est un film japonais réalisé par Mikio Naruse, sorti en 1939, adapté d'une nouvelle de Yōjirō Ishizaka parue la même annéeC’est un shōjo shōsetsu, roman pour jeunes filles, de Yōjirō Ishizaka, publié en 1939 dans un recueil ,vraisemblablement composé de deux textes, intitulé , chez l'éditeur Murasaki Shuppanbu..

Synopsis Dans une petite ville de campagne de la préfecture de Yamanashi, c'est bientôt les vacances d'été. Tomiko vit avec sa mère et sa grand-mère maternelle, dans une famille de condition modeste. Elle est première de sa classe, tandis que son amie Nobuko, issue d'une famille aisée, n'est que dixième. Les parents de Nobuko, particulièrement sa mère, Asada, s'inquiètent de ses résultats.

Au cours d'une dispute, Asada révèle que son mari Keikichi avait autrefois aimé Tsutako, la mère de Tomiko. Nobuko surprend cette conversation et, bouleversée, se confie à Tomiko. Les deux amies se disputent, puis se réconcilient. Lorsque Nobuko se coupe le pied à la rivière, Tomiko court chercher sa mère qui lui prodigue les premiers soins en présence de Keikichi, qui pêchait non loin.

Pour remercier Tomiko, Keikichi lui envoie une poupée, mais la jeune fille, percevant le malaise de sa mère, la rend aux Asada. La tension grandit dans le couple Asada, jusqu'à ce que Keikichi reçoive son ordre de mobilisation. Sa femme regrette alors son attitude, et il lui confie à son tour qu'il avait, lui aussi, depuis longtemps renoncé à leur couple.

À la gare, Nobuko et Tomiko — cette dernière tenant la poupée — assistent au départ de Keikichi, accompagnées de leurs mères. Dans le train, en uniforme et souriant, il salue la foule qui se réjouit sur le quai, agitant des drapeaux. Les deux femmes, qui ne participent pas à cette liesse, échangent un regard. Nobuko et Tomiko continuent de fêter le départ.

Fiche technique Titre original : Titre français : Le Cœur sincère Titre anglais : Sincerity Réalisation : Mikio Naruse Scénario : Mikio Naruse d'après une nouvelle de Yōjirō Ishizaka Photographie : Lumière : Décors : Son : Montage : Tamae Ide Musique : Tadashi Hattori Producteur : Ryō Takei Société de production : Tōhō Pays de production : Langue originale : japonais Format : noir et blanc - 35 mm - 1,37:1 - mono Genre : drame Durée : 67 minutes Dates de sortieLes deux dates correspondent probablement à une avant-première suivie d'une sortie générale. : Empire du Japon : . ou

Distribution Minoru Takada : Keikichi Asada Sachiko Murase : la femme de Keikichi Le nom de scène "Etchan" vient du rôle-titre du film (1936-37), pour lequel Rumi Ejima, alors élève de CM1 à Tokyo, avait été sélectionnée parmi les candidates à un casting organisé par les studios Nikkatsu. Le film fut un grand succès et la jeune actrice garda ensuite ce nom de scène tiré de son premier rôle. Elle était surnommée la « » (en référence à Shirley Temple). : Nobuko, leur fille Takako Irie : Tsutako Haseyama Teruko Katō : Tomiko, sa fille : la grand-mère maternelle de Tomiko Sōji Kiyokawa : le professeur Iwata

Autour du film Le Cœur sincère est un récit sur l'amitié entre deux adolescentes et la découverte d'un secret du passé de leurs parents respectifs, le film est inspiré d'une nouvelle de Yōjirō Ishizaka (1900-1986), l'accent mis sur l'adolescence est typique de ses écrits. Mikio Naruse décrit le film comme ..

Le critique Jean Narboni y voit un très beau film dans lequel une question qui hante le cinéma de Naruse se voit formulée : .. Ainsi les deux fillettes se demandent ce qu'il serait advenu d'elles si le père de Nobuko, au lieu de faire un mariage d'argent, avait épousé celle qu'il aimait, la mère de Tomiko. Le Cœur sincère met également à mal l'image d'un Naruse confiné en studio et peu à l'aise avec les extérieurs, le sens des espaces naturels et de la grâce des jeunes corps se manifeste dans plusieurs scènes amples et lumineuses.

Pour Seiji Mizumachi, critique de la revue Kinema Junpō, le film est presque un manuel du parfait metteur en scène. Il est séduit par la vivacité et l'authenticité des interactions entre les enfants, mais trouve le traitement de l'histoire des adultes moins convaincant (numéro 693 de la revue Kinema Junpō du ).

Dans , Catherine Russell lit Le Cœur sincère comme un film de l'arrière, un « home front film » où le contexte de la guerre ne sert que de toile de fond à une intrigue de paternité : on y découvre que Kei, père de Nobuko et mobilisé comme officier peu après, a autrefois aimé Tsutako, mère pauvre mais cultivée de Tomiko, dont il aurait pu être le vrai père. Elle souligne la beauté pastorale et paisible de nombreuses scènes du film, ainsi que la force émotionnelle inattendue des séquences entre les deux fillettes. Russell y voit aussi la mise en lumière d'inégalités de genre profondes, Kei se montrant condescendant envers son épouse qu'il blâme pour les résultats scolaires de leur fille. Elle s'attarde enfin sur une grande Au Japon, « poupée française » (フランス人形) désigne moins une origine de fabrication qu'un type de poupée décorative à l'occidentale, en robe à volants façon rococo — le terme, popularisé en 1932 par l'illustrateur Junichi Nakahara, s'appliquait dans les années 1930 à des poupées souvent fabriquées au Japon même, à partir de patrons publiés dans des magazines féminins. Destinées à la décoration plutôt qu'au jeu, elles étaient perçues comme un signe de raffinement cosmopolite occidental. offerte par Kei à Tomiko, objet luxueux et étranger à la sobriété alors prônée par les autorités, qui cristallise l'incapacité du père à gérer ses liens avec ces femmes ; Tomiko la tient encore dans ses bras à la gare, au départ de Kei pour le front — signe, selon Russell, de la manière dont Naruse mine discrètement les injonctions patriotiques de l'époque.

Notes et références

Liens externes

Catégorie:Film japonais sorti en 1939 Catégorie:Film japonais en noir et blanc Catégorie:Film dramatique japonais Catégorie:Film réalisé par Mikio Naruse Catégorie:Film de Tōhō Catégorie:Adaptation d'une nouvelle japonaise au cinéma Catégorie:Film en japonais