Le sommet entre les États-Unis et la Russie de 2025 (également appelé Alaska 2025 ou sommet Trump - Poutine) est une réunion entre le président des États-Unis, Donald Trump, et le président de la fédération de Russie, Vladimir Poutine. Le sommet a lieu le , à la base interarmées Elmendorf-Richardson d'Anchorage, en Alaska, aux États-Unis. Le principal sujet de discussion est la guerre en cours entre la Russie et l'Ukraine.

C'est la première rencontre entre les deux chefs d'État depuis la réélection de Trump en 2024. Leur précédente rencontre avait eu lieu lors du sommet du G20 de 2019 à Osaka, au Japon.

Selon les analystes, le sommet est un succès pour Poutine, qui gagne du temps sans rien concéder tout en revenant en force sur la scène internationale, et un échec pour Trump, qui n'obtient aucun accord en faveur de la paix en Ukraine.

Contexte vignette|Le président américain Donald Trump et le président russe Vladimir Poutine au sommet du G20 à Osaka, au Japon, en juin 2019. Lors de l'élection présidentielle américaine de 2024, Donald Trump avait promis de mettre fin à la guerre entre la Russie et l'Ukraine au plus vite, de préférence dès le premier jour de son mandat. Investi le 20 janvier 2025, il s'est entretenu téléphoniquement avec Poutine le , ce qui a donné le coup d'envoi des premières négociations de paix depuis 2022. Plus tard dans le mois, le secrétaire d'État américain Marco Rubio a rencontré le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov en Arabie saoudite, pays neutre qui accueillait Poutine.

Au cours de sa seconde présidence, Trump a échangé avec son homologue russe sur Truth Social, hormis les appels téléphoniques. Il a d'abord tendu la main, déclarant en janvier qu'il ne cherchait pas à nuire à la Russie. Trump a qualifié ces conversations téléphoniques de « constructives », mais au fil du temps, il a progressivement admis que Poutine faisait traîner les négociations. Le , il a déclaré aux journalistes qu'il parlerait à Poutine, puis que son épouse lui annoncerait qu'une autre ville ukrainienne avait été bombardée.

Les publications de Donald Trump sur les réseaux sociaux sont devenues plus « émotionnelles », comme le Kremlin les a qualifiées. En plus d'avoir publié en lettres capitales « VLADIMIR, STOP ! », il qualifié à plusieurs reprises le conflit de « BAIN DE SANG ». En réponse à sa proposition, un conseiller du Kremlin a confirmé la tenue de futurs pourparlers, estimant que l'Alaska était « tout à fait logique » comme lieu de réunion.

Lors d'une réunion dans le bureau ovale avec le secrétaire général de l'OTAN Mark Rutte le , Trump a annoncé que les États-Unis imposeraient des droits de douane de 100 % aux pays faisant des affaires avec la Russie si aucun accord de paix n'était conclu dans les cinquante jours. Lors d'une réunion avec le Premier ministre britannique, Keir Starmer, le , Trump a annoncé que le délai serait raccourci à dix ou douze jours en invoquant l'absence de progrès dans les négociations. L'envoyé spécial américain, Steve Witkoff, a rencontré Poutine à Moscou le , deux jours avant la date limite fixée. Après la réunion, Trump a déclaré qu'il y avait de « bonnes chances » qu'une rencontre avec Poutine ait lieu « très bientôt ». Cependant, la presse relève que Witkoff pourrait avoir été manipulé par les Russes et aurait été amené à faire un compte-rendu inexact de la situation, lequel aurait incité Trump à proposer de rencontrer Poutine, une hypothèse rejetée par la Maison-Blanche..

Préparation du sommet Trump avait déclaré le qu'il n'était pas nécessaire pour Poutine de rencontrer Volodymyr Zelensky, président de l'Ukraine. Il a également déclaré que les deux parties devront faire des concessions, mais une source du Kremlin a déclaré que la Russie pourrait arrêter la guerre si elle obtenait l'Ukraine orientale.

