La famille de Seguin est une famille de la noblesse française originaire du Gévaudan qui forma deux branches. La branche aînée, dite de Seguin de Born de Prades s'éteint en ligne masculine en en 1737. La branche cadette, dite de Seguin de La Tour de Reyniès, puis de Seguin de Reyniès, est une famille subsistante de la noblesse française d'ancienne extraction, établie dans le Quercy.

Histoire Le patronyme de Seguin de Reyniès provient de deux familles différentes : les Seguin d'une part, et les La Tour de Reyniès, d'autre part.

Les Seguin sont fixés depuis le siècle dans le Gévaudan, à Marvejols. Il existera deux branches de cette famille, issues de l'union d'Étienne de Seguin (15xx-1634) et de Anne de Fabri : les Seguin de Born, la branche ainée, et les Seguin de Reyniès, branche cadette.

Seguin de Born : le fils ainé d'Étienne de Seguin, Aldebert de Seguin de Born, baron de Prades, se marie à Marie de Ginestous de Mondardier et est à l'origine de la branche de Seguin de Born de Prades. Cette branche de la famille s'établira principalement à Marvejols et s'éteindra au milieu du siècle. Les Seguin de Born sont maintenus dans leur noblesse en 1668. À sa mort en 1737, le dernier Seguin de Born du nom, Étienne de Seguin de Born, baron de Prades, léguera l'ensemble de ses bien, titres et droits à l'ainé des Seguin de Reyniès, son petit-neveu, Étienne-Trophime de Seguin de Reyniès. Seguin de Reyniès : le fils cadet d’Étienne de Seguin, Jean de Seguin des Bros (ou de Labros), probablement né en 1592 et mort en 1650, épouse une veuve, Jeanne de La Tour, dame de Reyniès, de Moulis et de Saint-Nauphary le . Il devient alors baron de Reyniès et de Moulis, et de cette union nait la branche cadette des Seguin de Reyniès, qui subsiste aujourd'hui. En 1666, lors de la Grande Recherche de Noblesse, la famille de Seguin de Reyniès est maintenue noble. Dans les textes ultérieurs touchant à la Grande Recherche de Noblesse, la date de 1560 est remplacée par la possession de la qualité de noble « depuis cent années ».

Il n'existe cependant d'informations sur la famille de La Tour de Reyniès que depuis 1415, grâce à Anne de La Tour. Malheureusement, une grande partie des documents ou archives de la famille de La Tour de Reyniès ont été détruits lors des différents pillages, incendies et destructions du château de Reyniès, en 1592 et en 1622Yannick du Guerny note (sous n. 151) : "une grande partie des titres anciens de Reyniès sont des pièces justificatives fournies au pour les procès soutenus entre les seigneurs de Reyniès et les procureurs du roi, officiers des domaines ou consul de Reyniès, contestant droits de justice et nobilité des terres" notamment.

Le généalogiste Régis Valette fait donc remonter la filiation noble de cette famille à l'année 1560Régis Valette, Catalogue de la noblesse française subsistante au , Paris, Robert Laffont, 2002 , ..

Le , la famille de Reyniès dépose ses archives aux archives départementales du Tarn-et-Garonne. Ce fonds représente 21 mètres linéaires de documents, relatifs aux différents seigneurs de Reyniès ainsi qu’à d'autres familles apparentées de la fin du au début du , précise le rapport présenté.

Cette famille possède toujours le château de Reyniès, dans le Tarn-et-Garonne.

Les Seguin La famille de Seguin de Reyniès a une filiation probable qui remonte selon les sources à 1219, avec Pierre Seguin. Aussi, en 1321, un certain Guillaume de Seguin fait hommage au roi Philippe V le Long de fiefs qu'il possède dans la châtellenie de Grèzes, près de Marvejols. La filiation de la famille de Seguin de Reyniès avec ces hommes est probable mais pas prouvée. La première filiation citée remonte précisément en 1307 avec Guillaume de Seguin. Un autre Seguin, Jean de Seguin habitant au château de Grèzes en 1391 reconnait à Bertrand de Cénaret, seigneur de Montferrand, diverses pièces de terre à fief franc. En 1392, un autre Guillaume de Seguin rend hommage au roi Charles VI, "des possessions qu'il avait dans le territoire de Grèzes en Gévaudan". Ainsi, depuis le début du XIV, la famille est de façon certaine installée dans le Gévaudan.

Le nom de Seguin viendrait du tudesque Sigwin (de Sig-, la victoire, et win-, qui gagne) et serait alors à traduire par "celui qui obtient la victoire", ou plus simplement "le victorieux".

