Le continent africain est l'une des régions les plus touchées par l'esclavage contemporain. L'esclavage en Afrique possède une longue histoire, remontant à des périodes antérieures aux archives écrites. Il s’est toutefois intensifié avec la traite négrière transsaharienne et celle de l'océan Indien, puis avec la traite négrière transatlantique et la traite barbaresque. La forte demande d'esclaves a favorisé l'émergence de plusieurs royaumes vivant dans un état de guerre quasi permanent, afin de capturer des prisonniers destinés à être vendus dans le cadre de ce commerce lucratif.

Ces dynamiques ont perduré durant la période coloniale, à la fin du et au début du . Bien que les autorités coloniales aient tenté de supprimer l'esclave vers 1900, leurs efforts se sont avérés en grande partie inefficaces. Même après la décolonisation, l'esclavage persiste dans plusieurs régions d'Afrique, bien qu'il soit officiellement interdit.

L'esclavage dans la région du Sahel (et dans une moindre mesure dans la Corne de l'Afrique) existe le long de la frontière raciale et culturelle des Berbères arabisés au nord et des Africains au nord et des Africains plus foncés au Sud. L’esclavage dans les États du Sahel, en particulier la Mauritanie, le Mali, le Niger, le Tchad et le Soudan, perpétue un modèle séculaire de servitude héréditaire. D'autres formes d'esclavage traditionnel existent dans certaines région du Ghana, du Bénin, du Togo et du Nigeria. Il existe aujourd’hui en Afrique d'autres formes non traditionnelles d'esclavage, impliquant principalement la traite des êtres humains et l'esclavage des enfants soldats et des enfants travailleurs, par exemple la traite des êtres humains en Angola et la traite des enfants du Togo, du Bénin et du Nigeria vers le Gabon et le Cameroun.

Selon l'Anti-Slavery Society, l'esclavage moderne en Afrique comprend l'exploitation des populations soumises, même lorsque leur condition n'est pas techniquement qualifiée d'« esclavage » :

— Antislavery Society, Qu'est ce que l’esclavage moderne ?

Le travail forcé en Afrique sub-saharienne est estimé à environ 660 000. Cela inclut notamment les individus exploités dans les mines de diamants illégales en Sierra Leone et au Liberia, un phénomène étroitement lié aux conséquences des guerres civiles dans ces régions. En 2017, le Bureau international du Travail estimait que 7 personnes sur 1000 en Afrique étaient victimes de formes d'esclavage moderne.

Types d'esclavage contemporain vignette| Esclavage héréditaire et travail des enfants dans les entreprises en Afrique

Commerce du sexe Bien que l'esclavage institutionnel ait ait été aboli dans le monde entier, de nombreux rapport font état de femmes réduites en esclavage sexuel dans des régions où l’autorité de l'État est faible ou inexistante, notamment au Soudan et au Liberia, en Sierra Leone, au nord de l'Ouganda,en République démocratique du Congo au Niger et en Mauritanie. Par ailleurs, au Ghana, au Togo et au Bénin, une forme de prostitution religieuse (forcée), connue sous le nom de Trokosi (« servitude rituelle »), contraint des milliers de filles et de femmes à vivre dans des sanctuaires traditionnels en tant qu’« épouses des dieux ». Dans ce système, les prêtres exercent sur elles une domination sexuelle au nom des divinités, les maintenant dans une situation de soumission et d'exploitation prolongée.

Travail forcé Le travail forcé, qui se distingue de l’esclavage, bien qu'il puisse en partager certaines caractéristiques, est défini comme tout travail ou service exigé d'une personne contre sa volonté, sous la menace d'une punition quelconque. En République démocratique du Congo, les peuples pygmées sont fréquemment victimes de discriminations et d'exploitation de la part de leurs voisins bantous, qui ont pris la place jadis occupée par les colonisateurs arabes et européens dans les rapports de domination.

Traite des enfants esclaves Le trafic d'enfants a été signalé dans plusieurs pays d'Afrique de l'Ouest, notamment au Nigeria et au Bénin. Des enfants sont enlevés ou achetés par des trafiquants dans des États plus pauvres, comme le Bénin et le Togo, pour des sommes allant de 20 à 70 dollars. Ils sont ensuite revendus dans des pays plus riches en ressources pétrolières, tels que le Nigeria et le Gabon, pour environ 350 dollars chacun. Ces enfants sont exploités comme esclaves domestiques non rémunérés ou contraints à travailler dans des maisons de prostitution.

En , Boko Haram a kidnappé 276 étudiantes de Chibok, dans l'État de Borno. Plus de 50 d'entre eux ont rapidement réussi à s'échapper, mais les autres n'ont pas été libérés. Au lieu de cela, le chef de Boko Haram, Abubakar Shekau, qui a reçu une récompense de 7 millions de dollars offerte par le Département d'État américain depuis pour toute information menant à sa capture, a annoncé son intention de les vendre comme esclaves .

Esclavage rituel La servitude rituelle, connue sous le nom de Trokosi, est une pratique observée au Ghana, au Togo et au Bénin. Elle consiste à offrir des êtres humains généralement de jeunes filles vierges aux sanctuaires religieux traditionnels, soit en guise de paiement pour des services rendus, soit en expiation des fautes présumées commises par un membre de leur famille, le plus souvent de sexe féminin. Au Ghana et au Togo, cette pratique est principalement perpétuée par le peuple Ewe dans la région de la Volta, tandis qu'au Bénin, elle est surtout pratiquée par le peuple Fon.

