Le Réseau haïtien des journalistes anti-corruption (RHAJAC) est une organisation haïtienne de journalistes d’investigation et de plaidoyer fondée en juin 2021. Elle œuvre en faveur de la transparence, de la lutte contre la corruption, de la bonne gouvernance et de la redevabilité des institutions publiques en Haïti.

Histoire Le RHAJAC est fondé le 17 juin 2021 dans un contexte de crise institutionnelle en Haïti, marqué notamment par la caducité du Parlement haïtien en janvier 2020. L’organisation naît de l’initiative de plusieurs journalistes indépendants, dont Néhémie Joseph, Djovany Michel et Pierre-Louis Clermont, désireux de promouvoir le journalisme d’investigation et de dénoncer les abus de pouvoir, les détournements de fonds publics et les actes de corruption.

Le réseau est officiellement enregistré auprès du ministère des Affaires sociales et du Travail le 14 janvier 2022. Depuis sa création, il mène des activités de veille citoyenne, d’enquête journalistique et de plaidoyer en faveur de la transparence et de la justice sociale.

Missions

promouvoir le journalisme d’investigation en Haïti ;

recevoir et analyser les signalements de corruption provenant de lanceurs d’alerte ;

documenter les cas présumés de corruption, de mauvaise gouvernance et d’abus de pouvoir ;

sensibiliser les citoyens aux enjeux de la transparence et de la reddition de comptes ;

collaborer avec des institutions publiques et des organisations de la société civile engagées dans la lutte contre la corruption.

Organisation Le RHAJAC est dirigé par un comité exécutif chargé de coordonner les activités de l’organisation.

Le comité actuel est composé de :

Djovany Michel, secrétaire général ; Fanfan Jean Louis, secrétaire général adjoint ; Guyno Duverné, trésorier.

Parmi les fondateurs figurent notamment Néhémie Joseph, Djovany Michel et Sanon Marc Antoine, ce dernier exerçant aujourd’hui les fonctions de conseiller au sein de l’organisation.

Activités Depuis sa création, le RHAJAC mène des enquêtes portant sur la gouvernance publique, la gestion des finances de l’État et les faits présumés de corruption impliquant des institutions publiques.

En 2025, l’organisation dépose une plainte auprès de la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ) concernant des allégations de trafic d’organes et de concessions irrégulières dans le secteur agricole.

La même année, le réseau dénonce des irrégularités dans la perception des frais de passeport au sein de la Direction de l’Immigration et de l’Émigration (DIE). En mars 2025, une correspondance adressée à l’Unité de lutte contre la corruption (ULCC) concernant les modalités de paiement des services administratifs contribue à une réforme du traitement des paiements en espèces au sein de cette administration.

Le RHAJAC agit également comme point de contact pour les lanceurs d’alerte issus de l’administration publique et du secteur privé. Les informations reçues sont soumises à un processus de vérification avant leur publication ou leur transmission aux autorités compétentes.

L’organisation publie régulièrement des rapports, des communiqués et des dossiers d’enquête relatifs à la gouvernance publique, et collabore avec plusieurs organisations nationales et internationales œuvrant dans les domaines de la transparence et de la bonne gouvernance.

Menaces et sécurité Les activités du RHAJAC exposent ses membres à des risques importants. Selon l’organisation, plusieurs journalistes du réseau ont fait l’objet de menaces en raison de leurs enquêtes et certains ont été contraints de vivre dans la clandestinité ou de quitter le territoire haïtien pour des raisons de sécurité.

Le 10 octobre 2019, le journaliste Néhémie Joseph, considéré comme l’un des initiateurs du réseau, est assassiné à Bayas, près de Mirebalais. Son assassinat suscite une vive émotion au sein de la presse haïtienne et des organisations de défense de la liberté de la presse, qui dénoncent les conditions de travail des journalistes d’investigation en Haïti.

Malgré ces difficultés, le RHAJAC poursuit ses activités de documentation, de plaidoyer et de dénonciation des faits présumés de corruption.

Références

Catégorie:Organisation non gouvernementale haïtienne