La Société des félibres de Paris, aussi appelée Amis de la langue d'oc est une société savante félibréenne fondée en 1879, et refondée en 1920.
Historique La première Société (1879-1914) Le , des Cigaliers (Jean Barnabé Amy, Pierre Grivolas, Joseph Bauquier, Maurice-Louis Faure, Louis Gleize, Antoine Duc et Baptiste Bonnet) souhaitant fondent la Société. Le nombre de membres est fixé à cinquante, avec obligation pour les nouveaux de prononcer un discours de réception en langue d'oc. Ils se réunissent lors d'une séance hebdomadaire et d'un repas mensuel. La Société participe la même année pour la première fois à la félibrée de Sceaux.
Ivan Gaussen résume ainsi son programme d'alors : .
Les Félibres de Paris se livrent aussi à de multiples excursions en province, le plus souvent avec les Cigaliers. En 1892, Frédéric Amouretti et Charles Maurras, ne se contentant pas de ces activités, lisent devant la Société leur Manifeste fédéraliste. Ils s'attirent des réactions hostiles, dont celle de Pierre Laffitte. Maurras est exclu en 1893, et crée alors avec Amouretti et quelques autres l'école parisienne du Félibrige.
En 1894, la Société s'affilie au Félibrige. La création d'une Mantenènço aurouso, avec comme siège Paris, est prévue à la même occasion.
En 1909, à la suite d'une crise de succession, une scission est provoquée par la création de la Société occitane de Paris autour de Paul Mariéton. Selon Jean Fourié, la Société en ressort .
La Première Guerre mondiale conduit à la dispersion de la Société, qui est déjà en 1914, se cantonnant à un banquet annuel et à la participation à la félibrée.
La refondation des Amis (1920-1940) En 1918, alors que seule une vingtaine de félibres demeurent officiellement membres, Joseph Loubet refonde la Société, dans l'optique d'. En 1920, Loubet envoie au nom de la Société un mandadis pour définir son programmeAvant-propos de Marcel Decremps à Fourié 1987a (non paginé).. Le de la même année, on adopte le nom d'. On renonce aux discours de réception au sein de la Société et aux pèlerinages à Sceaux, pour laisser place à des réunions plus intimistes et informelles, avec une ouverture en direction des jeunes et des spécialistes de linguistique et de littérature. La première activité de la Société refondée consiste en un hommage à Alexandre Peyron au , marquant l'importance pour les membres de et du .
La sociologie du groupe se caractérise par une grande diversité, même si le monde ouvrier est absent.
En , les Félibres de Paris retournent à Sceaux pour inaugurer le buste de Clovis Hugues au jardin des Félibres, puis en 1924 pour celui de Maurice-Louis Faure, avant de cesser de s'y rendre jusqu'en 1929. Ils prennent part en à la Semaine languedocienne à Paris, notamment en s'impliquant dans l'organisation des représentations de Lous Proufitaires d'Émile Barthe à la Maison de la Mutualité. En 1925, on commémore le centenaire de la naissance d'Antoine Bigot, avec notamment une causerie remarquée de Nicolas Lasserre.
La Société tisse aussi des liens avec des sociétés de méridionaux, comme Les Enfants du Gard à Paris ou la Ligue auvergnate.
L'affiliation au Félibrige est officialisée le .
En 1928, la Société comprend 29 auteurs en langue d’oc. En mars de la même année, une commémoration de la mort de Frédéric Mistral offre l'occasion d'une veillée au Musée social, avec de multiples interventions et récitations de poèmes, et qui est rediffusée à la station TSF de la tour Eiffel. En , Ivan Gaussen livre une série de causeries dédiées à Louis Roumieux. La même année, la Société participe avec la Gazette des méridionaux à l’anniversaire de la mort de Mistral dans l'amphithéâtre Descartes de la Sorbonne.
La même année, on choisit de renouer avec la félibrée de Sceaux. Peu après, Loubet annonce son retrait dans la Gazette des méridionaux ; mais à la faveur d'une assemblée générale extraordinaire, Lasserre organise le de la Société, en renouvelant l'équipe et en lançant un .
