vignette|publicité pour une clinique d'avortement a East London, Afrique du Sud. L'avortement en Afrique du Sud est légal sur demande (sans justification) lorsque la grossesse est inférieure à . Il est également légal d'interrompre une grossesse entre la et la semaine si la poursuite de la grossesse risque d'affecter significativement la situation sociale ou économique de la femme ou si elle présente un risque de préjudice pour sa santé physique ou mentale. Les femmes peuvent également interrompre une grossesse s'il existe un risque substantiel que le fœtus souffre de graves problèmes physiques ou mentaux, ou si la grossesse résulte d'un viol ou d'un inceste. Au cas où la grossesse est supérieure à , l'interruption est légale si la vie du fœtus est en danger ou s'il existe un risque de malformations congénitales graves.

L'avortement est gratuit dans certains hôpitaux et cliniques publics. Une demande pour ce service doit être déposée auprès d'une clinique de soins primaires et une lettre d'orientation vers un établissement proposant des soins d'avortement sera fournie. L'avortement est payant dans les cliniques privées. Marie Stopes South Africa et Abortion Support South Africa fournissent des pilules abortives à usage domestique (avortement autogéré) dans tout le pays.

Histoire

L'Afrique du Sud précoloniale L'avortement et l'exposition des nourrissons étaient des pratiques courantes et répandues en Afrique du Sud précoloniale, chez les peuples bantous et khoisans. Ils considéraient que la personnalité commençait bien après la naissance et croyaient que les jeunes enfants « ne sont que de l'eau, qu'un utérus ». Il était donc tabou de pleurer ou de pratiquer des rites funéraires normaux pour les fausses couches naturelles, les mortinaissances et autres décès infantiles. En période de privation, l'infanticide était autorisé afin de préserver les ressources, notamment chez les Khoïkhoï et les San, nomades et incapables de s'occuper de plus de deux jeunes enfants à la fois. Il était courant chez les peuples bantous de tuer les jumeaux, les enfants malformés ou les nourrissons atteints d'albinisme.

Selon Hugh A. Stayt, auteur d'un livre ethnographique de 1931 sur le peuple VhaVenda intitulé The Bavenda:

Dans son livre, Histoire des Basuto sur les Basotho, David Frédéric Ellenberger écrit:

Ère postcoloniale et apartheid L'avortement a été légalisé pour la première fois en Afrique du Sud en vertu de la loi sur l'avortement et la stérilisation de 1975 (loi de 1975)Guttmacher, Sally, et al. “Abortion Reform in South Africa: A Case Study of the 1996 Choice on Termination of Pregnancy Act.” International Family Planning Perspectives, vol. 24, no. 4, Guttmacher Institute, 1998, , https://doi.org/10.2307/2991980.. Cette loi stipulait que les femmes pouvaient accéder à l'interruption de grossesse si la poursuite de la grossesse pouvait mettre leur vie en danger ou entraîner de graves problèmes de santé. La loi les autorise également à recourir à cette pratique si la poursuite de la grossesse présente un risque grave pour leur santé mentale et si l'enfant était susceptible de naître avec des malformations physiques ou mentales irréparables importantes. Les dispositions légales permettaient aussi aux femmes d'avorter si le fœtus est conçu par viol ou incesteRepublic of Namibia, Annotated Statues 'Abortion and Sterilization Act 2 of 1975 (RSA)'https://www.lac.org.na/laws/annoSA/MEDICINE%20(1975)%20-%20Abortion%20and%20Sterilization%20Act%202%20of%201975%20(annotated).pdf. Cette disposition est par la suite annulée le , lorsque la loi sur le choix de l'interruption de grossesse (loi 92 de 1996) est entrée en vigueur.

Avant la légalisation en 1975, l'avortement était interdit dans tout le pays. Cependant, certaines femmes blanches pouvaient demander à des médecins privés de pratiquer une dilatation et un curetage, au motif que la poursuite de la grossesse menaçait leur bien-être mental. Ce n'était généralement pas une option pour les femmes de couleur, en raison du régime d'apartheid, ce qui signifie que le choix des médecins de pratiquer cette procédure était un risque à la fois personnel et professionnel. Les femmes noires et celles d'origine mixte devaient souvent recourir à des avortements clandestins ou à leurs propres efforts pour mettre fin à leur grossesse, ce qui entraînait souvent des blessures graves et des décès.

La loi sur le choix de l'interruption de grossesse, entrée en vigueur en 1997, permet désormais à toutes les femmes d'avoir accès à l'avortement au cours de leur premier trimestre et selon les modalités susmentionnées après la semaine de grossesse.

Les dispositions légales En Afrique du Sud, une femme de tout âge peut avorter sur demande et sans justification si elle est enceinte de moins de . Il est conseillé aux mineures de consulter leurs parents, mais la décision leur appartient. De même, une femme mariée ou en couple avec un partenaire de longue date est invitée à les consulter, mais là encore, cette décision lui appartient. Des exceptions à cette règle s'appliquent aux femmes souffrant de troubles mentaux graves ou en état d'inconscience continue. Ces dernières ont besoin du consentement du conjoint, des parents ou du tuteur légalRepublic of South Africa, Government Gazette 'Choice on Termination of Pregnancy Act, 1996' https://www.gov.za/sites/default/files/gcis_document/201409/act92of1996.pdf.

