Les ont lieu le afin de renouveler 124 des de la Chambre des conseillers du Japon.
Le scrutin intervient dans un contexte d'affaiblissement prolongé du Parti libéral-démocrate (PLD) du Premier ministre Shigeru Ishiba, qui fait notamment face à la concurrence sur sa gauche du Parti démocrate du peuple (PDP) mené par Yūichirō Tamaki et du Parti démocrate constitutionnel (PDC) mené par Yoshihiko Noda, ainsi que du Sanseitō de Sōhei Kamiya sur sa droite.
Les élections sont une défaite pour le PLD, qui essuie un nouveau recul et perd même la majorité absolue qu'il détenait en coalition avec son allié, le Kōmeitō, tandis que le PDP et le Sanseitō connaissent une nette progression. Affaibli, Shigeru Ishiba fait face à des appels à se retirer au sein même de son parti, et finit par annoncer sa démission le 7 septembre suivant.
Contexte Précédentes élections vignette|gauche|120px|Fumio Kishida Organisées dans le contexte de l'assassinat par balles de l'ancien chef du gouvernement Shinzō Abe lors d'un meeting à Nara, les élections de juillet 2022 voient le Parti libéral-démocrate (PLD) du Premier ministre Fumio Kishida conserver sa majorité relative. Le gouvernement continue également de bénéficier du soutien de son allié, le Kōmeitō, avec lequel il garde la majorité absolue à la chambre.
Le PLD reste cependant affaibli politiquement, un an après sa victoire en demi teinte aux élections législatives d'octobre 2021 qui avait permis au Parti libéral-démocrate de conserver la majorité absolue à la chambre basse, sans compter le soutien du Kōmeitō.. Malgré le maintien au pouvoir du PLD, la perte de plusieurs dizaines de sièges lors des législatives est perçue comme un avertissement pour Kishida, dont la faible popularité aurait participé au recul de sa formation politique.. Les élections de 2021 et 2022 sont également toutes deux marquées par la montée du Parti japonais de l'innovation, situé dans l'opposition..
Remplacement de Fumio Kishida par Shigeru Ishiba vignette|gauche|120px|Shigeru Ishiba
Le Parti libéral-démocrate est touché par un important scandale financier. En novembre 2023, plusieurs factions de l'aile conservatrice du parti sont mises en cause pour le détournement de plus de 600 millions de yen de fonds de campagne vers des caisses noires illicites.
Le scandale redouble en intensité début décembre lorsque Fumio Kishida est interrogé à la chambre à ce sujet par l'opposition. Le Premier ministre se retrouve contraint le 13 décembre de destituer le ministre de l'Économie, du Commerce et de l'Industrie Yasutoshi Nishimura, le ministre de l'Intérieur et des Communications Junji Suzuki, et le ministre de l'Agriculture, des Forêts et de la Pêche Ichiro Miyashita ainsi que le Secrétaire général du Cabinet Hirokazu Matsuno et le vice-ministre de la Défense Hiroyuki Miyazawa. Le PLD fait face le même jour à une motion de censure déposée par le Parti démocrate constitutionnel (PDC). Si elle s'avère infructueuse, elle permet à l'opposition de renouveler de vives attaques contre le PLD, accusé d'être incapable de faire face à la corruption dans ses rangs....
Bien que toujours pressenti pour briguer un deuxième mandat à la présidence du Parti libéral-démocrate, Fumio Kishida annonce le son intention de ne pas concourir à l'élection prévue pour le mois de septembre suivant. Face à huit autres concurrents, Shigeru Ishiba est élu président du Parti libéral-démocrate le suivant et lui succède comme Premier ministre le . Il promeut une politique économique fondée sur le développement régional et le maintien d'une politique étrangère fondée sur le renforcement des capacités de défense du Japon ainsi que le rapprochement avec les États-Unis et la Corée du Sud.. Il annonce dans la foulée la tenue d'élections législatives anticipées pour le .
