Palerme (Prononciation en français standard retranscrite selon la norme API. ; Prononciation en italien retranscrite selon la norme API. ; en sicilien : ) est une ville du Sud de l'Italie, chef-lieu de la région autonome de Sicile et de la ville métropolitaine de Palerme, qui englobe son aire urbaine. Palerme est renommée pour son histoire, sa culture, ses monuments architecturaux, son climat méditerranéen et sa cuisine. Située au nord-ouest de la Sicile, elle est baignée par les eaux de la baie de Palerme, dans la mer Tyrrhénienne.

Fondée par les Phéniciens sous le nom de Zyz (« fleur »), désignée par les Grecs sous le nom de Pánormos, la ville est renommée Panormus par les Romains, qui tiennent la ville tout au long des périodes républicaine et impériale. C'est de 831 à 1072 que la cité de Balarm, comme elle est appelée sous la domination arabe de l'émirat de Sicile, accède pour la première fois au rang de capitale de la Sicile. La conquête normande confirme sa prééminence sur le reste de l'île et elle demeure la capitale du royaume de Sicile de 1130 à 1816.

La population de l'agglomération de Palerme est estimée par Eurostat à tandis que son aire urbaine de d'habitants la place à la cinquième position italienne. La majorité des Palermitains parlent l'italien ainsi que le dialecte palermitano du sicilien.

Pôle industriel et tertiaire de la Sicile, son économie est orientée vers les secteurs du tourisme, des services, du commerce et agricole, en plus de bénéficier de la présence d'un aéroport international. Néanmoins, ses données sont largement sous-évaluées en raison de l'ampleur de son économie souterraine. Appréciée pour sa culture et son ambiance méditerranéennes, elle attire de plus en plus de touristes italiens comme étrangers. Certains de ses monuments sont classés au patrimoine mondial de l'UNESCO en raison de leur contribution à la richesse et diversité culturelles de la « Palerme arabo-normande ». Son vaste centre historique, longtemps négligé et délabré par les assauts du temps, subit un processus de restauration.

La religion catholique occupe une position cruciale dans la culture palermitaine. La patronne de la ville est sainte Rosalie de Palerme, célébrée tous les ans le 15 juillet.

Géographie Situation Palerme se situe sur la côte nord-ouest de la Sicile. La côte est de l'île se situe à un peu plus de (Catane et Messine). Rome est à au nord à vol d'oiseau via la mer.

Topographie gauche|vignette|La baie de Mondello vue du mont Pellegrino. vignette|252x252px|Xylographie du représentant le mont Pellegrino, icône du paysage urbain de Palerme, vu depuis le foro Italico.|gauche Palerme s'étend le long d'une plaine parcourue par les fleuves côtiers Papireto, Kemonia et Oreto. Les Arabes, après y avoir semé les graines des vastes orangeraies qui ont fait sa renommée pendant longtemps, nommèrent ce bassin la Conca d'Oro (« conque d'or ») au . En surplomb de la plaine, plusieurs sommets encerclent la ville, qui se retrouve enserrée entre la mer Tyrrhénienne et les montagnes, tel le mont Pellegrino au nord, qui culmine à d'altitude. Plusieurs réserves naturelles se trouvent à proximité, dont celles du Monte Pellegrino et de Capo Gallo.

Historiquement, les communications entre la ville et les régions intérieures de la Sicile étaient rendues difficiles par les montagnes. Le plus haut sommet environnant est le mont Pizzuta, qui culmine à d'altitude. La falaise du mont Pellegrino, qui domine la mer de toute sa hauteur, est décrite par Johann Wolfgang von Goethe comme « le plus beau promontoire du monde » dans son Voyage en Italie.

Morphologie urbaine Palerme est fondée au VIIIᵉ siècle av. J.-C. comme comptoir commercial, sur un plateau calcaire entre deux rivières (Kemonia et Papireto). Le premier noyau urbain, appelé Paleapolis, s’élève sur la partie la plus haute du plateau, correspondant aujourd’hui à la zone du Palais des Normands et de la place de la Victoire.

