Le (en français le ) serait selon le gouvernement américain une organisation criminelle dirigée par des membres du gouvernement du Venezuela et des Forces armées vénézuéliennes (FANB) active depuis les années 1990. Ses activités seraient le trafic de cocaïne, la contrebande de carburant, ainsi que l’exploitation minière illégale dans plusieurs États du Venezuela, comme l'or, le coltan, les pierres précieuses et d’autres minéraux.

L'existence de ce cartel est toutefois contestée par divers spécialistes de l'Amérique latine et du narcotrafic. L'International Crisis Group a également affirmé que cette organisation n'existait pas. Selon certains spécialistes il pourrait s'agir de désinformation du gouvernement américain visant à justifier des mesures de représailles contre le Venezuela.

En , le département de la Justice des États-Unis a émis un communiqué officiel désignant Nicolás Maduro et Diosdado Cabello comme les chefs du Cartel de los Soles, offrant une récompense pour toute information menant à leur capture et mise en accusation.

Le , le gouvernement des États-Unis a désigné l’organisation criminelle comme groupe terroriste et le président américain Donald Trump a ordonné aux forces armées de son pays d’agir contre les cartels de la drogue d’Amérique latine qui ont été désignés comme organisations terroristes, y compris le Cartel de los Soles. La récompense pour la capture du président vénézuélien est relevée à d'euros et une flotte de guerre américaine est déployée à la frontière maritime vénézuélienne, officiellement pour lutter contre le trafic de drogue, mais conduisant le Venezuela à dénoncer un projet d'attaque contre le pays ou de coup d’État.

Plusieurs alliés de Donald Trump en Amérique latine (l'Argentine, l’Équateur, le Paraguay et la République dominicaine) désignent à leur tour le supposé Cartel de los Soles comme « organisation terroriste ». À l'inverse, la Colombie a estimé que ce cartel n'existait pas. De même, le rapport de 2025 du département d’État américain sur les opérations mondiales de lutte contre la drogue ne faisait aucune mention du « Cartel de los Soles » ni d’un quelconque lien entre Nicolas Maduro et le trafic de drogue. Le Cartel de los Soles n’est également jamais apparu dans les rapports de la Drug Enforcement Administration, l’administration antidrogue américaine.

Historique Origine La formule « Cártel de los soles » a été employée pour la première fois en 1993 par la presse vénézuélienne et continue d’être utilisée pour désigner des hauts gradés militaires ayant des liens avec le crime organisé, notamment le trafic de drogue. Le terme « Cartel de los Soles » a vu le jour en 1993 lorsque deux généraux de la Garde nationale, le chef de la lutte anti-narcotiques Ramón Guillén Dávila et son successeur Orlando Hernández Villegas –, ont été inculpés pour trafic de drogue. En tant que commandants de brigade, ils portaient chacun un soleil en guise d’insigne sur leurs épaulettes, ce qui a conduit la presse vénézuélienne à désigner cette affaire sous le nom de « Cartel des soleils ».

Par la suite, les enquêtes ont mis en lumière l’implication de généraux de division dans des affaires liées au trafic de drogue. Selon le journaliste Héctor Landaeta, le phénomène a commencé lorsque les narcotrafiquants ont introduit de la cocaïne au Venezuela en utilisant des unités militaires corrompues situées dans la zone frontalière avec la Colombie.

Au début, l'implication d'officiers des Forces armées vénézuéliennes dans le trafic de drogue se résumait à accepter des pots-de-vin et à fermer les yeux pendant que les trafiquants faisaient passer leur marchandise. Les militaires n'entretenaient pas de liens directs avec les fournisseurs et ne stockaient ni ne transportaient eux-mêmes la cocaïne.

Narcotrafic au Venezuela vignette|gauche|"Régime vénézuélien corrompu," selon le Département de la Justice des États-Unis, lors de l'émission du mandat d'arrêt.

