L'église de la Présentation-de-la-Vierge-Marie-au-Temple (en / Ierós Naós Eisódion tis Theotókou) de Bordeaux est une église orthodoxe dépendant du Patriarcat œcuménique de Constantinople, fondée en 1955-1956 à Bordeaux.

À la suite de l'installation dans la région de nombreux Grecs, qui rejoignent la France pendant la Première Guerre mondiale ou comme réfugiés des génocides ottomans tardifs, de la guerre gréco-turque et d'un ensemble d'événements désignés sous l'appellation de la Grande Catastrophe ; la communauté grecque et orthodoxe de la ville ressent le besoin de se doter d'un lieu de culte. Cette situation reste figée jusqu'à la moitié des années 1950, quand le futur métropolite de France, Mélétios Karabinis, prend contact avec Panayiotis Petalas, ancien ministre de l'économie de Grèce et riche armateur grec, qui finance largement l'achat du terrain et la construction de l'église. Au fil de son histoire, la paroisse reçoit la visite de plusieurs responsables religieux orthodoxes importants, comme Cyrille de Moscou ou et est engagée dans des activités culturelles pour la communauté grecque et orthodoxe de la ville.

Histoire

Prémices À Bordeaux comme dans une partie importante du territoire français, la diaspora grecque suit plusieurs vagues d'installation principales au début du siècle. Bien que la Gironde ait eu des liens dans l'Antiquité avec les Grecs, ces liens culturels et migratoires au début du siècle avec l'installation de familles grecques originaires des îles du Dodécanèse, où elles font généralement la pêche aux éponges. Dans les années suivantes, de nombreux soldats grecs rejoignent l'agglomération bordelaise pendant la Première Guerre mondiale, où ils débarquent pour se rendre sur le front de l'Ouest - et sont rejoints en France par leurs familles ou leurs proches. Une troisième vague importante de peuplement se déroule dans les années 1920 et est composée de réfugiés des génocides ottomans tardifs, de la guerre gréco-turque et d'un ensemble d'événements désignés sous l'appellation de la Grande Catastrophe. Dans ces mouvements de population, lorsque les Grecs d'Asie Mineure et du Pont fuient vers la Grèce depuis l'Empire ottoman puis la Turquie pour échapper aux massacres, les consuls français de la région voient cette main d'œuvre potentielle avec intérêt - et environ 7000 sont amenés par des navires ravitailleurs de l'Armée d'Orient, qui sont vides - et sont accueillis par la France car la main d'œuvre polonaise ou italienne ne peut être dans ce cas : les Grecs qui se réfugient montent sur les navires Abda, Arménie, Brittania, Britanika, Djemnach, Doukkala, Elsie, Maryland, Markella, Natal et Odessa.

Au niveau religieux, la situation est relativement difficile pour la communauté, qui reçoit parfois la visite d'un prêtre venu de Paris ou Marseille pour faire les sacrements essentiels comme le baptême. La situation est compliquée par l'opposition de l'Église catholique, qui avant l'ère de l'œcuménisme, est opposée aux orthodoxes, considérés comme des hérétiques. Les mariages mixtes ne sont donc pas possibles et on invite les orthodoxes à se convertir, eux et leurs enfants, au catholicisme. Pour les enterrements, des pasteurs protestants acceptent de se charger des besoins de la communauté, devant le refus des autorités catholiques.

À la fin de la Seconde Guerre mondiale, les Grecs et les Russes de la ville s'associent et ils sont accueillis par les Russes mais à la suite de la mort du prêtre responsable, le père Jean, le lieu de culte est déserté. La communauté grecque cherche alors à cotiser des fonds pour acheter une église, est en recherche un temps pour un terrain - mais la recherche n'aboutit pas.