La ville s’étend progressivement autour d’un axe est-ouest (futur Cassaro ou corso Vittorio-Emanuele), avec des rues perpendiculaires nord-sud, jusqu’à la mer, ceinturée de remparts puniques. La nécropole punique, fouillée depuis le , s’étendait entre l’actuelle Piazza Indipendenza et le corso Calatafimi.

Les Romains ne modifient pas les limites fortifiées mais y édifient villas et thermes.

Les musulmans, maitres de Palerme à partir de 831, organisent la ville autour de deux quartiers, la Madina, qui correspond au noyau fortifié punique et byzantin, et Khalisa, nouveau quartier administratif et militaire, près des arsenaux, où s’installe l’émir. S'ajoutent le quartier des Schiavoni (esclaves), celui des Juifs (Magione). Ville-capitale, Palerme compte jusqu’à habitants et plus de 300 mosquées, avec des bains publics, des marchés et des jardins.

Les Normands qui conquièrent Palerme en 1072 élèvent le Palais des Normands sur les anciennes murailles, résidence royale, siège administraif et atelier monétaire. La ville normande s'organise autour des mêmes quartiers : la Galca avec le palais royal, le Cassaro (Qasr) comprenant la cathédrale sur l'ancienne grande mosquée, le quartier de la Khalisa (ou Kalsa), le quartier des Slaves (Seralcadi), le quartier neuf (Hartilgidie, ancien Harat al-Djadida) et le quartier des Juifs (Judayca). Les palais périphériques (sollazzi regi) de la Zisa, le Scibene, la Cuba, la Favara di Maredolce, sont alors entourés de vastes jardins irrigués.

Sous la couronne espagnole, la croissance démographique fait déborder la ville de ses remparts médiévaux : le Borgo di Santa Lucia est fondé en 1570 pour les pêcheurs, la Kemonia est détournée, les marais du Papiro sont asséchés. Le tissu urbain se modernise par l'élargissement des rues (Cassaro, 1567), la création de places (Quattro Canti, 1609), ouverture de nouveaux axes (via Maqueda, 1600).

Le tracé médiéval se maintient durant l'époque moderne et l'essor urbain est contenu jusqu'au jusqu’au .

Après l’unification italienne (1861) et jusqu'à la Belle Époque, la population explose et le développement urbain s’accélère avec l'émergence de nouveaux quartiers bourgeois, notamment vers le nord le long du vaste boulevard della Libertà

Lors la Seconde Guerre mondiale, la ville connaît des bombardements destructeurs, puis une expansion urbaine massive avec le retour à la démocratie, souvent sans plan global ni contrôle, qui étend les périphéries et remplit la plaine de la Conca d’Oro. À partir des années 1960, de nouveaux quartiers de logements sociaux poussent en périphérie : ZEN, Borgo Nuovo, Passo di Rigano, Calatafimi, Bonagia, Oreto-Brancaccio, Sperone et Bandita, au détriment de la reconstruction du centre historique progressivement délaissé.

Lutte antimafia et prise de conscience du patrimoine historique mettent un terme à l'anarchie immobilière dans les années 1980, et motivent des travaux de restauration et de mise en valeur du centre historique.

Climat Palerme bénéficie d'un climat méditerranéen (classification climatique de Köppen : Csa) caractérisé par des hivers doux et humides et des étés chauds et secs grâce à la prédominance des hautes pressions subtropicales. Palerme est l'une des villes les plus chaudes d'Italie et d'Europe car, bien que la chaleur du jour ne soit pas souvent excessive grâce à l'effet modérateur des brises marines, les températures nocturnes diminuent peu par rapport à celles de la journée et sont par conséquent remarquablement élevées, avec une moyenne annuelle de . Elle reçoit environ d'ensoleillement par an. Les chutes de neige sont très rares et éphémères lorsqu'elles se produisent ; il n'a neigé qu'une dizaine de fois à Palerme depuis 1945. Les plus grosses chutes de neige survenues dans la ville ont eu lieu en 1949 et en 1956, lors de vagues de froid intenses qui ont vu la température passer sous les (exceptionnel sur les côtes siciliennes). Des chutes de neige de moindre importance se sont produites en 1981, 1986, 1999 et 2014. Le record de température minimale mesuré à Palerme est de en février 1967. Durant la canicule exceptionnelle de juillet 2023 il a été mesuré une valeur record de à l'observatoire de Palerme.. La température annuelle moyenne de la mer est supérieure à ; elle s'échelonne de en février à en août. Elle dépasse le seuil des (en dessous duquel l'eau est trop fraîche pour la baignade) de juin à octobre.

