L'église de la Dormition-de-la-Mère-de-Dieu (en / Ierós Naós Koimíseos tīs Theotókou) de Salin-de-Giraud est une église orthodoxe fondée en 1953 et dépendant de la Métropole orthodoxe de France.

À la suite de l'installation dans la région de nombreux Grecs, qui rejoignent la France pendant la Première Guerre mondiale ou comme réfugiés des génocides ottomans tardifs, de la guerre gréco-turque et d'un ensemble d'événements désignés sous l'appellation de la Grande Catastrophe, la communauté grecque de Salin-de-Giraud commence à établir des réseaux religieux informels - étant en lien avec la communauté de Port-de-Bouc, par exemple, pour ses sacrements. En 1953, après une collecte de fonds au sein de la communauté, un entrepôt abandonné de la compagnie des Salins du Midi est loué pour servir de lieu d'accueil à la nouvelle église. Elle est aménagée en 1953 et consacrée par Jérémie Calligiorgis. Dans les années suivantes, de nombreux prêtres se succèdent, souvent les mêmes que ceux de Port-de-Bouc, Port-Saint-Louis-du-Rhône ou encore Marseille - d'autres communautés proches géographiquement.

La paroisse participe à de nombreux événements et initiatives visant à conserver et valoriser la culture grecque. Dès le début du siècle, elle s'ouvre de manière croissante à des fidèles orthodoxes qui ne sont pas grecs, et l'association cultuelle en charge se renomme la Communauté franco-hellénique de Salin-de-Giraud.

Histoire

Prémices La France voit plusieurs vagues de migration de Grecs à l'époque contemporaine, dont les principales se déroulent pendant la Première Guerre mondiale, dans les années 1920, pour des raisons économiques ou pour fuir les génocides ottomans tardifs, la guerre gréco-turque et un ensemble d'événements désignés sous l'appellation de Grande Catastrophe. Une autre vague de migration suit la Seconde Guerre mondiale et s'étend au moins jusqu'aux années 1970, pendant la dictature des colonels (1967-1974) et l'invasion de Chypre par la Turquie (1974).

À Salin-de-Giraud en particulier, les Grecs commencent à rejoindre la ville dans les années 1920 - ils viennent pour des raisons économiques et arrivent dans des conditions très modestes. La plupart d'entre eux vient du Dodécanèse, en particulier de l'île de Kalymnos. Les trois usines de la ville et la proximité avec, d'une part, la mer, et de l'autre, les autres communautés grecques de l'embouchure du Rhône fixent les migrants grecs à cet endroit.

Dans les années qui suivent cette installation, la communauté ne dispose pas de prêtre ou de lieu de culte - un prêtre dépêché de Port-de-Bouc, une autre communauté grecque importante située à 40 kilomètres, se déplace pour effectuer les mariages, les baptêmes et les obsèques dans des hangars et appartements.

Fondation et histoire À la suite de la Seconde Guerre mondiale, les membres de la communauté décident de réunir des fonds afin d'établir un lieu de culte dans la ville. En 1953, contre la Compagnie et avec les fonds réunis parmi la centaine de familles de la communauté, un entrepôt abandonné de la compagnie des Salins du Midi est loué pour servir de lieu d'accueil à la nouvelle église.

Elle est inaugurée en 1953 par Jérémie Calligiorgis, futur métropolite de France, le premier supérieur est Maximos Mastiches.. L'église est occupée dans les décennies suivantes par de nombreux prêtres, dont une partie sont les mêmes qu'à l'église Saint-Dimitri de Port-Saint-Louis-du-Rhône, comme Cyrille Argenti, résistant et Juste parmi les nations, ou Panayiotis Vittas, entre autres.

La communauté est locataire des lieux sur des bails courts - et essaie donc de négocier l'achat du terrain, ce qui est systématiquement refusé par l'entreprise. En 1976, elle accepte de s'engager dans un bail de 50 ans, assurant ainsi la stabilité de la situation de l'église. En 2009, après plus de cinquante ans d'occupation, la Métropole orthodoxe de France en fait l'acquisition pour un euro symbolique.

Entre 1999 et 2000, la communauté restaure son aile Sud en aménageant un baptistère et une salle à manger pour les agapes. Entre 2008 à 2010, le sanctuaire est agrandi et une salle annexe construite, pouvant servir de salle de cours ou d'annexe. Enfin, en 2013, un kiosque est construit au centre de la cour de l'édifice.

Paroisse

La vie paroissiale de l'église de la Dormition-de-la-Mère-de-Dieu de Salin-de-Giraud prend une double orientation pendant son histoire récente. D'une part, elle s'ouvre progressivement à la culture française et soutient l'intégration des français et francophones dans le culte orthodoxe - ce qui se reflète dans l'évolution des statuts de l'association cultuelle du lieu, qui devient la Communauté franco-hellénique de Salin-de-Giraud en 2004. D'autre part, la paroisse s'engage dans de nombreuses initiatives culturelles visant à renforcer et conserver les liens avec la Grèce -par exemple en organisant des activités de danse grecque, en tenant une école de grec moderne ou en soutenant les rapprochements locaux.

Ainsi, les membres de la communauté lancent le projet de jumeler Salin, Arles et Kalymnos - une initiative qui aboutit en 2004. Pendant et après la crise économique grecque - la paroisse s'engage dans des actions cherchant à soutenir la Grèce, par exemple avec l'association les Nissiotes, qui vise à apporter du soutien en matériel médical aux hôpitaux des îles du Dodécanèse.

Références

Annexes Bibliographie « Le maintien de l'hellénisme », dans Annie Maïllis, Des Grecs en Camargue : un exil entre sel et mer, Arles, Odyssées, 2014, p. 164-168 .

Filmographie Jean-Marie David (réal.), Orthodoxes en Provence, Paris, CasaDei Productions/KTO, 2012 (présentation en ligne) .

Liens externes

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