Joseph Decker, surnommé , né le à Krautergersheim et mort le , est un tailleur et militant anarchiste et syndicaliste français.

Né dans le Bas-Rhin, Decker devient tailleur et est condamné pour plusieurs délits dans sa vingtaine, avant de rejoindre Paris et le mouvement anarchiste au milieu des années 1880. Le militant s'intègre ensuite dans de nombreux groupes anarchistes, comme La Panthère des Batignolles, s'engage probablement dans des actions en soutien à Clément Duval et côtoie d'autres anarchistes français de cette période. En parallèle, Decker s'engage dans des activités syndicalistes, en particulier au sein des tailleurs. Il poursuit son militantisme au moins jusqu'au début du siècle.

Biographie vignette|Témoignage de Decker lors de son arrestation en 1894 (Archives de Paris - courtoisie d'Archives anarchistes) Joseph Decker naît à Krautergersheim le . Selon son acte de naissance, il est fils d'Anne Marie Eber, sans emploi, et de Florent Joseph Decker, charpentier. Il travaille comme tailleur et est condamné pour plusieurs délits à partir de sa vingtaine, dans l'ordre :

Pendant ce temps, Decker se marie en 1872 mais devient veuf sans enfants. En 1872, il choisit la nationalité française. À partir de 1885, la police le remarque comme anarchiste. Il fait partie d'une série de groupes anarchistes, parmi lesquels on trouve La Panthère des Batignolles, La Sentinelle, Les Deshérités de Clichy, La Ligue antipatriote et la Chambre syndicale des hommes de peine. Decker a aussi un frère aîné, aussi anarchiste, Louis Decker, ce qui le fait surnommer .

En 1889, il est trésorier de la Chambre syndicale des tailleurs. Il est envisageable de considérer qu'il s'agit du Decker chargé de récolter les fonds pour permettre à Louise Duval, compagne de Clément Duval, de le rejoindre au bagne pendant sa déportation.

Le , il est arrêté par la police lors des manifestations pour la journée internationale des travailleurs en possession d'un manifeste anarchiste et d'un revolver. Il est condamné à 15 jours de prison et une collecte de fonds des compagnons anarchistes lui apporte un soutien financier pendant cette condamnation. Après sa libération, il fréquente les groupes anarchistes de Montmartre.

À l'été 1893, l'anarchiste propose la création de groupes de tailleurs anarchistes dans chaque quartier.

Le , Decker est arrêté lors d'une rafle d'anarchistes très violente, quarante policiers français faisant une descente dans le cabaret Duprat. Perquisitionné dans la foulée, la police découvre une chanson, Germinal, des envois financiers à Jean Grave lorsqu'il recevait son journal avant 1891, des brochures et une gravure Les Martyrs de Chicago. Devant son juge, il reconnaît être anarchiste et déclare ne pas défendre la propagande par le fait. L'anarchiste est placé en liberté provisoire le suivant.

Le , il est arrêté et perquisitionné de nouveau, chez sa compagne, et proteste contre l'arrestation. Il est liberé neuf jours plus tard et, un an plus tard, reçoit une ordonnance de non-lieu de la part du juge Meyer, qui instruit son dossier.

La police continue de le surveiller et de le ficher comme anarchiste au moins jusqu'en 1912. Il meurt à Ivry-sur-Seine le .

Postérité

Photographie policière Sa photographie policière fait partie des collections du Metropolitan Museum of Art (MET).

Références

Catégorie:Naissance en décembre 1847 Catégorie:Personnalité française du XIXe siècle Catégorie:Personnalité française du XXe siècle Catégorie:Anarchiste français Catégorie:Syndicaliste libertaire français Catégorie:Syndicaliste révolutionnaire Catégorie:Syndicaliste français du XIXe siècle Catégorie:Syndicaliste français du XXe siècle Catégorie:Personnalité liée à La Panthère des Batignolles Catégorie:Décès à Ivry-sur-Seine Catégorie:Décès en février 1920 Catégorie:Décès à 72 ans