Paolo Chiericotti ou Paul Chiericotti, né le à Milan et mort le à Caracas, est un cordonnier, vendeur de volailles et militant anarchiste illégaliste italien. Il est connu pour son implication éventuelle dans l'attentat de la rue Berthe et du café Terminus, son action pendant la naissance de l'illégalisme, dont il est un acteur notable, et sa condamnation au procès des Trente.

Né à Milan, il rejoint la France, où il épouse Annette Soubrier, et s'intègre aux milieux anarchistes de France. À la suite de l'attentat de la rue Berthe, une attaque à la bombe visant l'un de ses anciens propriétaires avec qui il a des démêlés, Chiericotti est arrêté puis libéré, faute de preuves. Il s'intègre alors aux milieux illégalistes naissants, en côtoyant Vittorio Pini, l'un de ses principaux fondateurs, puis en rejoignant la bande à Ortiz au contact de Léon Ortiz.

Arrêté au début de 1894, il est mis en procès pendant le procès des Trente, un procès politique visant le mouvement anarchiste, et est l'un des rares accusés à être condamné. Il est ensuite déporté au bagne où il purge sa peine de huit ans de déportation jusqu'en 1900.

Biographie

Jeunesse et émigration vers la France Paolo Chiericotti naît le à Milan. Il rejoint le mouvement anarchiste puis Paris à ses vingt-cinq ans, en 1883. Chiericotti y épouse Annette Soubrier deux ans plus tard, en 1885.

Attentat de la rue Berthe vignette|Fichier de Bertillon sur Chiericotti (1894) Il travaille comme cordonnier avec d'autres compagnons anarchistes italiens, Constant Magnani, qui est son témoin de mariage ou un autre militant appelé Pierre Figeri et un certain Pogni. Ils habitent des garnis que leur loue un certain Viguier, avec qui ils ont de multiples conflits. Ils font aussi partie d'un Groupe anarchiste italien du Panthéon et de la Ligue des antipropriétaires.

Au début de l'année 1887, les cordonniers décident de cesser de payer Viguier, et, lorsque celui-ci cherche à les expulser — ou qu'ils cherchent à faire un déménagement à la cloche de bois, c'est-à-dire essaient de quitter le logement sans le prévenir et le payer, il est frappé violemment au visage. Les anarchistes auraient proféré des menaces de mort contre lui et il porte plainte contre eux.

Le , deux jours après la condamnation de Pogni à quatre mois de prison à la suite de la plainte, une cartouche de dynamite est placée sous la fenêtre de la chambre du propriétaire et explose, emportant avec elle une partie de la devanture du magasin : il s'agit de l'attentat de la rue Berthe.

Étant donné que les trois militants sont suspectés, ils sont arrêtés et perquisitionnés, la police trouve de la poudre chez l'un d'entre eux mais ils peuvent justifier de leur présence chez eux et sont donc placés en liberté provisoire.

Illégalisme et bande à Ortiz vignette|Rapport d'un informateur sur Paul Chiericotti - Archives de la Préfecture de police de Paris (Ba 1508) ; courtoisie d'Archives anarchistes À la suite de sa remise en liberté, Chiericotti établit des liens avec Vittorio Pini, fondateur de l'illégalisme. Il devient vendeur de volailles pendant cette période.

Le , il est visé par un arrêté d'expulsion, mais celui-ci ne peut lui être transmis, car il est à Londres — où il est probablement rejoint par Soubrier et leur enfant. Il revient en France sous la fausse identité de et rejoint Léon Ortiz et la bande à Ortiz. Selon l'historien Rolf Dupuy, il est probable qu'il participe aux cambriolages que la bande effectue : le à Abbeville (Somme) le à Fiquefleur (Eure) le à Nogent-les-Vierges (Oise) en , rue de Longchamp à Paris.

En , Chiericotti s'installe avec d'autres membres de la bande, Annette Soubrier, Maria Zanini, Orsini Bertani, Victorine Belloti et son fils Louis, au boulevard Brune. Il est arrêté le alors qu'il va voir sa compagne.

Procès des Trente Il est alors mis en procès pendant le procès des Trente, visant trente figures de l'anarchisme en France destinées à être condamnées dans un procès politique après l'assassinat de Sadi Carnot par Sante Caserio. Les autorités mêlent les illégalistes de la bande à Ortiz à des théoriciens de l'anarchisme. Les deux sont accusés d'avoir , selon les historiens Guillaume Davranche et Dominique Petit.

Contrairement aux attentes, les jurés acquittent presque tous les accusés, à l'exception d'Ortiz, qui reçoit la plus grande peine (15 ans de déportation au bagne) et de quelques autres, dont Chiericotti, qui est condamné à huit ans de déportation au bagne.

Déportation et dernières années L'anarchiste est déporté au bagne des Îles du Salut, où il rencontre Auguste Courtois et lui fait des chaussures avec un vieux hamac. Il reçoit une grâce d'un an en 1900 et est relégué en 1901.

Il meurt le à la paroisse San Juan de Caracas, capitale du Venezuela sous le nom de . Il ne reçoit pas les sacrements religieux et est marié lors de sa mort.

Postérité Photographies policières Ses photographies policières font partie des collections du Metropolitan Museum of Art (MET)..

Références

Bibliographie . Liens externes

Catégorie:Naissance en mars 1858 Catégorie:Naissance à Milan au XIXe siècle Catégorie:Antimilitariste italien Catégorie:Terrorisme en France Catégorie:Déporté sous la Troisième République Catégorie:Anarchiste italien Catégorie:Illégaliste Catégorie:Bagnard en Guyane française Catégorie:Personnalité condamnée aux travaux forcés Catégorie:Terrorisme d'extrême gauche Catégorie:Criminel italien du XIXe siècle Catégorie:Personnalité de l'extrême gauche italienne Catégorie:Poseur de bombe Catégorie:Décès en juin 1920 Catégorie:Décès à Caracas Catégorie:Décès à 62 ans