vignette|Blason de la ville d'Hellemmes Cet article retrace l'histoire d'Hellemmes, une ancienne commune du Nord de la France, associée à Lille en . .
Géographie
Hellemmes est située à l'est de Lille et a une superficie de 334 hectares. Elle est comprise entre les communes de Lille, Ronchin, Lezennes, Villeneuve-d'Ascq (Annapes et Flers-lez-Lille) et Mons-en-Barœul.
Administrativement, elle faisait partie de la châtellenie de Lille. L'altitude de la ville varie de 26,50 à .
Le courant Maître-David Hellemmes est une commune qui était traversée par le courant Maître-David, un ruisseau passant à la limite de la commune (à la Guinguette où l'on constate que le tracé n'est pas rectiligne),dans les rues Jacquard et Étienne-Dolet.
Selon un mémoire du , le fossé aurait été établi pour détourner les eaux sauvages qui descendaient de Ronchin et Faches et se déversaient dans les fossés de Lille, les faisant déborder. Ces eaux se déversèrent dans les marais de Flers, par le fossé partant de "la porte des Malades" actuelle porte de Paris jusqu'à proximité de la ferme de Quiquempois (à Flers).
En 1571, un marché fut conclu entre la ville de Lille et les manants propriétaires des terrains au travers desquels le fossé devait passer. Le total des terres acquises s'éleva à 1 bonnier 15 cents 7 verges 9 pieds pour la somme de 2004 livres, en ajoutant les indemnités pour les semailles.
En 1572, les manants de Flers, trouvant que les eaux occasionnaient des dégâts, demandèrent au magistrat de Lille de la continuer jusqu'à la Marque (rivière). Quelques terres furent acquises, mais sans suite.
Une nouvelle demande fut donc présentée au magistrat en 1629. Un accord définitif fut signé le entre le bailli d'Annappes et le magistrat. Le percement et l'entretien du fossé furent cause de nombreux conflits entre 1571 et 1779.
Au début de 1738, une enquête fut ouverte par le magistrat de Lille pour étudier l'utilité de ce fossé, ce qui, semble-t-il, fut confirmé. Ce n'est qu'en 1779 que le magistrat décida de vendre les terrains, sans pour autant supprimer le courant. Quelques années plus tard, le fossé n'allait plus que de la Guinguette à Hellemmes, jusqu'aux environs du lac Saint-Jean à Villeneuve-d'Ascq. À présent, il n'existe plus.
Un second fossé, le Becquerel, venait de Mons-en-Barœul par l'actuelle rue du Becquerel, et passait par les rues Jacquart et Étienne-Dolet. Il apparaît donc que, ces courants prenaient, au moins en partie, le même chemin ; parfois, leurs noms sont confondus.
Un petit pont enjambant un filet d'eau se trouvait dans le parc de la mairie. C'est à tort que la rumeur publique y voit un ruisseau : il s'agissait des eaux pluviales de l'immeuble industriel adjacent qui desservaient le jardin d'agrément.
Étymologie Hellemmes serait la forme romane donnée au germanique Helhem, composé du teuton hem = demeure, maison, et de hel (heil) pour heilag, sacer, sanctus. Par extension, ce suffixe signifie foyer, demeure du chef, la maison et, partant, le village entier. Ainsi, d'après E. Mannier, « Heil-Hem » signifierait demeure sainte, nom qui a pu être donné dans les premiers temps par le séjour de quelque pieux cénobite.
Le suffixe hem semble avoir été importé par les Francs saliens et heim par les Francs ripuaires (voir la concentration de ces mots — et de leurs dérivés — dans les zones d'occupation de ces peuples). Tous deux ayant été usités par l'une ou l'autre tribu, il devient difficile d'attribuer des limites étymologiques certaines.
L'extension donnée à la signification de hem permet de penser que notre région, peuplée d'hommes fiers et indépendants aurait accepté au moins une intégration du christianisme dans leur panthéon religieux, ce qui aurait pu donner au nom du bourg en gestation la valeur de « village saint » ou « village croyant », honneur accordé par les évangélisateurs.
Le christianisme est apparu assez tôt, importé par les négociants, les évangélisateurs, les troupes romaines...
