Le ou Parlement hellénique, aussi dit Voulí (en romanisé : , littéralement « Conseil des Hellènes ») est le parlement monocaméral de la Grèce. Il est composé de (« ») élus pour un mandat de quatre ans au suffrage universel direct par les citoyens grecs.
Le siège du Parlement se situe dans l'ancien palais royal, sur la place Sýntagma dans la capitale Athènes.
thumb|Machine à voter dans l'hémicycle
Histoire Dès l'époque de la guerre d'indépendance, des assemblées comme celle d'Épidaure entre 1821 et 1822, se sont réunies pour décider du sort de la Grèce, le premier Parlement national n'est lui convoqué qu'après le coup d'État du 3 septembre 1843, dirigé contre la volonté de monarchie absolue du roi Othon . Après cet événement, le souverain d'origine bavaroise est obligé d'accepter la mise en place d'une constitution et d'un régime parlementaire.
Peu après la destitution d'Othon et son remplacement par le roi Georges (qualifié de « roi des Hellènes » et non plus de « roi de Grèce » comme son prédécesseur), une nouvelle constitution est mise en place en 1864 et les pouvoirs du Parlement s'accroissent. En 1911, une série d'amendements constitutionnels mis au point par le Premier ministre Elefthérios Venizélos permet de moderniser encore les institutions grecques et d'accroître les prérogatives de l'assemblée. Cependant, le roi conserve d'importants pouvoirs et la politique de Constantin durant la Première Guerre mondiale montre qu'il est encore possible au monarque de gouverner sans trop se soucier de l'avis des représentants de la Nation.
La Deuxième République, voulue dès 1922 par le général Nikólaos Plastíras, est proclamée au moment du référendum du 13 avril 1924, mais ce n'est qu'en 1974 que le système républicain s'impose réellement dans le pays. Après plusieurs restaurations monarchiques et sept années de dictature militaire, un référendum instaure la république parlementaire par 69,18 % des voix.
Système électoral Le Parlement est composée de pourvus tous les quatre ans selon un mode de scrutin principalement proportionnel auquel s'adjoint une prime majoritaire. sont ainsi élus au scrutin proportionnel plurinominal avec listes ouvertes et seuil électoral de 3 % dans 59 circonscriptions électorales. L'une d'entre elles, représentant douze sièges, couvre l'ensemble du pays, tandis que les autres le découpent à raison de par circonscription, en fonction de leurs populations. Parmi celles-ci, sept ne comportent ainsi qu'un seul siège. Le mode de scrutin dans ces dernières y est par conséquent de facto uninominal majoritaire à un tour. Enfin, la liste arrivée en tête au niveau national se voit attribuer une prime correspondant aux restantsVouli Ton Ellinon (Parlement hellénique) Union Interparlementaire.
Les listes étant dites ouvertes, les électeurs ont la possibilité d'effectuer un vote préférentiel pour jusqu'à quatre candidats de la liste pour laquelle ils votent, afin de faire monter leurs places dans celle-ciMinistère de l'intérieur. Une fois les bulletins dépouillés, les à la proportionnelle sont répartis selon la méthode de Hagenbach-Bischoff entre toutes les listes ayant franchi le seuil de 3 % des votes valides, et les candidats ayant recueilli le plus de voix en leur nom dans chacune des listes se voient attribuer un siège en priorité.
Cependant, lorsque les dernières élections législatives ont eu lieu moins de dix-huit mois avant la tenue du scrutin, les députés sont élus sur des listes bloquées constituées par les partis politiques, sans possibilité de vote préférentiel« Grèce : Tsipras démissionne et annonce des élections anticipées », France Inter, 21 août 2015..
L'âge minimal pour se présenter à la députation est de . Le vote est obligatoire pour tous les électeurs de moins de , avec une peine de prison théorique allant de un mois à un an, mais aucune condamnation n'a jamais eu lieu. En 2019, le droit de vote est abaissé de dix-huit à dix-sept ansΕφημερίδα της Κυβερνήσεως τη Ελληνικής Δημοκρατίας Gazette du gouvernement hellénique.
Jusqu'en 2019, le pays était divisé en 56 circonscriptions avec un nombre de sièges variant de 1 à 42, en fonction du nombre de citoyens de chaque circonscription. Le scrutin voit alors le nombre de circonscriptions passer de 56 à 59 en raison du morcellement de la circonscription d’Athènes B, qui comportait auparavant à elle seuleΕφημερίδα της Κυβερνήσεως τη Ελληνικής Δημοκρατίας Gazette du gouvernement hellénique.