C'est à cette époque que les Amis commencent à prendre part aux dîners organisés par le journaliste Adrien Frissant. Ils se retrouvent aussi aux repas donnés par Prosper Montagné en 1926 et 1927. Ils participent en outre aux veillées littéraires du groupe félibréen auvergnat Le Covize.
À partir de 1929, Nicolas Lasserre lance des séances hebdomadaires consacrées à des interventions, séances qui durent sans interruption jusqu'aux années 1960, hormis durant la Seconde Guerre mondiale, et dont le verbatim est recueilli dans des comptes-rendus représentant plus d’un millier de pages, dont une partie est recueillie en 1963 dans Li Divèndre dis ami de la lengo d'o. Tous les dialectes et graphies d'oc sont admis, ainsi que le précise le numéro 2 du Bulletin de ; mais c'est en provençal dans la graphie mistralienne que sont rédigés les documents. Jean Fourié voit dans le Félibrige parisien .
Les réunions se tiennent au café des Ministères (1920-1930), au café de la Concorde (1930-1931), puis au café Voltaire jusqu’à la guerre. La cotisation annuelle est de dix francs. En , les Amis se dotent d'un bulletin de liaison. La même année, de multiples manifestations sont organisées.
L'année suivante, le bureau des Amis est représenté au centenaire mistralien dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne.
Le premier numéro de la revue paraît en 1932 ; il comprend diverses annonces, articles, poèmes, nouvelles ou critiques d'ouvrages. Il recense 130 membres, parmi lesquels des parlementaires, des majoraux du Félibrige, et des écrivains, principalement d’origine gardoise et montpelliéraine.
En 1933, les Amis lancent une souscription pour la publication d'un album consacré à Grégoire Calvet.
En 1934, la Société adresse un questionnaire à ses membres, portant sur les modalités de son action ; une trentaine de réponses sont prises en compte. La même année, elle impulse la relance des jeux floraux de Sceaux.
La Société consacre en outre des séances au dépouillement des articles parus dans des revues en occitan, qui sont discutés par les membres.
En mars, elle commémore la mort de Frédéric Mistral, et en décembre fête Noël avec la traditionnelle veillée calendale.
En 1939, les Amis se consacrent à la question de l'enseignement de la langue d'oc, en envoyant en janvier un questionnaire aux enseignants méridionaux, puis en faisant circuler en avril une pétition en ce sens.
En , à l'occasion d'un hommage à un félibre, il est décidé d'organiser des rencontres régulières des groupes mistraliens de Paris (outre les Amis, la Respelido et la Cacho-Maio), mais ce projet ne voit pas le jour du fait de l’imminence de la guerre. Au sein de la Société, un comité se crée pour venir en aide aux intellectuels catalans réfugiés chez Loubet. Le , un dernier dîner rassemble au Café Voltaire 38 personnes. Les jeux floraux 1940 sont annulés. Jean Fourié note qu', les membres étant dispersés du fait du conflit. Seul Loubet continue de maintenir le lien avec les uns et les autres et de donner de leurs nouvelles dans sa Gazeto. Parmi les événements, on recense uniquement une réunion suivie d'une messe à la mémoire de Marie Mistral en , et une matinée poétique consacrée à Mistral à la Comédie-Française en .
De la Libération aux années 1970 Après la Libération, Loubet s'efforce de , en travaillant dans deux directions : .
Les réunions reprennent de façon irrégulière en au Saint-Sulpice, et de façon hebdomadaire à compter de . La cotisation est portée à trente francs, puis à cinquante en .
Au printemps 1946, une manifestation importante pour l'anniversaire de Mistral voit une intervention d'André Chamson. En février, les Amis organisent à la galerie La Boétie une soirée-débat présidée par Jean Cassou. Roger Roux propose à partir d'avril des cours de provençal.
Le deuxième vendredi de chaque mois est désormais consacrée à la culture et la langue catalanes, .