Piat, accompagné de quelques jeunes prêtres, a été envoyé par le pape vers Tournai pour porter la bonne parole en Gaule Belgique. Ils traversent la Nervie, la Ménapie et l'Atrébatie, les deux premières régions subissant plus que n'acceptant l'occupation romaine.
Irénée, un converti, fit don à saint Piat d'une maison dans Tournai pour servir de lieu de culte, endroit où fut érigée plus tard la cathédrale Notre-Dame.
Un descendant d'Irénée, Éleuthère, succédant à saint Denis, se fit prêtre, et créa l'évêché de Tournai dont il fut l'évêque pendant quarante-cinq ans (jusqu'à sa mort survenue le ).
Les notes relatives à Hellemmes dans le dictionnaire de Pietresson de Saint-Aubin indiquent : Châtellenie de Lille : ca 1469 Subdélégation de Lille : 1787 Fiefs Ennequin - Leuridan : Mélantois 116, 117 Hellemmes - Leuridan : Mélantois 116,117 Huméryse - Leuridan : Mélantois, 116 Petit Wasquehal, fief à Fives, Hellemmes, Flers et environs, Leuridan, Mélantois 68 Graphies pour Hellemmes : Helesmes, 1096, tournoi d'Anchin Statistique archéologique 1867, Carp II, 14 Helemes, 1174 (cartulaire de Loos) Statistique archéo. 1857 Helemmes, ca 1372 Hellesmes, Longnon Pouilles de la province de Reims, 422 Helemmes 1149 - 1165 - 1787 Hellemmes-Lille, décret du , recueil 1875, Hellemmes, 1804, Dieudonné 111,304 Helames, ca 1372 (Longnon, Pouilles 253 (peut-être Hélesmes) Porteurs du nom : Helemmes, Gossuin de (peut-être Elesmes) 1238 24H 8/105 Helemmes, Anastasius de 1149 - 1166 27 H 16/206 Hellemmes, ca 1439, déclaration de la châtellenie de Lille, B 105 (17) Écarts et lieux-dits : Cité Boldoduc Chapelle de Locq Moulin Saint-Sauveur Guinguette Oratoire Petit Lannoy Ateliers Briqueterie Fonderie Filatures Mont de Terre
Atrébatie ou Ménapie?
La frontière entre Ménapie et Atrébatie a longtemps fait l'objet de controverses, la tradition voulant que les anciens évêchés aient repris les limites des civitas en lesquelles Jules César voyait des entités plus politiques qu'administratives. Ces circonscriptions servaient de cadre à la levée des impôts, variables selon l'obéissance et la fidélité des peuples vaincus.
La délimitation des deux territoires actuellement généralement admise est celle fournie par Pierre Léman (ancien directeur des antiquités historiques). Elle passait par Houplines, Armentières, Lomme, Lambersart, La Madeleine, Fives, Bouvines, Mortagne.
Fives (Fivis, Finis) est considérée comme ayant servi de borne frontière. Cette frontière aurait-elle, par la rue Roger-Salengro, coupé Hellemmes en deux ?
Lors de la construction de l'école des apprentis (pour le compte de la SNCF), les fondations d'une villa gallo-romaine ont été mises au jour.
Le nom de la terre Rien ne vient à l'appui de la légende selon laquelle Hellemmes aurait été fondée par un certain Helemus. En effet, c'est la terre qui donnait son nom au seigneur et non l'inverse. L'adoption du nom d'une terre plus prestigieuse était courant. Certains, préféraient même la mention d'une avouerie plutôt que leur titre.
La fixation des blasons date du . Il faut cependant attendre le pour qu'Hellemmes ait le sien (Sébastien Dore, héraldiste, tenait à jour l'armorial de France). Louis XIV avait besoin de ressources. Le « blasonnage » donnait lieu à des taxes d'enregistrement : communes, métiers, abbayes, etc. furent tenus d'en avoir un. Il est dit de vair, soit constitué de petites pièces en forme de clochetons d'azur et d'argent placés tête-bêche.
Bernard Derosier, maire, a changé ces armoiries afin de les moderniser (il serait alors plus judicieux de parler de logo). Quinze triangles bleus posés quatre, quatre, quatre, trois, devaient symboliser l'industrie et la métallurgie et une pensée pour le CITTN, ruche d'entreprises qu'il avait voulu voir s'implanter sur Hellemmes. Le nom Hellemmes et la mention « commune associée à Lille » s'inscrivaient en noir.
