Les Pièces de clavecin sont un recueil de morceaux de clavecin organisés en ordre, écrites par le compositeur français François d'Agincourt et publiés en 1733. Ce recueil, dans un pur style de la musique baroque française, est un hommage à François Couperin, mort l'année de la parution de l'ouvrage.
Contexte et création François d'Agincourt publie ses Pièces de clavecin en 1733 en les dédiant à la reine Marie Leszczynska. Le compositeur accompagne son recueil d'une préface, nous expliquant qu'il travaillait, au moment de publier ce recueil, à un second livre dont nous n'avons pas traces. Il affirme aussi qu'il a apporté beaucoup de soin à l'édition de ces pièces pour le clavecin. Enfin, elle nous montre l'admiration que portait le compositeur à l'égard de son collègue François Couperin. Il écrit ainsi dans sa table des agréments : .
Le livre se compose de quarante-trois pièces réunies en quatre ordres, terme que François Couperin employait aussi. Le premier ordre est le seul à contenir, parmi ses treize pièces, les mouvements traditionnels de la suite de danse. Les autres ordres abandonnent ce schéma et le compositeur, là encore comme François Couperin, se tourne volontiers vers le rondeau et donne des titres caractéristiques.
Structure
Premier ordre Le premier ordre se compose de treize pièces :
Allemande La Sincopée Allemande La Couronne Courante Sarabande La Magnifique Le Pattelin, rondeau Gigue La Bléville La Sensible, rondeau Les Dances Provençales La Caressante La Sautillante Menuet Double du Menuet Précédant Autre (menuet)
Deuxième ordre Le deuxième ordre comprend sept pièces :
La Pigou Le Colin Maillard, rondeau La Pressante Angélique Le Précieux, rondeau Les deux Cousines Menuet Chaconne La Sonning
Troisième ordre Le troisième ordre se compose de onze pièces :
L'Ingénieuse La Villerey ou les deux Sœurs L'Agréable, rondeau La Fauvette La Misterieuse Le Val Joyeux, vaudeville Le Moulin à vent La Minerve, rondeau L'Etourdie, rondeau Le Presque rien, rondeau La Courtisane, gavotte
Quatrième ordre Le quatrième ordre comprend douze pièces :
Allemande La Couperin Les Violettes fleuries, rondeau La Tendre Lisette, gavotte L'Empressée La Janneton, rondeau La Princesse de Conty, rondeau L'Harmonieuse, rondeau Les Tourterelles, rondeau La Badine, rondeau La D'houdemare La Moderne Menuet
Analyse
Premier ordre Le premier ordre, en ré mineur rassemble treize pièces dont la plupart sont sous-titrées. François d'Agincourt débute par deux allemandes, La Sincopée et La Couronne. La Couronne tout particulièrement, est très solennelle, avec l'usage de ses rythmes pointés ainsi que par la richesse de son ornementation et la densité de son écriture. La Magnifique est une sarabande, tandis que La Bléville est une gigue et avec la courante, ces trois pièces succèdent aux allemandes précédentes. Dans Le Pattelin, on découvre un rondeau à deux couplets, d'allure simple et gracieux. La Sensible, qui suit la gigue, se joue . Dans les Danses provençales, c'est la variété qui règne, avec une ouverture sur un mouvement joyeux à deux temps en ré majeur. La pièce se poursuit par un épisode plus expressif en ré mineur, avant de se conclure dans la tonalité principale, dans un rythme à , exécuté .
Deuxième ordre Le deuxième ordre, en fa majeur, comprend deux danses (un menuet et une chaconne), et plusieurs pièces sous-titrées. Au début du Colin Maillard, les lignes mélodiques sont à intervalle de tierce l'une l'autre, ou en canon. Le compositeur précise ici qu'il faut utiliser les deux claviers du clavecin. La Pressante Angélique est un rondeau plein de grâce et de noblesse, et plus loin, François d'Agincourt fait le portrait musical de Deux Cousines : l'une tendre, rêveuse, en mineur, l'autre joyeuse, primesautière, jouée . Suit enfin une chaconne à la française, d'une longueur de dix couplets, La Sonning, où .
Troisième ordre Le troisième ordre est dans la tonalité de ré majeur. On y trouve une gavotte, La Courtisane, et un vaudeville, Le Val joyeux. Dans Le Moulin à vent, charmant et volubile, François d'Agincourt écrit une pièce très légère dans une métrique à , rappelant véritablement l'esthétique de François Couperin. La Minerve est un rondeau majestueux, tandis que L'Étourdie, autre rondeau, est vif avec un thème en note répétées et en guirlande de doubles croches.
Quatrième ordre Le quatrième ordre est en mi mineur. Le compositeur rend à nouveau hommage à François Couperin, puisque c'est son nom que porte l'allemande introductive. Les pièces qui suivent sont des pages tendres et expressives. Les Violettes fleuries notamment, un rondeau à jouer , est d'une écriture raffinée et chargée en ornements subtils. Adélaïde de Place rapproche cette pièce du Rossignol en amour du Troisième livre de pièces de clavecin de François Couperin. Un autre hommage est fait à la princesse de Conty dans un rondeau majestueux. Dans La Moderne, qui termine le recueil, on trouve une pièce très différentes des précédentes, à la dextérité poussée dans le croisement des deux mains sur les deux claviers du clavecin.
Références
Bibliographie
Liens externes
Catégorie:Œuvre de François d'Agincourt Catégorie:Œuvre musicale composée en 1733 Catégorie:Œuvre pour clavecin