La fibule de Préneste est un artefact archéologique portant le plus ancien écrit en latin trouvé dans le Latium, daté du La fibule est conservée au musée national de préhistoire et d'ethnographie Luigi Pigorini, à Rome. Une copie moderne est exposée dans la section épigraphique du musée des thermes de Dioclétien. Tant la fibule que l'inscription ont fait l'objet d'interrogations sur leur authenticité, en raison des incertitudes entourant sa découverte, mais des analyses archéométriques présentées en juin 2011 suggèrent fortement l'authenticité de l'objet et de l'inscription ; voir aussi le compte-rendu par Paul Properzio du livre de C. Touratier, CJ~Online 2013.10.04. Daniele F. Maras, Scientists declare the Fibula Praenestina and its inscription to be genuine “beyond any reasonable doubt. Etruscan News n° 14, hiver 2012..

Origine de la fibule vignette|La fibule de Préneste, datée du VIIᵉ siècle av. J.-C., est conservée au Musée préhistorique et ethnographique Luigi Pigorini à Rome, en Italie. Cette fibule a été présentée pour la première fois en 1887 par l’archéologue allemand Wolfgang Helbig (1839-1915). Celui-ci disait l’avoir achetée à un ami en 1876, et donnait comme origine la tombe Bernardini, découverte en 1851 et fouillée à partir de 1871, près de l’antique cité latine de Préneste (actuelle Palestrina). L’objet fut inscrit à l’inventaire de la tombe Bernardini jusqu’en 1919, date à laquelle il en fut retiré, en raison de l’absence de certitudes archéologiques sur sa provenance exacte.

Notons qu’une fibule semblable, en or et gravée, a été trouvée en Étrurie à Clusium, l’actuelle ChiusiVoir .. D’autres fibules du même type ont été retrouvées en Étrurie, dans le Latium et en Campanie, et datées entre les .

Description

La fibule, longue de , est un bijou en or. De type dit fibula a drago (fibule à dragon), elle se présente de profil sous la forme d’une boucle ronde prolongée par une aiguille et son fourreau. Le fourreau porte une inscription rédigée de droite à gauche.

center|thumb|upright 3.5|Relevé de l'inscription

Transcrite en caractères modernes, elle se lit comme suit : 𐌠𐌏𐌉𐌔𐌀𐌌𐌖𐌍 : 𐌃𐌄𐌊𐌀𐌇𐌅 : 𐌄𐌇𐌅 : 𐌃𐌄𐌌 : 𐌔𐌏𐌉𐌍𐌀𐌌IOISAMUN : DEKAHF : EHF : DEM : SOINAM

MANIOS MED FHE FHAKED NUMASIOI

Ce qui correspondrait, en latin classique, à , soit en français : .

Les arguments en faveur de l’ancienneté de l’inscription sont : la rédaction sinistroverse (de droite à gauche) ; la transcription archaïque de la consonne latine aspirée f par fh ; la grammaire archaïque avec un nominatif en –os, un datif en –oi, le pronom personnel à l’accusatif med, le parfait du verbe facere avec redoublement de la syllabe initiale ; la forme archaïque des lettres, comparables aux lettres des inscriptions grecques trouvées à Cumes ; le texte est antérieur au rhotacisme. On appelle ainsi le fait qu'en latin classique, l' -s- intervocalique (placé entre deux voyelles : numaSioi) ait évolué en -r-. Par exemple, l'infinitif *amase devient amare (« aimer »), alors que esse (« être ») demeure en l'état.

Authenticité

Des doutes ont été émis sur l’authenticité de l’inscription dès le début du , vu les circonstances incertaines de sa découverte. La fibule est néanmoins mentionnée dans des ouvrages consacrés à la Rome antique – comme le très classique Guide romain antique de 1952 – et elle a été présentée en 1977 à l’exposition du Petit Palais à Paris sur la naissance de Rome. Le catalogue de l’exposition en présente deux photos, parmi les objets de la tombe Bernardini. Toutefois, on constate que ces clichés, en vues de dessus et de face arrière, omettent de montrer l’inscription, qui n'est évoquée que dans les exposés en préambule du catalogue.

