L’hôtel des Quatre Sœurs ou hôtel des 4 Sœurs est un hôtel français situé à Bordeaux, en Gironde. Fondé au , c'est l'un des plus anciens hôtels de la ville qui porte encore son nom d'origine. Il est resté célèbre pour le court séjour qu'y effectua Richard Wagner en 1850.

Histoire

Aux origines, quatre sœurs basques Les origines de l'hôtel des Quatre Sœurs remonte aux années 1830 au Pays basque. Les filles de Pierre Faulat, ancien corsaire et de sa femme Magdeleine ont ouvert une pension à Saint-Pierre-d'Irube puis Bayonne. Leur père ayant été muté à Bordeaux en 1831, elles le rejoignent quelque temps après et ouvrent avec leur mère, le , une « pension bourgeoise » au 43, rue Notre-DameArchives départementales de Gironde, Bordeaux, étude Lalande 3 E 63376 (15 juin 1840) . En , l'établissement est transféré au 8 rue Margaux, sous la forme d'appartements meublésLa Sentinelle des Pyrénées. n°1393, 7 juillet 1840. . L’Almanach commercial et administratif du département de la Gironde de 1842 contient la toute première mention connue de l’appellation « hôtel des Quatre Sœurs », introduite dans le courant de l'année 1841, sans doute après le décès de Magdeleine Faulat le . 

Transfert de l'hôtel au 6, cours du Trente-Juillet C'est en 1849 que les quatre sœurs transfèrent l'hôtel à son adresse actuelle, 6 cours du Trente-Juillet, à côté de la place de la Comédie et du Grand-Théâtre. Il remplace l'hôtel du Midi, tenu depuis 1841 par Pierre Paix puis son gendre Louis Martin-AlçuetLe Mémorial bordelais, 27 août 1847.  . L’hôtel des Quatre Sœurs et son restaurant associé bénéficient déjà à l’époque d’un emplacement exceptionnel, en plein cœur de la capitale girondine. Le quartier est, dès la fin du , un haut lieu de divertissement de la bourgeoisie bordelaise qui, en sortant d’une représentation à l’opéra, se rend dans les nombreux restaurants et cafés voisins. La clientèle y est, dès les origines, très cosmopolite.

Richard Wagner à l'hôtel des Quatre Sœurs Tombé amoureux d'une jeune admiratrice, Jessie Laussot, épouse d’un négociant bordelais, qu'il a rencontré à Dresde en 1848, Richard Wagner effectue un premier séjour bordelais en mars-, suivi d'un second du 16 au . Il arrive le 16 et se rend à l’hôtel des Quatre Sœurs« Via Lyon j’ai traversé l’Auvergne en diligence pendant trois jours et deux nuits pour atteindre Bordeaux ; c’était la mi-mai, et j’ai découvert la ville à l’aube depuis les hauteurs, illuminée par un spectaculaire embrasement. Je suis descendu à l’hôtel des Quatre sœurs et j’ai écrit immédiatement un billet à Monsieur Laussot pour l’informer que je resterai toute la journée à l’hôtel à l’attendre. » (Wagner, Richard. Mein Leben, Munich, List Verlag, 1963)., qu’il aura très certainement choisi en raison de sa proximité avec les bureaux et appartements de Monsieur Laussot, situés au 26 cours du Trente-Juillet. Au lieu d’une rencontre amoureuse, il reçoit le jour même de son arrivée une convocation au commissariat de police du quartier, où on l’informe qu’il dispose de quarante-huit heures pour partir de Bordeaux, faute d’avoir un passeport en règle. C’est le mari jaloux qui a prévenu les autorités et contraint Wagner à quitter la France sans avoir pu revoir sa maîtresse. 

L'ère Simion Les sœurs Faulat tiennent l'hôtel jusqu’en 1860. Elles resteront célibataires jusqu'à leur mort. En 1861, c'est leur nièce, Jeanne Emma (née de leur sœur Marie Benignette, décédée en 1833, et veuve d'Adrien Delzer décédé en 1837) qui reprend la gestion de l'établissement jusqu'en , date à laquelle il est cédé à Jacques Simion, un ancien cuisinier. C'est lui puis ses descendants (Georges puis Roger) qui seront les directeurs de l'hôtel jusqu'à la Seconde Guerre mondiale. En 1896, la propriétaire de l'immeuble, la veuve Lagrave, obtient de la municipalité l’autorisation d’ajouter un étage supplémentaire à l’immeubleArchives de Bordeaux Métropole 50 O 1700 . Les Au début du , l’hôtel des Quatre Sœurs continue d’être une adresse prisée à Bordeaux, qui accueille dans ses salons Second Empire de nombreux événements artistiques et commerciaux, et semble jouir d’une très bonne réputation auprès des voyageurs politiques et de l’aristocratie européenne.  En , l'hôtel est réquisitionné par les autorités allemandes pour y loger des officiers ; il est déréquisitionné le Archives de Bordeaux Métropole 7520 H 35..

Époque contemporaine À la fin des années 1980, un café éponyme est créé dans les anciens salons de l’hôtel, dont la gestion est dissociée de celui-ci, bien qu’il en partage les murs. Il porte successivement le nom de café des Quatre-Sœurs puis de café Napoléon, avant de devenir l’actuel QuatrèS Café, reconnecté à l’hôtel.

Galerie

Notes et références

Bibliographie

Bernadau, Pierre. Le Viographe bordelais. Bordeaux, Gazay, 1844. Daval, Mathias. « L’hôtel des Quatre Sœurs : cent ans de vie bordelaise,1841-1941 » in Revue Archéologique de Bordeaux, tome CXII, année 2021. Rèche, Albert. Naissance et vie des quartiers de Bordeaux : mille ans de vie quotidienne. Bordeaux, L’Horizon chimérique, 1988. Roux, Isabel. « Projets et réalisations : le quartier des Quinconces à Bordeaux (1770-1870) ». Thèse de doctorat, Bordeaux-III, 1994.

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