Les élections sénatoriales françaises de 2026 visent à renouveler au scrutin indirect la moitié des membres du Sénat, la chambre haute du Parlement français. Elles ont lieu le .
Contexte Élections sénatoriales de 2023 vignette|gauche|Composition du Sénat après les élections de 2023.
Les élections sénatoriales de septembre 2023 aboutissent à un affaiblissement de la majorité de la droite et du centre. Les principaux autres groupes stagnent, ce sont donc les groupes mineurs, notamment les écologistes et les indépendants, qui profitent de la recomposition du Sénat. Le Rassemblement national parvient à revenir au sein de la chambre haute dont il était absent depuis 2022 à la suite du départ de son seul sénateur, Stéphane Ravier, pour Reconquête, en faisant élire 3 sénateurs, ce qui reste néanmoins insuffisant pour former un groupe parlementaireArticle 5 alinéa 5 du .
Dans sa configuration précédant les élections de 2026, le Sénat est composé de 3 groupes principaux : les Républicains, les Socialistes et l'Union centriste et de 6 groupes mineurs. La chambre haute est ainsi majoritairement orientée à droite et au centre droit, Les Républicains et l'Union centriste détenant à eux seuls 189 des 348 sièges. La principale force d'opposition est incarnée par le groupe socialiste avec 65 sénateurs.
Élections européennes et législatives de 2024
Les élections européennes de 2024 ont vu l'extrême droite effectuer une percée historique : d'une part le Rassemblement national parvient à dépasser la barre des 30 %, lui permettant ainsi d'obtenir 30 eurodéputés, ce qui en fait la plus grande délégation du Parlement européen, d'autre part Reconquête réussit à dépasser le seuil électoral de 5 %, ce qui lui permet d'être également représenté à Bruxelles et qui aboutit à la création d'un troisième groupe parlementaire d'extrême droite au sein du Parlement européen. En parallèle, la liste de la coalition présidentielle s'effondre par rapport à l'élection précédente, perd près de la moitié de ses députés, et parvient à conserver la deuxième place d'une courte tête. Le soir même de l'annonce des résultats, le président de la République Emmanuel Macron annonce la dissolution de l'Assemblée nationale et la tenue d'élections législatives anticipées.
Les élections législatives de 2024 ont été marquées par une campagne particulièrement mouvementée aboutissant à de nombreux changements au sein de la classe politique française : À gauche, les différents partis qui étaient divisés lors des européennes parviennent à se réunir au delà des limites de la NUPES en 2022 et forment ainsi le Nouveau Front populaire réunissant l'ensemble de la gauche ; cependant, dans le même temps, un certain nombre de cadres de la France insoumise sont purgés du parti et se réunissent pour former l'Après. À droite, Les Républicains s'enfoncent dans une crise majeure à la suite de l'annonce faite par Éric Ciotti, alors président du parti, d'une alliance avec le Rassemblement national, sans en avoir informé, et contre la volonté des autres cadres du parti, aboutissant au départ de Ciotti des Républicains et à la création de l'Union des droites pour la République. Similairement, Marion Maréchal, alors vice-présidente de Reconquête, annonce contre l'avis d'Éric Zemmour, son soutien aux candidats de l'union RN-UDR, ce qui aboutit à son exclusion ainsi qu'à celles de 3 des 4 autres eurodéputés du parti élus quelques jours plus tôt.
À la suite de cette élection, l'Assemblée nationale se retrouve fracturée et sans majorité absolue. Malgré un score tout aussi historique que lors des européennes et avoir gagné le vote populaire, le RN et ses alliés ne parviennent pas à obtenir la majorité. De la même manière, les groupes parlementaires issus du NFP enregistrent une augmentation de leur nombre de sièges, mais ne parviennent à obtenir qu'une majorité relative. Enfin la coalition présidentielle note un recul important, perd sa majorité relative de 2022 et se retrouve obligée de s'appuyer sur les députés Républicains afin de rester la force principale de la chambre basse. Le pays connait alors une période de forte instabilité politique illustrée notamment par la censure du gouvernement Barnier le 4 décembre 2024 et la chute du gouvernement Bayrou le 8 septembre 2025.