Le , le président Trump a annoncé sur son réseau social Truth Social qu'il prévoyait de rencontrer Poutine en Alaska. Le sherpa du Kremlin, Iouri Ouchakov, a confirmé plus tard la tenue des discussions, estimant que le choix de l'Alaska était « tout à fait logique ».

Le , Ouchakov a annoncé que, du côté russe, la délégation comprendrait lui-même, le ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, le ministre de la Défense Andreï Belooussov, le ministre des Finances Anton Silouanov et l'envoyé spécial du président pour les investissements étrangers et la coopération économique Kirill Dmitriev.

Avant le sommet, Poutine a suggéré que les négociations pourraient porter sur les traités sur les armes nucléaires, comme le renouvellement du traité New START qui expire en .

Des manifestations pro-ukrainiennes et anti-Trump et anti-Poutine ont eu lieu en Alaska. Le ministre russe des Affaires étrangères Lavrov est notamment arrivé à son hôtel vêtu avec ostentation d'un sweat-shirt gris avec le sigle (URSS) en noir. Pour le journal The Guardian, le port de ce vêtement est .

Choix du lieu du sommet Le sommet a lieu à la base interarmées Elmendorf–Richardson à Anchorage, la plus grande ville de l'Alaska. Ce choix a surpris les experts qui s'attendaient à un pays du Golfe où Poutine et Trump se sont rendus plusieurs fois.

Avant la rencontre, Donald Trump a déclaré qu'il et a même commis ce lapsus à plusieurs reprises.. L'Alaska, jusqu'à son achat par les États-Unis en 1867, était un territoire russe.

Ce choix de l'Alaska n'apparaissait pas comme évident. Vladimir Poutine ne s'était pas rendu sur le sol américain depuis 2015 et il sera le premier dirigeant russe (même au temps où l'Alaska appartenait à l'Empire russe) à se rendre dans ce territoire. Mais ce déplacement offre toutes garanties de sécurité au président russe. Le vol a lieu à plus de 90 % au-dessus de la Russie et le reste dans l'espace aérien des États-Unis. Le lieu retenu est également une des bases militaires américaines les plus sécurisées et se trouve dans un État américain faiblement peuplé.

De surcroît, si Vladimir Poutine fait l'objet d'un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale, les États-Unis ne sont pas tenus de s'y conformer car ils n'ont pas ratifié le statut de Rome qui crée cette Cour ni ne se sont engagés à coopérer avec elle.

L'importance historique de l'Alaska dans les relations entre les deux pays a également été soulignée, notamment l'ancienne colonisation russe, les communautés orthodoxes russes modernes et la position stratégique de l'État pendant la guerre froide.

L'Alaska se trouve enfin à égale distance de Washington et de Moscou soit environ huit heures de vol.

Pour le chercheur Igor Delanoë, de l'Institut de relations internationales et stratégiques et directeur adjoint de l'Observatoire franco-russe, ce choix aux antipodes de l'Ukraine et loin de l'Europe peut signifier que .

Délégations

Délégation des États-Unis d'Amérique vignette|droite|La délégation des États-Unis lors de la conférence de presse commune des deux chefs d'État le président des États-Unis, Donald Trump le secrétaire d'État des États-Unis, Marco Rubio le secrétaire à la Défense des États-Unis, Peter Hegseth le secrétaire au Trésor des États-Unis, Scott Bessent le secrétaire au Commerce des États-Unis, Howard Lutnick l'envoyé spécial du président des États-Unis, Steven Witkoff le directeur de la CIA, John Ratcliffe la cheffe de cabinet du président des États-Unis, Susan Wiles le chef de cabinet adjoint du président des États-Unis, Daniel Scavino

Délégation de la fédération de Russie le président de la fédération de Russie, Vladimir Poutine le ministre des Affaires étrangères de la fédération de Russie, Sergueï Lavrov le conseiller diplomatique du président de la fédération de Russie, Iouri Ouchakov le ministère de la Défense de la fédération de Russie, Andreï Belooussov le ministre des Finances de la fédération de Russie, Anton Silouanov le président du Fonds russe d'investissements directs, Kirill Dmitriev

