Jean Nicolas Dassié, dit « Édouard », né le 6 ou le Archives départementales des Basses-Pyrénées, registre d'état-civil de Briscous, naissances 1894, acte de naissance de Jean-Nicolas Dassié, (lire en ligne) (vue 14/63 registre de naissance 1892-1893 [sic]). à Briscous dans les Basses-Pyrénées, était un vétéran de la Première Guerre mondiale, un agent des PTT à Bayonne et un résistant de la Seconde Guerre mondiale membre du Réseau Comète qui permit à des centaines de pilotes alliés de rallier l'Angleterre via la France et l'Espagne. Arrêté en , il est incarcéré à Bayonne, à Paris, puis transféré au camp de Compiègne d'où il est déporté à Buchenwald. Il est libéré le et transféré à l'hôpital de la Salpêtrière à Paris. Il y meurt, le , ayant eu l'occasion de revoir son épouse et sa fille libérées de Ravensbrück en . Éléments biographiques Jean-Baptiste Dassié, le père de Jean Nicolas Dassié, est brigadier des douanes, il épouse Marianne Carrère. Jean Nicolas naît à Briscous, le On trouve également la date du , ce qui est plausible au vu des documents allemands établis sur une base déclarative mais son acte de naissance daté du 8 décembre, le dit être né "la veille"..
Lorsque la Première Guerre mondiale éclate, Jean Nicolas, âgé de 20 ans, est incorporé au bataillon du génie en . Il est blessé par balle à l'œil droitIl perd de l'acuité visuelle à cet œil en . Après une année de convalescence, il est à nouveau au front en . Il est promu caporal puis sergent en avril et . Le , il est blessé par des éclats d'obus et évacué vers un hôpital militaire à Rennes puis à Bordeaux. Il est amputé du tiers inférieur de l'avant-bras gauche et conserve également des séquelles à la main droite. L'armée lui délivre le statut de grand mutilé de guerrePyrénées atlantiques, earchives - le 64, dossier militaire de Jean Nicolas Dassié, matr. 801 - 1914 (1914-1949)..
Après la guerre, il est engagé comme agent des PTT à Bayonne. Il y épouse, le , Marthe LapeyreMarthe Céline Cyprienne Lapeyre, née à Bayonne, le , usuellement appelée par son troisième prénom, Cyprienne.. Le couple est installé à Bayonne. Une première enfant naît de cette union en 1926, Lucienne Dassié. Jean Albert naît le . À l'aube du second conflit mondial, le couple habite une villa sur l'avenue Duvergier-de-Hauranne à Bayonne, « Bichta Ederra ». Jean Dassié est alors opérateur en chef de la centrale téléphonique de Bayonne.
Seconde Guerre mondiale Jean Dassié n'admet pas la défaite de 1940 et, depuis la position qu'il occupe à la centrale téléphonique de Bayonne, il prend part à des activités de renseignement et est engagé dans les FFI le . En , il devient membre du réseau Comète aussitôt rejoint par son épouse Marthe et sa fille Lucienne alors âgée de 15 ans. Leur maison, « Bichta Ederra », devient une safe house. Lucienne prend en charge des groupes d'aviateurs à la gare de Bayonne située à deux kilomètres et les ramène à la maison où ils logent avant l'ultime périple qui les conduira vers le sud et vers les Pyrénées où des passeurs les conduiront en Espagne. La famille peut héberger jusqu'à 4 aviateurs, deux logent au rez-de-chaussée et deux à l'étage. Le beau-frère de Jean Dassié, Germain Lapeyre et sa femme Yvonne Yribarren, tiennent également une safe house à Bayonne.
À cette époque, le réseau tourne à plein régime même si, infiltré par des agents doubles et des agents de l'Abwehr, il a déjà connu des vagues d'arrestations. À peine une semaine après sa prise de fonction à Bruxelles, Henri Michelli est arrêté début mai ainsi que Charles Morelle. Suzanne Wittek-De Jongh est arrêtée en pour son implication dans la tentative de faire évader Michelli. En , la famille Dumon vient d'être arrêtée trahie par un agent retourné. Andrée Dumon était la principale guide internationale de Jean Greindl qui avait repris la coordination à Bruxelles. Depuis , Frédéric De Jongh, « Paul », le père d'Andrée et de Suzanne, brûlé à Bruxelles, assure la coordination à Paris. Quant au secteur Sud, c'est Elvire De Greef, « Tante Go » qui le coordonne depuis Anglet assistée de sa famille. Depuis , Jean-François Nothomb, « Franco » seconde « Dédée » dans le Sud et dans son rôle de coordination générale du réseau. Ces deux derniers membres circulent donc dans toute la ligne.
