Le sarcophage des sept miracles du Christ est une sépulture chrétienne datant du , mise au jour en 1857 à Dellys, en Algérie, et aujourd’hui conservée au Musée national des antiquités et des arts islamiques d’Alger. Réalisé en marbre blanc, il se distingue par les sept scènes sculptées sur sa cuve, illustrant divers miracles de Jésus, tels que la multiplication des pains ou la guérison d’un aveugle.

Découverte Le sarcophage a été découvert en dans la ville côtière de Dellys (ancienne Rusuccuru), à environ à l’est d’Alger, lors de travaux effectués dans la nécropole antique située à proximité de l’ancienne église de la ville. Selon le récit d’Adrien Berbrugger, alors directeur de la Bibliothèque et du Musée d’Alger, le sarcophage fut trouvé in situ, encore partiellement enfoui, et en bon état de conservation.

Berbrugger publia rapidement la description de l’objet dans la Revue africaine en 1857, soulignant le caractère exceptionnel de cette découverte pour l’archéologie chrétienne en Algérie. Il y détaille la forme rectangulaire de la cuve, la présence des sept scènes sculptées en relief et l’iconographie des miracles du Christ. Cette publication suscita un intérêt considérable dans les milieux savants de l’époque et attira l’attention sur le potentiel archéologique de la région de Dellys.

À la suite de sa mise au jour, le sarcophage fut transporté à Alger et intégré dès 1858 aux collections du Musée d’Alger (aujourd’hui Musée national des antiquités et des arts islamiques), alors en cours de constitution. Sa présentation dans les salles consacrées à l’archéologie chrétienne en fit rapidement l’une des pièces maîtresses du musée, étudiée par plusieurs érudits au cours de la seconde moitié du . Louis de Rostan, en 1869, insista sur la qualité de l’exécution des reliefs et sur l’importance de cette œuvre pour la compréhension de l’art funéraire paléochrétien en Afrique du Nord.

L’historien français Jean-Pierre Laporte avance que le sarcophage aurait été importé depuis Rome vers 350, période marquée en Maurétanie Césarienne par l’essor du christianisme, attesté notamment par le martyre de Marcienne de Césarée en 299 et favorisé par la Paix de l’Église qui permit la structuration de communautés urbaines et la conversion progressive des élites locales.

Description vignette|Détails sur le sarcophage Le sarcophage des sept miracles du Christ est une sépulture en marbre blanc, de forme rectangulaire, mesurant de hauteur, de longueur et de largeur. Découvert en à Dellys, il est daté du . L’ensemble se compose d’une cuve et d’un couvercle : ce dernier est une dalle ornée de trois dauphins sculptés. La cuve, sculptée en relief avec une épaisseur de 5 à 6 cm, présente sept niches séparées par de fines colonnettes surmontées de chapiteaux. Chacune de ces niches illustre un miracle du Christ, tels que la multiplication des pains, la guérison d’un aveugle ou le miracle de Cana. L’œuvre se distingue par la représentation répétée et cohérente du Christ, ce qui en fait un témoignage rare et précieux de l’art funéraire chrétien du , reflétant les croyances de l’époque et mettant en valeur la puissance et la compassion du Christ.

Iconographie

Les sept scènes sculptées sur la cuve mettent en image des épisodes majeurs du ministère du Christ : La guérison d'un aveugle-né – Jésus rend la vue à un aveugle en lui touchant les yeux. La multiplication des pains – scène où le Christ bénit les paniers de pain pour nourrir la foule. Les noces de Cana – transformation de l’eau en vin lors des noces de Cana. La guérison d'un paralytique – le Christ ordonne à l’homme de se lever et de marcher. La résurrection de Lazare – Lazare sort du tombeau, encore enveloppé de bandelettes. La guérison de l'hémorroïsse – la femme touche le manteau de Jésus pour être guérie. La guérison du possédé – Jésus chasse les démons d’un homme tourmenté.

Les scènes sont séparées par des colonnettes et organisées de façon symétrique, traduisant un programme iconographique structuré et une volonté catéchétique : elles expriment la puissance miraculeuse du Christ, gage de salut pour le défunt.

Conservation Après sa découverte en à Dellys, le sarcophage fut transféré à Alger et intégré aux collections du Musée national des antiquités et des arts islamiques. Depuis, il est exposé dans les salles consacrées à l’archéologie chrétienne du musée, où il constitue l’une des pièces majeures de la collection.

Le sarcophage a fait l’objet de plusieurs études au , notamment par Berbrugger et De Rostan, qui ont contribué à sa notoriété scientifique.

Références

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Liens externes

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