Samuel Smiles, né le à Haddington et mort le à Kensington, est un écrivain et réformateur gouvernemental britannique. Bien qu'il fasse campagne sur un programme chartiste, il promeut l'idée selon laquelle le progrès viendrait davantage d'un nouvel état d'esprit plutôt que de nouvelles lois. Son premier ouvrage, Self-Help, paru en 1859, promeut l'économie et affirme que la pauvreté est largement due à des habitudes irresponsables, tandis qu'il s'attaque également au matérialisme ainsi que le gouvernement du Laissez-faire. L'ouvrage est appelé "la bible du libéralisme du milieu de l'époque victorienne" et a des effets durables sur la pensée politique britannique.
Biographie Smiles naît à Haddington, en Écosse. Tandis que les membres de sa famille sont de stricts presbytériens réformés, lui n'est pas pratiquant. Il étudie au sein d'une école locale et abandonne ses études à l'âge de 14 ans. Smiles est l'élève du Dr. Robert Lewins. Cet arrangement lui permet d'étudier la médecine à l'Université d'Édimbourg en 1829. Il s'intéresse à la politique, et devient un fervent défenseur de Joseph Hume.
Son père meurt lors de la deuxième pandémie de choléra, mais on permet à Smiles de poursuivre ses études puisque sa mère l'encourage. Celle-ci dirige la petite firme familiale de magasin général en croyant que "Dieu comblera". Son exemple de travail incessant afin de subvenir à ses besoins ainsi qu'à ceux de ses neuf jeunes frères et sœurs influence fortement la vie future de Smiles, or, il développe une vision affable et tolérante qui parfois, est en décalage avec celle de ses ancêtres presbytériens réformés.
En 1838, Smiles devient rédacteur du journal Leeds Time. Il passe les vingt prochaines années de sa vie dans la ville de Leeds, puis déménage à Woodhouse Cliff en 1847.
Militant En 1837, Smiles rédige des articles pour le Edinburgh Weekly Chronicle ainsi que pour le Leeds Times, faisant campagne pour une réforme parlementaire. En , on lui propose de devenir le rédacteur en chef du Leeds Times, un rôle qu'il accepte et qu'il tient jusqu'en 1842. En , Smiles devient le secrétaire de la Leeds Parliamentary Reform Association, une organisation restant fidèle aux six objectifs du chartisme : le suffrage universel pour tous les hommes âgés de plus de 21 ans, des circonscriptions électorales de taille égale, le vote à bulletin secret, la fin de la nécessité pour les députés de se qualifier pour le Parlement, excepté en gagnant une élection, la rémunération des députés et parlements annuels.
En tant que rédacteur en chef du Leeds Times, il prône des causes radicales allant du suffrage des femmes au libre-échange ainsi que la réforme parlementaire. Vers la fin des années 1840, cependant, Smiles se préoccupe du plaidoyer de la force physique des chartistes George Julian Harney et Feargus O'Connor, bien qu'il semble avoir été d'accord avec eux sur le fait que les tactiques actuelles du mouvement ne sont point efficaces, déclarant que "une simple réforme politique ne guérira pas les divers maux affligeant la société".
En 1845, Smiles quitte le Leeds Times et devient le secrétaire de la voie ferrée de Leeds à Stockton. Après neuf années de service, il travaille pour la South Eastern Railway.
Dans les années 1850, Smiles ne s'intéresse plus à la politique et décide que la débrouillardise est la place la plus importante à réformer. En 1859, il publie son ouvrage Self-Help.
Smiles rédige des articles pour le Quarterly. Dans un article concernant les voies ferrées, il affirme que les voies ferrées devraient être nationalisées, et que les passagers de troisième zone devraient être encouragés. En 1861, Smiles publie un article paru dans le Quaterly, renommé Workers Earnings, Savings, and Strikes. Il affirme que la pauvreté dans de nombreux cas est due à une imprévoyance usuelle :
En 1867 il publie The Huguenots: Their Settlements, Churches and Industries in England and Ireland. (Traduction française : Les Huguenots - Leurs colonies, leurs industries, leurs églises en Angleterre et en Irlande. Librairie de Joel Cherbuliez, Paris 1870).
