La loi du relative à la programmation militaire pour les années 2024 à 2030 ou LPM 2024-2030 fixe les orientations relatives à la politique de défense française et trace une trajectoire de programmation des moyens militaires pour la période 2024-2030. Elle précise les orientations en matière d'équipement des armées à l'horizon 2035 et les traduit en besoins financiers jusqu'en 2030. Cette loi est la quatorzième loi de programmation militaire en France. Elle fait suite à la loi de programmation militaire 2019-2025.
Dans le contexte géopolitique instable et imprévisible de relance de la course aux armements décrit par la Revue nationale stratégique 2022, cette quatorzième LPM vise à garantir l'autonomie stratégique du pays, à assurer les engagements de la France au titre de son statut d'allié de l'OTAN et de membre de l'Union européenne et à faire de la France, selon son Conseil des ministres, une .
La situation nouvelle créée par l'agression de l'Ukraine par la Russie a amené le Parlement, à l'initiative du Président de la République et sur proposition du Gouvernement, à décider d'interrompre la loi de programmation militaire (LPM) prévue pour 2019-2025, au profit d'une nouvelle LPM couvrant la période 2024-2030.
La LPM 2024‑2030 a été adoptée le (413,3 milliards d’euros, dont 10 destinés à l'innovation (unités robotisées, essaims de drones, ordinateurs quantiques, intelligence artificielle) plus 5 destinés uniquement aux drones et robots.
Parcours législatif
Le projet de loi relatif à la programmation militaire (LPM) pour les années 2024 à 2030 et portant diverses dispositions intéressant la défense est présenté au Conseil des ministres du par le ministre des Armées.
La Commission de la défense nationale et des forces armées dépose son rapport le . Le texte modifié est adopté par l'Assemblée nationale le . La commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées du Sénat adopte le projet de loi avec 171 modifications le . Le texte modifié par le Sénat est voté le . La commission mixte paritaire parvient à un accord sur un texte commun le . Le texte de loi définitif est voté par l'Assemblée nationale le puis par le Sénat le .
À la suite de sa saisine par plus de soixante députés, le Conseil constitutionnel invalide les articles 14, 17, 20, 36, 45, 46, 48, 50, 52, 59 et 69 de la LPM 2024-2030. La loi est promulguée le par le Président de la République et publiée au JO n° 177 du .
L'article 8 prévoit que la LPM 2024-2030 fera l'objet d'une actualisation par la loi avant la fin de l'année 2027. Celle-ci sera précédée d'une actualisation de la Revue nationale stratégique 2025.
La LPM 2024‑2030 a été adoptée par le Parlement le (413,3 milliards d’euros), dont 10 milliards destinés à l'innovation (comme prévu en 2023 pour soutenir quatre sauts technologiques : premières unités robotisées, essaims de drones, ordinateurs quantiques, intelligence artificielle, confirmés par le ministère des Armées)Ministère de la Défense (2023) Objectifs LPM 2024-2030 : réussir les sauts technologiques ; Ministère des Armées Publié le : 15 mai 2023 https://www.defense.gouv.fr/actualites/objectifs-lpm-2024-2030-reussir-sauts-technologiques..
Structure de la LPM La LPM comporte soixante-et-onze articles, organisés en deux titres, respectivement intitulés « Dispositions relatives aux objectifs de la politique de défense et à la programmation financière » (articles 1 à 12) et « Dispositions normatives intéressant la défense nationale » (articles 13 à 71), ainsi qu'un rapport annexé.
Titre I - Dispositions relatives aux objectifs de la politique de défense et à la programmation financière Ce premier titre de loi comporte douze articles, qui fixent les objectifs globaux de programmation relatifs aux budgets de la mission « Défense » gérée par le ministère des Armées, aux effectifs du ministère des Armées et au surcoût lié aux opérations extérieures et intérieures.