Hydrographie Des trois fleuves côtiers historiques de la ville, seul l'Oreto, qui sépare le centre historique des quartiers ouest plus industriels, est toujours présent. Le Papireto et la Kemonia sont désormais recouverts. Leur ancien emplacement est discernable à travers le tracé urbain de certaines rues. Quant aux plaines marécageuses formées aux embouchures des anciens torrents du bassin de Palerme et dont le débit fluctuait fortement en fonction des saisons, elles ont connu un sort similaire après avoir été assainies. centré|vignette|900x900px|Panorama de Palerme vue depuis le mont Pellegrino.

Voies de communication et transports Selon une enquête, les Palermitains passent en moyenne 63 minutes par jour dans les transports en commun, la plupart du temps pour se rendre sur leur lieu de travail ou en revenir. 14 % des usagers des transports urbains voyagent plus de par jour. Le temps moyenne d'attente à un arrêt ou une station est de , tandis que 48 % des usagers attendent généralement plus de chaque jour. La distance moyenne que les gens parcourent habituellement en un seul trajet de transports en commun est de , et seuls 3 % d'entre eux dépassent .

Infrastructures routières vignette|L'autoroute A20 entre Messine et Palerme. Carrefour du réseau routier sicilien, la ville de Palerme est située à la jonction des autoroutes A29 vers Mazara del Vallo en passant par l'aéroport Falcone-Borsellino et Trapani à l'ouest, A19 vers Catane au sud-est, et A20 vers Messine à l'est. La via Regione Siciliana relie ces grands axes, et constitue la principale artère de circulation de l'agglomération palermitaine. Les routes nationales SS113, 121, 186 et 624 traversent la ville.

La compagnie sicilienne de transports (AST), met à la disposition des habitants de la ville 35 lignes de bus reliant Palerme à toute la région.

Palerme est en outre un étape clé sur la route européenne 90.

Transports urbains vignette|Triporteur dans le centre-ville.Le réseau de bus de Palerme (90 lignes) est géré par la société AMAT et ses itinéraires couvrent une longueur totale de .

On croise dans la ville de nombreux triporteurs motorisés (de type mobylette), très utilisés par les vendeurs ambulants dans les rues souvent étroites du centre ancien.

La ville est également parcourue par quatre lignes de tramway, la première a été inaugurée en 2014. Elle relient dans l'ordre :

Roccella — Gare Centrale Borgo Nuovo — Gare de Notarbartolo CEP — Gare de Notarbartolo Corso Calatafimi — Gare de Notarbartolo

Desserte ferroviaire vignette|Trains dans la gare souterraine de Punta Raisi. La gare de Palermo-Centrale assure des liaisons vers la plupart des grandes villes siciliennes, notamment Agrigente, Trapani, Catane, Messine ainsi que le reste de l'Italie via son détroit. Elle se trouve également au centre du service ferroviaire métropolitain de Palerme (composé de deux lignes, A et B) qui relie le centre-ville aux banlieues nord et à l'aéroport.

Desserte aérienne L'aéroport international de Palerme est situé à à l'ouest de la ville. Son nom officiel, « Falcone-Borsellino », a remplacé l'ancien nom de Punta Raisi en hommage à Giovanni Falcone et Paolo Borsellino, deux magistrats fortement impliqués dans la lutte contre le corruption assassinés par la mafia au début des années 1990. Il a accueilli de passagers en 2017.

La gare ferroviaire de l'aéroport, qui a conservé l'ancien nom de Punta Raisi, est accessible par des liaisons directes depuis Palermo-Centrale, Palermo-Notarbartolo et Palermo-Francia.