En France, les études en paysage durent de trois a cinq ans et se déroulent dans l’une des quatre écoles habilitées à délivrer le diplôme d’État de paysagiste (DEP). Ces établissements, placés sous la tutelle du ministère de l'Agriculture ou du ministère de la Culture, forment les étudiants au métier de paysagiste concepteurLoi du 8 août 2016 relative à la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages, Journal officiel.RNCP40412 – Diplôme d’État de paysagiste, France Compétences..
L’admission dans les écoles se fait par concours national avec un bac +2 (CPGE, BTS, DUT ou licences universitaires) ou par Parcoursup avec un baccalauréat pour entrer CPGEONISEP – Diplôme d’État de paysagiste..
Le diplôme est reconnu au niveau 7 (grade de master) et conditionne l’usage légal du titre de paysagiste concepteur. La formation associe ateliers de projet, enseignements théoriques et scientifiques, stages professionnels et soutenance d’un projet de fin d’études (PFE).
Au-delà de l’acquisition de compétences en conception et en maîtrise d’œuvre, ces études intègrent les enjeux contemporains d’aménagement du territoire, d’urbanisme et d’écologie, en lien avec la transition climatique et la préservation de la biodiversité s’inscrivent dans une vision systémique et de prospective.
Historique
Les origines () La formation au métier de paysagiste en France se structure tardivement par rapport à d’autres professions de l’aménagement. Avant les années 1970, l’apprentissage du projet de paysage se faisait essentiellement par l’architecture, l’horticulture ou l’urbanismeYves Luginbühl, La mise en patrimoine des paysages : de la protection à la gestion, Éditions Quae, 2012.. La création de l’École nationale supérieure de paysage de Versailles (ENSP) en 1976 marque un tournant : elle devient la première école spécifiquement destinée à la formation de concepteurs en paysage, intégrant à la fois la pratique de projet, les sciences naturelles et les sciences humainesENSP Versailles – Histoire de l’école..
Développement et diversification (1980–2000) Dans les décennies suivantes, la formation s’étend :
ouverture d’une antenne de l’ENSP à Marseille ; création de l’École nationale supérieure de la nature et du paysage de Blois (aujourd’hui intégrée à l’INSA Centre-Val de Loire) en 1993INSA Blois – École de la nature et du paysage. ; intégration progressive des écoles de paysage dans des établissements d’architecture, donnant naissance aux ENSAP Bordeaux et ENSAP Lille.
Ces évolutions traduisent une reconnaissance croissante de la discipline, au carrefour de l’urbanisme, de l’architecture et de l’écologie.
Reconnaissance institutionnelle et titre protégé (2000–2016) La reconnaissance nationale des diplômes de paysagiste progresse au début des années 2000. Le Diplôme d’État de paysagiste (DEP) est progressivement aligné sur le grade de master et inscrit au RNCP comme diplôme de niveau 7RNCP40412 – Diplôme d’État de paysagiste..
La loi du relative à la reconquête de la biodiversité introduit dans le code de l’urbanisme le titre protégé de paysagiste concepteur. Seuls les titulaires d'un DEP, d'une en paysage ou d'une VAE equialante peuvent légalement porter ce titre et signer des projets en tant que maîtres d’œuvre paysagistesLoi du 8 août 2016, Légifrance..
Évolutions contemporaines (depuis 2016) Depuis la reconnaissance du titre, les écoles de paysage françaises développent une pédagogie axée sur les enjeux contemporains : transition écologique, adaptation climatique, renaturation urbaine, continuités écologiques et participation citoyenneCollectif, Les Carnets du paysage, Actes Sud / ENSP, n° spécial « Le projet de paysage à l’épreuve de l’écologie », 2019..
Ces formations participent aux débats prospectifs sur l’avenir de l’aménagement et du paysage en France, en lien avec les politiques publiques (urbanisme, biodiversité, eau, infrastructures)Ministère de la Transition écologique – Guide sur le titre de paysagiste concepteur..
