Les mégalithes de Carnac et des rives du Morbihan sont un ensemble de mégalithes néolithiques inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO lors de sa , le , à Paris.....
Il s'agit d'un bien en série regroupant quatre sites répartis dans le Morbihan, en Bretagne, et entourés d'une seule zone tampon suggérant l'existence d'un paysage culturel aujourd'hui disparu, mais non reconnu par l'Unesco. Les quatre sites sont désignés comme étant le « plateau de Carnac - bassin du Gouyanzeur » (aire 1), la « presqu’île de Quiberon - bassin de Kerboulevin » (aire 2), la « confluence des trois rivières » (à l'ouest du golfe du Morbihan) (aire 3), et la « confluence des rivières du Bono et d’Auray » (aire 4).
Ils incluent des mégalithes de nature variée comme des menhirs, notamment sous forme de grands alignements, des dolmens, des cairns et des tumulus. Les éléments les plus célèbres du bien sont les alignements de Carnac, le tumulus Saint-Michel, les mégalithes de Locmariaquer (dont le grand menhir brisé d'Er Grah et la table des Marchands), et le cairn de Gavrinis. Plusieurs d'entre eux sont le support de gravures, et de nombreux objets funéraires y ont été retrouvés et sont exposés dans le musée de Préhistoire de Carnac.
Historique
Durant le Néolithique Les mégalithes ont été érigés entre et , à l'interface entre la culture cardiale et la culture rubanée.
Durant l'époque moderne
Fouilles et protections
Mise en valeur Les objets collectés par James Miln de Woodhill sont exposés dès 1875 dans sa chambre à l'hôtel des Voyageurs de Carnac. Après sa mort son frère, Robert Miln fait bâtir le musée Miln qui ouvre en 1882 et qu'il donne à la ville de Carnac. Le musée est enrichi des collections de Zacharie Le Rouzic. En 1984 un nouveau musée, le musée de Préhistoire James Miln-Zacharie Le Rouzic, est inauguré dans l'ancien presbytère. Dans le cadre de l'inscription au Patrimoine mondial, un nouveau musée est envisagé.
La candidature au patrimoine mondial Le projet d'inscription date des années , avec l'inscription des alignements de Carnac, devenus sites mégalithiques de Carnac en .. Le projet est relancé en , puis en avec la fondation d'une association, Paysages de mégalithes de Carnac et du Sud-Morbihan, qui dépose un dossier en . Le bien a été étendu à un ensemble de sites mégalithiques répartis entre Carnac, la presqu'île de Quiberon et le golfe du Morbihan, afin de prendre en compte l'histoire globale du mégalithisme dans la région.. Le bien est finalement inscrit le , lors de la session qui s'est tenue à Paris, siège de l'institution onusienne.
Les mégalithes du bien Les mégalithes inscrits constituent une partie des mégalithes du Morbihan. Il s'agit principalement de plus de , réparties en . Le dossier identifie au total et monuments mégalithiques, dont 398 dans le bien et 159 dans la zone tampon. Les sites ont été numérotés d'ouest en est. Certains sites, comme les dépôts archéologiques, ne présentent plus de vestiges visibles, mais ont néanmoins été inclus, et sont identifiés par une numérotation en chiffres romains (de à ).
