La Station d'écologie théorique et expérimentale (SETE) est une station du CNRS située à Moulis (Ariège, France). Elle fait partie du réseau des stations d'écologie expérimentale de l'institut Écologie et environnement. C'est une unité mixte de recherche du CNRS, rattachée à la faculté Sciences et ingénierie de l'université de Toulouse.

Présentation générale Les stations d'écologie expérimentale visent à obtenir des connaissances multidisciplinaires sur les interactions entre la dynamique, l'évolution et le fonctionnement des écosystèmes et de la biodiversité. Leur but est de formuler des scénarios pour la conservation et la gestion des ressources naturelles, en lien avec l'évolution des besoins des sociétés.

En 2025, la station emploie dix-huit chercheurs permanents, souvent reconnus sur le plan international, ainsi qu'un nombre équivalent d'ingénieurs de recherche. En comptant les doctorants, postdoctorants et techniciens, elle rassemble près de soixante-dix personnes. Leur travail consiste à analyser les enjeux écologiques actuels, en étudiant divers organismes, des micro-organismes aux vertébrés, sous tous les aspects et à toutes les échelles, de l'individu à l'écosystème. Cet ensemble forme un outil unique.

Histoire Depuis sa fondation en 1948 par Albert Vandel, le laboratoire souterrain de Moulis se concentrait essentiellement sur l'étude de la faune cavernicole, en particulier le protée anguillard, élevé au laboratoire depuis 1952 et qui sert de modèle pour comprendre l'évolution et l'adaptation des espèces. Sous l'impulsionde Jean Clobert, le laboratoire est devenu en 2007, une Station d’écologie expérimentale et depuis 2016 la Station d'Écologie Théorique et Expérimentale (SETE). Aujourd'hui, les chercheurs de la station se penchent sur les stratégies d'adaptation des espèces face au réchauffement climatique. Avec des installations telles que le « métatron », le « méta-aquatron » et le laboratoire d'hydro-écologie, le CNRS de Moulis constitue un ensemble de recherche unique au monde, attirant des scientifiques internationaux, dont la plus célèbre est Camille Parmesan, « réfugiée scientifique » américaine. Elle est écologue et membre du GIEC, au sein duquel elle a coordonné, dans le dernier rapport, le chapitre consacré aux effets du réchauffement sur la faune non marine. Elle a dirigé la station pendant 5 ans jusqu'en 2025, à la suite de Michel Loreau.

Installations La SETE regroupe un certain nombre de grandes installations qui en font un lieu d'expérimentations unique.

Métatron terrestre Le métatron terrestre est composé de 48 cages réparties sur 4 hectares, permettant d'étudier les effets des changements climatiques et de la fragmentation des habitats.

Ces cages, ou volières, sont reliées par des corridors et maintenues à différentes températures. Chaque volière, d'environ 100 mètres carrés, abrite une végétation adaptée et des systèmes d'arrosage pour répondre aux besoins des animaux étudiés.

Métatron aquatique Le métatron aquatique est un constitué actuellement de trois plateformes expérimentales, deux dites lentiques pour les eaux stagnantes ou faiblement renouvelées, et une dite lotique, pour les eaux courantes.

La plateforme lentique 1 est un ensemble de 144 mésocosmes de 2 m³, connectables par des corridors aquatiques et aériens pour certains, alimentés par la rivière Lez. L'installation permet de contrôler la dispersion dans les écosystèmes. Chaque mésocosme a sa température contrôlée, soit par chauffage, soit par refroidissement pour 72 d'entre eux. Tous sont automatiquement surveillés pour des facteurs comme le pH et l'oxygène dissous et la conductivité et permettent des expériences à long terme.

La plateforme lentique 2 est constituée de 150 bassins circulaires de 1,3 m³ et de 72 bassins de 350 litres, non connectés.

La plateforme lotique 3 est constituée de 12 rivières de 4 m de long, 30 cm de profondeur et 30 cm de large, aménageables et à débit modulable.

Grottes aménagées Les deux grottes, initialement connues sous le nom de laboratoire souterrain de Moulis, forment le cœur historique de la station. Progressivement aménagées depuis 1948, elles sont dédiées à la recherche sur la faune cavernicole, notamment le protée anguillard et le calotriton des Pyrénées. Elles accueillent des aquariums et des bassins en ciment alimentés par les eaux de la rivière souterraine.

Une station géophysique y est également installée, avec des sismomètres abrités des perturbations de surface.

Activités de recherche La station de Moulis, étudie depuis les années 2000 l'impact des changements climatiques sur la petite faune en France. Elle est reconnue mondialement comme une référence dans le domaine de l'écologie théorique et expérimentale. Parmi les espèces étudiées, les lézards vivipares (Zootoca vivipara), ainsi que des escargots, des papillons et des batraciens, sont particulièrement surveillés. Les lézards vivipares, répandus en Europe et en Eurasie, sont considérés comme des indicateurs pertinents des réactions aux changements climatiques.

Notes et références

Voir aussi Articles connexes Albert Vandel - biologiste français. Camille Parmesan - écologue américaine Autres personnalités liées : Louis Fage, Bernard Gèze, Pierre-Alfred Chappuis CNRS Écologie & Environnement - institut de recherche du CNRS en France

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