Le Venezuela sert de pays de transit pour le trafic de drogue mais son rôle est secondaire par rapport aux routes du Pacifique oriental. Les flux de cocaïne destinés au marché américain proviennent surtout de Colombie, d’Équateur et du Pérou. En volume, la région frontalière entre les Etats-Unis et le Mexique demeure le principal point de passage.

En 2012, l’Organisation des États américains (OEA) estimait que 10 % de la cocaïne colombienne transitaient par le Venezuela. En 2020, le Bureau de Washington pour les affaires latino-américaines (WOLA), s’appuyant sur les chiffres de la Base de données antidrogues consolidée inter-agences (CCDB) des Etats-Unis, indiquait que 7 % de la cocaïne colombienne passaient par le Venezuela.

Selon le journaliste anti-chaviste Emili J. Blasco, auteur de Bumerán Chávez, le gouvernement du président Hugo Chávez « a étendu la corruption à des niveaux sans précédent » corrompant le Ministère Public, le système judiciaire et les forces armées, « où aurait transité jusqu’à 90 % de la production de cocaïne colombienne vers les États-Unis et l’Europe », et par le biais du Plan Bolívar 2000, aurait accordé aux militaires des millions de dollars pour subventionner des programmes sociaux sans aucun contrôle et qui ont ensuite disparu. Il aurait également accordé une immunité légale aux officiers impliqués dans le trafic de drogue pour maintenir le pouvoir et leur loyauté.

Les narcotrafiquants colombiens ont commencé dès 1995 à déplacer une partie de leurs activités au Venezuela en raison de la mise en place par les États-Unis de l’ABDP (Air Bridge Denial Program) en Colombie, un programme consacré à la détection du trafic par voie aérienne. Lorsque le Venezuela a expulsé l'agence américaine Drug Enforcement Administration (DEA) en 2005, l'accusant d'espionnage, le pays serait devenu une route plus attractive pour le commerce international de drogue. Selon des sources de renseignements colombiens, un agent anti-drogue arrêté a déclaré que « du personnel occupant de hautes fonctions dans la sécurité du président Hugo Chávez s’occupait d’organiser le transport de cargaisons de drogue sur des bateaux circulant via des routes au Venezuela ». Des officiers britanniques ont déclaré que des avions colombiens transportant de la drogue étaient escortés depuis des bases de la Force Armée Vénézuélienne. Pendant la moitié de la première décennie des années 2000, des éléments de la Garde Nationale et d’autres branches de l’armée sont devenus beaucoup plus actifs dans le trafic de drogue. Des cellules au sein des forces de sécurité ont commencé à acheter, stocker, transporter et vendre de la cocaïne, alors que leur tâche principale était auparavant d’extorquer les trafiquants déplaçant des cargaisons de cocaïne.

Chávez a établi des zones d'opérations militaires le long de la frontière en réaction à la menace d'une invasion américaine depuis la frontière colombienne. On pense que c'est à cette époque que des membres de l'armée et de la Garde nationale ont été corrompus par l'argent de la drogue.

En , un incident a impliqué des membres de la Garde nationale vénézuélienne qui ont placé 31 valises contenant 1,3 tonne de cocaïne sur un vol à destination de Paris. Les autorités françaises ont déclaré qu'il s'agissait de la plus importante saisie de cocaïne enregistrée en France métropolitaine. Le , un commandant de la Garde nationale a été arrêté alors qu'il se rendait en voiture à Valence avec sa famille, transportant 554 kilogrammes de cocaïne.

Le , des agents de la DEA ont arrêté un fils adoptif et un neveu de la Première dame vénézuélienne Cilia Flores, les accusant d'avoir tenté de faire passer 800 kilogrammes de cocaïne du Venezuela aux États-Unis. Une source de la DEA a déclaré à la presse qu'il était impossible qu'une telle quantité de cocaïne ait pu transiter par le Venezuela sans complicité au sein des services de sécurité.

