Le massacre de Houla a lieu entre le et le 1948 à Houla, un village du Liban, non loin du fleuve Litani. La brigade Carmeli des forces de défense israéliennes (FDI) s'en empare le sans rencontrer de résistance. Les femmes et les enfants sont expulsés, la plupart des hommes de 15 à 60 ans sont abattus. Entre 35 et 58 hommes sont exécutés dans une maison qui est ensuite détruite à l'explosifTveit, Odd Karsten (2010) Goodbye Lebanon. Israel's First Defeat. Rimal Publication. Translated by Peter Scott-Hansen. . 368, citant le général Dov Yermiya.. Un seul officier est jugé par un tribunal militaire, et condamné à 7 ans de prison. Cette condamnation est réduite à un an en appel, puis il est amnistié.
Contexte
C'est la fin de la guerre israélo-arabe de 1948 : les forces de défense israéliennes (FDI) ont conquis et expulsés des centaines de villages arabes. L'état-major lance deux vastes opérations, Yoav au sud pour la conquête du Néguev, Hiram au nord pour celle de la Galilée. Des dizaines de villages sont conquis et des dizaines de milliers de Palestiniens fuientAdam Raz, Classified Docs Reveal Massacres of Palestinians in '48 – and What Israeli Leaders Knew, Haaretz, 9 décembre 2021..
Les massacres ont été une pratique courante de l'armée israélienne durant cette campagne : la semaine où a lieu le massacre de Houla, 60 à 80 personnes sont massacrées à Saliha, 61 lors du massacre de Safsaf, de 70 à 450 à al-Dawayima.
Shmuel Lahis a tué un militant de la milice d'extrême-droite l'Irgoun, débarqué de l'Altalena, alors que celui-ci était en détention et Lahis son gardien. Lahis a affirmé que le tir était accidentel et que la balle a ricochéMitelpunkt, 2022, note 1..
Massacre
Une compagnie du bataillon de la brigade Carmeli occupe le village de Hula sans rencontrer de résistance le . Au moins 15 habitants sont massacrés ce jour-là, et 18 le lendemain ou 50 selon d'autres sources.
Le gouvernement israélien est informé mais ne réagit pas.
Procédure judiciaire
Deux officiers sont tenus responsables du massacre, et sont dénoncés par leur supérieur, . L'un d'entre eux le premier lieutenant Shmuel Lahis, qui commandait la compagnie, est jugé pour meurtre par un tribunal militaire israélien(Journal of Palestine Studies, vol. VII 4, 143.). Il est poursuivi pour le meurtre de 33 personnesShaul Mitelpunkt, Fearing “the End of Zionism”: Israeli Emigration to the United States, 1970s-1990s, Diplomatic History, Volume 46, 5, Novembre 2022, Pages 873–900.. Pour sa défense, Lahis invoqua que le crime avait été commis hors des frontières d'Israël. Le tribunal rejeta cette défense mais lui laissa la possibilité de faire appel à la Cour suprême d'Israël. Dans ce cas soumis à la Cour suprême, le gouvernement israélien soutint que la Cour suprême ne pouvait interpréter le droit militaire. En , la Cour suprême rejeta les requêtes de Lahis et du gouvernement, autorisant le procès à se poursuivreVerdict The Israeli High Court of Justice, Feb. 2, 1949; le verdict écrit n'est fourni qu'en 1959: Shmuel Lahisse versus The Minister of Defense and others, HCJ 27/48. ..
Lahis est condamné à 7 ans de prison pour le meurtre de 15 personnes. Sa peine est réduite à un an en appel, peine qu'il ne purge pas en prison, mais dans une base militaire, dans des conditions confortables. Il bénéficie d'une amnistie du président Ben Zvi en 1955.
Scandale autour de Shmuel Lahis
Shmuel Lahis devient ensuite avocat. En 1978, il est nommé président de l'Agence juive. Certains Israéliens s'opposèrent à cette nomination à cause de son rôle dans le massacre de Houla(Journal of Palestine Studies, vol. VII, 4 (été 1978), 28, 143).
Au moment où Lahis est nommé à la tête de l'agence juive, le supérieur immédiat de Lahis au sein de la brigade Carmeli, , écrit à Arie Dulzin, président de l'Agence, au sujet du rôle de Lahis dans le massacre de 1948. Après la nomination de Lahis, la controverse paraît dans la presse israélienne et provoque un débat à la Knesset. La lettre de Yermiya est publiée par le journal .
Aucun des habitants de Houla n'avait participé au massacre de la raffinerie.
Dans sa réponse, Dulzin explique que le passé de Lahis est connu par l'Agence juive depuis 1961. Il révèle aussi que quand Lahis a demandé son enregistrement comme avocat en 1955, la question a été examinée par le Conseil juridique israélien. Il a décidé que qui a mené Lahis devant un tribunal militaire .
Finalement, c'est un autre scandale qui le pousse à démissionner en 1983 : il rédige un rapport sur les raisons que les Israéliens ont de quitter le pays (yerida}. Il meurt en 2019, à 93 ansOfer Aderet, Israeli Who Commanded Massacre of Dozens of Arab Captives in 1948 Dies at 93, Haaretz, 15 mars 2019..
Loi du silence
Comme pour la plupart des massacres commis par l'armée israélienne, et malgré le procès et la condamnation de Lahis, une loi du silence protège les militaires israéliens responsables de crimes de guerre. Cette loi du silence se manifeste dans la fermeture des archives sur des affaires sensibles, mais aussi dans le comportement de personnes du commun. Yossef Shai-El, un soldat de la Carmeli qui a témoigné contre Lahis, publié des mémoires dans les années 2000 où il raconte comment il a vécu armé en permanence et changé de domicile pour échapper aux amis de Lahis qui voulaient le venger. Et en , une amnistie générale est décidée pour tous les crimes commis pendant la guerre.
Commémoration
Un monument en mémoire des victimes a été élevé au Liban en 2002, sur les lieux du massacre. Lors de l'invasion israélienne du Liban de 2024, les soldats israéliens l'ont vandaliséA memorial in the village of Hula, commemorating the massacre committed by the Israeli army in 1948, defaced & desecrated with the above Hebrew graffiti, by Israel’s most immoral army in the world", said Lebanese-British journalist and author Hala Jaber on X."[Did Israeli soldiers vandalize a monument honoring victims of the Houla massacre?, L'Orient Today], 27 août 2024, mis à jour le 21 novembre 2024, https://today.lorientlejour.com/article/1436394/did-israeli-soldiers-vandalize-a-monument-in-memory-of-the-houla-massacre-victims.html.
Liens externes An article (no title given) by R. Barkan from the Mapam newspaper Al Hamishmar, quoting a letter from eyewitness Dov Yermiya and the Jewish Agency's response, translated in the Journal of Palestine Studies, vol. VII, no. 4 (summer 1978), no. 28, pp. 143–145. B. Morris, The Birth of the Palestinian Refugee Problem Revisited, Cambridge University Press, 2004. pp481,487,501,502.
Notes et références Notes
Références
Voir aussi Tueries et massacres de la guerre israélo-arabe de 1948 Plan Daleth
Houla Catégorie:1948 au Proche-Orient Houla Catégorie:Crime de guerre dans le conflit israélo-libanais