Élections municipales de 2026
Les élections sénatoriales de 2026 prennent place six mois après les municipales de la même année. La très grande majorité des grands électeurs français étant issus des conseils municipaux, leur composition a dès lors un impact important sur le scrutin sénatorial.
Modalités vignette|Logo pour les élections de 2026 utilisé par le site web dédié du Sénat. Dates Ces élections se tiennent le , les sénateurs étant élus pour une durée de six ans à partir du Article du Code électoral. et les précédentes élections ayant eu lieu le .
Mode de scrutin Le Sénat français est composé de pourvus au suffrage universel indirect pour une durée de six ans mais renouvelés par moitié tous les trois ansArticle du Code électoral.. Les élections de 2026 visent ainsi à élire les 178 sénateurs correspondant à la Annexe tableau n°5 du Code électoral..
Les sénateurs sont élus dans des circonscriptions correspondant aux départementsAnnexe tableau n°6 du Code électoral. (en tant que circonscriptions administratives), aux collectivités d'outre-mer, à la Nouvelle-Calédonie et aux Français établis hors de France (ces derniers constituent une circonscription unique à l'échelle mondiale, renouvelant ses sièges par moitié tous les trois ans), réparties en deux séries (en 2026, ce sont les circonscriptions de la qui votent). Le système électoral utilisé dépend du nombre de sièges qui y sont à pourvoir.
Dans les circonscriptions désignant un ou deux sénateurs, ceux-ci sont élus au scrutin majoritaire obligatoire à deux tours. Est élu le candidat qui réunit la majorité absolue des suffrages exprimés et les voix d'un quart des électeurs inscrits dans la circonscription. À défaut, un second tour est organisé. Celui qui remporte le plus de voix au second tour est déclaré éluArticle du Code électoral..
Pour les circonscriptions désignant trois sénateurs ou plus, il est fait recours au scrutin proportionnel plurinominal. Les électeurs votent pour des listes de candidats, et les sièges sont répartis après dépouillement des suffrages aux différentes listes en proportion de leurs parts des voix, suivant la règle de la plus forte moyenne, sans panachage ni vote préférentiel.Article du Code électoral..
Collège électoral Les élections sénatoriales sont un scrutin indirect, cela signifie que seuls les grands électeurs sont appelés à voter lors de cette élection.
Dispositions de droit commun Ces dispositions s'appliquent aux départements de l'Hexagone, à l'exception des départements suivants : Corse-du-Sud, Haute-Corse, Bas-Rhin, Haut-Rhin et Rhône.
Sont membres du collège électoralArticle du Code électoral. :
les députés et les sénateurs élus dans le département concerné (selon les départements : 1 à 21 députés et 1 à 11 sénateurs) ; les conseillers régionaux élus dans la section départementale correspondant au département concerné (selon les départements : 4 à 69 élus) ; les conseillers départementaux du département concerné (selon les départements : 18 à 82 élus) ; les délégués des conseils municipaux du département concerné.
Dispositions spéciales applicables aux départements de la Corse-du-Sud et de la Haute-Corse Sont membres du collège électoralArticles et du Code électoral. :
les députés et les sénateurs élus dans le département concerné (2 députés et 1 sénateur dans chaque département) ; les conseillers de l'Assemblée de Corse, ainsi répartis : 29 élus pour la Corse-du-Sud et 34 élus pour la Haute-Corse ; les délégués des conseils municipaux du département concerné.
