Maurice Reymond de Broutelles, né à Genève le , établi à Paris et mort le à Châtenay-Malabry, est un sculpteur, graveur et peintre franco-suisse dont les œuvres les plus connues sont érigées en Suisse.
Biographie Maurice Reymond de Broutelles naît Maurice Hippolyte Reymond le Registre des naissances des Archives d'État de Genève. à Genève.
Fils d'Auguste Reymond, horloger, et de Julie Decroux, tous deux originaires de la Vallée de Joux, il est également le beau-frère de l'écrivain J.-H. Rosny jeune.
Il effectue ses humanités au Collège de Genève, depuis rebaptisé Collège Calvin, puis devient instituteur. Afin de gagner l'argent nécessaire à sa formation artistique, il s'engage comme jeune précepteur en Russie, dans une famille de l’aristocratie impériale. Il s’inscrit par la suite à l’École des Beaux-Arts, à Paris, et à l’Académie Julian. Il y est l’élève du sculpteur néo-classique Henri Chapu, mais aussi du peintre Félix-Joseph BarriasBénézit, 1999, vol. 11, entrée « Reymond de Broutelles, J. Maurice ».. Il bénéficie sur cette période, pendant trois ans, d'une petite pension versée par un mécène genevois du nom de Lissignol.
À Paris, Maurice demeure au 12, rue de Seine, du moins jusqu’à son mariage en 1889. Il épouse le , à l'église Saint-Philippe-du-Roule, Caroline de Broutelles (1865-1940)Annonce du mariage dans la rubrique « La vie mondaine » du journal Le Matin, 19 mai 1889, p. 8., fille du capitaine de frégate Ernest de Broutelles, féministe très en vue, directrice de trois magazines (La Vie Heureuse, La Mode pratique, Le Conseil des femmes) très engagés dans l’émancipation des femmes, et qui cofonde en 1904 le Prix littéraire Vie Heureuse plus tard devenu le Prix FeminaAnon., Le Prix « Vie heureuse », chap. « Madame C. de Broutelles », Hachette, 1907, p. 8-9.. Son maître, Henri Chapu, est son témoin de mariage. Il ajoute dès lors à son propre nom celui de son épouse. Ils résident boulevard Saint-Michel avant de s’établir au 26, rue Vavin, dans l’édifice avant-gardiste construit par Henri Sauvage et Charles Sarazin où ils mènent une existence très mondaine et où le jury du Prix Femina se réunit durant quelques annéesRubrique « Avant le Prix Femina », Le Siècle, 4 février 1923, p. 2, cependant que leur propriété de campagne est située à Châtenay-Malabry.
Naturalisé français en 1918, à la suite de la tragique disparition de son fils Henri, jeune aviateur mort pour la France, célèbre en son tempsChâtenay-Malabry et la Grande Guerre, p. 43.« Les cendres d'un as de l'aviation », Bulletin municipal officiel de la ville de Clamart, mars 1982, p. 15., Maurice Reymond de Broutelles est aussi président de la section parisienne de la Société des peintres, sculpteurs et architectes suisses et le créateur de l’Association des Artistes suisses. À ce titre, il est un lien et un soutien pour les artistes de son pays d’origine qui séjournent à ParisÉdouard-Marcel Sandoz, nécrologie de Maurice Reymond de Broutelles, Art suisse, volume 1936-1937, cahier n° 6, p. 60-61..
Quand il s’éteint, le à Châtenay-MalabryActe de décès (avec date et lieu de naissance) à Châtenay-Malabry, n° 43, vue 13/17., il est inhumé dans sa propriété de la Croix de Clamart, près de Paris, « dans un site admirable d’où la vue s’étend sur les coteaux boisés et le début de la Vallée de Chevreuse » écrit, pour saluer sa disparition, le sculpteur animalier Édouard-Marcel Sandoz qui ajoute : « Le calme de ce paysage me rappelle le caractère toujours égal du défunt, ne cherchant jamais à se mettre en avant, toujours prêt à aider ceux qui l’approchaient, et à leur sourire ».
