Mérititès est une princesse et une haut-fonctionnaire égyptienne de l'Ancien Empire (), petite-fille du roi Niouserrê. Elle est contrôleuse du pavillon des dîners et directrice du service des perruques, alors que la plupart des femmes notables de l'Ancien Empire remplissaient des fonctions sacerdotales.
Sa présence est attestée sur les inscriptions de la tombe de son père, le vizir Ptahchepsès mais aussi dans un pseudo-groupe statuaire qui la représente seule avec son fils.
Attestations
Mérititès est attestée dans la tombe de ses parents à Abousir, dans la tombe voisine dite des princesses, initialement prévue pour sa mère, ainsi que par le pseudo-groupe AST 9 conservé au Rijksmuseum van Oudheden.
Titulature et carrière vignette|droite|Perruque égyptienne (Nouvel empire). Mérititès avait les titres suivants : « Fille du roi » (sȝ.t nsw.t), « Connue du roi » (rḫ.t nsw.t), « Unique ornement du roi » (ẖkr.t nsw.t wˁt.t), « Contrôleuse du pavillon des dîners » (ḫrp.t sḥ), « Directrice des perruquiers » ((j)m(y.t)-r js-s̆n).
Mérititès était donc « contrôleuse du pavillon des dîners » et « directrice du service des perruques », alors que la plupart des femmes notables de l'Ancien Empire remplissaient des fonctions sacerdotales. Durant l'Ancien Empire, on connaît plusieurs directeurs du service des perruques et plusieurs coiffeurs à la cour du roi. Cependant, une seule autre femme nommée Hy aurait occupé un poste officiel de coiffeuse jusqu'à la : on a découvert Hy dans le , où elle est représentée parmi d'autres porteuses d'offrandes. Les femmes exerçant la coiffure le faisaient à titre privé et ce n'est qu'au Moyen Empire, à partir du règne de que des coiffeuses font leur apparition dans l'entourage royal. Les titres portés par Merititès indiquent donc clairement qu'elle exerce un poste officiel à la cour et dans l'entourage du roi et qu'elle jouissait d'un statut social très élevé.
Iconographie
Méritiès est représentée à deux reprises dans le pseudo-groupe AST 9, conservé au Rijksmuseum van Oudheden depuis son acquisition en 1829. On a peu d'information sur l'histoire de cet objet avant son arrivée en Europe chez un collectionneur polonais : on ignore ainsi le lieu, les circonstances et la date de sa découverte ainsi que l'identité de son inventeur. Elle proviendrait des environs de Memphis, et probablement de Saqqara, où des pseudo-groupes présentant des similitudes dans le traitement du visage ont été découverts : les statues présentent un visage avec un petit menton, une bouche et un philtrum saillants, des yeux tombants aux canthi internes très accentués et un cou très court.
Ce qui fait l'originalité de la sculpture est la double représentation de Mérititès aux côtés de son fils Khénou, représenté plus petit que sa mère, sur sa gauche, les poings fermés avec un rouleau de papyrus dans chaque main. Il n'y a pas de mention d'un mari, d'un père ou d'un frère (ce personnage masculin est généralement représenté à une plus grande échelle que la femme). Au pied des statues de Mérititès, on trouve deux fois la même inscription énumérant ses titres et celui de son fils qui est « Inspecteur des prêtres chargés des funérailles ». Cette présentation inhabituelle, l'absence de parentèle masculine représentée, à l'exception d'un fils qui est plus petit que Mérititès, indique une personnalité émancipée qui exerce en pleine autorité les fonctions qui lui ont été confiées.
Généalogie
La mère de Mérititès est la princesse Khâmerernebty, ce qui fait du roi Niouserrê son grand-père. Son père est le vizir Ptahchepsès.
Sépulture vignette|droite|Plan de la tombe. Au nord-ouest de la pyramide de Niouserrê se trouve une tombe construite pour des descendants du souverain, identifiée par Ludwig Borchardt comme la « Mastaba des princesses ». La superstructure de cette tombe a été réalisée en accumulant des décombres pour former un mur épais, revêtu de blocs de calcaire jaune, la façade étant elle-même habillée de calcaire blanc fin. Ce précieux parement extérieur a disparu, à l'exception d'un fragment subsistant au niveau de l'entrée. Malgré cela, le plan de la tombe — avec ses quatre chambres funéraires et ses salles de culte — est bien conservé.
Les quatre fausses portes des chambres funéraires constituent les seuls vestiges décoratifs retrouvés, bien que Borchardt ait émis l'hypothèse qu'elles aient pu constituer l'unique ornementation dès l'origine. Dans les salles de culte, des traces de peinture rouge ont subsisté, indiquant que les murs étaient décorés pour imiter le granit. La fausse porte la plus au nord porte les titres de Khâmerernebty. La deuxième fausse porte porte le nom de Mérititès ; elle comporte des inscriptions et une représentation sculptée de la défunte, mais sa facture est plus grossière. Des fragments de peinture indiquent que le bloc était peint en rouge pour imiter le granit, tandis que les inscriptions sculptées étaient peintes en vert. La troisième fausse porte est restée totalement vierge, tandis que la dernière, semblable à la deuxième, ne porte d'inscription que sur le linteau et mentionne le nom de Kahotep.
Notes et références
Voir aussi
Bibliographie
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Articles connexes Groupe statuaire Place des femmes dans l'Égypte antique
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