Le rapport annexé à la présente loi définit les orientations relatives à la politique de défense et les moyens qui lui sont consacrés au cours de la période 2024-2030. Il précise notamment les orientations en matière d'équipement des armées à l'horizon 2035 et les traduit en besoins physico-financiers programmés et en ressources budgétaires associées jusqu'en 2030.
Titre II - Dispositions normatives intéressant la défense nationale Le titre II comporte un ensemble des dispositions normatives relatives aux ressources humaines, à l'élection de militaires aux scrutins locaux, à la cyber-défense, aux opérations, à la coopération et à l'entraînement des forces, au droit de l'armement, en matières immobilières et financières, au monde combattant et des mesures de simplification. Ces mesures ont des conséquences législatives et réglementaires.
Politique de défense et programmation budgétaire Axes de transformation des armées françaises Pour répondre à l'évolution des menaces prévisibles à l'horizon 2035-2040, la LPM met l'accent sur quatre axes de transformation principaux des armées : Renforcer la protection de nos territoires face aux menaces, actuelles comme futures, en premier lieu par la dissuasion nucléaire et en second lieu par l'accroissement des moyens de protection du territoire national et de nos zones économiques exclusives (ZEE). À cet effet, les composantes aériennes, aéronavales et navales de la dissuasion nucléaire seront modernisées. Les moyens de surveillance, de renseignement et de réaction rapide seront renforcés au bénéfice notamment des DROM-COM et des ZEE qui sont confrontés à une , au changement climatique et à des flux migratoires illégaux. Développer notre capacité à faire face à un engagement majeur et à des affrontements de haute intensité, en tirant tous les enseignements de la guerre en Ukraine : . À cet effet, la LPM prévoit , l'amélioration de l'agilité de notre base industrielle et technologique de défense (BITD). La LPM promeut aussi l'emploi de leviers de « l'économie de guerre », comme le développement des capacités de production autonome de composants et de pièces critiques ou la relocalisation des moyens de production et des savoir-faire sur le territoire national ainsi que la sécurisation des approvisionnements critiques. Maîtriser les nouveaux espaces de conflictualité pour prévenir, détecter, attribuer et contrer les stratégies hybrides dans l'espace, le cyberespace et les fonds marins, Repenser nos partenariats stratégiques pour renforcer nos capacités de prévention et d'intervention ainsi que notre aptitude à mener, avec nos alliés, une opération d'envergure en tant que nation-cadre.
Ressources financières Pour la période 2024-2030, le montant des besoins physico-financiers programmés s'élève à 413,3 milliards d'euros, dont 400 milliards d'euros pour la mission « Défense », hors charges de pensions. +Crédits de paiement LPM 2024-2030 Données exprimées en milliards d'euros courantsLPM initialeBudget 2023(Hors LPM)2024202520262027202820292030Total Crédits de paiement Évolution Ces ressources budgétaires sont complétées par des ressources extrabudgétaires à hauteur de 5 866 millions d'euros courants ainsi que par une provision au titre des opérations extérieures et des missions intérieures pour un montant total de 5 300 millions d'euros courants.
Le rapport annexé à la LPM identifie neuf domaines d'effort prioritaires : Innovation (10 milliards d'euros de besoins programmés sur la période), Espace (6 milliards), Drones et robots (5 milliards), Défense surface-air (5 milliards), Souveraineté outre-mer (13 milliards), Renseignement (5,4 milliards), Cyber (4 milliards), Forces spéciales (2 milliards), Munitions (16 milliards).
Ressources humaines L'augmentation nette des effectifs du ministère de la défense est prévue par la LPM selon le calendrier suivant : +Augmentation nette des effectifs du ministère de la Défense LPM 2024-2030 Données exprimées en équivalents temps pleinLPM initiale2024202520262027202820292030 Augmentation des effectifs 700 700 800 900
En conséquence de ces augmentations d'effectifs, les effectifs du ministère de la défense s'élèveront à équivalents temps plein en 2027 et à équivalents temps plein en 2030.
