In questa reggia (« Dans ce palais ») est un air d'opéra pour soprano chanté par Turandot, personnage principal de l'opéra éponyme Turandot de Giacomo Puccini, sur un livret en italien de Giuseppe Adami et Renato Simoni. Le texte est basé sur l'adaptation par Friedrich Schiller de la pièce Turandot de Carlo Gozzi. L'air d'ouverture de Turandot dans cet opéra se déroule dans la seconde scène du deuxième acte, et est chanté principalement par la cruelle princesse (à l'exception d'une réponse de Calaf (ténor), le Prince mystérieux, à la fin de l'air). Il préfigure le défi des trois énigmes de l'Acte II.

Le défi des trois énigmes Cet aria s'inscrit dans la seconde moitié de l'Acte II de la pièce : la Princesse Turandot, appelée par le gong des prétendants, se porte avec son père, l'Empereur, à la rencontre du Prince mystérieux (dont l'identité – le Prince Calaf– ne sera dévoilée qu'à la fin de l’œuvre), dans la cour du palais. Calaf a en effet souhaité se porter prétendant pour épouser la cruelle Princesse, après être tombé éperdument amoureux d'elle dans le premier acte. En dépit des avertissements de son père (le roi déchu Timur) et de sa servante (Liu), il prend le risque de se voir ôter la vie en tentant sa chance. En effet, il doit affronter l'épreuve des trois énigmes (celle-ci est d'ailleurs rappelée par un Pékinois dans la pièce) : chaque prétendant doit répondre à une série de trois énigmes proposées par la Princesse; il doit répondre juste aux trois pour pouvoir l'épouser, sinon il est décapité sur le champ. C'est dans ce contexte de la pièce qu'intervient l'air d'ouverture (premier air joué par un personnage dans une pièce d'opéra) de Turandot.

Dans l'air, Turandot explique qu'elle a conçu les trois énigmes comme un test pour tout prince qui voudrait l'épouser. Elle explique que dans le même palais, il y a d'innombrables générations (des milliers d'années), une princesse régnante Lou-Ling a été conquise par le roi des Tartares, puis violée et assassinée. Elle s'attarde notamment sur le dernier cri de la princesse et sur sa mort, tuée par un homme. Se basant sur ce souvenir et sur l'idée que ce cri a été transmis de génération en génération jusqu'à Turandot elle-même, elle décide de venger cette mort en l'imposant à tous les hommes qui échouent à l'épouser. Elle prévient le prince que s'il ne répond pas à l'une des trois énigmes, il mourra.

Le point culminant de l'air se produit avec le mot « grido » (« cri » ou « crier ») et il est clair que Turandot revit et personnifie les derniers moments de son ancêtre, son outrage et sa vengeance tant attendue.

L'orchestre souligne son distique final inquiétant :Straniero! Non tentar la fortuna! Gli enigmi sono tre, la morte una!Étranger ! ne tente pas la fortune ! Les énigmes sont trois, La mort est une !

Mais Calaf, en signe de provocation et comme pour marquer sa détermination à réussir là où les autres prétendants ont échoué, lui répond cela : No, no... gli enigmi sono tre, una è la vita!Non, non ! Les énigmes sont trois, La vie est une !Puccini a développé la chanson folklorique chinoise « Mo Li Hua » (Fleur de jasmin) comme leitmotiv de la splendeur de Turandot. Une partie de la musique très distinctive qui termine cet air réapparaît brièvement dans le duo de l'acte 3 « Principessa di morte » (tel qu'interprété par Alfano), alors que Calaf embrasse enfin une Turandot encore réticente.

Paroles

Les paroles de cet air ont été écrites en italien par Guiseppe Adami et Renato Simoni et présentées dans un livret,. Elles n'ont pas été traduites de façon unique en français et plusieurs traductions de cet air existent. <poem lang="it" Turandot In questa reggia, or son mill'anni e mille, un grido disperato risonò. E quel grido, traverso stirpe e stirpe qui nell'anima mia si rifugiò! Principessa Lou-Ling, ava dolce e serena che regnavi nel tuo cupo silenzio in gioia pura, e sfidasti inflessibile e sicura l'aspro dominio, oggi rivivi in me!

La folla Fu quando il Re dei Tartari le sette sue bandiere dispiegò.

Turandot Pure nel tempo che ciascun ricorda, fu sgomento e terrore e rombo d'armi. Il regno vinto! Il regno vinto! E Lou-Ling, la mia ava, trascinata da un uomo come te, come te, straniero, là nella notte atroce dove si spense la sua fresca voce!

La folla Da secoli ella dorme nella sua tomba enorme.

Turandot O Principi, che a lunghe carovane d'ogni parte del mondo qui venite a gettar la vostra sorte, io vendico su voi, quella purezza, quel grido e quella morte! Mai nessun, nessun m'avrà! L'orror di chi l'uccise vivi nel cuor mi sta! No, no! Mai nessun m'avrà! Ah, rinasce in me l'orgoglio di tanta purità! Straniero! Non tentar la fortuna! Gli enigmi sono tre, la morte una!

Calaf No, no! Gli enigmi sono tre, una è la vita!

Turandot No, no! ... ... Gli enigmi sono tre, la morte è una!

Calaf Gli enigmi sono tre, una è la vita!

La folla Al Principe straniero offri la prova ardita, o Turandot! Turandot!Turandot Dans ce palais, Il y a mille et mille ans, Retentit un cri de désespoir. Et ce cri, Par-delà des générations et des générations, A trouvé refuge dans mon âme ! Princesse Lo-ou-Ling, Aïeule douce et sereine, Qui régnais dans ton silence sombre, Dans une joie pure, Toi qui as défié, inflexible et sûre, L’âpre domination, Aujourd’hui, tu revis en moi !

La foule Ce fut quand le Roi des Tartares Déploya ses sept drapeaux !

Turandot En ce temps-là, que chacun se remémore, Il y eut de l’angoisse, de la terreur et le fracas des armes ! Le royaume fut vaincu ! Le royaume fut vaincu ! Et Lo-ou-Ling, mon aïeule, Fut entraînée par un homme, Semblable à toi, semblable à toi, étranger ; Là, dans l’atroce nuit, Se perdit sa voix fraîche !

La foule Depuis des siècles elle dort Dans son tombeau énorme !

Turandot Ô Princes, Qui en longues caravanes Venez de tous les coins du monde Jouer ici votre sort, Je venge sur vous Cette pureté, ce cri Et cette mort ! Jamais nul ne m’aura ! L’horreur de celui qui la tua Est vivante dans mon cœur ! Non, non ! jamais nul ne m’aura ! D’une telle pureté L’orgueil renaît en moi ! Étranger ! ne tente pas la fortune ! Les énigmes sont trois, La mort est une !

Calaf Non, non ! Les énigmes sont trois, La vie est une !

Turandot Non, non! ... ... Les énigmes sont trois, La mort est une !

Calaf Les énigmes sont trois, La vie est une !

La foule Au Prince étranger Offre la dure épreuve, Ô Turandot ! Turandot !

Enregistrements notables Les enregistrements historiques remontent presque à la première représentation. Plusieurs sont considérés comme remarquables par des critiques, spécialistes, commentateurs ou amateurs, tels que ceux d'Eva Turner (Turner était présente à la première représentation et a interprété l'opéra sept mois plus tard et tout au long des années d'avant-guerre), d'Eva Marton, de Birgit Nelsson ou encore de Maria Callas.

Références

Liens externes

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