qu'il fonde et sa société de tonnellerie. Il fait construire une villa, Les Hirondelles, au lieu-dit « La Pointe aux chevaux ». un domaine de en partie marécageux sur le flanc est de la presqu'île du Cap Ferret, entre les lieux-dits Le BoqueAujourd'hui, « Bélisaire ». et Piquey. Napoléon III vient en effet de mettre aux enchères ces terres dans le cadre d'une campagne d'aliénation des forêts domaniales menée entre 1860 et 1863. Non desservies par la route et accessibles uniquement par voie d'eau, elles sont alors quasiment désertes. Chaque frère se bâtit un relais de chasse au BoqueLe Saint Hubert pour Léon et le Chalet du cap (qui existe encore) pour Frédérick.Clément Arion, « L’incroyable histoire de la famille Lesca, les « inventeurs » du Cap Ferret », lefigaro.fr, 7 avril 2026..
thumb|gauche|La chapelle privée attenante. De 1865 à 1885 Léon confie à l'architecte Eugène Ormières la construction une villa dans le style mauresque au lieu-dit GnagnotteAujourd'hui nommé « L'Herbe ».. Autour, il fait aménager un parc exotique de , avec pont en rocaille, grotte artificielle et statues. Il construit un presbytère, une école, une jetée, des maisons pour le personnel. La chapelle Sainte-Marie-du-Cap (1885) est le dernier de ces édifices et le principal vestige de la propriété subsistant au . Le style des constructions conduit les contemporains à surnommer le hameau « village malgache » ou « africain ». La maison accueille des personnalités importantes : Adolphe Thiers, Sarah Bernhardt, la reine Ranavalona III, etc.
Plus loin, Léon Lesca fait installer des parcs à huîtres, creuser des réservoirs à poissonsAu lieu-dit aujourd'hui « Piraillan »., planter un vignobleAu lieu dit aujourd'hui « La Vigne ». . Humaniste, il emploie quatre-vingt personnes dans son domaine et fonde une société de protection des ostréiculteurs.
thumb|Le Grand Hôtel d'Arcachon. Au sud du bassin, il fait construire en 1866 le Grand Hôtel d'Arcachon, de proportions grandioses avec ses 100 chambres luxueusesY descendent le gotha de l'aristocratie et de la haute bourgeoisie européennes, la reine Ranavalona III, l'impératrice Sissi, etc. Grandement détruit par un incendie en 1910, il sera remplacé par un établissement encore plus vaste..
En 1896, après la mort de son frère Frédérick, Léon et ses neveux et nièces créent un lotissement de vingt-trois parcelles, première ébauche de la future station balnéaire du Cap-Ferret. Il co-fonde en 1902 une compagnie maritime pour exploiter le vapeur Courrier du Cap, qui relie le Cap-Ferret à Arcachon.
Léon Lesca est conseiller général de la Gironde de 1874 à 1899. Il acquiert en 1906 de vastes fonciers boisés à Pyla-sur-Mer.
Il meurt dans sa « villa algérienne » le et est inhumé à Bordeaux, au cimetière de la Chartreuse.
La demeure quant à elle périclite : tombée en indivision, elle est occupée par les Allemands pendant la guerre et son parc n'est plus entretenu. Rongée par les termites, elle échoit par tirage au sort à l'un des descendants, qui s'en débarrasse au profit d'un hôtelier. Celui-ci la cède vite à des promoteurs qui la font détruire en 1965 pour construire un immeuble de villégiature.
Distinctions () (1887)Édouard Féret, Annuaire du Tout-Sud-Ouest illustré 1907-1908, Féret & fils éditeur, p. 490 ; et Édouard Féret, Statistique générale [...] du département de la Gironde, Première partie, Biographies, Féret & fils éditeur, 1889, p. 401. Son nom a été donné par la municipalité à une avenue de Lège-Cap-Ferret.
Notes et références Notes
Références
Catégorie:Entrepreneur français Catégorie:Entrepreneur du XIXe siècle Catégorie:Chevalier de la Légion d'honneur décoré en 1891 Catégorie:Officier des Palmes académiques Catégorie:Naissance en novembre 1825 Catégorie:Décès en juillet 1913 Catégorie:Naissance à La Teste-de-Buch Catégorie:Décès à La Teste-de-Buch Catégorie:Décès à 87 ans