Sophie Dobzhansky Coe, née le à Pasadena et morte le , est une anthropologue et historienne de l'alimentation. Elle est connue pour son étude des pratiques culinaires dans le monde, notamment les pratiques autochtones, et pour ses apports à l'histoire du chocolat. Le prix Sophie Coe a été créé en son hommage.
Biographie Sophie Dobzhansky naît le à Pasadena. Ses parents, Natalia Sivertzeva et le biologiste Theodosius Dobzhansky ont émigré d'URSS aux États-Unis en 1927. À la fin des années 1940 et au début des années 1950, Dobzhansky passe ses étés à aider son père au laboratoire de Cold Spring Harbor, où Barbara McClintock, cytogénéticienne lauréate du prix Nobel, note à l'époque la délicatesse avec laquelle Dobzhansky prend soin de ses plantes expérimentales.
Sophie Dobzhansky est diplômée en 1955 du Radcliffe College avec une spécialisation en anthropologie, où elle a maîtrisé le russe et le portugais. Elle est alors connue pour garder une mygale de compagnie dans une bouteille. Durant l'été 1955, elle épouse Michael Coe, un anthropologue et archéologue avec qui elle travaille régulièrement durant sa carrière et partage sa passion des voyages. Elle soutient son doctorat en anthropologie à Harvard en 1964.
Travaux Sophie Coe traduit plusieurs chapitres de « L'Écriture des Indiens Mayas » (1967) de l'ethnographe russe Yuri Knorozov. En effet, les travaux de Knorosov se basent sur l'alphabet phonétique de de Landa et est considéré comme le premier à avoir déchiffré le code maya. La traduction de Coe a joué un rôle majeur dans la légitimation de ses théories, jusque-là décriées.
Passionnée de cuisine, c'est suite à la lecture d'un ouvrage d'Alan Davidson sur les recettes de poissons à travers le monde qu'elle s'intéresse ensuite à l'histoire de l'alimentation. Elle étudie la cuisine autochtone du Nouveau Monde et rédige plusieurs essais universitaires pour la revue Petits Propos Culinaires. Ses recherches dans ce domaine ont abouti en 1994 à America's First Cuisines. Cet ouvrage accorde une large place à des données sur le chocolat, thématique qu'elle décide de développer dans son livre suivant, publié à titre posthume avec et par son mari en 1996, The True History of Chocolate. L'ouvrage revient sur l'histoire du cacao et l'évolution des pratiques au fil de la diffusion de sa consommation dans le monde : il est consommé froid par les Mayas, mais chaud par les conquistadors, qui y ajoutent du sucre et des épices comme de la cannelle. Boisson sacrée chez les Mayas, il est cuisiné ailleurs dans le monde. En Europe, il est consommé par les aristocrates et un débat s'ouvre sur ses vertus positives ou négatives.
Inventaires naturalistes Sophie Coe a collecté, seule ou avec son mari plus d'un millier de spécimens, essentiellement des insectes.
Postérité Sophie Coe a rassemblé une vaste collection d'ouvrages sur l'histoire culinaire, comprenant près de volumes du monde entier datant du à nos jours, ainsi qu'un ensemble de livres de cuisine manuscrits. Elle a fait don de sa collection avant sa mort à la bibliothèque Schlesinger ; après son décès son mari y a ensuite légué le reste de la collection. La collection Sophie Coe est une des plus importantes de ce type dans l'histoire de l'alimentation.
Après sa mort, Michael Coe, avec l'aide de ses amis Alan Davidson et Harlan Walker créent le Prix Sophie Coe. Depuis 1995, il est décerné chaque année lors du Symposium d'Oxford sur l'alimentation et la cuisine (auquel Coe participait chaque année) à un essai ou à un chapitre de livre exceptionnel et original sur l'histoire de l'alimentation. Il s'agit du prix remis depuis le plus longtemps et à la récompense la plus généreuse dans sa catégorie.
Travaux Livres
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