Le mont Singer est un sommet des monts Sutton culminant à d'altitude. Il est situé au Québec, dans la région administrative de l’Estrie, plus précisément dans la municipalité de PottonCommission de toponymie, « Mont Singer », Banque de noms de lieux du Québec (consulté le 10 août 2025). Certaines zones situées dans la partie inférieure des pentes sont localisées dans la municipalité de Bolton-Ouest et sur le territoire de la ville de Sutton. De plus, de petites portions de la montagne se trouvent également dans la municipalité de Bolton-Est et sur le territoire de la ville de Lac-Brome.
Toponymie Le nom est associé à la « Singer Sewing Machine Company », une société qui a exploité cette forêt pour produire des meubles destinés à accueillir les machines à coudre entre 1918 et 1940.
Géographie Situation, topographie S'élevant entre Direction générale de l’information géographique, Ministère des Ressources naturelles et de la Faune « BOLTON-OUEST, 31H01-200-0201, (45° 07' 59", -72° 27' 23") », 1/20000, 2003, dans Données Québec, Cartes topographiques à l'échelle de 1/20 000, Répertoire complet (format PDF) (consulté le 10 août 2025) et Ressources naturelles Canada, Gouvernement du Canada, « Mont Singer, Potton », sur Atlas du Canada Toporama, (consulté le 10 août 2025) d'altitude, ce mont se situe au sud-est du hameau d’East Hill, au nord-est du mont Écho et au sud-ouest de la passe de Bolton.
La montagne abrite plusieurs petits étangs, mares temporaires et autres milieux humides. Parmi les plus vastes, on trouve l'étang Fullerton, situé sur le versant est, où le ruisseau Ruiter prend sa source, ainsi que l'Étang-aux-Herbages, traversé par le ruisseau Singer, sur le versant sudJulien Poisson et Louise Gratton, « Plan directeur 2014-2019 pour la Réserve naturelle des Montagnes-Vertes », Conservation de la nature, août 2014, p.8 et 14 (consulté le 10 août 2025). Sur le flanc nord de la montagne, le ruisseau North Branch prend naissance, tandis que le ruisseau West Field longe le nord-est du mont Singer.
Le ruisseau Jackson, quant à lui, prend sa source sur le mont Écho et sur le versant sud-ouest du mont Singer.
Faune et flore La réserve écologique de la Mine-aux-Pipistrelles, lieu important d’hibernation de la chauve-souris, se trouve sur la montagne dans le secteur de la passe de BoltonCommission de toponymie, « Réserve écologique de la Mine-aux-Pipistrelle », Banque de noms de lieux du Québec (consulté le 10 août 2025).
Histoire Au début des années 1900, des compagnies commerciales, comme la « Missisquoi Lumber Company », possédaient les lots de forêt sur la montagne. Ces lots ont ensuite été détenus par la « Singer Manufacturing Company » Sandra Jewett et al. « Early history of logging in Potton » Association du patrimoine de Potton, Histoire Potton History, vol.7, , printemps 2020, p.38 (consulté le 10 août 2025).
La majorité de la récolte de bois par la « Singer Manufacturing Company » a eu lieu, entre 1918 et 1926. Un village de bûcherons nommé Singerville se trouvait alors près du ruisseau Ruiter.
Dans la deuxième moitié du , une petite communauté, nommée la « Lost Nation », était établie au bas des pentes du mont Singer, dans une partie de ce qui est aujourd’hui la municipalité de Bolton-Ouest. Des scieries de la compagnie Singer étaient aussi présentes dans ce secteur Matthew Elder, traduction Guy Côté, « Lost Nation: de malédiction à paradis des bûcherons », sur tempolacbrome.ca, 1er décembre 2024 (consulté le 10 août 2025).
