La désinformation relative à la guerre de Gaza depuis 2023 désigne la guerre informationnelle intense menée par Israël et le Hamas dans le contexte de guerre à Gaza. Elle se décline sur les réseaux sociaux, où les deux parties diffusent rapidement des images, des vidéos et des récits pour influencer l'opinion publique mondiale. Elle génère de la désinformation de des fausses nouvelles notamment les récits non vérifiés sur des atrocités du 7 octobre, mais aussi la contestation des bilans du ministère de la Santé de Gaza, pourtant reconnus globalement fiables selon l'ONU et plusieurs ONG. Une propagande s'appuie sur la diffusion d'images des deux côtés : Israël a projeté à la presse des images des massacres du Hamas pour démontrer les horreurs commises et contrer les récits négationnistes, tandis que le Hamas utilise la diffusion de propagande psychologique et d'images de détresse des Gazaouis. L'Union européenne a ouvert une enquête sur Meta et TikTok pour vérifier si ces plateformes luttaient suffisamment contre la diffusion de "fausses informations" et de "contenus illégaux" liés au conflit. Des campagnes de désinformation, notamment financées par le gouvernement Netanyahou, ont été révélées, visant à influencer l'opinion publique aux États-Unis, s'ajoutant à la propagande diffusée par le Hamas et ses alliés.
Historique Dans ce conflit, il convient de prêcher « a minima pour l'extrême prudence dans la manipulation de l'information ».. Certaines informations provenant d'Israël n'ont pu être vérifiées ou se sont révélées fausses , et « les bilans du ministère de la Santé de Gaza, piloté par le mouvement islamiste, sont désormais contestés ».., « quand bien même l'ONU et des ONG jugent globalement ces bilans fiables ». En outre, dans les jours et semaines qui ont suivi l'attaque du 7 octobre 2023, des comptes de réseaux sociaux pro-israéliens ont largement employé les termes (contraction des mots et ) et (contraction des mots et ).., termes conspirationnistes créés dans les années 2000 dans le cadre de la théorie du complot selon laquelle qu'Israël n'aurait jamais commis de crimes de guerre et que toutes les preuves des souffrances des Palestiniens, notamment les photos et les films, ne seraient que des montages professionnels du Hamas faits dans le but d'accuser fallacieusement Israël de crimes qui seraient dès lors imaginaires...
Depuis l'attaque du Hamas contre Israël le , laquelle a provoqué un regain d'intérêt médiatique pour Israël et la question palestinienne inédit depuis le plan de désengagement de la bande de Gaza en 2005., Israël et le Hamas se livrent également à une guerre sur le terrain de la communication qui a démarré dès les premières secondes de l'attaque du : usant des possibilités de diffusion prodiguées par les réseaux sociaux, le Hamas utilise des caméras embarquées pour filmer et diffuser sur la messagerie Telegram des exactions contre des civils israéliens quasiment en temps réel. Les images et vidéos choquantes de cadavres, de sang, de prises d'otages ont été reprises par les médias du monde entier, ce que recherchait le mouvement islamiste, et se sont multipliées sur les réseaux sociaux avec comme objectif de montrer l'État d'Israël affaibli et subissant des pertes. Inquiète du manque de modération sur les réseaux sociaux depuis le début du conflit, l'Union européenne ouvre une enquête le sur Meta et TikTok pour vérifier si ces plateformes avaient pris des mesures suffisantes pour lutter contre la diffusion de « fausses informations » et de « contenus illégaux », dans le cadre du conflit..
Le , la journaliste de la chaîne franco-israélienne i24NEWS Nicole Zedeck affirme que quarante bébés ont été assassinés, et que certains ont été décapités ; elle se rétracte plus tard en parlant de quarante enfants dont des bébés.. Ces fausses informations ont pu aider Israël à gagner le soutien de l'opinion publique dans ses représailles sur Gaza, mais elles ont en contrepartie participé à la négation, sur les réseaux sociaux, des massacres du , dont plus de bien réels lors du massacre de Kfar Aza. Le bilan publié par les autorités et la presse israéliennes le fait état de 2 bébés et de 1 à (10 garçons et 2 filles) tués le .
Yoav Gallant, ministre de la Défense israélien, décide de projeter, à rebours de la culture juive, un film non censuré des actes du Hamas devant ses homologues de l'OTAN le même jour.
Après l'emballement mondial sur l'affaire de l'hôpital gazaoui al-Ahli Arabi où la presse avait immédiatement attribué à Israël une frappe palestinienne, David Colon, chercheur à Sciences Po perçoit « l'effet du souffle de la désinformation… avec des retombées immédiates auprès de l'opinion internationale ».. À l'heure des réseaux sociaux et de la postvérité, « la guerre entre Israël et le Hamas se déroule sur deux théâtres : le champ informationnel et celui des opérations militaires ».
