L’église Saints-Pierre-et-Paul est un édifice religieux catholique situé dans la ville belge de Châtelet dans la province de Hainaut.
Cette église fut construite en 1871 et remplace une église datant du et démolie en 1867. En 1937, un incendie ravage entièrement l'édifice, qui sera reconstruit en 1941.
Histoire
L'ancienne église La vieille église remontait au .. Les Namurois, conduits par Antoine de Croÿ, incendièrent Châtelet et l'église en 1430. Celle-ci était orientée vers l'orient, le chœur était ainsi tourné vers l'actuel hôtel de ville. Un chemin étroit qui fut appelée rue du Trigeon, ou Trixhon s'éparait l'édifice des anciens bâtiments situés plus ou moins au même endroit. L'église était entouré d'un cimetière. L'église fut bâtie et agrandie suivant les besoins successifs qui se présentaient. Le style remarquait surtout à l'intérieur et l'extérieur présentait le style ogival. La grande nef est datée du début du . La chapelle dédiée à Notre-Dame, qui est incorporée dans la nef gauche du côté du Tirgeon, paraissait remonter à l'année 1450.. Les autels de saint Nicolas et de sainte Catherine étaient de cette époque. Les autels de l'Ange gardien qui était située à la nef droite et de saint Eloi devaient être d'une époque moins lointaine. En 1478, l'église possédait un beffroi avec une horloge et plusieurs cloches. Les fondations de la tour de firent en 1552 et 1554.
En 1579, l'église est pillée, elle le fut encore à mainte reprises par la suite et les ornements furent plusieurs fois sauvées à temps, voire à Dinant. De grandes restaurations sont indiqués en 1597 et 1598. Un crucifix est placé en 1603 ou 1604 qui devint la Croix triomphale sous le portail de l'église. La flèche de l'église pourrait remonter au ; elle surpassait celle d'Ath avec laquelle, elle avait plus d'un trait de ressemblance. En 1698, la tour fut reconstruite à la suite de l'effondrement.
L'église est incendiée par la foudre le ., qui fit fondre les cloches.. Une cloche qui est sauvée fut placé plus tard dans le clocher de la chapelle Saint-Roch. La tour a été entièrement détruite ; le coup de foudre a enlevé le clocher, les cloches, le carillon, l'horloge.. L'édifice fait l'objet de quelques réparations urgentes : le placement d'un petit clocher sur la tour, le repavage de l'intérieur et réparations des boiseries et le replâtrage de voûtes, révision partielle du revêtement de la tour qui se détache.. Par la suite, l'église est devenue vétuste et trop petite, elle fut abattue et la démolition fut terminé le . La chaire de vérité de l'ancienne église se trouve dans l'église Saint-Ghislain de Gerpinnes-Flaches, elle date de 1759. Elle est en chêne de style Louis XV, la rampe représente saint Pierre marchant sur les eaux et a, sur la cuve, deux reliefs : celui du panneau de droite représente Le Bon Pasteur et celui de gauche évoque La Vocation de saint Paul... La statue de la Vierge en marbre blanc et l'autel de Notre-Dame qui a été modifié ont été transférés dans l'église du Faubourg, de même que la plupart des marbres.
La nouvelle église
Le projet d'une nouvelle église vignette|Le projet de l'église qui est établi par l'architecte Eugène Carpentier.|gauche Un concours d'architectes a eu lieu et prend fin en 1862.. La majorité des candidats ont été Bruxellois et Flamands. Le premier prix fut attribué par le jury à L. Conraet d'Ixelles, tandis que le deuxième allait à Eugène Carpentier. Le premier prix couronnait un projet de style roman, le second en un style ogival. La grande majorité avait opté pour la démolition de l'ancienne église et son remplacement par un nouvel édifice. L'architecte Carpentier avait eu une proposition de construire un nouvel édifice englobant la tour de l'église.. Les élus de la ville s'opposaient à la démolition complète de l'édifice.. Les élus de la sauvegarde de l'église font distribuer une protestation contre le rapport des bourgmestre et échevins dans toutes les maisons de la ville.
Dans sa séance du , le conseil communal a délibéré sur des mesures à prendre par la suite de l'état de vétusté dans laquelle l'église paroissiale se trouve depuis longtemps. La Commission royale des Monuments avait été consultée sur cette question : son avis était que l'église de Châtelet méritait d'être conservée et restaurée en tant qu'œuvre d'art. Les membres du conseil se montrèrent uniquement préoccupés de deux autres projets : les uns furent d'avis qu'il fallait faire construire une église entièrement neuve, d'autres exprimèrent l'opinion que l'on pouvait conserver la tour et reconstruire le vaisseau de l'église, pas sur l'emplacement à l'est de la tour mais à l'ouest.. En réponse à la protestation de certains élus, un pamphlet fut distribué à tous les habitants. Il était aussi imprimé sous forme de livret, édité par le collège des bourgmestre et échevins de Châtelet et daté du . Le collège veut rétablir la vérité, et il reproche aux opposants de ne citer que partiellement les faits réels et de ne publier qu'un passage du rapport accompagnant le projet de l'architecte Conraet..