Diplômes délivrés
Diplôme d’État de paysagiste (DEP) Le Diplôme d'État de paysagiste (DEP) est le diplôme national de référence pour la formation des paysagistes concepteurs en France. Il est inscrit au Répertoire national des certifications professionnelles (RNCP40412) au niveau 7, correspondant au grade de master.
Ce diplôme, préparé en trois ans après concours, atteste de compétences en analyse paysagère, conception, maîtrise d’œuvre et gestion de projet à différentes échelles (jardin, espace public, territoire). Il est obligatoire pour obtenir le titre de paysagiste concepteur.
Titre protégé de paysagiste concepteur Depuis la loi du relative à la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages, le titre de paysagiste concepteur est inscrit dans le Code de l’urbanisme (articles L.143-1 à L.143-3). Seuls les titulaires du DEP ou d’un diplôme reconnu équivalent peuvent légalement l’utiliser et signer des projets au nom de la maîtrise d’œuvre paysagèreLoi du 8 août 2016 relative à la reconquête de la biodiversité, Journal officiel..
Le titre confère des prérogatives similaires à celles de l’architecte en matière de commande publique : accès aux concours, marchés de maîtrise d’œuvre et reconnaissance professionnelle.
Recherche La formation de paysagiste concepteur s’appuie sur des activités de recherche en sciences du paysage, écologie, urbanisme et sciences humaines. Plusieurs revues académiques accompagnent cette recherche, notamment :
Carnets du paysage, revue scientifique fondée par l’École nationale supérieure de paysage de Versailles et publiée aux éditions Actes Sud ; Projets de paysage, revue en ligne inter-écoles dédiée au projet de paysageRevue Projets de paysage, consulté en 2025.. Les Cahiers de l'École de BloisRevue Les Cahiers de l'École de Blois, consulté en 2025..
Les enseignants-chercheurs des écoles habilitées participent à des laboratoires et programmes nationaux et internationaux sur l’aménagement durable et l’adaptation des territoires.
Doubles parcours et formations complémentaires Certaines écoles proposent des parcours combinés ou des passerelles vers d’autres disciplines. Les étudiants peuvent suivre des doubles cursus ou formations complémentaires en :
architecture (au sein des ENSAP) ; urbanisme et aménagement du territoire ; ingénierie écologique ou sciences de l’environnement ; doctorats en paysage, géographie ou urbanisme, accessibles après le DEPCollectif, Pour une pensée paysagère, Actes Sud / ENSP, 2014..
Le DEP peut également être obtenu par la VAE, permettant à des professionnels en activité de faire reconnaître leurs compétences.
Liste des établissements habilités Quatre établissements français sont habilités par l’État à délivrer le Diplôme d’État de paysagiste (DEP). Ils relèvent du ministère de l’Agriculture, du ministère de la Transition écologique ou du ministère de l’Enseignement supérieur, selon leur rattachement institutionnel.
Les écoles supérieures
École nationale supérieure de paysage (ENSP) Fondée en 1976 à Versailles, l’ENSP est la plus ancienne école française spécifiquement consacrée à la formation des paysagistes concepteurs. Elle dispose depuis 1992 d’une antenne à Marseille, permettant un ancrage pédagogique et scientifique dans le contexte méditerranéen. L’ENSP est rattachée au ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire.
École de la nature et du paysage – INSA Centre-Val de Loire (Blois) Créée en 1993, l’École de la nature et du paysage est intégrée à l’Groupe INSA. Elle se distingue par une forte orientation vers l’écologie, les sciences de la nature et leur intégration dans le projet de paysage.
École nationale supérieure d’architecture et de paysage de Bordeaux (ENSAP Bordeaux) L’École nationale supérieure d'architecture et de paysage de Bordeaux propose un cursus complet conduisant au DEP. Elle associe enseignements de l’architecture et du paysage, favorisant l’approche pluridisciplinaire des projets.