En 2001, Gilles Pargneaux, successeur de Bernard Derosier, veut également mettre sa « patte » au symbole communal. Les triangles ne sont plus qu'au nombre de six, plus gros, cinq de couleur bleue, un légèrement décalé afin de donner une idée de mouvement, de couleur jaune. Ce nouveau logo a été présenté aux habitants le lors de la traditionnelle cérémonie des vœux.
Hellemmes avant les documents écrits
Les découvertes archéologiques sur le territoire de la commune sont rares.
En 1963, lors de la construction de l'atelier des apprentis SNCF, rue Danton, des structures interprétées comme datant de l'époque gallo-romaine ont été mises au jour: une aire en argile durcie ; des fondations.
Rue du Blason, une monnaie « romaine » a été trouvée, mais l'inventeur a toujours refusé de la confier pour une identification plus précise.
Un four à céramique (le dépotoir n'a pas été fouillé) situé à Hellemmes, et non pas à Lézennes, daté du début de la Tène.
Le sondage effectué à l'emplacement de l'ancienne annexe Fénelon fera l'objet d'un développement au chapitre consacré à l'église Saint-Denis.
Il faut remarquer qu'un certain nombre de sites auraient mérité d'être exploités, par exemple : l'alignement de pierres calcaires (un seul lit) face à la boulangerie Tollenaere, mis au jour lors des travaux annexes du métro ; un mur, probablement d'une ancienne ferme, angle de la rue Delemazure et du sentier du Curé lors de l'aménagement en parking ; emplacement d'une autre ferme à l'angle des rues Marceau et Roger-Salengro (face à l'école de musique). etc.
Fiefs et censes Tout le système féodal était basé sur un rapport de suzeraineté à vassalité, à l'origine, le plus fort apportant sa protection au plus faible. La propriété ne devenait qu'une mise à disposition de biens. Au décès du détenteur, le foncier était remis au suzerain, qui le transférait alors au héritiers du défunt moyennant un droit dit de mainmorte, ce qui n'interdisait pas une confiscation. L'usage des biens était soumis, outre les divers impôts, à une redevance soit en hommes d'armes pour les nobles, soit en nature (puis en argent) pour les roturiers. Encore fallait-il faire la différence entre les fiefs nobles et ceux tombés en roture.
Dépendant du monastère de Marquette au , Helemes apparaît en 1174 dans le cartulaire de Loos. La première mention de la paroisse parait dans un acte de 1276 par lequel Michel d'Allennes vend à Marguerite, comtesse de Flandre et de Hainaut « ung lieu et manoir… la terre de latre de hellemes et la masure dou prestrage de la paroce de hellemes furent prises et esclucies de le dite terre lequel lieu terres rentes et le disme dessus dite li dis mikiel tenait en fief de hellin sires de Chisoing ».
Hellin de Cysoing, seigneur de Cysoing, de Bourghelles, etc., ber de Flandre et avoué de l'abbaye du lieu, fils de Arnould et de Mathilde de Lille, était marié avec Alix de Diest, fille d'Arnould et d'Isabeau de Mortagne. Il descendait d'Étienne de Landas qui, ayant épousé l'héritière de Cysoing vers 1111, changea son nom pour celui de Cysoing.
La famille de Landas est connue depuis le . Selon une certaine légende, les de Landas descendraient des marquis d'Este (ou Aste), en Italie. Famille très puissante, ses membres avaient le pas (priorité) sur le comte de Wavrin. Armes des de Landas : parti émanché d'argent et de gueules de dix pièces.
Fief d'Hellesmes Fief vicomtier tenu de la seigneurie de Roubaix à 10 livres de relief à la mort de son possesseur consistant en 12 bonniers et demi de terres à labour sises sur la route de Lille à Tournai, en rentes sur des héritages s'étendant sur Hellemmes, Lille, La Madeleine et en deux hommages.
Maison d'Hellemmes Dans un cartulaire de l'abbaye de Bourbourg de 1130, nous trouvons trace d'un Rogierus de Helemis, sans indication d'origine.
Une famille D'Hellemmes n'en est pas moins attestée dans un acte de 1136 par lequel Thierry, comte de Flandre, confirme diverses donations faites au profit de l'église Saint-Martin de Fives. Sont nommés : Robert de Helesmes : une terre à une rasière