La Lessiveuse est un tableau réalisé en 1879 par Adrien de Witte, peintre belge et professeur à l'Académie royale des beaux-arts de Liège. L'œuvre est reproduite par l'artiste au travers d'une série d'eaux-fortes entre 1880 et 1888.
Dans cette , de Witte dépeint une jeune ouvrière occupée à blanchir le linge de la famille. Il l'a parvenant ainsi à transmettre la rigueur de ces travaux domestiques. Il exécute le tableau l'année où il obtient la bourse de la fondation Lambert Darchis qui va lui permettre d'effectuer un second séjour en Italie qui durera . Il est alors âgé d'un peu moins de , ayant fini ses études à l'Académie royale des beaux-arts de Liège depuis près de dix ans et voyagé une première fois en Italie durant quelques semaines fin 1872-début 1873.
Avant d'entrer dans les collections publiques liégeoises, la toile appartient à l'érudit et conservateur de musée lyonnais Antonin Terme, ami du peintre qui vit à Liège de 1870 à 1885. Quant à la gravure, plusieurs tirages sont conservés aux fonds patrimoniaux de la ville de Liège et au musée de la Vie wallonne. Celle-ci est commencée durant son second séjour italien mais ne sera achevée que plus tard, au travers de pas moins de , alors qu'il est revenu à Liège depuis quelques années et y a commencé sa carrière dans l'enseignement.
La Lessiveuse (tableau de 1879)
Élaboration et genre artistique Cette scène de genre, qu'Adrien de Witte réalise en 1879, est représentative des sujets abordés par le réalisme, tels que . Selon la formule de l'historienne de l'art Caroline Jamaer, le peintre , où il .
gauche|vignette|redresse|Femme au corsage noir, 1873 (huile sur toile ; ), Liège, La Boverie.
L'historienne de l'art Gaëtane Warzée quant à elle remarque que la jeune femme dépeinte est un modèle qu'Adrien de Witte a déjà sollicité pour son tableau la Femme au corsage noir de 1873, où .
L'artiste a presque trente ans lorsqu'il exécute la présente toile... ; il a achevé sa formation à l'Académie royale des beaux-arts de Liège (1866-1870) depuis près de dix ans. et il a effectué, en compagnie de son ami Félix Nisen, un premier voyage en Italie qui dure quelques semaines, fin 1872-début 1873, où ils passent par Munich et le Tyrol, visitent Venise, Florence et Vérone puis séjournent à Rome. Une fois revenu dans sa ville natale, il retourne pendant quelque temps à l'Académie royale des beaux-arts puis s'installe dans son atelier rue Hocheporte, où il peint, dessine et s'initie à la gravure. Entre 1873 et 1879, il va, entre autres, exécuter ses tableaux de Femme au corsage noir et du Coin d'atelier, mais aussi graver pas moins de selon le catalogue Delchevalerie-Rassenfosse de 1927.
Le peintre reçoit le la confirmation que la bourse de la fondation Lambert Darchis lui est octroyée et il part rapidement pour Rome, dès le . La toile n'est pas située et le catalogue Delchevalerie-Rassenfosse de 1927 ne fournit pas d'informations additionnelles ; il ne peut donc être établi avec certitude si elle est exécutée à Liège ou à Rome. En outre, elle apparaît listée dans ledit catalogue après plusieurs tableaux situés à Rome, alors que les données biographiques du peintre, listées chronologiquement dans le catalogue Adrien de Witte : Dessins - Pastels - Gravures de 1981, mentionnent l'exécution du tableau avant l'obtention de la bourse de la fondation Darchis en 1879.
Parcours de l'œuvre vignette|redresse|Portrait de , 1877 (eau-forte et pointe sèche; ), Minneapolis, Minneapolis Institute of Art.
La toile fait partie, en 1888, de la collection de . : officier de marine, archéologue et collectionneur français originaire de Lyon. Terme réside à Alger de 1860 à 1865 puis il est, respectivement, maire de Chamelet de 1865 à 1870, fabricant d'armes et résident à Liège de 1870 à 1885 et, enfin, conservateur du musée des Tissus de Lyon de 1885 jusqu'à sa mort en 1902. Il fait la connaissance et se lie d'amitié avec de Witte durant son séjour à Liège.
L'œuvre apparaît, dès 1926, dans les collections du musée des Beaux-Arts de Liège selon le catalogue des collections publié par l'imprimerie Bénard la même année ( d'inventaire). Le catalogue de l'œuvre d'Adrien de Witte qu'effectuent Charles Delchevalerie et Armand Rassenfosse en 1927 le confirme. La peinture est déplacée au musée de l'Art wallon lors de sa création en 1952 ( puis 642 d'inventaire).. Elle y reste jusqu'au moment où l'ensemble des collections des musées des Beaux-Arts et de l'Art wallon (regroupées depuis 2011 aux Beaux-Arts) est transféré au musée de La Boverie en 2016..
Description En 1988, l'historienne de l'art Emmanuelle Sikivie décrit l'œuvre en ces termes :
Pour sa part, Caroline Jamaer remarque que le sujet de la peinture est puis poursuit avec sa description : .
Réception critique En 1927, un article du journal La Meuse pointe que de Witte ..
gauche|vignette|redresse|Botteresse soufflant sur sa tasse de café, 1891 (eau-forte et pointe sèche ; Inv. Delchevalerie ; ), Amsterdam, Rijksmuseum.