Déroulement du sommet Arrivée des délégations vignette|Vidéo de la Maison-Blanche montrant Trump débarquant d'Air Force One et accueillant Poutine. vignette|droite|Les deux dirigeants sur l'estrade, avant la parade aérienne. Sur le tarmac de la base interarmées Elmendorf-Richardson, un tapis rougeen forme de T a été déroulé pour que les dirigeants puissent rejoindre une estrade sur laquelle est inscrit « ALASKA 2025 ». De part et d'autre du tapis rouge, quatre avions de chasse F-22 Raptor sont alignés. L'avion du président Trump a atterri à 10 h 22 (heure locale). La porte-parole de la Maison-Blanche, Karoline Leavitt, a annoncé à l'atterrissage que la réunion ne serait plus un tête-à-tête entre Trump et Poutine, mais que deux autres membres de chaque délégation y prendraient part. Les deux présidents seront rejoints par le secrétaire d'État Marco Rubio et l'envoyé personnel de Trump Steve Witkoff pour la partie américaine et par le conseiller diplomatique de la présidence Iouri Ouchakov et le ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov pour la partie russe.

L'avion du président Poutine s'est posé à 10h55 (heure locale). Les deux hommes sont sortis de leurs avions vers 11h08, et ont convergé à l'angle du T du tapis, Trump applaudissant Poutine alors que ce dernier s'approchait(une séquence supprimée du montage vidéo officiel). Les deux dirigeants se sont serré la main sur le tapis rouge et ont posé sur l'estrade ALASKA 2025 pour les photographes de presse avant une nouvelle poignée de main. Ils sont ensuite montés à bord de la voiture présidentielle pour se rendre au lieu de la réunion. Poutine a dévoilé ultérieurement que ses premiers mots à Trump étaient , en référence à la tentative d'assassinat contre son homologue lors de sa campagne présidentielle de 2024. Alors que les deux hommes se tenaient sur l'estrade, des avions de chasse F-22 de l'armée de l'air américaine et un bombardier furtif B-2 ont survolé la zone. Le président Trump a alors annoncé à son homologue en pointant le ciel .

Alors qu'ils quittent l'estrade, deux journalistes ont lancé plusieurs questions en anglais qui n'ont pas reçu de réponse, telles que , , et . À la question d'une journaliste , le président russe a fait un geste, semblant indiquer qu'il n'aurait pas entendu.

Russia 24 a rapporté que le président Trump avait invité Poutine à le rejoindre dans sa propre voiture, à la place de la limousine Aurus prévue. La voiture a conduit les deux dirigeants, aperçus souriant et visiblement sans interprète, vers le lieu de la réunion.

Réunion bilatérale La réunion bilatérale a débuté à 11h32 (heure locale). Elle s'est terminée à 14h18. Une photo des deux hommes a été prise avant la réunion sous une inscription en lettres capitales et (). Une question en russe a été lancée pour demander au président russe s'il rencontrerait le président ukrainien, mais Poutine n'a esquissé qu'un demi-sourire.

Durant ces discussions, il a été rapporté que le président russe aurait souscrit aux allégations de Donald Trump concernant une prétendue fraude en sa défaveur à l'élection présidentielle de 2020, liée au vote par correspondance. Il aurait affirmé que Trump avait remporté l'élection.

Trump aurait offert à Poutine un cadeau officiel, une statue de pygargue à tête blanche, l'emblème national des États-Unis.

Le déjeuner prévu après la réunion a été annulé. Des détails d'organisation ont été divulgués par la National Public Radio après que des documents (dont un menu et un plan de table) du bureau du chef du protocole des États-Unis ont été retrouvés dans une imprimante d'un hôtel par des clients.

Conférence de presse

vignette|Vidéo de la Maison-Blanche montrant la conférence de presse (les propos de Poutine sont traduits en anglais).

vignette|droite|Les deux chefs d'État lors de leur conférence de presse commune.

vignette|droite|Les deux dirigeants après la conférence de presse commune.