L'Homme approximatif est un poème surréaliste, en dix-neuf chants, de Tristan Tzara. Écrit entre 1925 et 1930, il est publié dans sa version intégrale en 1931, pendant la courte période (1929-1935) où l'ancien chef de file du mouvement Dada participe au groupe d'André Breton. La critique voit en elle l’œuvre majeure de Tzara et une œuvre majeure du surréalisme.

Titre L'expression « Homme approximatif » qui sert de titre au poème, est répétée sept fois dans l'ensemble. À chaque fois, l'expression est utilisée dans un contexte qui laisse penser que l'homme dont il est question est universel. On lit par exemple au chant II :

De même on peut lire à nouveau « homme approximatif comme moi comme toi » à la fin des chants VIII, XIV et XVI. Le mot « homme », quant à lui, est utilisé plus de cinquante fois dans le poème. Quand Tzara affirme , l'homme dont il parle n'est pas lui-même mais, selon le critique Henri Béhar, , préoccupation essentiel du poète.

L'adjectif « approximatif » peut être compris dans son sens courant : « qui fait l'objet d'approche successives ». Henri Béhar juge significatif le choix d'Alfredo Rodriguez Lopez-Vasquez, auteur d'une deuxième traduction en espagnol du poème, qui, en 2014 préfère l'expression El hombre aproximado à celle de son prédecesseur El hombre aproximativo. .

En somme, Tzara cherche à se connaître lui-même, et l'homme en général, par essais et approches répétées. L'Homme approximatif est, selon Béhar, une qui récapitule .

Résumé et structure de l’œuvre

Le poème est structuré en dix-neuf chants sans titre, chacun contenant plusieurs laisses. Il n'est pas aisé de commenter ou de résumer cette œuvre dans la mesure où il s'agit de poésie abstraite, où « le mot est pris pour ses vertus physiques et non symboliques ».

Le chant I s'ouvre sur le vers . Le poète médite douloureusement sur le retour du dimanche, jour , dans une veine d' et exprime son spleen. Le chant est structuré par la répétition de trois vers :

autour desquels le poète .

Le chant II part , pour atteindre , et .

Dans chant III, rédigé dans un ton qui rappelle la prose des poètes de l'Esprit nouveau, l' opère un retour sur soi, il déplore les efforts vains pour se comprendre lui-même, sans jamais . Mais et .

Le chant IV est marqué par .

Le chant V est traversé par l'idée que . Le chant met en scène un réveil, où , contenant des .

Le chant VI est emblématique de la méthode d'écriture de Tzara, qui , des images fugaces, qu'il amplifie dans un second temps.

Les chants VII et VIII contiennent un mouvement de entre l'homme fait et . Il n'est cependant question d'aucune nostalgie. .

Dans le chant IX, l'homme solitaire . Tzara fait preuve d'une en se souvenant du judaïsme de sa famille.

Dans le chant X, le poète associe .

Henri Béhar note que du chant XI lui « paraît être une musique ».

Le chant XII se présente comme .

Dans le chant XIII, l'Homme approximatif . .

Dans le chant XVIII, le alterne avec les qui l'interrompt. .

Le chant XIX apparaît comme une conclusion, une récapitulation de .

Publication vignette|gauche| numéro de La Révolution surréaliste dans lequel parait un extrait de L'Homme approximatif.

L'Homme approximatif est publié en 1931 chez Fourcade. Le dix exemplaires de tête de l'édition originale contiennent en frontispice une gravure de Paul Klee. Tzara suit de près la fabrication de l'ouvrage, tiré à seulement 500 exemplaires.

Quatorze des dix-neuf chants ont fait l'objet d'une prépublication en revue entre 1925 et 1930 . La publication du chant XIX dans La Révolution surréaliste en constitue un geste de réconciliation entre Tzara et le groupe d'André Breton. Le texte est accompagné dans le même numéro de la revue du Second manifeste du surréalisme, dans lequel André Breton fait l'éloge de Tzara, et fait une autocritique de son comportement en 1923 pendant la dissolution de Dada.

Une traduction anglaise par Mary-Ann Caws est publiée en 1973 aux États-Unis. Une traduction en espagnol par Fernando Millan voit également le jour en Espagne, en 1975.

Réception

Généralement considérée comme l’œuvre majeure de Tzara, elle constitue selon le critique littéraire Marcel Raymond .

Dès sa parution, le poème est salué comme un . Il est remarqué par le poète Jean Cassou dans Les Nouvelles littéraires. Celui-ci vante un .

Le poète surréaliste Georges Hugnet rédige un article laudateur pour la revue Orbes : Les échos suscités par le recueil dans la presse ne se cantonnent pas aux cercles surréalistes. Le poème est chroniqué le dans le journal d'extrême-droite l'Action française, qui juge négativement l'ouvrage. Pour le Mercure de France, le critique littéraire André Fontainas salue l’œuvre , bien qu'il regrette quelques longueurs, facilités, et un recours répétitif à l'accumulation.

Bien que l'accueil réservé au poème est alors très chaleureux, les échos qu'il suscite restent limités.

Le poème continue néanmoins de susciter l'admiration de la critique et des poètes. Le critique littéraire René Lacôte parle en 1952 de et de . Serge Fauchereau reconnaît . En 1982, dans son Histoire de la poésie française, Robert Sabatier écrit :

Notes et références Notes

Références

Sources

Source primaire

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Bibliographie critique . . . .

Liens externes .

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