thumb|250x250px|Un coq et sa poule au grand sanctuaire d’Ise. Les paroissiens croient qu'ils sont des messagers de la déesse Amaterasu. Un désigne, dans le shintoïsme, un animal considéré comme l’envoyé d’une . Ils sont parfois désignés sous les terminologies de , tsukawashime, ou encore sous le terme de .

Parfois, ils peuvent même être considérés comme des manifestations directes des divinités elles-mêmes. Il s’agit d’animaux entretenant un lien étroit avec certaines divinités et sanctuaires : le renard d’Inari compte parmi comme l’un des exemples les plus représentatifs. Ces animaux peuvent être conformes à la réalité, mais aussi des créatures imaginaires.

Histoire

Des récits selon lesquels certains animaux transmettraient la volonté des divinités se retrouvent dès les origines de la mythologie japonaise. Dans le Nihon shoki, au livre consacré à l’empereur , il est rapporté qu’un du mont apparut devant le prince sous la forme d’un grand serpent. Le prince déclara alors : « Ce serpent est sans doute un messager de la divinité farouche ».

Dans ce même ouvrage, au livre de l’impératrice , à l’entrée de la quatrième année de son règne (mois de janvier), il est dit que l’on entendit des cris de singe sans que l’on puisse en voir l’origine ; les gens interprétèrent alors ces cris comme un signe de la Grande Divinité d’Ise, et en tirèrent des présages. Par ailleurs, dans le livre de l’empereur , le dieu apparaît elle-même sous la forme d’un serpent pour rendre visite à son épouse, selon le motif du .

Selon un passage du , une chronique compilée au milieu de l’époque de Heian, un homme fut exilé pour avoir abattu une renarde blanche désignée sous le nom de , terme équivalent à celui de , près du sanctuaire d’. Ce récit suggère que la croyance en des esprits-renards existait déjà dans le Japon ancien.

Avec le temps, les animaux considérés comme des shinshi en vinrent à être fixés selon les récits mythologiques ou les traditions propres à chaque sanctuaire. Ils furent parfois élevés directement dans l’enceinte des sanctuaires. Dans certains cas, à l’image des renards du sanctuaire Inari, des animaux initialement considérés comme des messagers finirent même par faire eux-mêmes l’objet d’un culte. Cela s’expliquerait par la croyance que l’animal, indépendamment de la divinité, possédait une nature spirituelle propre.

Selon le , un ouvrage composé au e siècle, le messager () d’un kami occupe un rang immédiatement inférieur à celui des , mais reste supérieur à l’ensemble des cent mille autres divinités.

Par ailleurs, dans le , un essai rédigé au début du e siècle, il est dit qu’un rituel appelé se tient chaque année le , au cours duquel un shinshi est offert à chaque nouveau foyer.

En raison du , certaines divinités bouddhiques furent également dotées de messagers. Ainsi, la déesse Marici (摩利支天 ; ) est représentée avec un sanglier pour messager.

De nos jours, les shinshi sont parfois considérés comme un concept important dans les réflexions environnementales contemporaines.

Exemples Parmi les animaux considérés comme des shinshi, on trouve notamment :

Animal Divinité ou sanctuaire associé Daikokuten Tenmangū Chōgosonshi-ji Futarasan-jinja Sumiyoshi-taisha, Okazaki-jinja, Tsuki-jinja, Onji-jinja Matsuo-taisha Kotohira-gū Mishima-taisha Benzaiten, Ōmiwa-jinja Izumo-taisha Suwa-jinja Inari-jinja Kasuga-taisha, Kashima-jingū Hiyoshi-taisha, Sengen-jinja Kumano Sanzan, Itsukushima-jinja Suwa-taisha Hachiman-gū Kehi-jingū Ise-jingū, Atsuta-jingū, Isonokami-jingū Musashi Mitake-jinja, Mitsumine-jinja, et autres sanctuaires des régions d’Okutama et de Chichibu Ōsaki-jinja Goō-jinja, Wake-jinja Shinsenen, Onji-jinja Mille-pattes Bishamonten Futamiokitama-jinja

Galerie

Notes et références Notes

Références

Catégorie:Folklore japonais Catégorie:Shintoïsme Catégorie:Créature de la mythologie japonaise Catégorie:Animal dans la culture japonaise