Ailurus fulgens, le Panda, plus précisément désignés sous les noms de Petit panda ou Panda roux, mais plus spécifiquement désigné sous ceux de Panda fuligineux, Panda éclatant ou encore Petit panda de l’Inde, est une espèce de mammifère de l’ordre Carnivora, de la famille des Ailuridés. Autrefois considéré comme une espèce unique englobant les populations chinoises, il est aujourd'hui restreint au plan taxinomique à la lignée himalayenne, suite à la reconnaissance du Panda de Styan (Ailurus styani) comme espèce distincte, au début des années 2020.

Plus petit et plus léger que son homologue de Chine, le Panda fuligineux se caractérise par un crâne plus étroit, un pelage d'hiver légèrement plus court et des teintes faciales plus claires et blanchâtres. Muni d'un « faux pouce » facilitant la manipulation de sa nourriture, il se nourrit principalement de bambous au sein des forêts tempérées d'altitude de l'Himalaya, s'étendant du Népal au Bhoutan, en passant par le Nord-Est de l'Inde et le Sud-Est du Tibet. Menacé par la fragmentation de son habitat, le braconnage et les perturbations anthropiques, l'animal est protégé dans toute son aire de répartition et est classé comme Espèce en danger (EN) par l’UICN.

Dénominations et étymologies

Nom scientifique valide : Ailurus fulgens F. Cuvier, 1825 selon ; Nom normalisé anglais : Himalayan red panda, Red pandaMeyer C., ed. sc., 2009, Dictionnaire des Sciences Animales. consulter en ligne. Montpellier, France, Cirad., Lesser panda, small pandaNom en anglais d'après Nordiq ., Panda, Cat-bear, Firefox ; Noms vulgaires typiques en français : Panda fuligineux, Panda éclatant, Petit panda de l’Inde ; Autres noms vulgaires : Ailure éclatant, Petit panda, Panda rouxNom en français d'après l'UICN sur le site de la liste rouge de l'UICN., Panda rougeNom en français d'après Dictionary of Common (Vernacular) Names sur Nomen. ., Panda doréPanda sur Le Trésor de la Langue Française Informatisé (TLFI)., Panda mineur ; Noms vernaculaires : Ailure, PandaA pour espèce nominale Ailurus fulgens puisqu’il s’agit de l’espèce-type du genre., Renard de feuA pour espèce nominale Ailurus styani de par l’origine géo-linguistique du nom..

Étymologies L'épithète spécifique fulgens, francisé par « fuligineux » ou « éclatant ». vient de la brillance des couleur du pelage de l’animal, il signifie éclatant, brillant ,comme un éclair, en latinPerseus Digital Library. Latin Dictionary fulgens Headword Search Result... Noms locaux

+Noms locaux et autochtones pour Ailurus fulgensGroupe ou zone linguistiqueNom(s) autochtone(s)Anglais (pour l'Inde)Red panda, Lesser panda.Bhutia (tibétain)བཀྲག་དོན།, འོག་སྒྲོན། (Wakdonda, Woker, Oakdnka, U′któnka)Dzongkhaཨ་ཅུ་གདོང་དཀར་ (Achhu Dongkar)Lepchaᰛᰩᰵᤀᰤᰩᤵ (Sa Nums, Sankam, Thóng-wah, Thó-kyé)Limbuᤀᤠᤳᤑᤠ (Walsar, Jho, Kye, Wáh, Oá, Yé, Nigála pónya)Népal central (Népalais)होब्रे (Hobrey)Shotia (tibétain / dialecte)ཝ་ཧེ (Wahe)Sikkimའོག་སྒྲོན (Workar)

Taxonomie et systématique Histoire vignette|gauche|Illustration du Panda dans le cinquième volume de Histoire naturelle des mammifères avec des figures originales, coloriées, dessinées d'aprèsdes animaux vivans, Juin 1825.

Le premier spécimen officiellement décrit dont le nom est approuvé par les règles de la taxonomie moderne revient à Frédéric Cuvier en 1825, qui avait reçu le spécimen qu'il a décrit du beau-fils de son frère, Alfred Duvaucel, qui l'avait envoyé , où il perdit la vie, emporté par la fièvre jaune. L’espèce fut désignée sous le protonyme d’Ailurus fulgens et le nom vernaculaire panda dans sa description de l'espèce publiée en 1825. Cependant, lors de la compilation de ses ouvrages en 1842, Cuvier renommera son panda sous le nom d’Ailurus refulgens. Ce nom était issu d’un autre spécimen décrit par Edward Blyth en 1840.

