Jean-François Filippi, né le à Bastia (Haute-Corse) et mort le à Lucciana dans le même département, est un homme politique et chef d'entreprise français corse.

Entrepreneur influent de la région et président du Sporting Club de Bastia, il est resté célèbre pour son implication dans la catastrophe de Furiani de 1992 et sa mort assassiné par balle deux ans plus tard. Il avait également des liens avec certaines mouvances armées du nationalisme corse.

Biographie Filippi nait le à Bastia, et grandit à Lucciana, dans la banlieue bastiaise. Il est marié et père de 3 enfants.

Entrepreneur Filippi est un chef d'entreprise notable de Haute-Corse, possédant plus de 20 entreprises sous sa holding Filipar dans la région bastiaise, dans des domaines comme le transport ou l'hôtellerie.

Carrière politique et nationalisme corse Filippi s'investit politiquement dans les années 1970 dans sa ville d'enfance de Lucciana. Il en devient conseiller municipal aux élections municipales de 1977, puis premier adjoint entre 1983 et 1989.

Pour les municipales de 1989, il prend la tête de la liste de la majorité sortante divers droite apparentée UDF et élu maire en mars. Il est également considéré comme proche du RPR.

Filippi est proche du Front de libération nationale corse, et plus particulièrement du FLNC Canal historique, à qui il confie des services de sécurité et dont il embauche des militants pour ses sociétés.

Président du Sporting Club de Bastia Filippi est élu président du Sporting Club de Bastia en 1989, alors que le club manque de disparaître pour raisons financières. Réunissant des notables bastiais pour contrôler les dépenses, et soutenu par les collectivités locales, il voit la dette du club aménagée et en assainit les finances.

Durant son mandat, il place certains éléments du FLNC Canal historique à divers postes du club, et notamment le cadre du mouvement Jean-Martin Verdi comme secrétaire général.

Drame de Furiani

Filippi est président du club en , au moment où a lieu la catastrophe de Furiani, où une tribune temporaire du stade Armand-Cesari, mal conçue à la hâte et surchargée, s'effondre avant le début d'une demi-finale de Coupe de France contre l'Olympique de Marseille. L'incident fait 19 morts et plus de 2 000 blessés, l'enquête révélant que des avertissements de sécurité avaient été ignorés lors de la mise en place de la tribune et avant le match.

Il est inculpé pour des faits d'homicides et blessures involontaires, puis maintenu en détention pendant plusieurs mois, où il décide de démissionner à l'été de la même année. Dans la nuit du 15 au , un bar de Lucciana où siège un comité réclamant sa libération est attaqué à l'explosif.

Tentatives d'assassinat et mort Filippi est régulièrement la cible de violences politiques durant sa carrière. Il subit plusieurs attaques armées : sa permanence électorale est attaquée par un commando en , puis victime d'une fusillade peu avant les élections municipales de 1989. Après Furiani, il est la cible de plusieurs plastiquages de ses voitures devant son domicile en 1993.

Alors que le procès de l'affaire Furiani doit démarrer quelques semaines plus tard (le ), Jean-François Filippi meurt assassiné le matin du . Il est tué d'une balle dans la poitrine devant sa villa dans la ville dont il était maire et résident, et sous les yeux de sa femme. Le couple s'apprétait à prendre l'avion de l'aéroport de Bastia-Poretta jusqu'en région parisienne pour visiter une usine d'incinération de déchets Idex à Sarcelles sur fond de tensions entre le Sivu de Filippi et des groupes nationalistes corses et d'appel d'offres européen pour la gestion des déchets de la région bastiaise. L'offre d'Idex était alors soutenue par le FLNC Canal habituel, rival du canal historique proche de Filippi, ce dernier ayant annoncé soutenir une autre proposition avant même la décision finale d'attribution du marché.

Sa mort stoppe les poursuites judiciaires à son encontre, et il ne sera jamais reconnu comme responsable ou coupable du drame de Furiani.

Postérité Filippi et son implication à Furiani reviennent dans l'actualité en titre posthume à l'été 2025, quand la nouvelle majorité de Lucciana décide de renommer en son nom un groupe scolaire dont il avait lancé la construction. Cette décision est perçue comme un par le collectif du regroupant des familles de victimes de la catastrophe de Furiani dont il est partiellement tenu pour responsable. La famille de Filippi et la majorité actuelle de la ville de Lucciana défendent toutefois la décision voulant honorer .

Références

Liens externes

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