Esclavage par pays

Tchad La pratique de l'esclavage au Tchad, comme dans d'autres États du Sahel, est un phénomène profondément enraciné, dont les origines remontent à la transsaharienne opérée à l’époque des royaumes Sahéliens. Malgré son interdiction, cette pratique persiste encore aujourd'hui. À l'instar de plusieurs pays d'Afrique centrale de l'Ouest, elle reflète des divisions ethniques, raciales et religieuses marquées. Selon L'IRIN (Réseaux d'information régionaux intégrés) du bureau de la coordination des affaires humanitaires, des enfants sont vendus par leurs propres parents au Tchad, où ils sont réduits à l’état d'esclaves.

Congo Une forme d'esclavage assimilable à la servitude pour dettes est largement répandu dans certaines régions de la République démocratique du congo. Selon l' Indice mondial de l’esclavage, plus d'un million de personnes y vivraient actuellement dans des conditions d'esclavage.

Éthiopie Mahider Bitew, expert en droits et protection des enfants au sein du ministère des Affaires féminines, affirme que certaines études menées à distance dans des villes telles distance dans des villes telles que Dire Dawa, Shashemene, Awassa, ainsi que dans des trois localités du pays, révèlent que le problème du trafic d'enfants est extrêmement préoccupant. Selon une étude réalisée en 2003, environ un millier d'enfants ont été victimes de trafic via Dire Dawa vers des pays du Moyen-Orient . La majorité de ces enfants étaient des filles, dont la plupart ont été contraintes à la prostitution après avoir quitté le pays. L’ Organisation internationale du travail (OIT) a classé la prostitution parmi les pires formes de travail des enfants.

En Éthiopie, de nombreux enfants sont victimes de la traite à des fins d'exploitation sexuelle, de travail forcé, ou encore pour être utilisés comme domestiques non rémunérés ou mendiants. Ces enfants, généralement âgés de 10 à 18 ans, sont souvent déplacés des zones rurales vers les centres urbains, ou inversement, selon les besoins des trafiquants.

Il est fréquemment attendu des garçons qu'ils travaillent dans des secteurs tels que l'élevage du bétail en milieu rural, ou dans l'industrie du tissage à Addis-Abeba et dans d'autres grandes villes. Quant aux filles, elles sont souvent contraintes d'assumer des tâches domestiques , de s'occuper des enfants ou des malades, et, dans de nombreux cas, de se prostituer.

Ghana, Togo, Bénin Dans certaines régions du Ghana, au sein du peuple Ewe, une famille reconnue coupable d'une infraction peut être contrainte d'offrir une jeune fille vierge à la famille lésée, afin de réparer l'offense. Cette dernière est alors réduite en esclavage sexuel, sans pour autant obtenir le statut d'« épouse ».

Par ailleurs, dans certaines zones du Ghana, du Togo et du Bénin, l'esclavage pratiqué dans les sanctuaires traditionnels subsiste encore, bien qu'il soit officiellement interdit au Ghana depuis 1998.

Ce système d'esclavage est parfois désigné sous le nom le nom de sous le nom de trokosi au Ghana, voodoosi au Togo et au Bénin, ou encore « servitude rituelle ». Dans ce cadre des jeunes filles vierges sont offertes aux sanctuaires traditionnels en guise d'expiation. Elles y sont exploitées sexuellement par les prêtres et servent également de main-d’œuvre gratuite pour les activités du sanctuaire.

De nombreuses prostituées chinoises sont victimes de trafic vers le Ghana afin de servir les communautés d'expatriés, selon les enquêtes menées par l'organisation par l'organisation Enslavement Protection Alliance - West Africa (EPAWA). Cette ONG basée à Accra a indiqué à citi Newsroom que les victimes sont recrutées sous prétexte de travailler comme aides dans des restaurants. Une fois sur place, elles sont confinées et contraintes de se livrer à la prostitution.

Madagascar La servitude domestique et le travail forcé demeurent un problème persistant et en aggravation à Madagascar, en raison de la pauvreté croissante, selon une mission effectuée en 2012, par le rapporteur spécial des Nations Unies sur les formes contemporaines d'esclavage. Ce dernier a identifié les enfants comme particulièrement vulnérables et s'est dit profondément préoccupé par leur exploitation notamment dans les mines, dans la prostitution, ainsi que par les mariages forcés assimilables à des formes d'esclavage.

Mali L'esclavage demeure une réalité au Mali, touchant toutes les communautés ethniques du pays, bien qu'il soit particulièrement répandu au sein des populations touarègues.

Bien que les autorités coloniales françaises aient officiellement aboli l'esclavage en 1905, de nombreuses personnes asservies sont restées auprès de leurs maîtres jusqu'en 1946, année marquée par une vague significative de mobilisations en faveur de l'émancipation. Après l'indépendance, le premier gouvernement malien a tenté d'éradiquer cette pratique, mais ses efforts ont été freinés par la dictature militaire en place de 1968 à 1991.

Aujourd'hui encore, l'esclavage persiste: des milliers de personnes vivent toujours en situation de servitude. Face à cela, un mouvement social dynamique, appelé Temedt lauréat du prix Anti-Slavery International en 2012, œuvre activement pour faire pression sur le gouvernement afin de mettre un terme définitif à cette pratique.

Bien que le gouvernement Malien nie la persistance de l'esclavage, la journaliste, Kira Salak, collaboratrice du la journaliste Kira Salak, collaboratrice du National Geographic, affirmait en 2002 que cette pratique restait bien visible. Elle rapporte même avoir acheté puis libéré deux personnes réduites en esclavage à Tombouctou.

Par ailleurs, à la suite de la rébellion touarègue de 2012, plusieurs témoignages ont fait état de cas d'anciens esclaves repris de force par leurs anciens maîtres.

Mauritanie Selon l'indice de l'Indice de sécurité mondiale, la Mauritanie affiche l'un des taux de vulnérabilité à l'esclavage les plus élevés, se classant au rang dans la région.