Pour « montrer la barbarie » du Hamas. « afin que tout le monde sache ». et lutter contre la diffusion d'informations négationnistes., le sur la base militaire de Glilot près de Tel-Aviv, l'armée israélienne rompt avec sa tradition de communication et décide de projeter à plus de 150 journalistes du monde entier.. presque des images. de l'attaque et des massacres perpétrés par le Hamas, sur les centaines d'heures que les assaillants palestiniens ont tournées à l'aide de téléphones et de caméras embarquées en voiture (dashcam) ou GoPro fixées sur leur tête ou leur poitrine (caméra-piéton : bodycam), voire de caméras de vidéosurveillance locale dans les villages israéliens, le ... La plupart des journalistes présents sont choqués par l'horreur des violences, et certains quittent la projection, ne pouvant y faire face.. Ce film est basé sur les images filmées par les assaillants palestiniens et les caméras de sécurité locales à partir du ; y figurent, entre autres, le cadavre brûlé d'une femme violée.., un père déchiqueté par une grenade pour en protéger ses enfants et des enfants tués devant leurs parents... Ce même film est projeté début aux parlementaires israéliens de la Knesset, au sein des ambassades israéliennes d'une trentaine de pays., et également à plus de journalistes étrangers accrédités. D'autres projections sont prévues dans le monde pour témoigner des atrocités commises par les hommes du Hamas le . Un porte-parole de Tsahal a déclaré à ce propos : « Nous voulons montrer que la guerre que nous menons à Gaza, qu'on nous a imposée, n'est pas arrivée toute seule ». Le , le film est projeté à 90 parlementaires volontaires à l'Assemblée nationale, à l'initiative du député Renaissance Mathieu Lefèvre.. Cependant, Moussa Abou Marzouk continue à nier dans une interview donnée le à la BBC, que le Hamas a intentionnellement visé des femmes et enfants. ; cette interview est par ailleurs diffusée en deux versions, anglaise et arabe, laquelle est passablement tronquée et minimise encore davantage la responsabilité du Hamas..
Par ailleurs, le ministère israélien a conçu et diffusé des spots publicitaires sur des jeux vidéo et des plateformes de vidéo en ligne populaires dans des pays occidentaux afin de diffuser sa version, de convaincre les populations étrangères et de façonner leur point de vue sur le conflit..
Israël a également diffusé sur les réseaux sociaux certains des interrogatoires dans des bureaux des assaillants palestiniens ayant participé aux agressions des villages israéliens, en exposant leur planification, leur cruauté et leur singularité.. Pour Ahmed Réda Benchemsi, directeur du plaidoyer pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord à l'ONG Human Rights Watch, l'armée israélienne « n'a pas le droit » de diffuser ces images, au nom des droits des prisonniers de la troisième convention de Genève (effectivement décrits par l'article 13), alors qu'elle ne s'applique qu'aux prisonniers de guerre tels que définis dans l'article 4 de cette même convention, l'appartenance des membres du Hamas capturés à ce groupe faisant débat...
De son côté, Israël doit aussi faire face aux images montrant la détresse des Gazaouis consécutive aux bombardements israéliens, avec des « images de Gaza en ruines, des témoignages de femmes et d'hommes en larmes après la mort de leurs enfants ».
Une semaine après le début de cette guerre, plus de de messages à son sujet sont publiés sur X, l'ancien Twitter.. Sur les réseaux sociaux où la désinformation fait son lit, le site NewsGuard montre que sur X, les trois quarts des fausses informations et des récits qui servent le Hamas sont diffusées par des robots, des comptes certifiés et de faux comptes gérés par l'Iran, le Hamas et le Jihad islamique. À travers cette propagande, les Israéliens ne sont ppas épargnés par les fausses nouvelles issues du Hamas et les diffusent..
Le , la vidéo des brigades Al Qassam montrant trois femmes présentées comme des otages sionistes qui supplient Netanyahu de procéder à un cessez-le-feu et un échange de prisonniers est considérée par Israël comme « une propagande psychologique cruelle du Hamas » et n'est pas diffusée sur les chaînes du pays..
The Wall Street Journal fait remarquer que ..
Au milieu d'un déferlement de critiques, le militant Yoseph Haddad plaide au nom des Arabes israéliens pour Israël et contre la désinformation et l'antisémitisme sur les campus américains et ailleurs..
En France, le Conseil français du culte musulman interpelle l'Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique et les médias sur une « déshumanisation » des Palestiniens dans les médias audiovisuels français, et sur le « traitement médiatique humain » appliqué aux victimes israéliennes du conflit, permettant « une compassion et une solidarité unanime de nos concitoyens à leur égard » et avertit sur les risques de « manipulation » si le public, notamment jeune, préfère s'informer sur les réseaux sociaux..
Lors de la libération des otages israéliens du durant la première trêve humanitaire., les images filmées montrent Sharon Avigdori () et sa fille Noam () monter dans un véhicule de la Croix-Rouge en quittant leurs geôliers masqués des brigades Izz al-Din al-Qassam et leur faire toutes deux des petits signes de la main en guise d'au revoir et poursuivre ainsi en souriant alors qu'elles sont à l'intérieur du véhicule. Mais dans la vidéo, une voix masculine lance en anglais : « Continuez à saluer », mettant en doute la liberté de geste des otages. Des comptes proches du Hamas comme Gaza News ou Quds News Network relaient cette vidéo sur les réseaux sociaux en la présentant favorablement pour le Hamas..
Le , l'armée israélienne créé un channel sur Télégram dans lequel elle publie des images violentes de Palestiniens tués, accompagnés de messages racistes et déshumanisants. Le , une enquête réalisée par Haaretz démontre que le channel est bien détenu par l'armée israélienne, ce qu'elle nie dans un premier temps avant de le confirmer. Selon l'armée israélienne, le channel a été créé sans autorisation de la hiérarchie..
En , Haaretz et l'ONG israélienne Fake Reporter révèlent que le gouvernement Netanyahou a financé des campagnes de désinformation pour modeler l'opinion aux États-Unis, en visant les populations juive, afro-américaine et progressiste..
Doubles casquettes de civils et de combattants à Gaza La guerre de l'information qui accompagne le conflit ne se limite pas aux images et aux récits diffusés par les belligérants. Été 2026, plusieurs enquêtes ont montré un autre phénomène : des personnes présentées comme des civils (journalistes, footballeurs, soignants ou employés d'ONG) étaient en réalité des membres de groupes terroristes palestiniens (du Hamas en majorité). Ce cas de figure, documenté par différents médias et organisations, s'inscrit dans un contexte plus large de désinformation où les deux camps ont diffusé des informations trompeuses.
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