En 1866, Smiles devient le président de la National Provident Institution, mais la quitte en 1871, après avoir subi un accident vasculaire cérébral débilitant.
La Globe Permanent Benefit Building Society est fondée en 1868 et constituée en société en 1878. Celle-ci a été fondée pour le bénéfice mutuel des investisseurs et des emprunteurs, avec l'approbation de feu Samuel Smiles. Le rapport du 50e anniversaire, le , déclare que Smiles en a été le Directeur fondateur et y a été impliqué pendant trois années. Tous les fondateurs résidaient à Deptford ou dans le quartier, tout comme les dix successeurs.
Ouvrages Son ouvrage Thrift paraît en 1875. Dans celui-ci, il déclare que "les riches ne constituent aucune prétention à la distinction. Il n'y a que le vulgaire qui admire les riches en tant que riches". Il affirme que la New Poor Law est "l'une des plus précieuses ayant été placée sur le recueil de lois des temps modernes". Il critique aussi le Laissez-faire :
En 1871, Smiles édite les lettres rédigées par son fils, Samuel Smiles Jr (né en 1852), et l'envoie chez lui lors de son voyage en mer (qu'il effectue en raison de sa santé), ainsi que le livre de bord qu'il garde de son voyage en Australie ainsi qu'aux États-Unis entre et , et les publie dans un ouvrage intitulé A Boy's Voyage Round the World.
En 1881, il déclare :
Self-Help Smiles n'a pas beaucoup de succès dans sa carrière en tant que docteur et journaliste. Il rejoint plusieurs entreprises risquées coopératives, mais qui échouent en raison d'un manque de capital. Désabusé, il se détourne de l'utopisme de la classe moyenne. Il trouve finalement un refuge intellectuel ainsi qu'une renommée nationale dans l'isolement du développement personnel.
La genèse de son ouvrage le plus célèbre, Self-Help, repose sur un discours qu'il donne en en réponse à une requête de la Mutual Improvement Society, publié comme, The Education of the Working Classes. Dans celui-ci, Smiles déclare :
La maison d'édition nouvellement fondée Routledge refuse de publier Self-Help en 1855. Vingt années plus tard, Smiles siège à côté de George Routledge lors d'un dîner, et il lui déclare, "Et quand, Dr. Smiles, aurons-nous l'honneur de publier l'un de vos ouvrages ?", Smiles lui répond que Routledge a déjà eu l'honneur de refuser Self-Help. Bien que John Murray est prêt à publier Self-Help sur un système de demi-bénéfice, Smiles le refuse car il ne voulait pas que le livre perde ses anecdotes. En 1859, Smiles sort Self-Help en autoédition, gardant le droit d'auteur, tandis qu'il paye John Murray une commission de dix pour cent. 20 000 exemplaires de l'ouvrage se vendent en l'espace d'une année. Lorsque Smiles meurt en 1904, plus de 250 000 exemplaires furent vendus. Self-Help élève [Smiles] au rang de célébrité : "presque du jour au lendemain, il est devenu un expert de premier plan et un gourou très consulté". Smiles "devint soudain à la mode et fut submergé de demandes pour poser la première pierre, poser pour son portrait, remettre des prix à des orphelins, prononcer des discours depuis des estrades. Le simple d'esprit était ravi de ces invitations, mais il ne put naturellement pas accepter. Il avait son travail à accomplir… son devoir ne se déroulait pas sur une estrade publique… Il se trouvait dans son bureau, avec son travail".
Conduct Smiles a l'intention de publier un ouvrage s'intitulant Conduct en 1896. Il le soumet à sa maison d'édition, qui le refuse. En 1898, on refuse encore sa parution.
À la suite du décès de Smiles en 1904, le manuscrit de Conduct se trouve sur son bureau, et, sur le conseil de John Murray, est détruit.