Le nouveau Premier ministre tente de répondre au scandale récent en s’excusant pour son parti et en promettant des réformes en matière de lutte contre la corruption. Le PLD subit cependant une importante perte de popularité, tandis que plusieurs députés du PLD quittent le parti pour se présenter aux élections en tant qu'indépendants, reprochant à Ishida de se servir du scandale pour évincer les anciens soutiens de Shinzo Abe.. Législatives de 2024 et gouvernement minoritaire
Les élections législatives d'octobre 2024 constituent un important revers pour le PLD et Shigeru Ishiba. Affaibli par l'affaire de la caisse noire ayant touché plusieurs de ses membres, par la forte hausse de l'inflation ainsi que la révélation de ses liens avec la secte Moon lors de l'enquête sur l'assassinat de Shinzō Abe, il perd la majorité absolue des sièges qu'il détenait à la chambre basse. Au soir du vote, le Premier ministre reconnait que son parti à ... Alors que le PLD avait pu compter par le passé sur son allié, le Kōmeitō, pour conserver la majorité, celui-ci recule également. Le gouvernement sortant se retrouve ainsi privé de la majorité à la Chambre, même en comptant sur les membres du PLD atteints par le scandale financier, élus en tant qu'indépendants. Il s'agit d'une lourde défaite pour Shigeru Ishiba, qui tablait sur ces élections anticipées pour légitimer son accession au pouvoir...
Pour la première fois depuis 2009, l'opposition se retrouve en mesure de former un gouvernement. Celle-ci est cependant divisée entre plusieurs formations dont le Parti démocrate constitutionnel (PDC) et le Parti démocrate du peuple (PDP), arrivés respectivement deuxième et troisième du scrutin... Tablant sur le manque d'unité de l'opposition, Ishiba décide néanmoins de se maintenir à la tête d'un gouvernement minoritaire..
Montée des partis ultra-conservateurs vignette|Sōhei Kamiya en campagne le 19 juillet L'affaiblissement du PLD est exacerbé à l'approche des nouvelles élections à la Chambre des conseillers, du fait de la montée sur sa droite de plusieurs partis ultraconservateurs qui lui font concurrence en portant une ligne nationaliste, populiste et anti-immigrationniste. Ces derniers parviennent à faire de l'immigration un enjeu majeur de la campagne électorale. Confronté au vieillissement de sa population et à l'importante baisse de sa population active qui en découle, le Japon a en effet de plus en plus recours à l'accueil de travailleurs étrangers. Ces derniers atteignent 3,5 millions en 2024, soit 2,8 % de la population, un record sur un archipel réputé pour son faible taux d'immigration.
Cette montée est plus particulièrement incarnée par le dirigeant du Sanseitō, Sōhei Kamiya, qui fait campagne sur le thème du , la comparaison avec la politique migratoire de l'Union européenne jugée , ainsi que la mise en avant d'une sous le slogan . Son discours xénophobe touche une partie de l'électorat, qui estime normal ...
Système électoral vignette|redresse|Intérieur de la Chambre Le Japon est doté d'un parlement bicaméral appelé Diète dont la Chambre des conseillers est la chambre haute.
Celle-ci se compose de renouvelés par moitié tous les trois ans, pour des mandats de six ans, soit pourvus à chaque élections selon un système de scrutin parallèle. le sont à la majorité simple, dont au scrutin uninominal majoritaire à un tour dans autant de circonscriptions électorales, et 41 au vote unique non transférable dans treize circonscriptions de deux à cinq sièges chacune. Les circonscriptions utilisées correspondent aux préfecture du pays, à l'exception de deux regroupements de deux préfectures chacun, créés en 2015.
Enfin, les restant sont pourvus au scrutin proportionnel plurinominal de liste dans une unique circonscription nationale, répartis selon la méthode d'Hondt. Les électeurs ont la possibilité d'effectuer un vote préférentiel pour l'un des candidats de la liste pour laquelle ils votent, afin de faire monter sa place dans celle-ci.
Le total des sièges de la chambre était de 242 avant un amendement de la loi électorale voté en , qui a échelonné une augmentation progressive à . Les renouvellements de 2019 et de 2022 se sont ainsi vu chacun attribuer trois sièges supplémentaires à pourvoir, pour 124 en tout. La Chambre de 2019 a ainsi été exceptionnellement composée d'un total de jusqu'aux élections suivantes, celles de 2022 ayant achevée la transition. Les élections de 2025 devaient donc être les premières depuis la réforme à concerner un nombre égal de sièges sortants et à pourvoir.. Elles concernent finalement 125 sièges, l'un de ceux pourvus en 2022 au scrutin majoritaire étant devenus vacant, une élection partielle est exceptionnellement organisé simultanément, pour un mandat de trois ans au lieu de six.
