L’insurrection du Katanga est une rébellion persistante animée par divers groupes armés opérant en République démocratique du Congo, parmi lesquels certains revendiquent l’établissement d’un État autonome au sein de la province du Katanga. Bien que ce soulèvement se manifeste sous différentes formes depuis 1963, les factions insurgées ont accru leurs activités à la suite de l’évasion carcérale de 2011, laquelle permit la libération de Gédéon Kyungu Mutanga. Ce dernier dirigeait alors la majeure partie des mouvements séparatistes katangais avant de se rendre aux autorités congolaises en .

Depuis l’an 2000, les combattants des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) s’adonnent à un conflit armé d’intensité modérée opposant les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) ainsi que plusieurs factions séparatistes katangaises. Leurs activités insurrectionnelles se concentrent principalement dans les contrées septentrionales-orientales du Katanga, jouxtant la frontière sud-kivutienne. Ces hostilités prolongées ont engendré un exode massif, évalué à près de six cent mille personnes, fuyant vers d’autres provinces congolaises. Le bilan humain, demeuré indéterminé, inclut une multitude de civils décédés en raison des affrontements.

Contexte gauche|vignette| Une carte du Katanga L’insurrection et l’instabilité politique émergèrent au Katanga dès les lendemains de l’accession à l’indépendance de la République Démocratique du Congo en 1960. Soutenue par la Belgique, qui y voyait le moyen d’établir un État vassal afin de préserver ses intérêts dans cette contrée riche en ressources minières, la province tenta de faire sécession. Proclamé président de cet éphémère État katangais, Moïse Tshombé ne parvint toutefois pas à assurer la pérennité de son autorité face aux forces centrales durant la crise congolaise. L’opération Grandslam en 1963 mit un terme à cette entreprise sécessionniste.

Début de l'insurrection À la suite de l’opération Grandslam, les forces combattantes de la gendarmerie katangaise, composante militaire de l’État sécessionniste du Katanga, furent sommées de déposer les armes ou de s’incorporer à l’Armée nationale congolaise. Toutefois, une multitude de gendarmes choisirent de se soustraire à cette injonction, se réfugiant dans la clandestinité, voire opposant une résistance armée aux troupes gouvernementales. Près de huit mille de ces combattants demeurèrent introuvables, leur sort restant indéterminé. Un contingent non négligeable de ces gendarmes se replia vers des territoires limitrophes, notamment la Rhodésie du Nord et l’Angola portugais. Les autorités coloniales lusitaniennes, percevant en ces hommes une ressource stratégique, les regroupèrent dans des camps dits « de réfugiés », lesquels fonctionnaient en réalité comme des centres d’instruction militaire pour insurgés. En 1964, lorsque Moïse Tshombé accéda au poste de Premier ministre de la République démocratique du Congo, il mobilisa sans délai ces gendarmes exilés pour réprimer la rébellion Simba. Leur engagement contribua significativement au rétablissement de l’autorité du gouvernement central. Néanmoins, la disgrâce politique de Tshombé en 1965, suivie de la prise de pouvoir par Mobutu Sese Seko – qui renommera ultérieurement le pays « Zaïre » –, modifia leur statut. Considérés avec méfiance par le nouveau régime, les gendarmes katangais conservèrent une distance politique à son égard. Cette défiance culmina en une vaine mutinerie en , rapidement réprimée par les forces loyalistes.

