Saint Louis d'Anjou ou Louis de Toulouse, né le à BrignolesAbbé Papon, Histoire générale de Provence, imprimerie PH.-D. Pierres, Paris, 1786, 4 volumes, 96.Célestin Vieille, Saint Louis d’Anjou évêque de Toulouse, sa vie, son temps, son culte, Imprimerie Franciscaine missionnaire, Vanves, 1930, 6.Calixte de Brignoles, alias Jean-Baptiste Rolland, (sous le pseudonyme : Un citoyen de Brignolle), La vie de saint Louis, religieux de l'ordre de saint François et évêque de Toulouse, Aubanel, Avignon, 1780, .Paul de Laget, Saint Louis de Marseille, Marseille, 1948, 20. et mort dans cette même ville le Abbé Papon, Histoire générale de Provence, imprimerie PH.-D. Pierres, Paris, 1786, 97.Célestin Vieille, Saint Louis d’Anjou évêque de Toulouse, sa vie, son temps, son culte, Imprimerie Franciscaine missionnaire, Vanves, 1930, 267.M.H.Laurent, Le culte de saint Louis d'Anjou à Marseille au , les documents de Louis Antoine de Ruffi suivis d'un choix de lettres de cet érudit, Edizione di storia e letteratura, Rome, 1954, 36..Anna Maria Voci, « La cappella di Corte dei primi sovrani angioini di Napoli », dans .Calixte de Brignoles, alias Jean-Baptiste Rolland, (sous le pseudonyme : Un citoyen de Brignolle), La vie de saint Louis, religieux de l'ordre de saint François et évêque de Toulouse, Aubanel, Avignon, 1780, 115., est évêque de Toulouse de 1296 à sa mort.
Il est le fils de , roi de Naples, et de Marie de Hongrie ainsi que le petit-neveu de , roi de France. Sa fête est célébrée le .
Biographie Naissance et enfance Louis d'Anjou est le fils de dit le Boiteux, lui-même fils de Charles d'Anjou, frère du roi de France (Saint Louis), et de Marie de Hongrie, fille du roi , sœur et héritière de Ladislas le Couman. Il est le deuxième fils d'une famille de quatorze enfantsGénéalogie de d'Anjou sur le site Medieval Lands. : Charles Martel (1271 † 1295), roi titulaire de Hongrie ; Marguerite (1273 † 1299), comtesse d'Anjou et du Maine, mariée en 1290 à Charles de Valois (1270 † 1325) ; Louis d'Anjou (1274 † 1297), franciscain, évêque de Toulouse ; Robert le Sage (1277 † 1343), roi de Naples ; (1278 † 1332), prince de Tarente et d'Achaïe ; Blanche (1280 † 1310), mariée en 1295 à (1267 † 1327) roi d'Aragon ; Raymond Bérenger (1281 † 1305) comte d'Andria ; Jean de Sicile (1283 † ap. le ) ; Tristan de Sicile (1284 † 1284/1288), prince de Salerne ; Éléonore (1289 † 1341), mariée en 1302 à (1272 † 1336), roi de Sicile ; Marie (1290 † 1347), mariée en 1304 à (1276 dagger; 1324), roi de Majorque, puis en 1326 à Jacques de Ejerica (1298 † 1335) ; Pierre (1292 † Bataille de Montecatini 1315), comte de Gravina ; Jean de Durazzo (1294 † 1336), duc de Durazzo, prince d'Achaïe ; Béatrice (1295 † 1335), mariée en 1305 à d'Este († 1308), puis en 1309 à Bertrand des Baux († 1351), comte d'Andria.
Vers l'âge de , il fut confié à un gouverneur d'origine normande, Guillaume de Manerie, et à un prêtre, Jean de Bymaret qui devait devenir chanoine de Forcalquier. Il reçut une éducation digne de son rang de prince, mais fut très jeune attiré par la vie religieuse. Dès qu'il eut une douzaine d'années, deux religieux de l'ordre de saint François s'occupèrent du jeune garçon : Guillaume de Millard et François Brun, lesquels auront une influence décisive sur la vocation du jeune Louis.