Tableau des principaux équipements
Le rapport annexé inclut un tableau qui fournit une liste détaillée des équipements des armées françaises en parc fin 2023, prévus en 2030 sur la base des acquisitions programmées dans la LPM et prévus au titre de l'ambition opérationnelle 2035. Le tableau ci-dessous présente un extrait de cette liste détaillée. +Principaux équipements inscrits à la LPM 2024-2030Segment capacitaireNature équipementType équipementParc fin 2023Parc 2030Ambition 2035Capacités interarméesSatellite de renseignement électro-magnétiqueCERES / CELESTE3 CERES1 CELESTE1 CELESTESatellite de renseignement imageCSO / IRIS2 CSO2 CSO + 1 Iris2 IrisSatellite de communicationSYRACUSE122Forces terrestresChar de batailleChar Leclerc200 dont 19 rénovés200 dont 160 rénovés200 rénovésChar médianERBC Jaguar60238300Véhicule blindé multi-rôlesVBMR Griffon57514371818ArtillerieCAESAR58 (+ 33 AUF1)109109Forces navalesPorte-avions nucléaireCharles de Gaulle111PANGÉtudesFabrication en coursSous-marin nucléaire lanceur d'engins (SNLE)Classe Le Triomphant444Sous-marin nucléaire d'attaque (SNA)Classe Rubis3Classe Barracuda266Frégates de premier rangFREMM, FDA Horizon, FDI101315Frégates légèresClasse La Fayette550Avions de combatRafale (Marine)4141225 RafaleForces aériennesRafale (Air)100137Mirage 2000D3648Avion de transport militaireMRTT12 (+ 3 A330)1515A400M223535C-13018144 (+ ATASM)
Une nouvelle armée pensée pour les conflits en Europe Le 9 Avril 2026, le Général d'Armée Pierre Schill, Chef d'État-Major de l'Armée de Terre, prend la parole dans une audition organisée par l'Assemblée nationale dans le cadre de la Loi de Programmation Militaire actualisée pour les années 2024 à 2030.
Au vu de la montée des conflits en Europe et dans le monde, le Chef d'État-Major de l'Armée de Terre a déclaré vouloir que l'Armée de Terre, jusqu'alors surtout pensée pour les OPEX, serait repensée pour une guerre majeure européenne.
La brigade « bonne de guerre » Le Général Pierre Schill a évoqué la mise en place d'une nouvelle brigade, dite « bonne de guerre ». Cette nouvelle brigade permettrait la mise en place de nouvelles unités territorialisées, implantées dans des zones nouvelles.
Cette brigade plus locale ne se veut pas comme une brigade blindée classique, comme la 3e Brigade Légère Blindée, mais plus comme une force territoriale légère, distribuée et hybride.
Cette brigade est voulu composée majoritairement de réservistes de l'Armée de Terre avec la mise en place de nouveaux régiments plus territorialisés et donc plus proches des domiciles des réservistes.
Son objectif principal serait tout d'abord la protection du territoire national. Elle serait composée d'unités locales, mobilisables rapidement et liées à une région précise. Cette brigade pourrait donc permettre de rouvrir une implantation militaire locale, recréer un maillage territorial et attirer des jeunes vivant loin des grands régiments.
La future division territoriale Le Général d'Armée Pierre Schill a également évoqué la mise en place d'une nouvelle division pour 2027, différente des divisions lourdes actuelles, plus orientée territoire nationale, et encore une fois largement composée de réservistes.
Encore une fois, cette division se veut dans un contexte de défense nationale. Si les unités d'actives pourraient partir à l'Est de l'Europe en cas de conflit, il faut des unités pour défendre la France. Elle se veut donc force territoriale permanente, capable de sécuriser le territoire et protéger les infrastructures en cas de conflit majeur.
Cette division aura donc pour mission: la protection territoriale ; le soutien aux populations, en cas de catastrophes et crises ; un appui de la sécurité intérieure, en coopération avec les forces de police et la Gendarmerie ;