Les élections législatives népalaises de 2026 ont lieu le afin d'élire les 275 députés de la Chambre des représentants du Népal.

Organisées de manière anticipée après la chute du gouvernement du Premier ministre Khadga Prasad Sharma Oli à la suite de manifestations de grande ampleur, les élections conduisent à un renouvellement en profondeur du parlement. Les principaux partis tant du gouvernement que de l'opposition s'effondrent en effet au profit du Parti national indépendant (RSP), qui remporte une large majorité des sièges. Son dirigeant, Balendra Shah, prête serment au poste de Premier ministre le 27 mars suivant. Contexte Parlement sans majorité et instabilité ministérielle Les élections législatives népalaises de 2022 élisent un Parlement sans majorité dans un contexte de forte instabilité politique. Les élections manquent en effet par deux fois d'être organisées de manière anticipée un an plus tôt, en raison de dissensions au sein du Parti communiste marxiste-léniniste unifié au pouvoir, qui mènent en mai 2021 à la chute du gouvernement du Premier ministre sortant Khadga Prasad Sharma Oli. La dissolution du Parlement est cependant invalidée chaque fois par la Cour suprême, jusqu'au vote de confiance début juillet du nouveau Premier ministre Sher Bahadur Deuba, chef du Congrès népalais.

Les résultats du scrutin sont contrastés. Comme en 2017, le Parti communiste marxiste-léniniste unifié arrive en tête des suffrages, suivi du Congrès népalais et du Parti communiste unifié maoïste, mais les deux partis communistes enregistrent un fort recul après deux années de dissensions ayant mené à la rupture de leur coalition. De même, les partis de la coalition sortante menée par le Congrès népalais obtiennent un total cumulé de siège supérieur à celui de tout autre groupe, mais ne parviennent pas à obtenir la majorité absolue. Formée par la réunion en 2021 de la quasi-totalité de l'opposition, la coalition souffre par ailleurs de sa composition hétéroclite, qui allie les maoïstes à leurs adversaires congressistes des élections précédentes. L'absence de majorité claire conduit à de difficiles négociations en vue de la formation d'un gouvernement de coalition.

Le scrutin aboutit finalement à un retournement d'alliance : le Parti communiste maoïste se rallie au Parti communiste marxiste-léniniste, reformant ainsi leur coalition de 2017, élargie à plusieurs autres partis. En échange de son ralliement, le dirigeant des maoïstes, Pushpa Kamal Dahal, obtient le poste de Premier ministre le 26 décembre 2022PM Dahal takes oath of office and secrecy wearing Daura-Suruwal . Il forme un gouvernement de coalition avec le Parti communiste du Népal (marxiste-léniniste unifié). Il obtient également le soutien du Parti national indépendant de Rabi Lamichhane en échange d'une commission de lutte contre la corruption aux pouvoirs élargisWe joined govt after commitment to form a body to probe corruption cases: Lamichhane ....

La coalition ne tient cependant que trois mois, l'élection présidentielle de mars 2023 étant l'occasion pour Dahal de négocier le retour à la coalition préexistante tout en se maintenant au poste de Premier ministre, en échange de l'élection à la présidence de Ram Chandra Poudel, membre du Congrès népalais. Malgré une entrevue de dernière minute entre Oli et Dahal le ., ce dernier annonce le même jour le soutien de sept partis envers la candidature de Ram Chandra Poudel avancée par le Congrès népalais., ainsi que le rétablissement à venir de la coalition en place avant les législatives de 2022.. Ram Chandra Poudel est élu à une large majorité et prend ses fonctions le , marquant ainsi une alternance à la tête de l’État au profit du Congrès népalais..

Cette coalition est cependant rompue à son tour en , lorsque la coalition PCN (M)-PCN (MLU) est de nouveau rétablie..

Celle-ci est cependant remplacée dès par une grande coalition entre le PCN (MLU) et le Congrès., et Khadga Prasad Sharma Oli redevient Premier ministre. Selon l'accord, il doit exercer le pouvoir pendant 18 mois, avant que Sher Bahadur Deuba ne lui succède..

Manifestations de 2025 Le , de vastes manifestations se déroulent après la suspension de 26 réseaux sociaux, tandis que la répression policière entraîne la mort d'au moins vingt-une personnes. Plus largement, la colère populaire est alimentée par le train de vie jugé fastueux de la classe politique tandis que la plupart des habitants vivent dans la pauvreté. « Les manifestations sont alimentées par la frustration de la jeunesse et leur perte de confiance envers l'autorité. Ils se sentent exclus des prises de décisions », a analysé Yog Raj Lamichhane, professeur à l'université de Pokhara. Dans la soirée, KP Sharma Oli ordonne le rétablissement des réseaux sociaux et l’ouverture d’une enquête « indépendante » sur les conditions dans lesquelles la police a ouvert le feu sur la foule.