Adolescence en prison La situation internationale vient bouleverser cette vie régulière. En effet, après les vêpres siciliennes du , qui avaient chassé les Angevins de la Sicile, le roi Charles d'Anjou veut reprendre possession de l'île rebelle. Dès le mois de , il fait entreprendre à Marseille la construction d'une flotte commandée par Jean de Vivaud qu'il envoie à Messine. L'année suivante, l'amiral Barthélemy Bonvin rassemble plusieurs navires mais les résultats sont décevants. Tout d'abord, Guillaume Cornut est battu par les Aragonais le lors de la bataille de Malte, puis la flotte marseillaise et napolitaine est à nouveau défaite le par l'amiral Roger de Lauria. Au cours de cette dernière bataille, le père de Louis, Charles qui est non seulement prince de Salerne mais héritier de la couronne de Naples, est fait prisonnier. d'Anjou étant mort à Foggia le , le prince de Salerne devient roi de Naples sous le nom de mais reste en prison.
À la suite du traité d'Oloron (Pyrénées-Atlantiques) de la fin et après différentes tractations, est libéré en 1288 mais à la condition que trois de ses fils, Louis, Robert et Raymond Bérenger, soient livrés en otage au roi d'Aragon ainsi que soixante seigneurs provençaux et vingt notables marseillais.
Remis en otage en 1288, Louis restera donc prisonnier en Catalogne pendant sept ans, soit de l'âge de quatorze à vingt-et-un ans. Il fut d'abord emprisonné au château de Moncade, près de Barcelone, puis dans celui de Ciurana dans la province de Tarragone. Les conditions de détention dans ce dernier lieu étaient particulièrement dures et il y contracta probablement la tuberculose dont il mourut peu de temps après.
Il fit part de son intention de se faire prêtre à son père qui ne s'y opposa pas. Pendant sa détention, le pape le nomma en évêque de Lyon, mais cette consécration ne fut pas effective.
Grâce à la forte implication du pape , un traité de paix est signé à Anagni entre le roi d'Aragon et le roi de Naples le . s'apprêtait à se rendre en Catalogne lorsqu'il reçut la nouvelle du décès de son fils aîné Charles Martel, qui faisait de Louis d'Anjou l'héritier de la couronne de Naples s'il ne s'était pas désisté au profit de son frère Robert. Le , les prisonniers furent libérés au cours d’une rencontre à Figuières entre le roi et d'Anjou.
L'évêque
La libération de Louis ne change pas sa décision de rentrer dans les ordres. De retour en Provence, il visite les églises et couvents, il porte secours aux pauvres et aux prisonniers. Partout il reçoit un accueil chaleureux. Arrivé à Naples, il se retire au château de l'Œuf et y rassemble une communauté de frères mineurs.
Le pape qui n'avait pas oublié la nomination de son prédécesseur, le nomme évêque de Toulouse. La cérémonie de prise d'habit qui eut lieu le fut suivie de la consécration par le pape dans la basilique Saint-Pierre le 30 (et non le 29) . Le , Louis quitte la ville éternelle pour retourner à Naples où sa venue suscita un enthousiasme général. Pour se rendre dans son diocèse de Toulouse, il alla à Florence et Brignoles puis fit un long détour par Paris pour rencontrer le roi de France . Il rejoignit Toulouse au mois de pour administrer son diocèse. Reçu par les capitouls et les différents corps et corporations, il fait une entrée triomphale. Il transforme son palais et y introduit l'ordre et la simplicité. Il effectue plusieurs visites, notamment à Barcelone.
Persuadé que l'avait consacré évêque parce qu'il était fils de roi et non parce qu'il était un simple prêtre, il envisage de démissionner. Ayant appris que son grand-oncle serait canonisé le au cours d'une cérémonie à laquelle il était invité, il décide de se rendre à Rome. thumb|Saint Louis de Toulouse couronne Robert d'Anjou.