Zone Superficie (ha) Communes Sites Aire 1 : plateau de Carnac - bassin du Gouyanzeur 6 286 Aire 2 : presqu'île de Quiberon - bassin de Kerboulevin 2 13 Aire 3 : confluence des trois rivières 8 89 Aire 4 : confluence des rivières du Bono et d’Auray 886 3 10 Bien 18 398 Zone tampon 21 159 Total 28 557
Les types de mégalithes Le dossier vise a préserver l'ensemble mégalithique du Morbihan. Pour cela il est fait une première distinction entre les monuments, les sites (constitués de plusieurs monuments), et les différents dépôts de matériel archéologique, dénommés "déposition", liés ou non à un site ou un monument. Compte tenu des recherches archéologiques récentes et de l'histoire de l'archéologie, le dossier mélange fréquemment une terminologie historique (souvent basée en français sur une terminologie bretonne), parfois imprécise et une terminologie dont la définition est plus stricte. Par exemple, le terme menhir se traduit par "pierre longue", et pourrait donc désigner toute pierre longue, verticale ou horizontale, de nature anthropique ou naturelle, c'est pourquoi l'archéologie préfère celui de stèle pour désigner une pierre érigée verticalement par des êtres humains ; le dossier les qualifie donc de menhir/stèle. Par conséquent, le dossier considère les éléments mégalithiques suivants :
alignement/ouvrage de stèles : suite de stèles disposées sur une ou plusieurs lignes parallèles. Par exemple, les alignements de Carnac, ou l'ancien alignement du grand menhir brisé. Cairn : monument appareillé en maçonnerie sèche, protégeant une ou plusieurs tombes à couloir. Par exemple, le cairn de Gavrinis. Ciste : tombe entièrement close. Dolmen/tombe à couloir : sépulture constituée de tables de pierre formant un couloir menant à une chambre funéraire. Dolmen/allée couverte (ou dolmen/tombe à vestibule) : monument aux parois parallèles et de hauteur constante, dont l'accès se fait par un vestibule. Enceinte/ouvrage de stèles : stèles disposées en arc de cercle, les enceintes sont souvent associées à des alignements. Parfois formant des quadrilatères. Enceinte/habitat : surface ceinturée par des talus de pierre, souvent renforcés par des pierres dressées. Par exemple, l'habitat du Lizio à Carnac. Menhir/stèle : monolithe placé en position verticale (le terme de stèle seul peut désigner toute une diversité de pierre dressées, comme des bornes ou des statues). Roche gravée/affleurement gravé. Tombe à couloir et chambre simple : lorsque la distinction est facile entre le couloir et la chambre funéraire. Tombe à couloir et cellules latérales : présence d’une ou de plusieurs petites cellules greffées sur la chambre. Par exemple le dolmen de Kermarquer à La Trinité-sur-Mer. Tombe à couloir avec chambre compartimentée : lorsque la chambre funéraire est cloisonnée, généralement soit en quatre parties égales (dolmen de Mané-Groh), soit en deux parties inégale (formant une antichambre) (dolmen du Mané-Rutual). Tombe à couloir et chambre évasée : lorsque le passage du couloir vers la chambre est progressif, suite à un évasement du couloir. Par exemple, les dolmens de la Pointe de Pen Nioul. Tombe mégalithique transeptée : long couloir desservant généralement plusieurs chambres, formant une croix à une ou plusieurs branches. Par exemple le dolmen de Keriaval. Tombe mégalithique coudée : avec un changement de direction du couloir. Par exemple, les Pierres Plates, à Locmariaquer. Tombe mégalithique à entrée latérale : avec une chambre funéraire très allongée accolé au couloir, permettant un accès par un long côté. Par exemple le dolmen de Kerlescan. Tumulus : monument qui recouvre une ou plusieurs tombes avec de la pierre ou de la terre. Souvent associé avec les termes cairn ou tertre selon la nature des éléments constitutifs. Tumulus/tertre : lorsque le tumulus est majoritairement composé de terre. Recouvre généralement des fosses, des cistes ou des stèles, et est peu élevé. Tumulus carnacéen : tumulus de grande taille. Ils sont constitués d'un noyau en pierre, enveloppé d'une gangue d'argile, surmonté de pierre, et recouvrant des cistes. Il en existe trois : le tumulus Saint-Michel à Carnac, le tumulus du Mané er Hroëck à Locmariaquer et le tumulus de Tumiac à Arzon.
Aire 1 : plateau de Carnac - bassin du Gouyanzeur Il s'agit de la plus grande des quatre zones du bien : elle s'étend sur sur six communes (Carnac, Crach, Erdeven, La Trinité-sur-Mer, Ploërmel, et Plouharnel) et inclut .