Au début du siècle, les Seguin quittent Grèzes pour s'installer à Saint-Jean-en-Bruel. Ils occupent pendant plusieurs générations le rôle de procureur des habitants de Saint-Jean-en-Bruel. Vers 1590, Étienne de Seguin est reconnu comme écuyer, seigneur de Peyrefiche et de Rochevalier. Il est un des personnages importants de l'histoire du Gévaudan. En 1592, il est nommé commandant pour le Roi du lieu de Saint-Jean-du-Bruel, puis est fait gouverneur de la ville de Marvejols, par la régente Marie de Médicis lors du renouvellement du privilège des places de sûreté, en 1611. Pendant deux siècles et demi, les descendants d’Étienne vont, à sa suite, commander la place de Marvejols et en être "coseigneur avec le roi". Ils conserveront l'hôtel de Prades à Marvejols jusqu'au siècle. C'est dire à quel point cette ville et la genèse de la famille de Reyniès sont intimement liées. Étienne de Seguin se marie avec Anne de Fabri. De cette union naitront les deux branches des Seguin : les Seguin de Born et les Seguin de Reyniès.

Généalogie de la branche de Seguin

Guillaume de Seguin, marchand et procureur des habitants de Saint-Jean-du Bruel, cité en 1464 et en 1481 ? Antoine de Seguin (14xx-1545) × Jeanne Galffié. Jacques de Seguin, écuyer (xx-1550) × Jeanne Malbois. Antoine de Seguin, écuyer de Saint-Jean-du-Bruel, converti au protestantisme. Il épouse Anne de Lauzade. Étienne de Seguin (15xx-1634), écuyer, seigneur de Peyrefiche et de Rochevalier, commandant pour le Roi du lieu de Saint-Jean-du-Bruel, puis est fait gouverneur de la ville de Marvejols, par la régente Marie de Médicis lors du renouvellement du privilège des places de sûreté, en 1611. Il épouse Anne de Fabri, dont naitront, Aldebert de Seguin de Born, baron de Prades (1586-1666), marié à Marie de Ginestous de Mondardier. Jean de Seguin (xx-1650), seigneur des Bros, puis baron de Reyniès et de Moulis, capitaine-châtelain de Moulis × Jeanne de La Tour (1603-1692) Trophime de Seguin, sieur de la Combe, tué le 11 aout 1627 à La Rochelle, où il s'était engagé dans les armées du roi bien qu'il fût de confession protestante. Étienne de Seguin, sieur de la Pinède, capitaine de cavalerie d'après une commission de 1649. Anne de Seguin x Pierre Crozat de la Croix, Marguerite de Seguin × Pierre de Salesses, Marie de Seguin x Jacques de Jourdan et Jeanne de Seguin x 1631 Pierre de Pineton.