En , la situation de Frédéric De Jongh à Paris inquiète beaucoup sa fille, Andrée De Jongh, l'étau allemand semblant se resserrer autour de son père. Il consent à rallier Londres. Le , Andrée est à Paris ainsi que son bras droit, Jean-François Nothomb, « Franco ». Frédéric De Jongh confie le secteur de Paris à Robert Aylé avant de se mettre en route pour le Sud avec sa fille et trois aviateurs alliés. Arrivés chez Elvire De Greef, à Anglet, les conditions climatiques sont telles que Frédéric De Jongh se laisse convaincre de rester à Anglet pour tenter un prochain passage sous une météo plus clémente. Andrée De Jongh poursuit seule avec les aviateurs mais ils sont contraints de passer la nuit à Bidegain Berri, la ferme de Frantxia Haltzuet à Urrugne. Trahis par un valet de ferme voisin, ils sont tous arrêtés le lendemain, , par 10 gendarmes français. Jean Dassié intercepte une communication et apprend ainsi brutalement la nouvelle. Il prévient aussitôt « Tante Go ». 220px|vignette|gauche|Le Bar-Gachy à Bayonne sert de QG au réseau Comète pour préparer l'évasion d'Andrée De Jongh (ici vers 1950). Frédéric De Jongh qui logeait chez elle à Anglet est envoyé, par précaution, chez les Dassié à Bayonne. Andrée De Jongh et ses camarades d'infortune, après une nuit à la prison de Saint-Jean-de-Luz sont transférés au « Château-Neuf ». Chose insensée, Frédéric De Jongh tente de lui rendre visite à la prison, ce qui pousse « Tante Go » a mettre les choses au clair. Il est effectivement possible d'envisager de faire évader « Dédée » mais pour cela, il faut que sa véritable identité reste inconnue. Il est par conséquent impératif que le lien avec Frédéric De Jongh ne soit pas établi. Le « bar Gachy »René Gachy sans en être vraiment membre était un sympathisant du réseau Comète. situé en face du « Château-Neuf » où est détenue « Dédée » devint le QG pour mettre au point un plan d'évasion. « Tante Go », Albert Edward Johnson, « Bee », Jean Dassié et « Franco » s'y retrouvent.
Les quatre résistants tentent un premier essai en approchant un garde français suggéré par René Gachy. Faustina, l'épouse de ce dernier, livre quotidiennement la soupe à la prison dans de grands containers. Andrée pourrait prendre place à l'intérieur de l'un d'entre eux. Le projet n'aboutit pas en raison du fait que le gardien français estimait qu'il fallait une autre connivence à l'intérieur pour réussir un tel plan et qu'il n'avait aucune confiance en ses collègues bien que tous français.
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« Tante Go », « Bee », Jean Dassié et « Franco » poursuivent leurs efforts pour libérer Andrée De Jongh. Muni d'un grapin « Franco » essaye, par une nuit sans lune, d'atteindre le sommet du mur d'enceinte mais la corde est trop courte. Jean Dassié quitte alors le groupe et revient une demi-heure plus tard avec une échelle. « Franco » monte le premier suivi de « Bee » qui le maintient en place tandis que « Franco » tente de lancer le lourd grapin. Soudain, le bruit de bottes caractéristique d'une patrouille allemande survient. Les deux sur l'échelle se plaquent le plus près possible de l'échelle pour profiter de l'ombre. Jean Dassié, enlasse alors « Tante Go » de son grand manteau noir pour cacher le pied de l'échelle et faire croire à une idylle nocturne. La troupe passe sans sourciller et poursuit sa route. « Franco » n'en peut plus de tenir le lourd grapin et « Bee » de le maintenir plaqué sur le mur. La tentative est un échec, trop d'impréparation et ceci d'autant plus que « Franco » s'est aperçu de l'existence d'un second mur d'enceinte.