La construction vignette|Carte postale de l'église, au début des années 1900 et avant l'incendie de 1937. En 1866, trois années se sont écoulées depuis le concours architectural et les violentes campagnes publiques pour et contre la sauvegarde de l'ancienne église.. C'est par sa lettre qu'en 1866, l'architecte Carpentier demande au bourgmestre d'enfin décider lequel des trois plans d'implantation du nouvel édifice est choisi par le collège.. Le , l'architecte Carpentier adresse à la commune le dossier qui doit servir à l'adjudication, après l'approbation du Collège.. Le 22 du même mois, il arrive à Châtelet pour prendre les dispositions nécessaires à l'établissement d'une église provisoire qui abritera les fidèles jusqu'à la fin de la construction. Il propose à la ville la location de la ferme des Demoiselles Pirmez dite de la « Maquette »L'emplacement où se situait la ferme dite « de la Maquette », (). sise au sommet droit de la rue du Calvaire et jouxtant le nouveau château Pirmez. La cour de cette ferme pourra servir à cet usage en y plaçant une toiture provisoire et en recouvrent le sol du carrelage de l'ancienne église.
L'architecte s'adresse à la ville, le , au sujet de l'église provisoire qui aura une superficie de plus ou moins . Il sera parfaitement clos et limité, dans le bas de la cour, par les murs des bâtiments existants, une cloison en bois et en maçonnerie. Il devra mettre les fidèles à l'abri des intempéries de l'air et permettre, sans inconvénient, l'exercice du culte. Le mobilier de l'ancienne église est transféré par l'entrepreneur dans le local provisoire. L'ancien beffroi et les cloches sont placés sous un hangar couvert qu'il établira à ses frais dans le fond de la cour.. Le , le gouverneur de la province demande au bourgmestre de lui faire connaître dans les rapports des ingénieurs des Mines si les sondages mentionnés donnent toutes les garanties sur la solidité du sol où l'on compte jeter les fondations de la nouvelle église. Le , le Gouverneur rappelle sa lettre sans nouvelles de la ville. Ce n'est que le de la même année que la ville lui répond en adressant un procès-verbal constatant la qualité du terrain. L'ingénieur en chef, directeur en chef des mines du Hainaut, établit à la suite de tranchées, fondations et sondages un rapport qui déclare que cet expert officiel a tous ses apaisements sur la stabilité du sol. L'architecte Carpentier menace l'entrepreneur de poursuite judiciaire dans les huit jours s'il n'a pas révisé les toitures de l'église provisoire où l'officiant et les fidèles doivent s'abriter sous un parapluie, durant les offices. Le dernier avertissement a eu lieu le , l'architecte estime que la toiture doit être entièrement refaite..
En , l'architecte s'adresse au bourgmestre daté du dans laquelle il lui reproche le manque d'étançonnage flagrant des murs et arcades des nefs et des deux tours de façade qu'il est en train d'ériger sans liaisons sérieuses entre elles, comme il se doit. Et lui reproche aussi l'insuffisante qualité des charpentes en sapin du nord en opposition avec les descriptions du cahier de charges.. C'est en abordant la partie magistrale de l'édifice, la tour centrale de l'édifice supportant, de ses quatre colonnes maîtresses, le poids de ses hautes maçonneries, mais aussi celui de la grande flèche, que fut découverte la nature du sol dans lequel il fallait établir les fondations. L'entrepreneur se met donc à creuser le sous-sol pour jeter les fondations du transept mais a beau approfondir ses tranchées, il ne trouve que du sol meuble.
Procédant par petit sondages exploratoires, il constate qu'il faut descendre entre 8 et 9 mètres de profondeur pour trouver le sol argileux vierge.. Sur toute une longueur de , le phénomène se produit de façon constante.. Pendant l'hiver 1869-1870, les activités sont arrêtées et le gouverneur de la province demande, le , à la ville qui se demande et s'inquiète du retard du chantier.. L'entrepreneur Gorez est interpellé par la ville, à cause du retard apporté par l'architecte, dans l'expédition des plans détaillés.. Il vise Pâques ou la Trinité pour la reprise éventuelle reprise du chantier à la condition d'avoir reçu de la ville de Châtelet l'ordre officiel de remplacer la pierre dite de Vergelet par la Savonnière.. L'architecte dément tout retard dans l'expédition de ses plans, et le climat se dégrade entre l'entrepreneur Gorez et ses deux autorités de tutelle. Les activités de la construction ont repris lorsque survient un nouveau problème important. Selon le cahier des charges, toutes les fenêtres devaient recevoir des vitraux dits de grisailles bordés d'une fine lisière coloré. Selon l'entreprise, toutes les baies ne peuvent recevoir leur plafonnage tant qu'elle ne sont pas obturées.
À la fin du mois d', les grisailles, livrables en début du mois, sont toujours bloquées à Metz où les fabricants sont en attente sur le quai de la gare de cette ville à cause de la déclaration de guerre de la France à l'Allemagne, le . Le mois de septembre approche, la ville sur avis de l'architecte Carpentier propose de faire placer, temporairement, du verre ordinaire par un vitrier local, le verre reste propriété du placeur qui l'enlèvera dès l'arrivée des grisailles. L'architecte adresse en début de , de nouveau à la ville, une copie de ses doléances à l'égard de Gorez. Il lui reproche la malfaçon du plafonnage, et le menace même de faire renvoyer tous les plafonneurs et il fait remarquer les mauvais raccordements de toitures.. L'entrepreneur, en rage, menace de quitter le chantier car, dit-il, les échantillons de plafonnage ont été acceptés par l'architecte et il dénonce le fait de la ville de lui retirer d'office le poste des vitrages, partie intégrante de l'adjudication et il ajoute également les retards de payement de la ville à son égard.