Fin de vie Il a été demandé à l'artiste écossais George Reid de peindre le portrait de Smiles, celui-ci est achevé en 1877 et figure désormais à la National Gallery de Londres. Des copies de son manuscrit se trouvent dans les archives de l'East Lothian Council.
Lorsque, en 1892, William Ewart Gladstone revient au pouvoir, et, en tant que premier ministre, indroduit son deuxième projet de loi sur l'autonomie irlandaise, Smiles écrit à son fils à Ulster : "Ne te rebelle pas. Reste sage, bien que j'aperçois ton nom parmi les agitateurs... Ta lettre est affreusement alarmante... Gladstone est arrivé au pouvoir et nous sommes menacés d'une Guerre Civile. Cela ne peut pas être le résultat d'un bon sens politique. Pourtant, il y a des membres libéraux pour acclamer ce maniaque. Hélas, hélas pour le libéralisme !… Dois-je te donner un préavis de six mois pour retirer mes prêts à la B.R. Co., car je veux garder le peu d'argent que j'ai pour ma femme et mes enfants, non pour armer les hommes d'Ulster". Smiles écrit à Lucy Smiles en 1893, "Ce projet de loi sur l'autonomie locale est horrible... Je suis tout à fait consterné par ce misérable chien, appelé à tort homme d'État, jetant le pays dans un état de tourmente. Je ne peux pas comprendre comment tant de personnes dans cette partie de la Grande-Bretagne suivent ce maniaque, simplement comme un troupeau de moutons. Il est tout simplement débordant d'orgueil. Hélas, hélas pour le libéralisme !".
Le , Samuel Smiles meurt à Kensington, dans la ville de Londres, et est enterré au cimetière de Brompton. Peu de temps avant son décès, on lui aurait proposé le titre de chevalier, proposition qu'il refusa d'accepter.
Héritage Self-Help est appelé "la bible du libéralisme du milieu de l'époque victorienne" et éleva Smiles au rang de célébrité presque du jour au lendemain.
En 1862, le député libéral John Arthur Roebuck qualifie l'ouvrage de Smiles intitulé Workmen's Earnings, Strikes and Savings d'ouvrage "vraiment remarquable" et en cite certains passages dans un de ses discours.
George Bernard Shaw, dans son ouvrage Fabian Essays in Socialism paru en 1889, qualifie Smiles de "Plutarque contemporain".
L'écrivain américain Orison Swett Marden s'inspire de Samuel Smiles en raison d'avoir lu Self-Help dans sa jeunesse. Plusieurs décennies plus tard, il publie Pushing to the Front en 1894 et devient un auteur professionnel à la suite de l'influence de Smiles.
La fin du et le début du voient la montée du Social-libéralisme, le Keynésianisme, ainsi que le socialisme, que tout le monde considérait l'épargne d'un mauvais œil. Les économistes sociaux-libéraux John Atkinson Hobson et Albert F. Mummery dans leur ouvrage Physiology of Industry paru en 1889, affirment que l'épargne a entraîné le sous-emploi du capital et de la main-d'œuvre pendant les dépressions commerciales. L'ouvrage General Theory of Employment, Interest and Money de John Maynard Keynes paru en 1936 tente de remettre en place l'économie libérale classique.
Les sociétés de construction ont adopté le message d'être économes afin de s'améliorer, tel qu'il est représenté dans Thrift. En 1897, le Halifax publie le « Dépliant de la Misère », dans lequel une maison délabrée et une maison aisée sont illustrées côte à côte sous les étiquettes « Défaut d'économie » et « Épargne ». Le dépliant indique : « Peu et souvent, remplit la bourse. », « Achète une maison afin d'y vivre avant de te marier. », ainsi que « La Providence prospérera là où les génies mourront de faim. Lorsque la fortune sourit, prend l'avantage. » écrits sur les marges. En réalité, la majorité des individus ne peuvent pas épargner puisque les banques n'acceptaient pas les petits dépôts à l'époque.