En 1954 James Duff « Domtar announces Sutton cutting, Selective means careful », The Record, 25 mai 1981, p.3 (consulté le 10 août 2025), les lots de forêt sur la montagne furent vendus par la « Singer Manufacturing Company » à la compagnie « Canada Paper » Sandra Jewett et al. « Early history of logging in Potton », Association du patrimoine de Potton, Histoire Potton History, vol.7, , printemps 2020, p.43 (consulté le 10 août 2025) (propriété de la « Howard Smith Paper Mills Ltd. »)Andréanne Duchemin et Providence Cloutier, « De la forêt au papier : un héritage de plus de 175 ans pour Domtar », Société d’histoire forestière du Québec (SHFQ), Histoires forestières du Québec, Vol.16, , printemps-été 2024, p.21-22 (consulté le 10 août 2025) et les lots ont ensuite appartenu à la « Dominion Tar and Chemical »« La grande histoire du papier à Windsor », La Tribune, cahier 5, « Festival du papier de Windsor », 16 juin 2004, p.E2 (consulté le 10 août 2025) qui devint la Domtar en 1965.
Centrale hydroélectrique En 1976, un projet de centrale hydroélectrique à l’étang Fullerton, jouxtant le mont Singer, a été présenté à la population de Potton. La centrale à réserve pompée aurait eu deux réservoirs. Le réservoir supérieur à l’emplacement de l’étang Fullerton aurait inondé une superficie de , l’élévation normale du plan d’eau aurait été établie à 460 mètres et la hauteur maximum de la digue aurait été de 50 mètres. Elle se serait appuyée aux extrémités sur les montagnes environnantes, dont le mont SingerJdB « Le projet Fullerton, vue par l’Hydro-Québec », La Voix de l’Est, 28 mars 1977, p.2 (consulté le 10 août 2025).
La puissance aurait varié entre , la construction aurait coûté de 300 à 400 millions et environ 30 familles auraient été déplacéesGilles Dallaire « $400 millions dans la région? », La Tribune, 3 décembre 1976, p.1 (consulté le 10 août 2025). Il y eut une forte opposition citoyenne au plan de développement d’Hydro-Québec et l’Association de préservation de l’étang de Fullerton fut crééeUrsula Seebohm « Citizens Movement against the Fullerton Pond Project », Townships Sun, décembre 1976, p.34-39 (consulté le 10 août 2025)« Etang Fullerton : études suspendues », La Tribune, 15 avril 1978, p.16 (consulté le 10 août 2025). En 1978, le projet fut suspenduJacqueline de Bruycker « Fullerton : rien ne va plus », La Voix de l’Est, 17 avril 1978, p.2 (consulté le 10 août 2025) et finalement, en 1980, Hydro-Québec annonçait qu'il était reporté indéfinimentJdB « Hydro-Québec remet indéfiniement le projet Fullerton », La Voix de l’Est, 14 août 1980, p.2 (consulté le 10 août 2025).
Coupes forestières par la Domtar En 1979, la compagnie Domtar réalisa d’importantes coupes à blanc sur le mont Singer. Elle construisit aussi des chemins d’accès pour de futures exploitations forestièresJames Duff « Knowlton in arms over clear-cutting », The Sherbrooke Record, 20 septembre 1979, p.1 (consulté le 10 août 2025). L'abattage des arbres souleva l’indignation des résidents de la région et un groupe de citoyens se forma pour alerter l’opinion publiqueJacqueline de Bruycker « Coupe à blanc sur les monts Sutton », La Voix de l’Est, 19 septembre 1979, p.1 (consulté le 10 août 2025). À la suite des pressions de la population, Domtar renonça aux coupes à blanc et privilégia pour l’ensemble des monts Sutton la coupe par bandesGilles Dallaire « Domtar renonce à la coupe à blanc », La Tribune, Cahier 1, 10 mai 1980, p.A4 (consulté le 10 août 2025).
En 1980, une réunion de l’Association pour la protection des monts Sutton fut à l’origine d’une enquête du ministère de l’Environnement. Le directeur général des services de protection de l’environnement dans les Cantons-de-l’Est et le sous-ministre de l’Environnement du Québec étaient d’ailleurs présents à cette réunionRobert Fontaine « La chasse à la Domtar est ouverte… », La Voix de l’Est, cahier 1, 16 août 1980, p.2 (consulté le 10 août 2025).
