Morts de Quatre-vingt-douze et de Quatre-vingt-treize... est un sonnet sans titre d'Arthur Rimbaud, ainsi désigné par son premier vers. Il fait partie des vingt-deux poèmes du recueil Demeny.

Le poème a été écrit en 1870, pendant les derniers instants du Second Empire de Napoléon III, alors que celui-ci est en guerre contre l'Allemagne de Guillaume Ier.

Dans ce sonnet, Rimbaud, jeune poète aux convictions républicaines, répond vertement à Paul de Cassagnac, journaliste bonapartiste, dont il vient de lire un article incitant les républicains à prendre les armes pour secourir la patrie, en convoquant la mémoire des . Après avoir cité cet article en épigraphe de son poème, Rimbaud fait l'éloge des patriotes morts pendant les Guerres révolutionnaires. Il s'indigne du fait que les bonapartistes s'approprient leur mémoire, et dénonce l'hypocrisie d'un régime autoritaire qui, après avoir férocement persécuté les républicains, les appellent à son secours.

Le poème a peut-être été écrit le 18 juillet 1870, juste après la déclaration de guerre et juste après la publication de l'article de Cassagnac. Il est cependant daté, sans doute symboliquement, du 3 septembre 1870, soit la veille de la chute de l'Empire, date à laquelle Rimbaud était emprisonné à Mazas.

La critique a retrouvé plusieurs textes dont Rimbaud a pu s'inspirer ou auxquels il fait référence, parmi lesquels La Marseillaise.

Contexte

Le poème naît dans le contexte de la guerre franco-prussienne de 1870, déclarée le . Dès le lendemain, Arthur Rimbaud peut lire dans le journal bonapartiste Le Pays, un article du journaliste Paul de Cassagnac. Quelques mots de ce dernier serviront d'épigraphe au poème : Dans son article, Cassagnac apostrophe bonapartistes et républicains, demandant aux seconds de se rallier aux premiers alors même qu'ils ont été réprimés et combattus avec acharnement par Napoléon III et ses soutiens.

Selon un témoignage de Georges Izambard , le jeune poète aurait composé ce sonnet immédiatement après avoir lu l'article de Cassagnac, le . L'enseignant assure : . Pourtant, sur le manuscrit autographe remis à Paul Demeny, Rimbaud inscrit la mention . Mazas est la prison parisienne où le poète fut incarcéré après avoir pris le train sans titre de transport. Le critique Pierre Brunel émet l'hypothèse que cette date et ce lieu sont symboliques : au moment où Rimbaud recopie son poème pour l'insérer dans le recueil Demeny, il choisit comme date la veille de la chute de l'Empire, et le lieu où l'avait emprisonné la police impériale.

Selon Jacques Gengoux, Arthur Rimbaud se serait inspiré du poème Les Volontaires d'un certain Émile Verodach, publié dans La Revue pour tous, le 4 septembre 1870 et qui contient les verts suivants :

Pour le critique Pierre Brunel, il est plus probable que Rimbaud ait songé à des poèmes de Victor Hugo qui évoquent les armées républicaines, comme Ô Soldats de l'an Deux ou Nox.

Texte

Notes et références

Bibliographie

Source primaire

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Notes et notices dans les éditions critiques

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Bibliographie critique . . .

Catégorie:Poème du recueil Demeny