Les contentieux électoraux ou les éligibilités sont tranchés depuis 1975 par la Cour suprême spéciale. Antérieurement, les recours sont décidés par un tribunal prévu à cet effet ou par la vérification des pouvoirs.
Prime majoritaire De 1990 à 2023, une prime majoritaire de 50 sièges est attribuée au parti arrivé en tête, le système proportionnel s'appliquant aux 250 sièges restants. Vu l'importance de cette prime (16,7 % des sièges), un parti n'a alors besoin que de 40,4 % des suffrages exprimés, au plus, pour obtenir une majorité absolue de sièges au ParlementTableau de calcul de l'autonomie sur le site du ministère de l'Intérieur grec. Ce pourcentage minimum nécessaire diminue à mesure qu'augmente le nombre de partis réunissant des suffrages sans pour autant atteindre le seuil de 3 %. Il est calculé en multipliant le pourcentage total de ceux-ci par , puisqu'il s'agit d'obtenir au moins 101 des attribués à la proportionnelle. En , le total des voix des 7 partis ayant dépassé les 3 % a été légèrement inférieur à 81 % des votes exprimés. Il aurait donc suffi qu'un des partis récolte 32,8 % des suffrages pour obtenir la majorité absolue ().
La prime majoritaire est supprimée par la réforme de la loi électorale de , qui abaisse entre autres le droit de vote de 18 à . L'intégralité des sont par conséquent élus à la proportionnelle intégrale. La loi ayant échoué à recueillir la majorité qualifiée des deux tiers nécessaire, elle ne s'applique cependant pas immédiatement, mais pour les élections suivantes. Celles de 2019 sont par conséquent les dernières à avoir lieu sous le système incluant une prime majoritaire fixe de 50 siègesΣκουρλέτης: Μακάρι η απλή αναλογική να εφαρμοστεί στις επόμενες εκλογές.
En , une prime majoritaire est réinstaurée, mais sous une forme facultative par paliers. Le parti arrivé en tête ne reçoit ainsi une prime qu'a condition de réunir plus de 25 % des suffrages exprimés. La prime n'est de 20 sièges plus 1 siège par palier de 0,5 % au-dessus de 25 % des voix, jusqu'à un maximum de 50 sièges pour un total de 40 % des voix. Le reste variable des sièges est attribué à la proportionnelle de manière que le total soit toujours de 300. La loi ayant échoué comme celle précédente à obtenir les voix de 200 députés sur 300, elle ne s'est pas appliquée aux élections législatives de mai 2023, qui ont donc lieu à la proportionnelle intégrale, mais à celles de juin 2023..
Bâtiment thumb|right|Façade du parlement grec vue de nuit. Avant de prendre ses quartiers dans l'actuel Parlement grec, l'assemblée est d'abord installée rue Stadiou, entre 1843 et 1854 puis de nouveau entre 1875 et 1932. Par la suite, le bâtiment de l'Ancien Parlement est transformé en musée national d’histoire grecque.
Le monument actuel est une vaste bâtisse de trois étages, construite dans le style néoclassique par l'architecte allemand Friedrich Wilhelm von Gärtner afin de servir de palais à Othon de Grèce. Après avoir été largement détruit lors d'un incendie la veille de Noël 1909, le bâtiment connaît une longue période de rénovation tandis que la famille royale emménage dans le « palais du diadoque » (actuel palais présidentiel). Malgré tout, le souverain et sa famille continuent à fréquenter sporadiquement le palais jusqu’en 1923, date à laquelle Georges II doit abandonner le pays.
Pendant la Deuxième république, le bâtiment change plusieurs fois de fonction et est notamment utilisé comme hôpital et comme musée. C’est seulement en que le gouvernement décide d'en faire le nouveau siège du Parlement. En 1935, la monarchie est restaurée en Grèce en la personne du roi Georges II mais l'ancienne résidence royale conserve sa fonction de palais du parlement.
La Tombe du soldat inconnu ( / ), gardée par les Evzones de la garde présidentielle, est située sur l'esplanade du palais.
Aujourd’hui, plusieurs améliorations du bâtiment du Parlement sont en cours (comme un parc de stationnement souterrain de ) afin de lui permettre d'assurer ses fonctions de manière plus efficace.