L’analyse du ministère de l’Environnement conclut que Domtar respectait les lois de l’époque. À la suite de la première enquête, une seconde fut conduite par la commission de protection du territoire agricole pour déterminer si une coupe avait été réalisée dans une érablière protégée par la loiRobert Fontaine « Les coupes de bois scrutées », La Voix de l’Est, cahier1, 16 août 1980, p.1 (consulté le 10 août 2025).
L’Association pour la protection des monts Sutton fut aussi à l’origine d’une pétition contre la coupe à blanc « Petition opposes Sutton range clear-cutting », The Record, 14 août 1980, p.4 (consulté le 10 août 2025). Environ l’auraient signée James Duff « Domtar announces Sutton cutting, Selective means careful », The Record, 25 mai 1981, p.1 (consulté le 10 août 2025).
Après une réunion avec le ministère de l’Environnement, une étude d’impact sur les futures exploitations forestières dans les monts Sutton fut commandée par la Domtar Judith Kellock-Heward « East Angus talks going smoothly », The Record, 20 octobre 1980, p.1 (consulté le 10 août 2025). L'étude a coûté . Elle recommandaitJacqueline de Bruycker « Domtar envisage un programme de coupe davantage respectueux de l’environnement », La Voix de l’Est, 23 mai 1981, p.8 (consulté le 10 août 2025) : l'intensification de l'évaluation des impacts des opérations forestières sur la qualité de l’eau ; un plus grand contrôle sur la construction des chemins forestiers et sur l'utilisation de la machinerie ; une attention particulière en ce qui concerne la localisation et l’orientation des bandes de forêts coupées ; la tenue annuelle d’une réunion d’information publicisée pour les citoyens.
Durant une réunion d’information ouverte au public, au printemps 1981« Domtar, Réunion d’information », La Tribune, Cahier 3, Les petites annonces, 21 mai 1981, p.C6 (consulté le 10 août 2025), le directeur général de la division des produits forestiers de la société Domtar a avancé certaines mesures pour la protection de l’environnement. Il a révélé que les fossés qui seraient creusés à intervalles réguliers seraient déviés vers la forêt, qu’aucun chemin forestier ne serait construit à moins de 60 mètres d’un cours d’eau, qu’aucune coupe ne serait effectuée dans les 60 mètres des étangs Cliff et Fullerton, que des rideaux d’arbres seraient maintenus le long des ruisseaux importants, et qu'une couche de végétation serait maintenue aux endroits où il y avait peu de sols meubles et le long des routes. Le directeur a également affirmé que les ruisseaux intermittents ne serviraient pas comme sentier de débusquage et que le reboisement de l'aire où ils avaient fait les coupes à blanc serait poursuivi« L’environnement sera protégé », La Tribune, cahier 1, 23 mai 1981, p.A5 (consulté le 10 août 2025).
À l’été 1981, les opposants à l’exploitation forestière ont accusé la compagnie de ne pas respecter les promesses et les recommandations du rapport d’impact qu’elle avait commandé. L’idée de faire un parc a émergé des discussions John Boudreau « Sutton Mountain Range », Townships Sun, juillet 1981, p.22 (consulté le 10 août 2025).
À l’automne 1981, le ministre de l’Environnement, Marcel Léger, a convenu lors d’une rencontre avec des membres de l’Association pour la protection des monts Sutton que des inspecteurs seraient envoyés pour vérifier le respect des recommandations de l’étude d’impactJdB « Léger se mettra le nez dans la coupe de bois », La Voix de l’Est, 29 octobre 1981, p.7 (consulté le 10 août 2025).
En 1982, Domtar a pris la décision de ne pas faire de nouvelles coupes majeures pour l’année en coursJdB « Pas de coupe d’arbres aux Monts Sutton », La Voix de l’Est, 21 juillet 1982, p.9 (consulté le 10 août 2025).
En 1992, des récoltes sélectives ont été faites dans les bandes d’arbres laissées par les coupes précédentes dans le secteur de l’étang FulletonJean-Pierre Bonhomme « Les coupes de Domtar incommodent résidents et estivants de l’Estrie », La Presse, 18 août 1992, p.A7 (consulté le 10 août 2025).