École nationale supérieure d’architecture et de paysage de Lille (ENSAP Lille) L’École nationale supérieure d'architecture et de paysage de Lille délivre le DEP dans une dynamique proche de l’urbanisme et de l’architecture. Elle développe une pédagogie orientée vers les problématiques métropolitaines et territoriales.
Évaluation des écoles Les écoles de paysage françaises font l’objet d’évaluations régulières par le Haut Conseil de l'évaluation de la recherche et de l'enseignement supérieur (HCERES). Ces rapports portent sur la qualité de l’enseignement, l’intégration de la recherche et la place des établissements dans le paysage académique et professionnel françaisRapport HCERES sur l’ENSP Versailles, 2021..
Formations connexes En dehors des établissements habilités à délivrer le DEP, plusieurs écoles d’architecture, d’art ou d’ingénierie proposent des formations en lien avec le paysage (masters spécialisés, diplômes universitaires, formations continues). Toutefois, ces cursus ne donnent pas accès au titre de paysagiste concepteur.
Cadre légal et professionnel
Le titre protégé de « paysagiste concepteur » Depuis la loi du relative à la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages, le titre de paysagiste concepteur est reconnu et protégé par le Code de l’urbanisme (articles L.143-1 à L.143-3). Seuls les titulaires du Diplôme d’État de paysagiste (DEP) ou d’un diplôme reconnu équivalent peuvent porter légalement ce titre et signer des projets au nom de la maîtrise d’œuvre paysagèreCode de l’urbanisme – articles L.143-1 à L.143-3, Légifrance..
Cette reconnaissance rapproche le statut du paysagiste concepteur de celui d’autres professions réglementées de l’aménagement (architectes, urbanistes, ingénieurs).
Inscription au RNCP Le Diplôme d’État de paysagiste est inscrit au Répertoire national des certifications professionnelles sous la référence RNCP40412. Il correspond au niveau 7 (grade de master) et définit les compétences et blocs de formation validés.
Organismes professionnels Plusieurs instances contribuent à la reconnaissance et à l’encadrement de la profession :
la Fédération Française du Paysage (FFP), association créée en 1982, qui représente les professionnels du paysage, regroupe les agences et défend les intérêts de la professionFédération française du paysage, site officiel. ; le Conseil national des paysagistes concepteurs diplômés d’État (CNPC-DEP), instance consultative chargée d’émettre des avis sur les conditions d’exercice du titre et sur les équivalences de diplômes.
Commande publique et marchés de maîtrise d’œuvre L’usage du titre de paysagiste concepteur conditionne l’accès à certains marchés publics, notamment dans le cadre des concours de maîtrise d’œuvre ou des projets d’aménagement impliquant une composante paysagère. Cette reconnaissance juridique vise à garantir la qualité et la compétence professionnelle des concepteurs intervenant sur les espaces publics et territoriaux.
Perspectives professionnelles
Secteurs d’activité Les titulaires du Diplôme d’État de paysagiste exercent principalement comme concepteurs et maîtres d’œuvre dans le domaine du paysage. Ils interviennent sur des projets d’échelles variées : jardins, parcs, espaces publics, infrastructures, zones naturelles ou aménagements territoriaux. Les principaux secteurs d’activité sont :
les agences de paysage et de maîtrise d’œuvre pluridisciplinaire (urbanisme, architecture, ingénierie) ; les collectivités territoriales (services espaces verts, urbanisme, parcs naturels régionaux, conseils départementaux et régionaux) ; les organismes publics ou parapublics (par exemple : CAUE, établissements publics fonciers, agences d’urbanisme) ; la commande privée, auprès de particuliers, promoteurs ou entreprises.
Compétences mobilisées Le métier de paysagiste concepteur combine des compétences multiples :
diagnostic paysager et territorial ;