Composition Composition initiale sous la législature Après les élections de juin 2023, la composition initiale du parlement est comme suit: Parti Députés Président Nouvelle démocratie (ND) 158 Kyriákos Mitsotákis Coalition de la gauche radicale – Alliance progressiste (SYRIZA) 47 Sokrátis Fámellos PASOK – Mouvement pour le changement (PASOK-KINAL) 32 Níkos Androulákis Parti communiste de Grèce (KKE) 21 Dimítris Koutsoúmbas Spartiates 12 Vassílis Stíngas Solution grecque (EL) 12 Kyriákos Velópoulos Mouvement démocrate patriote - Victoire (NIKH) 10 Dimitris Natsios Cap sur la liberté (PE) 8 Zoé Konstantopoúlou Sièges vacants 0 – Total 300
Composition sous la législature au 22 mai 2024 Parti Députés Président En application de l’article 17 du Règlement du Parlement hellénique, le titre officiel des présidents des groupes parlementaires est « Président ». Nouvelle démocratie (ND) 155 Kyriákos Mitsotákis PASOK – Mouvement pour le changement (PASOK-KINAL) 33 Níkos Androulákis Coalition de la gauche radicale – Alliance progressiste (SYRIZA) 26 Sokrátis Fámellos Parti communiste de Grèce (KKE) 21 Dimítris Koutsoúmbas Solution grecque (EL) 11 Kyriákos Velópoulos Nouvelle Gauche 11 Alexis Haritsis Mouvement démocrate patriote - Victoire (NIKH) 9 Dimitris Natsios Cap sur la liberté (PE) 6 Zoé Konstantopoúlou Spartiates 3 Vasilis Stigkas Indépendants 25 Aucun Sièges vacants 0 – Total 300
Composition depuis 1974
Parti 1974 1977 1981 1985 06/1989 11/1989 1990 1993 1996 2000 2004 2007 2009 05/2012 06/2012 01/2015 09/2015 2019 05/2023 06/2023 ND 220 171 115 126 145 148 150 111 108 125 165 152 91 108 129 76 75 158 146 158 EK-ND 60 - - - - - - - - - - - - - - - - - - - PASOK 12 93 172 161 125 128 123 170 162 158 117 102 160 41 33 13 16 22 41 32 EA 8 - - - - - - - - - - - - - - - - - - - EDIK - 16 - - - - - - - - - - - - - - - - - - KKE - 11 13 12 - - - 9 11 11 12 22 21 26 12 15 15 15 26 20 EP - 5 - - - - - - - - - - - - - - - - - - SYN - - - - 28 21 19 - 10 6 - - - - - - - - - - POLAN - - - - - - - 10 - - - - - - - - - - - - DIKKI - - - - - - - - 9 - - - - - - - - - - - SYRIZA - - - - - - - - - - 6 14 13 52 71 149 145 86 71 48 LAOS - - - - - - - - - - - 10 15 - - - - - - ANEL - - - - - - - - - - - - - 33 20 13 10 - - - XA - - - - - - - - - - - - - 21 18 17 18 - - - DIMAR - - - - - - - - - - - - - 19 17 - 1 - - - La Rivière - - - - - - - - - - - - - - - 17 11 - - - EK - - - - - - - - - - - - - - - - 9 - - - EL - - - - - - - - - - - - - - - - - 10 16 12 MeRA25 - - - - - - - - - - - - - - - - - 9 - - NIKH - - - - - - - - - - - - - - - - - - - 10 Spartiates - - - - - - - - - - - - - - - - - - - 12 PE - - - - - - - - - - - - - - - - - - - 8 Autres partis - 4 - 1 2 3 8 - - - - - - - - - - - - - Total
Historique des législatures
+ Composition et présidence du Parlement grec par législature depuis 1981 Législature Élections Début Fin Composition Présidence 1974 200px|centré Konstantínos Papakonstantínou 1977 200px|centré 1981 200px|centré Ioánnis Alevrás 1985 200px|centré 06/1989 200px|centré 11/1989 200px|centré 1990 200px|centré 1993 200px|centré 1996 200px|centré 2000 200px|centré 2004 200px|centré Ánna Benáki-Psaroúda 2007 200px|centré 2009 200px|centré 05/2012 200px|centré 06/2012 200px|centré Evángelos Meïmarákis 01/2015 200px|centré Zoé Konstantopoúlou 09/2015 200px|centré Níkos Voútsis 2019 200px|centré Konstantínos Tasoúlas 05/2023 200px|centré 06/2023 en cours 200px|centré Konstantínos Tasoúlas (2023-2025)Nikítas Kaklamánis (depuis 2025)