Fondation et histoire En 1955, avant de devenir métropolite de France, Mélétios Karabinis entreprend de chercher à bâtir des églises - pour des coreligionnaires qui sont pour la plupart sans lieu de culte dédié, à l'époque. Au sujet de la communauté de Bordeaux, il se décide à prendre contact avec Panayiotis Petalas, ancien ministre de l'économie de Grèce et riche armateur grec. Il lui soumet les requêtes de la communauté de Bordeaux et celui-ci accepte de devenir le principal donateur pour son érection. Avec l'argent apporté par ce nouveau soutien, la communauté est chargée de faire l'acquisition d'un terrain où l'église pourrait être bâtie - celui qui est choisi l'est pour sa proximité, à l'époque, avec les quartiers où vivent les Grecs de Bordeaux. L'adresse choisie est le 278, rue du Jardin Public.

Peu après l'achat du terrain, Mélétios charge un architecte qu'il connaît de se charger du projet - les travaux commencent en 1956 et ne durent que quelques mois. Le métropolite l'inaugure l'année même.

Le choix du nom de l'église, la Présentation-de-la-Vierge-Marie-au-Temple, littéralement , est un hommage à Panayiotis Petalas - étant donné que son prénom est issu de la racine servant à dire .

La situation est désormais plus ouverte avec l'Église catholique, et les relations plus amicales permettent l'établissement de liens et de discussions. À partir de 1972, le prêtre responsable de la paroisse est le père Théodore Papanicolaou, qui est aussi professeur de grec moderne en France. Pour ses actions nombreuses au sein de la communauté grecque, celle-ci engage à son insu une procédure pour qu'il reçoive l'ordre national du Mérite, ce qui est approuvé par les autorités françaises - il reçoit le rang de chevalier de l'ordre des mains d'Alain Juppé en 2011.

L'année suivante, il participe à une conférence interreligieuse pour appeler à la paix dans le monde et souligner l'importance trop grande de la religion dans de nombreux conflits en cours. Sa participation dans les rencontres et discussions inter-religieuses à Bordeaux est remarquée par d'autres participants à ce mouvement.

Entre sa fondation et 2025, l'église reçoit un nombre relativement important de personnalités de l'orthodoxie, comme le patriarche de Moscou et de toute la Russie, Cyrille de Moscou, l'archevêque d'Amérique, , connu comme l'un des rares clercs blancs à avoir marché aux côtés de Martin Luther King pendant la marche à Selma, où les métropolites de France successifs, Mélétios, Jérémie, Emmanuel ou encore Dimítrios. Maximos de Mélitène s'y rend aussi en 2019. Les membres de la communauté rencontrent le patriarche œcuménique de Constantinople, Bartholomée Ier, lors d'un pèlerinage où il se trouve aussi.

Le lieu subit aussi une évolution démographique qui suit les migrations orthodoxes en France - la paroisse au départ exclusivement grecque est fréquentée désormais par de nombreux Français, Serbes, Palestiniens, Russes, Ukrainiens, ou d'autres orthodoxes.

Vie paroissiale

L'église est fortement liée avec les activités culturelles de la communauté grecque à Bordeaux. Depuis 1949, l'Association Cultuelle Orthodoxe « Saint Nicolas » organise une série de rassemblements dans la région. Le prêtre de la paroisse, Théodore Papanicolaou, décrit ses activités de la manière suivante :Ses principales activités consistent à porter assistance aux compatriotes nouvellement immigrés, à assurer l’enseignement du grec moderne aux jeunes enfants de la communauté grecque, et à organiser des rassemblements et des festivités animées par des danses du folklore grec, où les jeunes portent fièrement les costumes traditionnels.Le journal Sud-Ouest constate en 1997 que le prêtre en question a déjà à cette période, enseigné le grec moderne à deux générations d'enfants. Avec son épouse, les deux s'engagent dans d'enseignement du grec moderne et du français dans la région.

Liste des prêtres

1954 : p. Jacques Pavlou 1954 : p. Philippeos (?) 1958 : p. Théoklétos Michalas 1963 : p. Prokopios Koklas 1964 : p. Constantin Charissiadis 1965 : p. Cheroubim Savrakos 1967 : p. Damaskinos Michalas 1968 - 1972 : p. Stavros Georganas 1972 : p. Andreas Phyrillas 1972 - toujours en cours : p. Théodore Papanicolaou

Références

Bibliographie

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