L’épigraphiste italienne Margherita Guarducci émit en 1979 l’avis que cette fibule serait un faux, fruit de la collaboration entre Wolfgang Helbig et l’antiquaire Francesco Martinetti, mais sa position n'a pas fait l’unanimité. Des analyses récentes (2011) utilisant un microscope électronique, menées par Daniela Ferro et par Edilberto Formigli de l’université de Rome, ont, selon toute vraisemblance, démontré l'ancienneté de l'objet et de son inscription et mis en évidence une réparation effectuée dans l'AntiquitéCommuniqué du Museo Nazionale Preistorico Etnografico "Luigi Pigorini", 6 juin 2011.. ..

Bibliographie

Corpus Inscriptionum Latinarum I 2 2, 3 Ernst Diehl, Altlateinische Inschriften, Berlin, G. Hacquard, Guide Romain antique, classiques Hachette, 1952

Massimo Pallotino et Giovanni Colonna, Naissance de Rome, catalogue d’exposition au Petit Palais à Paris, 1977 ; (n° A 3 ??) C. Touratier, La Fibule de Préneste (Langues et langage 23, Presses Universitaires de Provence, 2013. Pp. 273. ). ("Nachrichten der Akademie der Wissenschaften in Göttingen. Philol.-hist. Kl.", 1984,9, ??)

Ouvrages contestant l'authenticité de l'inscription

Margherita Guarducci, La cosiddetta fibula prenestina. Antiquari, eruditi e falsari nella Roma dell'Ottocento, "Atti della Accademia Nazionale dei Lincei. Memorie", Classe di scienze morali, storiche e filologiche, serie VIII, vol. 28, fasc. 2, Roma 1980. Margherita Guarducci, Nuova appendice alla storia della « Fibula prenestina », "Rendiconti dell'Accademia Nazionale dei Lincei. Classe di Scienze morali, storiche e filologiche", ser. IX, 2 (1991), 139-146 Arthur E. Gordon, The inscribed Fibula Praenestina. Problems of Authenticity, University of California Publications in Classical Studies, 16.

Ouvrages affirmant l'authenticité de l'inscription

Trümpy, C. (1983) La fibule de Préneste. Document inestimable ou falsification?, "Museum Helveticum" 40, pp. 65-74

E. Formigli, Indagini archeometriche sull'autenticità della Fibula Praenestina. "MDAI"(R) 99 (1992), 329-343, Tav. 88-96. Mancini, M. Latina Antiquissima I: esecizi sulla Fibula Prenestina, "Daidalos" 4, (2004), pp. 1-30. . Poccetti, P. "Fibula Prenestina" (Rosanna Friggeri ed.) Terme di Diocleziano. La collezione epigrafica, Roma, Electa, (2012), pp. 92-94. Touratier, Charles (2013). La fibule de Préneste, Presses Universitaires de Provence, Aix-en-Provence. Limón Belén, María; Fernández Martínez, Concepción (2015). “Sobre la autenticidad de la fíbula de Preneste. Las evidencias del texto y su confirmación científica” in Epigraphica, Periodico Internazionale di epigrafia, 78 1-2, Fratelli Lega Editori, Faenza. Pp. 85-101 Adiego Lajara, Ignasi-Xavier (2016). “La fíbula de Preneste (i no de Helbig)” a Omnia mutantur. Canvi, transformació i pervivència en la cultura clàssica, en les seves llengües i en el seu llegat (eds. Esperança Borrell i Óscar de la Cruz), SEEC, Barcelona. Pp: 29-38

Notes et références Notes

Références

Annexes Articles connexes Auteurs latins par ordre chronologique Latin archaïque Préneste Wolfgang Helbig

Liens externes

Catégorie:Épigraphie latine Catégorie:Artéfact archéologique romain Catégorie:Palestrina (Italie) Préneste Catégorie:Objet en or Catégorie:Inscription latine archaïque Catégorie:VIIe siècle av. J.-C.