Tous se rendent alors chez les Dassié. Tôt le matin, « Tante Go » convoque un « conseil de guerre » : ils doivent absolument disposer des plans de la prison. Le cousin de Jean Dassié est le plombier de la « Villa Chagrin », il accepte de se porter malade pour être remplacé par un agent de « Tante Go », « Moon ». Ce dernier identifie rapidement où se trouve Andrée De Jongh et parvient même a trouver un prétexte pour rentrer dans sa cellule sous la surveillance d'un garde. Il y a une bouche de ventilation qui traverse le mur de sa cellule vers l'extérieur, elle pourrait aisément passer par là si on parvenait à la démonter. Ensuite, elle pourrait se laisser tomber sur la toiture plate d'un appentis. Le lendemain, « Moon » constate que c'est désormais sous sa véritable identité qu'elle est inscrite au tableau. Il faut agir vite. Une tentative est planifiée pour le en raison du fait que ce jour-là, lors du changement de garde, seuls trois d'entre eux resteraient en poste. Fernand De Greef et Jean Dassié en attireraient deux au bar pour les saouler copieusement, ne resterait alors plus qu'un seul garde à la prison. « Franco » et « Bee » se présenteraient alors à la prison pour une visite d'inspection tandis qu'Andrée s'échapperait de sa cellule pour regagner la cour et de là, foncerait au travers de la porte laissée ouverte grâce à la visite inopportune des deux inspecteurs allemands. Ces plans ne purent pas être mis à exécution en raison du transfert, la veille, d'Andrée De Jongh à la « Maison Blanche » à Biarritz.
Le lendemain, depuis le second étage d'une habitation appartenant à un ami de Jean Dassié, ils sont en mesure de faire un signal à Andrée au moyen d'un miroir de poche tandis qu'elle déambule dans la cour de la prison. « Tante Go » et Jean Dassié reprennent les préparatifs, la Maison Blanche étant tout aussi mal gardée que la Villa Chagrin. Des rumeurs enflent dans la région : la résistance va tenter de faire évader « Dédée ». Prenant tous les risques, depuis la centrale de Bayonne, Jean Dassié adresse des messages aux principaux colporteurs.
« Dédée » qui parvenait à faire sortir des messages via une infirmière de la Croix-Rouge prévient : . Les aviateurs, sévèrement interrogés par la Gestapo ont livré les adresses des Dassié et de Germain, dit Robert, Lapeyre et son épouse Yvonne« Tante Go », dès qu'elle apprend la nouvelle, file en bicyclette chez les Lapeyre qui étaient parvenus à prendre la fuite, les Allemands s'étant trompés d'appartement pour procéder à leur arrestation. Ils rallieront Londres et poursuivront la lutte en travaillant avec le Colonel Rémy (Neave, 2016, p. 103)..
Arrestations, interrogatoires et déportations 220px|vignette|droite|Marthe (Cyprienne) Dassié-Lapeyre et ses enfants, Lucienne et Jean-Albert au sanatorium en 1946. L'église Saint-André de Bayonne venait de sonner 4 heures, ce matin du lorsque les Allemands, ayant cerné la maison, enfoncent la porte d'entrée des Dassié. Un jeune officier explique : . La famille Dassié est aussitôt arrêtée, sauf Jean Albert qui n'a que 7 ans et emmenée à la prison de Bayonne, la « Villa chagrin ». Lucienne, alors âgée de 16 ans est interrogée pendant 4 heures, . Jean et sa femme, Marthe, sont également interrogés mais ils ne parlent pas.
Andrée De Jongh et Jean Dassié sont ensuite confrontés aux trois pilotesStanley Frederic Hope, « Paddy », William G. J. Greaves et Percy G. E. Ross.. Jean Dassié ne reconnaît rien. Après une semaine, ils sont transférés à la « Maison blanche » à Biarritz pour deux-trois semaines. Puis, « Tante Go » et « Franco » assistent impuissants au départ en train vers la prison de Fresnes d'Andrée De Jongh et de la famille Dassié. Marthe et Lucienne seront transférées après deux mois au camp de Romainville et Jean à celui de Compiègne. Jean Dassié est ensuite déporté au camp pour mutilés de guerre de Buchenwald. Marthe et Lucienne sont, quant à elles, déportées au camp de Ravensbrück où elles arrivent en .