Mon Talisman (1924-ca. 1940) est un cheval de course pur-sang anglais, vainqueur du Prix de l'Arc de Triomphe en 1927.
Carrière de courses Élevé par l'Argentin Guillermo Ham, qui avait acheté sa mère pleine de Craig An Eran pour 2 600 guinées, propriété de son compatriote Edouard Martínez de la Hoz, président du Jockey Club argentin, qui l'a acquis yearling pour la somme record de 570 000 francs, et entraîné par le Britannique installé à Chantilly Frank Carter, Mon Talisman débute à 3 ans par un succès dans le Prix Juigné, une course rassemblant des inédits estimés. Il confirme son talent en survolant le Prix Daru, une poule préparatoire aux classiques réservée aux poulains dont la mère a été élevée à l'étranger, et enchaîne avec le Prix Lupin, en prélude à une victoire facile dans le Prix du Jockey Club devant Fiterari, appelé à devenir son grand rival, qui venait de remporter la Poule d'Essai des Poulains. Quatre courses, autant de victoire, un parcours classique d'école et un statut incontesté de meilleur 3 ans français, qu'aucun ne saurait lui contester tant le partenaire de Charles Semblat les a dominés. gauche|vignette|Prix de l'Arc de Triomphe 1927|200x200px Intouchable sur la distance classique, Mon Talisman était peut-être légèrement limité en tenue, puisqu'il perd son invincibilité dans le Grand Prix de Paris, à moins que le terrain collant ne lui siée point : il est devancé par son ancien compagnon de box Fiterari, qu'il avait pourtant dominé aisément dans le Jockey Club. La belle entre les deux poulains, qui survolent leur génération, a lieu dans le Prix Royal Oak, disputé lui aussi sur terrain souple, et réclamant lui aussi un surplus de tenue. Fiterari confirme que dans ces conditions il est supérieur à son adversaire, et s'impose à nouveau, Mon Talisman lui concédant cette fois deux longueurs. Mais c'est bien ce dernier qui aura le dernier mot sur la distance reine des 2 400 mètres et la course reine intergénérations : dans le Prix de l'Arc de Triomphe, il s'impose franchement devant les 4 ans Nino et Felton, Fiterari terminant quatrième à bonne distance. Mon Talisman devient ainsi le premier 3 ans à réaliser le doublé Jockey Club / Arc de Triomphe, et il ne reverra plus son rival, Fiterari rentrant au haras dans la foulée.
Resté à l'entraînement à 4 ans, Mon Talisman garde le box au printemps. On le retrouve au début de l'été du côté de Saint-Cloud dans le Prix du Président de la République, qu'il remporte. Mais ce sera sa dernière course : une blessure met un terme prématuré à sa carrière, et il rentre au haras. Dans leur livre de référence A Century of Champions, John Randall et Tony Morris font de Mon Talisman le meilleur cheval, et le meilleur cheval français du , et le meilleur poulain de la génération.
Résumé de carrière DateHippodromePaysCourseDistanceJockeyPlaceÉcartVainqueur ou deuxième1927, 3 ans10 avrilLongchampPrix Juigné2 100 mCharles Semblat / 223Château Palmer1er maiLongchampPrix Daru2 100 mCharles Semblat / 63Caravelle29 maiLongchampPrix Lupin2 100 mCharles Semblat / 153Le Grand Frisson12 juinChantillyPrix du Jockey Club2 400 mCharles Semblat / 172Fiterari26 juinLongchampGrand Prix de Paris3 000 mCharles Semblat / 161/2Fiterari18 septembreLongchampPrix Royal Oak3 000 mCharles Semblat / 82Fiterari9 octobreLongchampPrix de l'Arc de Triomphe2 400 mCharles Semblat / 102Nino1928, 4 ans1er juilletSaint-CloudPrix du Président de la République2 500 mCharles Semblat / 91 ½Banstar
Au haras Installé au Haras d'Auteuil, Mon Talisman a plutôt bien réussi sa carrière d'étalon, puisqu'il fut tête de liste des étalons en France en 1937 (il succédait d'ailleurs à ce palmarès à un certain Fiterari). Mais il doit surtout cette récompense à celui qui reste, de loin, son meilleur produit : le champion Clairvoyant, lauréat de cinq de ses six sorties et qui régna sans partage sur sa génération, s'imposant dans le Prix Hocquart, le Prix Lupin, le Prix du Jockey Club, et le Grand Prix de Paris.
Mon Talisman connut une fin tragique, d'ailleurs en malheureuse compagnie de son fils Clairvoyant : au printemps 1940, tous deux furent tués, découpés et donnés à manger à des Français affamés jetés sur les routes de l'exode. Détail sordide, le correspondant du New York Times à Paris rapporta que leur viande fut vendue beaucoup plus cher que la viande de cheval ordinaire.
Origines
Si Mon Talisman avait coûté si cher yearling, son pedigree n'y était évidemment pas pour rien. Il est issu de l'Anglais Craig An Eran, lauréat des 2000 Guinées, des St. James's Palace Stakes et des Eclipse Stakes – d'ailleurs les trois seuls succès de sa carrière. Au haras, ce petit-fils de la grande Sceptre revendique également un Derby-winner, April The Fifth, et d'un vainqueur du Grand Prix de Paris, Admiral Drake (qu'il eut avec l'illustre poulinière Plucky Liege), appelé à devenir un étalon de tête.
Ruthene, la mère de Mon Talisman, est elle aussi britannique avant d'être importée en France pleine de celui qui restera son unique produit, puisqu'elle mourut quelques mois plus tard. Elle était la sœur de l'excellent Ethnarch (par The Tetrarch), l'un des bons sprinters de son époque, qui traça au haras en produisant Infra Red, la quatrième mère de Mill Reef.
Pedigree
Références
Catégorie:Cheval de course Catégorie:Animal né en France Catégorie:Animal né en 1924 Catégorie:Cheval de course français Catégorie:Cheval de course né en 1924 Catégorie:Vainqueur du Prix du Jockey Club Catégorie:Vainqueur du Prix de l'Arc de Triomphe Catégorie:Étalon pur-sang anglais Catégorie:Étalon tête de liste Catégorie:Famille 1-h