Œuvre Sculpteur avant tout, mais aussi peintre et graveur (il acquiert un temps l’antique imprimerie Fick, à Genève, qui avait édité Un Souvenir de Solférino d’Henry Dunant, afin d’y faire éditer ses gravuresNotice sur l'imprimerie Fick, Bibliothèque de Genève.), Maurice Reymond de Broutelles voit les premières œuvres sorties de son atelier parisien entrer dans les collections du Musée Rath à Genève (Le Calme et Buste d’enfant) ou orner la façade de l’Hôtel des postes de cette ville, rue du Mont-Blanc (statues de la Polynésie et de l’Amérique du Sud).
À Paris, il expose au Salon des artistes français, au Salon des indépendants, au Salon d’Automne. Il présente également ses ouvrages au cours des expositions universelles de 1889 et de 1900. Il y est récompensé successivement par une médaille de bronze et une médaille d’argentNotice de Maurice Reymond dans les Bases de données patrimoniales de la Suisse romande.. En outre, il est chargé, en tant que Genevois de naissance, d’y accueillir les délégations d’artistes suisses. En 1903, on l’expose à la Biennale de Venise. Et il se range à la deuxième place lors du concours lancé pour l’édification des statues du Mur des réformateurs, à Genève, pour lequel il conçoit un projet monumentalProjet pour le monument de la Reformation, site de la Bibliothèque de Genève.
On lui doit encore un buste du poète Stéphane Mallarmé auquel il était très lié, buste aujourd’hui perdu, mais dont on a retrouvé une reproduction photographique au Musée d’OrsayHélène Oblin, « Mallarmé et les Reymond de Broutelles », Études Stéphane Mallarmé, n° 3 (2015), p. 49-58, Classiques Garnier. ; un buste du philosophe Henri-Frédéric Amiel, exposé à l’Université de Genève ; une statue du réformateur Pierre Viret, à Lausanne ; deux imposantes statues de bronze, Le Chroniqueur du passé et Le Chroniqueur du présent (dites aussi Histoire ancienne et Histoire moderne) qui encadrent l’entrée d’honneur du Palais fédéral à Berne.
À son actif également, l’imposante statue du Major Davel qui orne la place du Château à Lausanne. Il participe pour cela au concours lancé par le gouvernement vaudois en 1893 et il en est le lauréat le . Le monument est inauguré en grand pompe le . Pour être fidèle à la réalité historique, le sculpteur fait réaliser un vêtement militaire semblable à celui que portait le major. « Mais l’uniforme neuf, relatera le journal La Patrie suisse le , n’a d’abord pas les plis voulus. Pour leur donner le “vécu” nécessaire, le sculpteur le porte durant plusieurs jours lors de ses promenades à la campagne, provoquant l’étonnement de ceux qui croisent ce personnage dans un accoutrement guerrier du . ».
Sculptures majeures Le Calme (plâtre) et Buste d’enfant (bronze), Musée Rath, Genève. Statues de La Polynésie et de L’Amérique du Sud sur la façade principale du bâtiment de l'Hôtel des postes de Genève. Buste en bronze d’Henri-Frédéric Amiel, université de Genève. Étude, buste en bronze, musée de Winterthour. Monument en bronze du Major Davel, Lausanne (1898). La Rage (bas-relief). Un damné (marbre, d’après Dante). Bustes en bronze de Mathias Morhardt et de Félix Vallotton. Statues en bronze Le Chroniqueur du passé et Le Chroniqueur du présent, de chaque côté de l’entrée principale du Palais fédéral à Berne (1901). Allégories de La Sagesse, de La Force et du Courage, Palais fédéral, Berne. Statue d’Alexandre Vinet, 1900, Lausanne.
Notes et références Notes
Références
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