Les gendarmes katangais se retirèrent ultérieurement en Angola, mais le dessein de Tshombé de les employer pour une reconquête s’évanouit lorsqu’il fut incarcéré en Algérie en 1967. En exil angolais, ces forces se réorganisèrent sous la bannière du Front de libération nationale du Congo (FLNC). Le FLNC entreprit deux expéditions militaires visant à reconquérir le Katanga en 1977 et 1978, respectivement dénommées Shaba I et Shaba II, lancées depuis leurs bases angolaises. Lors de la première incursion, le FLNC obtint quelques succès initiaux, parvenant à rassembler une cohorte de six à sept mille hommes sur le sol katangais. Toutefois, les insurgés furent refoulés après que le gouvernement zaïrois eut bénéficié d’un concours militaire étranger. La seconde tentative, Shaba II, permit aux rebelles de s’emparer provisoirement de Kolwezi, cité stratégique. Le FLNC leva alors une milice indigène et tenta d’étendre son emprise, mais son entreprise échoua une nouvelle fois en raison d’une intervention extérieure. Une force aéroportée franco-belge, déployée lors de l’opération Léopard, reprit la ville, contraignant in fine le FLNC à se retrancher en Angola.

Malgré l’insuccès des incursions au Shaba, la mouvance sécessionniste perdura sous forme d’une agitation insurrectionnelle endémique. Au cours de la décennie 1990, les anciens gendarmes katangais et leurs affidés se fractionnèrent en une pluralité de factions antagonistes. Une fraction de ces miliciens opta pour un ralliement à Mobutu, tandis que d’autres, surnommés les « Tigres katangais », persistèrent dans une opposition irréductible. Ainsi, durant le premier conflit congolais (1996-1997), qui scella la déchéance de Mobutu, les factions katangaises combattirent en des camps opposés.

Insurrection ultérieure Depuis la conclusion de l’opération Shaba II, plusieurs mouvances séparatistes katangaises ont perpétué une insurrection d’ampleur limitée. Parmi les factions les plus actives figurent la Coordination pour l’organisation d’un référendum d’autodétermination du Katanga (CORAK), les Maï Maï Kata Katanga ainsi que le Congrès des peuples du Katanga (CPK).

Le , des factions insurgées lancèrent une offensive sur la localité de Kilwa, contraignant près de 3 000 habitants à se réfugier en Zambie limitrophe afin d’échapper aux exactions commises lors de cet assaut.

Le , les forces régulières reprirent le contrôle de Kilwa, neutralisant une trentaine d’insurgés et appréhendant le commandant dissident Alain Ilunga Mukalyi, ainsi que plusieurs autres combattants rebelles.

Le , les forces de l’ordre interpellèrent sept militants séparatistes affiliés au Parti congolais du Katanga (PCK), suspectés d’avoir ourdi un assaut contre la garnison militaire de Vangu. À l’issue de leur arrestation, furent saisis trois fusils de type AK-47, des étendards arborant les symboles katangais, ainsi que divers objets rituels à caractère fétichiste.

Le , des combattants non étatiques ont lancé une offensive contre une localité avoisinante de Luena.

Le , les FARDC livrèrent combat à des factions rebelles dans la région de Luena, procédant à des bombardements contre leurs positions. Les escarmouches qui s’ensuivirent occasionnèrent la mort de six individus, parmi lesquels figurait un militaire gouvernemental et cinq insurgés, dont leur chef, Yesu Mulongo. Par ailleurs, douze dissidents furent appréhendés au cours de l’affrontement.

Le , les FARDC reprirent les localités de Bendera, Wimbi, Kabimba et Lunga, alors aux mains des FDLR. Les affrontements, d’une particulière âpreté, occasionnèrent la perte de dix-neuf insurgés et de trois militaires gouvernementaux.

Le , des sécessionnistes katangais s’emparèrent de l’aérogare de Luano, sis à Lubumbashi, avant d’en être délogés par des éléments des FARDC et de la police provinciale. Un trépas fut recensé à l’issue des hostilités, tandis que certaines sources locales avancèrent que cette incursion pourrait avoir été perpétrée par le mouvement insurrectionnel dénommé CPK. vignette|Les Casques bleus de l'ONU en action contre Bakata Katanga en 2014 Dans la nuit du , jour commémoratif de la sécession katangaise survenue en 1960, des assaillants présumés affiliés au CORAK (Conseil pour l’autodétermination du Katanga) donnèrent l’assaut à la garnison militaire de Kimbembe, occasionnant une hécatombe dont le bilan demeure indéterminé. Préalablement à cette offensive, le de la même année, ledit mouvement avait rendu public un manifeste réitérant ses revendications séparatistes et exhortant à l’affranchissement de cette province congolaise.