Dispositions spéciales applicables aux départements du Bas-Rhin et du Haut-Rhin Sont membres du collège électoralArticles , et du Code électoral / Annexe à la délibération N°21SP-1514 du conseil régional du Grand Est (23 juillet 2021) :
les députés et les sénateurs élus dans le département concerné (Bas-Rhin : 9 députés et 5 sénateurs / Haut-Rhin : 6 députés et 4 sénateurs) ; les conseillers régionaux du Grand Est élus dans la section départementale correspondant à la Collectivité européenne d'Alsace, ainsi répartis après les élections régionales de 2021 : 36 élus pour le Bas-Rhin et 25 élus pour le Haut-Rhin ; les conseillers départementaux d'Alsace élus dans les cantons situés dans le département concerné (46 élus dans le Bas-Rhin et 34 élus dans le Haut-Rhin) ; les délégués des conseils municipaux du département concerné.
Dispositions spéciales applicables au département du Rhône Sont membres du collège électoralArticles et du Code électoral. :
les députés et les sénateurs du Rhône (14 députés et 7 sénateurs) ; les conseillers régionaux d'Auvergne-Rhône-Alpes élus dans les sections départementales correspondant au Rhône (12 élus) et à la Métropole de Lyon (29 élus) ; les conseillers départementaux du Rhône (26 élus) et les conseillers métropolitains de Lyon (150 élus) ; les délégués des conseils municipaux du Rhône et de la Métropole de Lyon.
Dispositions spéciales applicables à la Guyane Sont membres du collège électoral :
les députés et les sénateurs de la Guyane (2 députés et 2 sénateurs) ; les conseillers à l'assemblée de Guyane (55 élus) ; les délégués des conseils municipaux de la Guyane.
Dispositions spéciales applicables à Saint-Barthélemy et à Saint-Martin Sont membres du collège électoralArticles et du Code électoral. :
le député de Saint-Barthélemy et de Saint-Martin et le sénateur élu dans la collectivité concernée ; les conseillers territoriaux de la collectivité concernée (19 élus dans chaque collectivité).
Dispositions spéciales applicables à Wallis-et-Futuna Sont membres du collège électoralArticle du Code électoral. :
le député et le sénateur de Wallis-et-Futuna ; les membres de l'assemblée territoriale des îles Wallis et Futuna (20 élus).
Dispositions spéciales applicables à la Polynésie française Sont membres du collège électoral :
les députés et les sénateurs de la Polynésie française (3 députés et 2 sénateurs) ; les membres de l'assemblée de la Polynésie française (57 élus) ; les délégués des conseils municipaux de la Polynésie française.
Dispositions applicables aux sénateurs représentant les Français établis hors de France Sont membres du collège électoralArticle 44 de la loi n° 2013-659 du 22 juillet 2013 relative à la représentation des Français établis hors de France / Article 1 de l'arrêté du 22 janvier 2026 fixant le nombre de conseillers des Français de l'étranger et de délégués consulaires à élire :
les députés et les sénateurs des Français établis hors de France (12 députés et 12 sénateurs) ; les conseillers des Français de l'étranger (433 élus) ; les délégués consulaires (77 élus).
Répartition des sénateurs
Le nombre de sénateurs par territoire est défini en fonction de sa population.
N° Département Sièges 01Ain3 02Aisne3 03Allier2 04Alpes de Haute-Provence1 05Hautes-Alpes1 06Alpes-Maritimes5 07Ardèche2 08Ardennes2 09Ariège1 10Aube2 11Aude2 12Aveyron2 13Bouches-du-Rhône8 14 Calvados3 15Cantal2 16Charente2 17Charente-Maritime3 18Cher2 19Corrèze2 2ACorse-du-Sud1 2BHaute-Corse1 21Côte-d'Or3 22Côtes-d'Armor3 23Creuse2 24Dordogne2 25Doubs3 26Drôme3 27Eure3 28Eure-et-Loir3 29Finistère4 30Gard3 31Haute-Garonne5 32Gers2 33Gironde6 34Hérault4 35Ille-et-Vilaine4 36Indre2