Le décès et la canonisation Au cours de son voyage, il s'arrête à Tarascon (Bouches-du-Rhône) puis à Brignoles, sa ville natale. Là il tombe gravement malade. Il meurt le à l'âge de . Le couvent des frères mineurs à Marseille fut choisi pour être sa sépulture. Le corps de Louis fut traité suivant la coutume du mos Teutonicus qui allait bientôt être condamnée par l'Église et qui consistait à séparer les chairs des os. Les chairs furent ensevelies sur place dans le cloître des frères mineurs, tandis que les os furent transportés dans l'église des frères mineurs de Marseille qui se trouvait à l'extérieur des remparts sur des terrains compris entre les rues Tapis-vert et Thubaneau.
Sa réputation de sainteté fut si grande que l'évêque de Marseille, Durand de Trésémines, sollicita du pape un procès de canonisation qui fut confié vers 1308 à Guy de Neufville évêque de Saintes, et à Raymond évêque de Lectoure. Le franciscain Guillaume de Saint-Marcel témoigne lors de ce procès de canonisation. Il n'a pas eu de contact personnel avec Louis d'Anjou, sauf une conversation juste avant la mort de ce dernier. Guillaume de Saint-Marcel rapporte que Louis d'Anjou, sur son lit de mort, lui a dit vouloir renoncer à l'épiscopat. Le , le pape , ancien official de Louis d'Anjou à Toulouse, le canonise dans la cathédrale d’Avignon en présence de sa mère Marie de Hongrie et de son frère ..
Le le roi Robert, accompagné de son épouse la reine Sancia de Majorque et de nombreux cardinaux, se rendit à Marseille pour assister à la translation des restes de son frère du caveau où il reposait au maître-autel du couvent des frères mineurs.
La dispute des reliques thumb|left|200px|Reliquaire en argent de saint Louis d'Anjou (-), musée du Moyen Âge de Cluny. De retour d'une campagne contre en 1423, la flotte d' passe devant Marseille et l'attaque. La ville est prise le et le sac de Marseille dure trois jours. Les Aragonais dévastent le couvent des frères mineurs. Les reliques de saint Louis d'Anjou sont trouvées sur une indication obtenue par les pillards, dans une maison de la ville où elles avaient été mises à l'abri avant l'attaque. Le roi les fait transporter sur ses navires. La chaîne qui barre l'entrée du port est également enlevée. Ces trophées sont déposés dans la cathédrale Sainte-Marie de Valence.
Au , le couvent des frères mineurs qui se trouvait à l'extérieur mais très près des remparts, dut être rasé pour faciliter la défense de la ville contre les attaques des troupes de Charles Quint commandées par le connétable de Bourbon. Le siège dura du au , mais la ville résista.
Malgré diverses interventions, ces prises de guerre demeurèrent en Espagne. Cependant en 1956 l'archevêque de Valence Marcelino Olaechea y Loizaga et l'archevêque de Marseille Jean Delay trouvèrent un compromis : deux vertèbres du saint furent ramenées à Marseille le et placées dans l'église des Augustins où se trouvait auparavant une église des Templiers. Les deux vertèbres ont été volées en 1993Voir le dépliant du diocèse fourni dans l'église..
Hommages et représentations Le rayonnement du culte de saint Louis d'Anjou ne fit que se développer. De nombreuses œuvres d'artistes, tableaux ou sculptures, représentent le saint.
En France C'est en Provence où son souvenir est le plus marqué. Brignoles, sa ville natale dont il devint le saint patron le , conserve dans l'église Saint-Sauveur sa mitre et ses gants. Dans la basilique Sainte-Marie-Madeleine de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume se trouve une chapelle qui abrite une chape offerte par .
On trouve à Toulouse, dans la basilique Saint-Sernin, un grand reliquaire ovale de saint Louis d'Anjou par Joseph FavierGrand reliquaire de saint Louis d'Anjou dans la cathédrale Saint-Sernin de Toulouse Reliquaire.. Dans cette même ville, on trouve au musée des Augustins une statue représentant saint Louis d'Anjou la tête penchée et tournée sur la droiteGroupe d'apôtres provenant de la chapelle de Rieux Statue de saint Louis d'Anjou..