La Constitution ne mentionne pas explicitement l'avortement, mais deux articles de la Déclaration des droits mentionnent les droits reproductifs . L'article 12(2)(a) stipule que « Toute personne a droit à l'intégrité physique et psychologique, ce qui inclut le droit de prendre des décisions en matière de procréation », tandis que l'article 27(1)(a) stipule que « Toute personne a droit à l'accès... aux services de santé, y compris aux soins de santé reproductive ». Dans l'affaire Christian Lawyers Association c. Ministre de la Santé, une organisation anti-avortement contestait la validité de la loi sur le choix de l'interruption de grossesse au motif qu'elle violait le droit à la vie garanti par l'article 11 de la Déclaration des droits. La division provinciale du Transvaal de la Haute Cour a rejeté cet argument, statuant que les droits constitutionnels ne s'appliquent qu'aux personnes nées, et non aux fœtusChristian Lawyers Association of SA and Others v Minister of Health and Others 1998 (4) SA 1113 (T) (10 July 1998).

Les agents de santé ne sont pas obligés de pratiquer ou de participer activement à un avortement s'ils ne le souhaitent pas; cependant, ils sont obligés par la loi d'aider si cela est nécessaire pour sauver la vie de la patiente, comme dans une situation d'urgence. Un agent de santé qui est approché par une femme pour un avortement peut refuser s'il choisit de le faire, mais est obligé par la loi d'informer la femme de ses droits et de l'orienter vers un autre agent de santé ou un établissement où elle peut se faire avorter. La plupart des centres d'avortement fourniront des conseils avant et après l'avortement, ce que les femmes peuvent légalement exiger, mais il n'est pas légalement obligatoire que les centres d'avortement le fournissent sans demande.

Les sages-femmes correctement formées peuvent pratiquer des avortements tout au long du premier trimestre. Cependant, au-delà de la semaine de grossesse, seuls les médecins peuvent les pratiquer. Malgré cela, les infirmières peuvent administrer les médicaments et prendre en charge les patientes tout au long de ces procédures. En 2008, des modifications ont été apportées à la législation afin de garantir que les infirmières ayant reçu la formation requise puissent également pratiquer ces interventions.

Inégalités et implications de l'avortement L'Afrique du Sud post-apartheid demeure divisée par des inégalités interdépendantes, qui vont au-delà de la race et touchent aussi à la géographie, à la culture, à l'éducation, à la richesse, etc. Ces inégalités empêchent non seulement les femmes d'accéder à l'avortement, mais aussi d'être informées sur ce sujet.

Inégalités géographiques Bien que toutes les femmes en Afrique du Sud aient droit à l'avortement, en réalité, les facteurs géographiques interviennent souvent dans l'accès à l'avortement. Favier et al ont constaté que les femmes urbaines connaissaient mieux leurs droits et savaient comment trouver les services locaux, tout en étant plus proches des services d'avortement.

Inégalités raciales Historiquement, les femmes blanches avaient un meilleur accès aux services d'avortement, soit par l'intermédiaire de médecins privés comme mentionné précédemment, soit en raison de leurs finances qui leur permettaient de se rendre en Angleterre et aux Pays-Bas pour subir de telles procédures. Avec l'adoption de la loi de 1975, les femmes noires n'étaient toujours pas en mesure d'accéder à des services d'avortement sûrs, car elles n'étaient pas autorisées à utiliser les hôpitaux blancs en vertu des lois de l'apartheid. Une étude de 1994 a montré que 90% des femmes admises à l'hôpital après des avortements incomplets étaient noires, de même que toutes celles qui sont décédées des suites d'avortements illégaux. Historiquement et actuellement, les femmes noires sont confrontées aux pires conséquences des avortements illégaux, dangereux et légaux.

Inégalités financières En Afrique du Sud, il n'existe pas de système de santé unique, mais un système public et un système privé qui fonctionnent en parallèle. 80% de la population dépend du système public, mais seulement 20% des médecins y travaillent. Il en résulte d'importantes inégalités de santé liées à la richesse: les citoyens des classes moyennes et supérieures bénéficient d'excellents soins de santé, tandis que ceux qui dépendent du système public souffrent de ressources insuffisantes, d'un manque d'intimité et d'une forte surpopulation. Malheureusement, cela reflète l'accès aux services d'avortement: les femmes qui ne peuvent pas accéder aux services locaux d'avortement en raison d'un manque de personnel disposé à pratiquer les interventions, sont obligées de recourir à des services privés hors de leur portée financière.

Implications culturelles De nombreuses femmes choisissent de recourir à des avortements informels ou clandestins par crainte d'être stigmatisées par les professionnels de santé. C'est souvent le cas des travailleuses du sexe, qui peuvent croire que la confidentialité et l'anonymat d'une telle procédure l'emportent sur les risques potentiels pour leur santé. Cela illustre l'attitude de nombreux Sud-Africains, qui décrivent les femmes qui cherchent à avorter comme des pécheresses, indignes du mariage, voire des sorcières.

En Afrique du Sud, 80% de la population dépend de la médecine traditionnelle, ce chiffre atteit 90% dans les zones rurales pour des raisons à la fois culturelles et économiques. Steenkamp a découvert que de plantes ont été recensées comme étant utilisées par les guérisseurs traditionnels en Afrique du Sud pour provoquer l'interruption d'une grossesse.

Âge Mchunu et al. indiquent que plusieurs études ont identifié les facteurs prédictifs de pratiques sexuelles à risque au début de l'adolescence. Il s'agit des caractéristiques individuelles, sociodémographiques, familiales et relationnelles. On note également la pauvreté, les schémas culturels et familiaux d'expérience sexuelle précoce et l'absence d'objectifs scolaires ou professionnels. Cela montre comment une combinaison des facteurs mentionnés ci-dessus peut entraîner une augmentation des relations sexuelles prématurées et donc des avortements, affectant certaines personnes de manière disproportionnée plus que d'autres. La grossesse à l'adolescence réduit le niveau d'éducation des jeunes femmes, ce qui se traduit par de moins bonnes perspectives de vie et une faible éducation à l'avortement.

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