Bien que le genre Ailurus ait subi d’intenses revirements taxonomiques, passant d’une tribu ou d’une famille à l’autre, l’espèce du Panda fuligineux a longtemps été considérée comme monotypique, ses caractéristiques se confondant avec celles du genre et laissant sa taxonomie spécifique dans un état de stagnation. En 1902, le zoologiste Oldfield Thomas décrit une nouvelle sous-espèce originaire de la province du Sichuan, en Chine, qu’il nomme Ailurus fulgens styani, après avoir comparé le spécimen chinois envoyé par Frederick William Styan à la série d'individus himalayens du Népal et du Sikkim conservée au British Museum. Pour la forme himalayenne de référence, Thomas note des nuances de pelage comme un haut du dos plus sombre, un arrière des oreilles plus nettement noir et des marques faciales blanches plus étendues, tout en soulignant que la variabilité de la robe rend ces critères incertains par rapport aux caractères ostéologiques. Il la caractérise dès lors principalement par un crâne comparativement plus petit et aplati, dont le profil frontal n'est que légèrement convexe, une boîte crânienne qui se rétrécit régulièrement vers l'avant et une dentition moins massive. La sous-espèce type Ailurus fulgens fulgens, qui correspond à l’espèce du présent article, ne sera formellement écrit qu’en 1951.

Le nom Ailurus fulgens refulgens est parfois utilisé à tort pour A. f. styani. Il s'agit d'un lapsus réalisé par Henri Milne-Edwards dans son article de 1874 ., faisant de A. f. refulgens un nomen nudum... A. f. refulgens, avec pour synonyme A. f. styani fut utilisé par erreur dans , mais cela a été corrigé dans des ouvrages plus récents, notamment dans A guide to the Mammals of China et dans l'encyclopédie papier Handbook of the Mammals of the World, Volume 1 : Carnivores., ainsi que dans les bases de données comme , où il n’est plus qu’un synonyme d’Ailurus fulgens.

En 2010, le mammalogiste Colin Groves a proposé dans une monographie sur les pandas roux, de reconnaître les deux sous-espèce comme des espèces distinctesColin Groves : The Taxonomy and Phylogeny of Ailurus. In : Angela R. Glatston : Red Panda: Biology and Conservation of the First Panda, William Andrew, 2010. DOI:10.1016/B978-1-4377-7813-7.00007-0. Mais ce n'est qu'à la suite de l'étude génomique de Hu en 2020 que ce taxon devient une espèce à part entière sous le nom binominal d’Ailurus styani, marquant ainsi un tournant en révélant deux lignées distinctes . L’étude, basée sur , montre une divergence de ~ entre Ailurus styani et Ailurus fulgens. Des différences claires d’haplotypes mitochondriaux, des marqueurs microsatellites distincts et une absence de flux génétique récent soutiennent la séparation. Les deux espèces auraient été isolées il y a environ à la suite de la glaciation de la pénultième période glaciaire, et se différencient tant sur le plan génétique, morphologique que chromatique. La frontière entre leurs aires de répartition pourrait être le fleuve BrahmapoutreBheem Dutt Joshi et al. (2021) : Siang river in Arunachal Pradesh splits red panda into two phylogenetic species. In : Mammalian Biology, vol. 101, . ou la rivière SalouenF. Wei, Z. Zhang (2009), .Gege Li : Red panda genes suggest there are actually two different species. In : New Scientist, 26 février 2020.Daniel Lingenhöhl : Nicht ein Katzenbär, sondern zwei.. In : Spektrum.de, 28 février 2020.. La séparation fut effective en 2018, 2019 et 2024 par , ainsi qu’en 2022 par . Et il apparu également que la sous-espèce refulgens était en fait conspécifique de A. f. fulgens. La taxonomie actuelle ne rend compte du panda fuligineux comme d’un taxon monotypique selon .