La même année, Charles Delchevalerie remarque que la qu'effectue Adrien de Witte . En effet, Et .
Jules Bosmant abonde dans le même sens en 1930 quand il considère que l'intérêt constant du peintre pour donne à son œuvre et .
En 1988, Emmanuelle Sikivie estime, par contre, que le tableau n'est pas un portrait d'un type régional, contrairement à d'autres œuvres de l'artiste comme ses botteresses, représentées dans divers dessins de 1886-1889 et gravures de 1889-1890, ou sa Cotîresse. Dans ces œuvres, et la figure est dépeinte en costume traditionnel , ce qui en fait . vignette|La Lessiveuse (détail du tableau). En 2001, Caroline Jamaer valorise positivement le dessin, , ainsi que la couleur, . La figure de la jeune lavandière y est . Enfin, elle estime qu'avec .
L'œuvre comme illustration La peinture est reproduite dans le catalogue Delchevalerie-Rassenfosse de 1927 et celui de l'exposition Art et Société en Belgique : 1848-1914 de 1980. mais aussi dans les ouvrages de Roger de le Pasture à Paul Delvaux : cinq siècles de peinture en Wallonie de 1988 et Le Musée de l'art wallon et le Cabinet des estampes et des dessins de la ville de Liège : de la richesse et de la complémentarité des collections de 2002.
Expositions 1888 : Exposition de Witte, Hubert, Mignon, du au , Société d'Émulation, Liège... (l'une des deux œuvres capitales de l'exposition selon l'article du journal La Meuse). 1895 : Exposition inaugurale de l'Académie des Beaux-Arts (organisée par le Cercle royal des Beaux-arts dans le cadre de l'inauguration des nouveaux bâtiments de l'Académie royale des beaux-arts de Liège), du au , rue des Anglais , Liège.... 1980 : Art et Société en Belgique : 1848-1914, du au , Palais des Beaux-Arts, Charleroi (catalogue ). 1981 : Adrien de Witte : œuvre peint, du au , Galerie de la Province, Liège (catalogue ). 2001-2002 : Vers la modernité : le au pays de Liège, du au , musée de l'Art wallon et salle Saint-Georges, Liège (catalogue ).
La Lessiveuse (gravure, 1880-1888)
Élaboration La peinture est reproduite par l'artiste au travers d'une série d'eaux-fortes, qu'il retravaille sur une période de . En effet, les premiers états (jusqu'au ) datent de 1880, mais les états suivants (jusqu'au ) datent de 1888.. Comme la majorité de ses gravures elle est commencée à l'eau-forte puis retravaillée à la pointe sèche .
Lorsque de Witte achève la gravure en 1888, il est alors rentré à Liège depuis trois ans et il y prodigue des cours de dessin à l'Académie royale des beaux-arts. En effet, après être revenu d'Italie en , il fait un bref séjour à Paris en 1885 avant d'être nommé professeur à l'Académie en de la même année. À partir de ce moment, il va surtout se consacrer à sa tâche d'enseignant, .
Catalogue, musées et différents états vignette|redresse|gauche|La Lessiveuse, 1880-1888 (eau-forte et pointe sèche ; ; état intermédiaire), Liège, musée de la Vie wallonne.
L'estampe est reprise dans le catalogue Delchevalerie-Rassenfosse de l'œuvre d'Adrien de Witte sous le . Les fonds patrimoniaux de la ville de Liège en possèdent au moins (, et ), qui proviennent du cabinet des Estampes et des Dessins de Liège, dissous en 2011... Le musée de la Vie wallonne possède également un état intermédiaire de la gravure, donné par la veuve de l'artiste..
La lessiveuse est dès le alors que . Au , daté de 1880, . Dans le , qui est déjà signé et daté de 1888, le graveur retouche l'ombre du jupon sur la jambe et les cheveux de la jeune lavandière. Dans le , .
Réception critique À propos de la présente gravure et celles de botteresse qu'effectue l'artiste, Sander Pierron estime que de Witte .
Dans un autre registre, la présente œuvre s'inscrit dans une problématique au sujet du graveur liégeois qui est traitée par différents auteurs : les gravures qu'il achève après 1885 sont d'habitude retravaillées à maintes reprises et ce jusqu'à atteindre des niveaux extrêmes de détail et de modelé. Si certains commentateurs, comme Charles Delchevalerie, y voient qui nous , d'autres, comme Luca Rizzardi ou Sander Pierron, préfèrent les premiers états, qu'ils considèrent .
Expositions
1926 : Exhibition of the work of Liège Engravers from the to the Present Time, du au , Public Art Galleries, Brighton (catalogue , trois états différents de la gravure sont exposés)... 1981 : Adrien de Witte : Dessins - Pastels - Gravures, du au , cabinet des Estampes et des Dessins, Liège (catalogue , quatre états différents de la gravure sont exposés). 1993 : Le Cercle royal des Beaux-Arts de Liège 1892-1992, du au (dernière des quatre expositions organisées), Cercle royal des Beaux-Arts, Liège.
Notes et références
Notes
Références
Annexes
Bibliographie
Liens externes
Musée de la Vie wallonne : La Lessiveuse (gravure, MVW-2058321) Art-info.be : La Lessiveuse ; La Lessiveuse (gravure)
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