Généalogie des La Tour de Reyniès

Arnaud de Baille, seigneur de Noalhac et de Puech Ricard en Agenais, receveur des deniers royaux à Toulouse en 1416. Il acquiert la seigneurie de Reyniès le 14 janvier 1461. Il épouse cette même année Anne de La Tour, dame de Reyniès et de Puycalvary. Veuve d'un premier mariage avec Jean-Amanieu de Prenhan, elle épouse Arnaud de Baille en secondes noces, puis Pierre Ricard de Genouillac. Elle apporte à Arnaud de Baille le château de Puycalvary. Il est possible qu'Anne de La Tour soit issue de la famille de La Tour d'Auvergne, mais cela n'est pas attestéJean Paillot, Histoire et généalogie des Seguin de Reyniès, . Jacques de La Tour, seigneur de Reyniès, Noalhac et Puycalvary (1427-xx). Il épouse Antoinette de Grimoard en 1450, fille de Raimond, seigneur de Villebrumier. Bernarde × 1486 Antoine d'Ynard, seigneur de Frozzil, Antonie × Jean de Parasol, seigneur de Saint-Amand-d'Orcinat Jeanne épouse Armand Raffin en 1477, seigneur de Puech Ricard d'Agenais. Le château de Puycalvary passe alors aux mains de la famille RaffinArchives départementales du Lot-et-Garonne, série 6J, "Fonds du chartrier de la famille Raffin".. Antoine de La Tour, seigneur de Reyniès et de Noalhac × 1490 Catherine d'Escodeca, fille de Raimond, seigneur de Boisse en Périgord et dame de Puycalvary. Françoise de La Tour × 1521 François de Baynac, seigneur de la Roque. Jean de La Tour, seigneur de Reyniès et de Noalhac, chevalier. Il est l'un des 100 gentilshommes de la maison du roi. Il épouse Jeanne de Caumont en 1523, fille de Charles, seigneur de Castelnau, Berbiguières et de Rouffignac. Ils ont ensemble 10 enfants. Françoise, qui épouse François de Lolmie, seigneur de La Penche, Jeanne, religieuse à Nonenque, Isabeau, religieuse à Lespinasse. Françoise (la seconde de la fraterie) épouse en 1544 Cléphas de Saint-Orens, vicomte de Pellefigue, co-vicomte de Couserans, seigneur de Lampeiroux en Chalosse, de Fanjaux en comte d'Astarac, coseigneur de Saintmatan et autres lieux en Comminges, coseigneur de Beaumont en LézadésD'après le contrat de mariage de Françoise de La Tour et de Cléphas de Saint-Orens en 1544. Antoinette épouse Jean de Gordièges, seigneur de Mazières et Lisse. Jeanne, qui épouse en 1571 Jean d'Arbussel, seigneur de Luzençon, leurs frères, Jean de La Tour, chevalier de Saint-Jean de Jérusalem Pierre de La Tour, seigneur de Moulis et de Marsolle × 1571 Anne de Bourrassier (1555-1587) × 1578 Antoine de Cardaillac, baron de Saint Cirq, baron de Gaure, en secondes noces, avec qui elle aura un fils, Jean-Jacques de Cardaillac, qui s'unira en 1599 à sa cousine, Marie de La Tour. Anne de Bourrasier apporte une partie de la seigneurie de Saint-Nauphary à ReynièsF. Moulenq, Documents historiques sur le Tarn-et-Garonne, tome IV, . Olympe de La Tour, dame de Saint-Nauphary × 1594 Brandelis de Gironde, seigneur de Castelsagrat Pierre de Gironde × 1630 Anne de La Tour Antoine de La Tour (15xx-1602), baron de Reyniès et seigneur de Noalhac. Il épouse Claude de Salignac en 1558, qui avait épousé en premières noces Raimond de Gontaud-Biron, seigneur de Banes. Antoine est protestant, et est nommé lieutenant des princes dans le Quercy. Intime de l'amiral de Coligny, il se rend au mariage d'Henri de Navarre et de Marguerite de Valois, et est donc impliqué dans le tumulte de la Saint-Barthélemy. Il est sauvé par Antoine de Lévezou de Vezins, qui était alors lieutenant du roi dans le Quercy, pour le solde des catholiques, donc, alors que les deux hommes étaient de grands rivauxEudes de Mézeray, Histoire de France, 1640-1650Sully, Mémoires, livre I, année 1572Agrippa d'Aubigné, Histoire Universelle, tome III, livre VI, chapitre 4Justin-Hippolyte de Barrau, Documents historiques et généalogiques sur les familles et les hommes remarquables du Rouergue. Mais ce sauvetage par un catholique n'empêche pas Antoine de La Tour de Reyniès, de retour à Montauban, de continuer à se battre contre les catholiques et de remporter une grande victoire contre le maréchal de Monluc, à Peu-BlancJacques-Auguste de Thou, Histoire, livre 52Agrippa d'Aubigné, Histoire Universelle, tome III, livre VI, chapitre 9. Reyniès s'empare alors de Villemur-sur-Tarn, Caussade, Bioulle, Nègrepelisse, Malause et de FlaunhiacAbbé Guillaume Lacoste, Histoire générale de la Province de Quercy, 1883, tome 4, livre XVII, chapitre 38, Le Bret, Histoire de Montauban, 1668, livre II, p. 65. Sous les ordres de Géraud de Lomagne, sire de Sérignac, Antoine de Gourdon reçu le gouvernement du Haut-Quercy, et Antoine de Reyniès, celui du Bas-QuercyAbbé Guillaume Lacoste, Histoire générale de la Province de Quercy, 1883, tome 4, livre XVII, chapitre 38, . En 1592, alors que le duc de Joyeuse se dirige vers Villemur pour assiéger la ville, Antoine de Reyniès renverse un corps de garde et s'introduit dans la ville avec une soixantaine d'hommes afin de tenir le siègeAgrippa d'Aubigné, Histoire Universelle, tome VIII, livre XIII, chapitre 28. Villemur est sauvée. En représailles, le duc de Joyeuse met à sac le château de Reyniès, le pillent et le brûlent. Antoine de Reyniès est alors fait vicomte de Villemur. Marie de La Tour × 1599 Jean-Jacques de Cardaillac. Gabrielle de La Tour × 1597 Aaron de Voisins, seigneur de Cornebarrieu.