Description Les deux espèces de pandas roux atteignent une longueur tête-corps de 50 à un peu plus de 70 cm, pour une queue d'environ 30 à 50 cm. Néanmoins, le Panda fuligineux est plus petit que le Panda de Styan, son poids oscillant généralement entre 3 et 6 kg, avec un maximum atteignant 9,4 kg, contre une quinzaine de kilos pour l’espèce orientale... La tête est ronde et le museau court. Le pelage du dos est brun-châtain, tandis que le ventre et les pattes sont noirs. Les plantes des pattes sont entièrement couvertes de poils, et les femelles possèdent huit tétines.

Le Panda fuligineux se distingue du Panda de Styan par des caractéristiques crâniennes et morphologiques précises : son crâne est plus petit, son front moins bombé, l’arcade zygomatique plus étroite et sa dentition plus fine. Son pelage est également légèrement plus clair et, en hiver, plus court (40 à 50 mm contre 70 mm pour l’espèce chinoise). Enfin, sa queue présente une annelure moins marquée, et sa face, d’une teinte moins orangée que chez le Panda de Styan, apparaît souvent plus blanchâtre, marquée par de larges taches pâles et moins nettement délimitées.

Écologie et comportement Répartition et habitat Le Panda fuligineux habite les forêts tempérées du Népal, du Nord-Est de l’Inde (Arunachal Pradesh et Sikkim), du Bhoutan et du Sud-Est du Tibet (districts de Mêdog et Zayü), à des altitudes comprises entre 1 500 et 4 800 mètres. La zone la plus occidentale connue est le district de Mugu, dans l’Ouest du Népal, tandis que la limite orientale atteint la rive occidentale du Brahmapoutre ou du Salouen.

Une aire de l'Himalaya correspond à la zone où l’espèce se montre la plus abondante ; celle-ci est supposée avoir servi de refuge à un ensemble d'espèces endémiques durant le Pléistocène. Une population relique distincte pourrait aussi habiter les forêts subtropicales du plateau du Meghalaya, au Nord-Est de l'Inde..

Les forêts fréquentées sont dominées par des feuillus sempervirents et des conifères, notamment des érables, chênes, marronniers et noyers, ainsi que des tsugas et des sapins. Dans le Sud de la zone de répartition, les précipitations annuelles atteignent 350 cm, tandis qu’au Nord elles descendent à 130 cm.

Dans le parc national de Singalila (Inde), les pandas sont particulièrement abondants entre 2 800 et 3 600 m d’altitude. On y trouve de denses fourrés de bambous et une canopée continue formée de grands arbres.

Alimentation vignette|droite|Un panda fuligineux s’alimentant en bambou. Le régime alimentaire d'individus suivis sur trois sites du parc national de Singalila pendant deux ans était composé de 40 à 83 % de bambous Yushania maling et de 51 à 91,2 % de Thamnocalamus spathiflorus, complétés par des pousses de bambou, des fruits d’Actinidia strigosa et des baies de saison.. Dans ce parc national, les excréments contenaient également des restes de rosier soyeux et de fruits de ronces en été, d’Actinidia callosa après la mousson, ainsi que de Merrilliopanax alpinus, du sorbier Sorbus cuspidata et de rhododendrons arborescents pendant les deux saisons. Des fèces ont révélé la présence de 23 espèces de plantes, incluant le chêne à tan Lithocarpus pachyphyllus, le magnolia de Campbell, le chinquapin Castanopsis tribuloides, le bouleau de l'Himalaya, Litsea sericea et le houx Ilex fragilis.. Dans le parc national de Rara au Népal, du Thamnocalamus a été trouvé dans tous les échantillons fécaux analysés, avant et après la mousson.. Leur régime estival dans la réserve de chasse de Dhorpatan comprend également des lichens et des épine-vins... Dans le parc national Jigme Dorji au Bhoutan, des fèces trouvées pendant la saison de fructification contenaient des graines de lierre de l'Himalaya.

Mortalité et maladies Des échantillons de fèces d'individus collectés au Népal ont révélé la présence de protozoaires parasites, d'amœbozoaires, de vers ronds, de trématodes et de vers solitaires... Des vers ronds, des vers solitaires et des coccidies ont également été trouvés dans des excréments collectés dans les parcs nationaux de Rara et de Langtang..

Le Panda et l’Homme Menaces et conservation Menaces