Le , le chef rebelle Gédéon Kyungu Mutanga parvint à s’évader de la prison de Kassapa où il était incarcéré. Dans la foulée de son évasion, Mutanga fonda les Mai Mai Kata Katanga, une faction insurrectionnelle dont l’objectif avoué était l’établissement d’un État katangais séparé. Parallèlement, il mit sur pied le Mai Mai Gédéon, plaçant ainsi sous son autorité deux milices distinctes. Ces groupes armés opéraient principalement dans les territoires de Mitwaba, Manono et Pweto, au sein de la province du Katanga. Cette région, marquée par une violence endémique, fut surnommée le « Triangle de la mort » en raison de l’intensité des conflits qui s’y déroulèrent.

Le , un arsenal militaire situé au sein du camp Major Nvangu, à Lubumbashi, fut entièrement consumé par les flammes à la suite d’un incendie d’origine criminelle. Cet événement causa la mort d’un soldat affecté à la garde des lieux. Les autorités militaires, par la voix de leur porte-parole, imputèrent cette attaque au CORAK.

Le , s’ouvrirent au tribunal militaire de garnison de Lubumbashi les procès de militants du CORAK, inculpés de désertion, d’insurrection et d’autres chefs d’accusation. Parmi les prévenus figuraient des individus interpellés lors de l’assaut contre l’aéroport de Luano en , ainsi qu’à la suite de l’évasion de la prison de Kassapa. L’audience subséquente était fixée au .

Le , deux insurgés et un militaire des forces régulières trouvèrent la mort lors d’un accrochage opposant des rebelles aux troupes gouvernementales aux abords de l’aéroport international de Lubumbashi. Trois combattants furent par ailleurs appréhendés. Peu avant cet événement, des éléments séditieux établis en Angola avaient diffusé des proclamations laissant présager des assauts imminents.

Entre 2013 et 2020, des affrontements récurrents opposèrent les communautés Batwa et Luba dans la région du Katanga, occasionnant la mort d’approximativement 1 410 individus. Ces violences trouvent leur origine dans les exactions perpétrées par les milices Kata Katanga à l’encontre des populations civiles, ces dernières bénéficiant du soutien du groupe ethnique Baluba.

Le , une troupe de 300 à 350 miliciens katangais, affiliés au mouvement Kata Katanga, lança une offensive sur la ville de Lubumbashi. Cette attaque, demeurée vaine, contraignit les assaillants à se replier vers un complexe des Nations unies afin d’y déposer les armes. Au terme des hostilités, 245 insurgés furent appréhendés. Les combats occasionnèrent la mort de 35 individus et firent 60 blessés.

En , la Mission de l'Organisation Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO) procéda à la libération de quatre-vingt-deux enfants, dont certains n’avaient pas encore atteint l’âge de huit ans, enlevés et enrôlés de force par les factions armées opérant au Katanga. Selon les déclarations de la MONUSCO, ce sont au total cent soixante-trois mineurs, parmi lesquels figuraient vingt-deux jeunes filles, qui avaient été soustraits aux groupes miliciens depuis le commencement de l’année. Dans un rapport daté du , le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA) indiqua que les répercussions humanitaires de ces enlèvements s’étendaient désormais à plus de la moitié des vingt-deux territoires composant la province katangaise.

Le , le commandant insurgé Albert « Yorgo » Kisimba se constitua prisonnier auprès des autorités locales de Manomo. Trois semaines auparavant, sa parentèle, ainsi qu’une cinquantaine de partisans, avaient pareillement déposé les armes en ce même lieu.

Selon les autorités de la RDC, des centaines de militants Maï Maï ont déserté le mouvement en 2013.