La bataille de Suriname est une opération militaire menée par le Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande pour s'emparer de la colonie néerlandaise du Suriname, en 1804 à l'occasion des guerres napoléoniennes. La colonie est défendue avec une seule faible garnison sous le commandement d' et cède au bout de plusieurs jours de combat face au corps expéditionnaire britannique mené par Samuel Hood.

Contexte En , , accompagné des et régiments d'infanterie, arrive à la Barbade depuis la Grande-Bretagne, et des plans sont immédiatement établis pour prendre la colonie hollandaise du Suriname, alors sous contrôle de la République batave, elle-même sous domination républicaine. L'année précédente, les colonies hollandaises de Démérara, Essequibo et Berbice avaient été occupées pacifiquement, et les Britanniques croyaient que les habitants du Suriname se montreraient également favorables, même si les autorités locales opposeraient probablement une résistance, notamment dû à la garnison présente sur place. La force d'invasion se compose d'une escadre britannique de 31 navires commandée par Samuel Hood, transportant 2 148 soldats issus des et régiments d'infanterie, des fusiliers, des et du régiment des Caraïbes et de l'artillerie royale.

Les eaux côtières du pays sont très peu profondes, ce qui rend tout débarquement impossible en dehors de la marée haute. Le terrain est plutôt difficile à pénétrer, recouvert d'une jungle épaisse descendant jusqu'au rivage. Le moyen de déplacement le plus aisé reste la navigation par les rivières et criques, mais celle-ci est périlleuse en raison des bas-fonds et des hauts-fonds fréquents. De plus, les Hollandais édifient une série de fortifications le long de ces voies. À l'embouchure de l'estuaire du fleuve Suriname, à , se dresse une batterie de sept canons de 18 livres. Plus en amont, sur la même rive, se trouvent le fort Frederick, puis, un kilomètre plus loin, le fort Leyden, chacun doté de douze canons de gros calibre. Sur l'autre rive, presque en face de Leyden, se situe le fort Purmerend, armé de dix pièces lourdes. À la jonction avec la rivière , le , avec ses 80 canons de divers calibres, défend l'accès à Paramaribo, où se trouve encore le fort Zeelandia, armé de dix canons lourds. Ainsi, pour s'assurer la prise de la capitale, les Britanniques doivent remonter sur dix milles un estuaire solidement défendu, où tout navire échoué sur un haut-fond se retrouve à la merci du feu croisé des fortifications.

Invasion L'expédition arrive au large du Suriname le , après vingt-deux jours de traversée. Le lendemain, la corvette Hippomenes, un transport et trois autres navires armés débarquent le brigadier-général et un corps de plus de 600 hommes à Warapee Creek. Ce détachement, composé de soldats des et régiments d'infanterie, du régiment des Caraïbes et d'une batterie d'artillerie légère, reçoit l'ordre de progresser par voie fluviale depuis leur position, à 30 milles à l'est du fleuve Suriname, pour atteindre l'arrière du fort Nieuw-Amsterdam.

La même nuit, le capitaine du HMS Emerald, James O'Brien, reçoit l'ordre d'assister le brigadier-général William Carlyon Hughes dans la prise de Braamspunt. Une barre de sable empêche cependant l'Emerald d'entrer dans le fleuve, mais O'Brien force le passage à marée montante, suivi par les navires Pandour et Drake. Ancrés à proximité, les trois bâtiments britanniques neutralisent rapidement la batterie batave de canons de 18 livres. Des soldats du débarquent ensuite et s'emparent du fort sans subir de pertes. Une sommation de reddition est alors envoyée au gouverneur de la colonie. vignette|Un officier du régiment de ligne vêtu d'un uniforme pour le Suriname.|alt=Militaire vêtu d’un pantalon blanc, veston rouge, chapeau haut de forme noir, et doté d’un sabre pointé vers le sol. Le , une réponse défavorable à l'ultimatum de Green parvient, et un projet de débarquement en vue d'attaquer le fort Purmerend échoue à cause de la marée basse et des marais. L'expédition poursuit alors sa progression sur le fleuve, parfois dans des eaux plus basses que le tirant d'eau des frégates, jusqu'à s'approcher des forts Leyden et Frederick. D'abord jugé impossible à cause des marais et de la jungle, un débarquement en aval devient envisageable lorsque, le , les Britanniques découvrent un sentier menant à l'arrière des forts. Peu après 22 heures, un détachement de 180 hommes du et régiment des Caraïbes, sous le commandement de Hughes, est guidé par des membres d'une tribu indigène. Une pluie battante rend le chemin presque impraticable, mais après une marche exténuante de cinq heures à travers forêts et marécages, Hughes et ses hommes parviennent à lancer une attaque surprise qui entraîne la capture des deux forts. Pendant ce temps, la majeure partie de l'escadre britannique remonte le fleuve jusqu'à hauteur du fort Frederick, le général Maitland progresse le long de la rivière Commewine, et les troupes s'apprêtent à attaquer le fort Nieuw-Amsterdam. Confronté à cette situation, le commandant batave, le lieutenant-colonel Batenburg, se rend.

À la suite de cette victoire, Green est nommé gouverneur général du Suriname britannique. C'est aussi lors de cette campagne que des obus shrapnel, inventés par le major Henry Shrapnel, sont utilisés pour la première fois au combat.

Ordre de bataille +NavireCanonsCommandantNotes74amiral Samuel HoodNavire amiral44capitaine John NashArmées Serapis44commandant Henry WaringAlligator28commandant Charles RichardsonHippomenes18capitaine Conway ShipleyDrake16commandant William FerrisUnique10lieutenant George BrandGuachapin14commandant Kenneth M'KenzieNavire de transport36capitaine James O'Brien

Notes et références

Bibliographie

Catégorie:Bataille de 1804 Catégorie:Bataille des guerres napoléoniennes Catégorie:Bataille impliquant la République batave Catégorie:Bataille impliquant le Royaume-Uni