Forces en présences + Principales forces en présences Parti Idéologie Chef de file Résultatsen 2022 Parti libéral-démocrate Centre droit à droiteNational-conservatisme, nationalisme japonais, libéralisme économique, conservatisme sociétal Shigeru Ishiba 34,43 % des voix Parti japonais de l'innovation Centre droit à droiteConservatisme, nationalisme japonais, libéralisme économique, néolibéralisme Hirofumi Yoshimura 14,80 % des voix Parti démocrate constitutionnel Centre gaucheSocial-libéralisme, pacifisme, démocratie directe Yoshihiko Noda 12,77 % des voix Kōmeitō Centre et centre droitConservatisme, bouddhisme Tetsuo Saito 11,66 % des voix Parti communiste GaucheSocialisme démocratique, communisme, socialisme scientifique, pacifisme Tomoko Tamura 6,82 % des voix Parti démocrate du peuple Centre droitSocial-libéralisme, réformisme, pacifisme, souverainisme Yūichirō Tamaki 5,96 % des voix Sanseitō Extrême droitePopulisme de droite, Opposition à l'immigration Sōhei Kamiya 3,33 % des voix
Résultats +Résultats nationaux.Résultats Partis Proportionnelle Circonscriptions Sièges Voix % Sièges Voix % Sièges Totalavant Pasen lice Élus Totalaprès +/-Parti libéral-démocrate (PLD)21,641224,4627 114 62 39 101 Parti démocrate du peuple (PDP)12,88712,1410 9 5 17 22 Sanseitō12,55715,66711 14 15 Parti démocrate constitutionnel (PDC)12,50715,4215 38 16 22 38 Kōmeitō (K)8,8045,374 27 13 8 21 Parti japonais de l'innovation (Ishin)7,3945,843 1812 7 19 Reiwa Shinsengumi (RS)6,5633,180 5 33 6 Parti conservateur (PC) 5,0421,100 0 0 2 2 Parti communiste japonais (PCJ)4,8424,79 1 11 4 3 7 Team Mirai (TM) 2,5611,62 0 0 0 1 1 Parti social-démocrate (PSD)2,0610,510 21 1 2 Minna de tsukuru tō1,1501,250 2 1 0 1Voix vers la guérison 0,89 0 0,22 0 0 0 0 0Japon Seishinkai 0,56 0 0,38 0 0 0 0 0Coalition des indépendants 0,49 0 0,58 0 0 0 0 0Parti de la réforme 0,09 0 0,13 0 0 0 0 0Genzei Nippon (GN) 0,43 0 0 0 0 0Autres partis0,29 0 0 0 0 0Indépendants 6,63 8 12 5 8 13 Suffrages exprimés 97,65 97,59 Votes blancs et invalides 2,35 2,41 Total 100 50 100 75 248 123 125 248 Abstentions 41,49 41,49 Inscrits / participation 58,51 58,51
Analyse et conséquences vignette|Parti arrivé en tête par circonscription Les élections sont un nouveau revers pour la coalition au pouvoir. Le Parti libéral-démocrate (PLD) et le Kōmeitō essuient tous deux une nouvelle baisse, au point de perdre la majorité absolue qu'ils détenaient jusqu'alors. C'est non seulement la première fois dans l'histoire du PLD que celui-ci ne dispose du contrôle d'aucune des deux chambres composant la Diète, mais également, avec 21 % des voix, son résultat le plus bas jamais atteint à un scrutin national. La défaite est sévère pour le Premier ministre Shigeru Ishiba, qui déclare dans la soirée , tout en excluant de démissionner en affirmant avoir . La défaite de son parti rend néanmoins plus incertaine encore son maintien au pouvoir.. Ishiba fait ainsi face dès le soir du scrutin à des appels à la démission de la part de membres du PLD menés par l'ancien Premier ministre Tarō Asō.. S'il peut espérer se maintenir à la tête de son gouvernement minoritaire, sa mise en minorité à la chambre haute le condamne désormais à devoir négocier les budgets et les projets de loi au cas par cas dans les deux chambres, dont notamment son projet d'importante coupe dans les dépenses publiques...