Durant l'été 2025, face aux menaces américaines, le Venezuela déploie 15 000 militaires supplémentaires à la frontière colombienne pour lutter contre le narcotrafic.

Sanctions américaines

Les relations entre les Etats-Unis et le Venezuela sont devenues particulièrement conflictuelles après l'arrivée de Donald Trump au pouvoir. En 2019, Washington a refusé de reconnaître la réélection de Nicolas Maduro. Les sanctions économiques alors décrétées ont asphyxié l’industrie pétrolière du Venezuela et contribué à la ruine de son économie. Mais la politique dite de « pression maximale » mise en place par Donald Trump pendant son premier mandat n'a pas permis de l’évincer du pouvoir.

Mi-2017, le Bureau du contrôle des avoirs étrangers (OFAC) du Département du Trésor américain a sanctionné 13 responsables vénézuéliens, anciens et actuels, pour « atteinte à la démocratie » dans leur pays. Parmi eux figuraient plusieurs personnalités politiques de premier plan, telles que Néstor Reverol, ministre du Pouvoir populaire pour l'Intérieur et la Justice, ancien responsable de la lutte antidrogue et ancien commandant en chef de la Garde nationale bolivarienne ; et Iris Varela, membre de la Commission présidentielle vénézuélienne pour l'Assemblée nationale constituante et ancienne ministre des Services pénitentiaires.

Le gouvernement américain a inscrit de hauts responsables du gouvernement vénézuélien sur la liste des sanctions du Département du Trésor, dont le vice-président Tareck El Aissami. L'administration Trump a accusé le vice-président vénézuélien d'avoir entretenu des liens avec diverses personnalités et acteurs clés du terrorisme et du trafic de drogue. Les sanctions ont gelé les avoirs d'El Aissami et d'un de ses proches, Samark López, aux États-Unis, qui, selon des porte-parole officiels, dépasseraient les 500 millions de dollars.

Le gouvernement vénézuélien a nié les accusations de narcotrafic. Le député du parti au pouvoir Pedro Carreño a rejeté l'existence de cette organisation, déclarant que l'on parle du Cartel de los Soles « pour diaboliser notre Forces armées vénézuéliennes », et a rappelé que « le rapport de Nations unies de 2007 sur la lutte contre le narcotrafic » mentionne que le Venezuela est un pays sans cultures illicites.

Le , le Procureur général des États-Unis, Pam Bondi, affirme que ses services ont procédé à la saisie de biens appartenant à Nicolas Maduro dont la valeur s'élèverait à plus de 700 millions de dollars. Selon Bondi, il s’agit de biens immobiliers que le président vénézuélien aurait achetés en Floride et en République dominicaine ainsi que des voitures de luxe et des bijoux.

Le , José Antonio Colina, président de l'Organisation des Vénézuéliens Politiquement Persécutés en Exil (Veppex), a demandé à Donald Trump d'inclure le Cartel des Soleils comme organisation terroriste en raison de ses supposés liens avec les cartels de la drogue mexicains. Cependant, le gouvernement mexicain a nié la présence du cartel de los Soles sur le sol mexicain.

Intervention de l'armée américaine dans les Caraïbes

En 2025, Donald Trump fait déployer une flotte de guerre dans les Caraïbes à proximité des frontières maritimes du Venezuela, officiellement au nom de la lutte contre le narcotrafic, mais selon divers analystes dans l'optique de mener une attaque contre le Venezuela ou d'inciter à un coup d’État. En réaction, le gouvernement vénézuélien annonce envoyer des navires et des drones patrouiller dans ses eaux territoriales afin de se défendre contre « l’agresseur » américain.

Le , la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, a affirmé que Donald Trump était « prêt à utiliser tous les moyens dont dispose les États-Unis » pour empêcher l'entrée de drogues sur le territoire américain « et traduire les responsables en justice », précisant que Washington ne considérait pas Nicolas Maduro comme le président légitime du Venezuela, mais plutôt comme « le chef fugitif » d'un « cartel narco-terroriste ».