Le premier bulletin d'après-guerre paraît en ; il y a alors une cinquantaine d'adhérents. En 1947, un grand nombre d'activités est organisé. Les Amis reçoivent diverses visites de personnalités. La première félibrée de Sceaux depuis la guerre rassemble en masse les Amis.
En , à l'occasion d'une séance consacrée au théâtre d'oc, la Respelido interprète devant la Société une comédie de Joseph Bernard. Le même mois, Henri Chabrol représente les Amis lors d'un hommage à Alphonse Daudet en Sorbonne. En mai, un grand banquet est donné à l'occasion de la remise de la cigale de majoral à Pierre-Louis Berthaud.
En 1949, on fait ériger le buste de Jules Charles-Roux, ancien président de la Société, à Sceaux. Cette même année, le bulletin devient mensuel. En mai, les Amis patronnent une conférence de à la Sorbonne sur la Renaissance catalane. En septembre, Gaussen donne un entretien sur les Amis à Paris Inter.
Le vote de la loi Deixonne est favorisé en 1950 par l'activisme de Berthaud, soutenu par Gaussen et Jean Lesaffre. En décembre, on fait entendre pour la première fois des disques en langue d'oc lors d'une réunion.
En 1951, après la mort de Loubet, la Société est officiellement déclarée en préfecture. Elle lance dans la foulée une enquête sur l'application de la loi Deixonne. En octobre, la cotisation est portée à deux cents francs.
En 1952, alors que deux Amis, Roger Barthe et Jean Lesaffre, sont candidats au consistoire du Félibrige, ils ne sont pas élus ; cela provoque la démission de Berthaud de sa cigale de majoral. L'affaire provoque des remous durablesYan Lespoux, Pierre-Louis Berthaud : un occitaniste dans le siècle, Lormont, Le Bord de l'eau, 2023, p. 183..
En , les Amis émettent une protestation contre un discours de Jacques de Lacretelle appelant Mistral le et moquant la langue d'oc. C'est aussi l'année du centenaire du Félibrige, marquée notamment par un discours de Gaussen à la Sorbonne évoquant les liens de Mistral avec ses homologues parisiens, et surtout par la publication d'une anthologie, Dis Aup i Pirenèu. En octobre, la cotisation passe à trois cents francs.
En , l'Ami Chamson, élu à l'Académie française, est reçu au sein de la Société, qui lance une souscription pour l'achat de son épée. Un an plus tard, il est reçu au sein de l'immortelle compagnie, et dresse en présence de nombreux félibres parisiens.
À partir de 1958 et jusqu'en 1968, une messe annuelle, principalement à l'église Saint-Eustache, comporte un sermon en occitan donné par Marcel Petit.
En 1959, de nombreuses manifestations sont organisées en partenariat avec les Amis pour célébrer le centenaire de la publication de Mirèio. La même année, un arrêté du haut commissaire à la Jeunesse et aux Sports Maurice Herzog attribue aux Amis l'agrément comme .
En 1960, les Amis doivent quitter le Saint-Sulpice pour s'établir Aux armes de la ville. En octobre, ils sont représentés au Congrès national des provinces françaises.
En , un certain Faure enregistre plusieurs membresParmi lesquels Jean Bonnafous, Ivan Gaussen, André Paret, Edgard Raizon ou Roger Roux. pour le Musée des parlers français, qui conduit à l'édition d'un disque aux éditions du Signal.
En , c'est la première fois qu'une réunion est accompagnée de diapositives et d'une bande son.
En , la Société est traversée par une , qui se conclut par la démission d'André Paret, un des piliers, et la mise en sommeil de La Respelido ; elle est notamment due à la montée en puissance de L'Estrambord, groupe folklorique émanant de Pampres et Lys et qui concurrence La Respelido.
En , la Société est délocalisée au Saint-Séverin, puis à la brasserie Tourtel, et l'année suivante au Zeyer.
En , on décide de monter une équipe pour dresser une .