Le lendemain, le Parlement, des bâtiments publics et les domiciles d'hommes politiques, dont le sien, sont incendiés.. Khadga Prasad Sharma Oli annonce le même jour sa démission. Il est évacué par hélicoptère.

Après les manifestations népalaises de la génération Z de 2025 qui renversent le gouvernement de Khadga Prasad Sharma Oli, Sushila Karki est nommée Premier ministre par intérim afin de maintenir la continuité administrative après les manifestations et de préparer la formation du prochain gouvernement au Népal.

Système électoral vignette|Bâtiment du parlement à Katmandou. Le Népal est dotée d'un parlement bicaméral, dit Parlement fédéral, dont la Chambre des représentants est la chambre bassepdf Constitution du Népal, article 83. Elle se compose de 275 députés élus pour un mandat de cinq ans selon un mode de scrutin parallèle. Sont ainsi à pourvoir 165 sièges au scrutin uninominal majoritaire à un tour dans autant de circonscriptions électorales, auxquels se rajoutent 110 sièges pourvus au scrutin proportionnel plurinominal de liste avec seuil électoral de 3 % dans une unique circonscription nationalepdf Constitution du Népal, article 84. Les électeurs votent ainsi sur deux bulletins de vote séparés. Les députés élus au scrutin majoritaire mais appartenant à un parti ayant échoué à atteindre le seuil électoral sont classifiés au parlement comme indépendants.

Chaque parti se voit attribuer un logotype officiel représentant un objet dessiné de manière simple et reconnaissable, afin que même les individus ne sachant ni lire ni écrire puissent voter. L'analphabétisme touche en effet plus de 30 % de la population adulte au Népal..

Résultats +Résultats des élections législatives népalaises de 2026.Fichier:House_of_Representatives_Nepal_2026.svg PartisProportionnelleCirconscriptions Total +/- Voix % +/- Sièges Voix % Sièges +/- Parti national indépendant (RSP) 47,8457 44,17 125182 Congrès népalais (NC) 16,2420 19,08 1838 Parti communiste du Népal (marxiste-léniniste unifié) (CPN (UML)) 13,4416 15,42925 Parti communiste népalaisIssu de la fusion du Parti communiste du Népal (centre maoïste) et du Parti communiste du Népal (socialiste unifié). (NCP) 7,499 9,27 817 Shram Sanskriti Party (SSP) 3,564 2,8937 Parti national démocratique (RPP) 3,054 1,9715 Parti socialiste populaire du Népal (PSPN)1,680 1,8400 Rastriya Pariwartan Party (RPP) 1,590 0,1000 Parti Janamat (JP)0,730 0,6100 Coalition –– 0,570 0,4800 Parti des travailleurs et des paysans (NWPP)0,390 0,3900 Rashtra Nirman Dal Nepal (RNDN)0,370 0,0500 Front populaire national (RJ)0,270 0,2400 Coalition –BEPN–NJP0,270 0,1000 Nepal Janata Sankrishna Party (NJSP)0,260 0,0100 Pragatisheel Loktantrik Party (PLP) 0,230 0,2400 Parti communiste du Népal (maoïste) (CPN (M)) 0,220 0,3000 Autres partis40 partis, moins de 0,20 % chacun.1,84–0 3,1000 Indépendants 0,9811 Suffrages exprimés 96,0594,55 Votes blancs et invalides 3,95 5,45 Total 100 – 110 100 165 275 Abstentions40,3340,92 Inscrits / participation59,6759,08

Analyse et conséquences vignette|redresse|Parti arrivé en tête par district vignette|redresse|Parti arrivé en tête par circonscription

Le scrutin est une large victoire pour le Parti national indépendant (RSP) du maire de Katmandou, Balendra Shah, qui opère un raz de marée électoral en remportant près de 48 % des suffrages exprimés et décroche de très loin la majorité absolue des sièges, manquant de peu à lui seul la majorité des trois cinquième. Il arrive en tête dans six des sept provinces, et obtient le deuxième meilleur résultat d'un parti dans l'histoire du Népal, après celle du Congrès népalais aux premières élections organisées dans le pays en 1959. Ce même Congrès subit quant à lui le pire résultat électoral de son histoire, tandis que le Parti communiste marxiste-léniniste unifié et le Parti communiste népalais ne se maintiennent que dans leurs bastions électoraux respectifs dans les provinces montagneuses. Bénéficiant du soutien du RSP pendant la campagne, l'activiste Mahabir Pun est le seul candidat indépendant a remporter un siège.

La victoire du parti est percue comme une conséquence des manifestations de 2025 intervenues quelques mois plus tôt, consacrant ainsi l'accession au pouvoir d'une nouvelle génération de dirigeants. Dans sa circonscription, Balendra Shah défait très largement l'ex-Premier ministre Khadga Prasad Sharma Oli avec d'avance.. Il prête serment et devient Premier ministre le , succédant à Sushila Karki.

Notes et références Notes

Références

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