Ben Corlaciu, de son vrai nom, Benedict Corlaciu, est un écrivain roumain réfugié en France, né à Galați le , et mort à Paris le .

Biographie Benedict Corlaciu est le fils de Niculae Corlaciu, gendarme originaire des monts Apucènes, et de son épouse Rozalia. Il a passé son enfance dans le village de Maramureș. Après avoir fréquenté l'école primaire et le lycée à Bucarest , il est diplômé de la faculté de lettres et de philosophie de l'université de Bucarest en 1947.

Il commence à écrire des poèmes alors qu'il est encore au lycée. En 1941, Corlaciu a fait partie du groupe antifasciste d'avant-garde Cercul de la Albatros lié à la revue Albatros, aux côtés de Geo Dumitrescu et Dinu Pillat, Constant Tonegaru, Dimitrie Stelaru, Eugen Barbu etc.. En 1944, il rejoint la Société des écrivains roumains. Il fait ses débuts dans la publication d’Albatros et contribue également à Vremea, Democrația, Fapta, Săptămâna Culturală a Capitalei, Universul literar, Viața socială, Victoria et Revista Fundațiilor Regale.

Il a été correcteur d'épreuves au journal Timpul, rédacteur à Frontul plugarilor et Flacăra. En 1944, il est membre de la Société des écrivains roumains. En 1949 il est membre fondateur de l'Union des écrivains de Roumanie. Mais dès 1954, au cours d'une réunion présidée par Mihai Beniuc, il est jugé avec Geo Dumitrescu et exclu de cette association car il n'écrivait pas à la manière des poètes prolétariens. Ses ouvrages sont retirés des bibliothèques publiques et son nom n'est plus mentionné dans les publications. Surveiller par la milice, pour survivre, il est figurant au Teatrul Tineretului (Théâtre de la Jeunesse) de Bucarest.

Il est réadmis à l'Union des écrivains de Roumanie en 1965 et adhère au Parti communiste roumain. Il est nommé directeur responsable culturel à la Maison des écrivains de Bucarest entre 1965 et 1968 puis rédacteur en chef de l’Almanahului literar al Uniunii Scriitorilor din România (Almanach littéraire de l'Union des Écrivains Roumains) de 1968 à 1970.

En 1975, au cours d'un voyage politique il a demandé et obtenu l'asile politique en France. Il s'est installé à Paris où il a commencé à travailler comme gardien d'hôtel avant d'entamer une carrière de journaliste au Figaro, à Apozitia, à Limite et à Vremea.

Il fait une grève de la faim pendant 27 jours, jusqu'au , pour obtenir que son épouse Florice et ses enfants puissent le rejoindre en France.

À la suite de son départ en France, le régime communiste a interdit ses œuvres et a radié son nom des dictionnaires littéraires et historiques.

En 1981, il est retrouvé essoufflé dans le métro parisien. Il est décédé le . Il est inhumé au cimetière de Montmartre, .

Publications Il publie son premier recueil de poésie, Tavernale (Taverne, collection Cadran), en 1941, qui est suivi de Pelerinul serilor (Le Pèlerin du soir éditions Alfa) en 1942, Arhipelag (Archipel, éditions Prometeu) en 1943 et Manifest liric (Manifeste lyrique) en 1945 (prix Editura Forum). Ces recueils sont marqués par une attitude de révolte spectaculaire, aux accents avant-gardistes, mais aussi par le symbolisme de George Bacovia.

Il publie de la poésie en 1969, avec l'anthologie Poezii qui comprenait non seulement l'œuvre précédente, mais aussi une vaste section intitulée Postumele et couvrant la période 1945-1967. Ces derniers poèmes témoignent d'un abandon du poème manifeste et d'une évolution vers des formes de lyrisme plus intérieures. En 1972 Poeme florivore marque un retour au style poétique antérieur. Son titre initial, Explozia sertar, fut censuré , mais autorisé à paraître dans l'anthologie Starea de urgentă, également de 1972. Son dernier recueil de poésie fut Arcul biologic, publié en 1974.

Il a publié des romans, Moartea langa cer (La Mort près du ciel, Editura pentru Literatura) en 1946 avec 122 pages, réécrit et complété entre 1946 et 1966, réédité en 1967 avec 229 pages, Cazul Doctor Udrea (éditions Pentru Literatură) en 1959 puis 1961, Baritina (éditions Pentru Literatură) en 1965, Când sîntî cum moare vântul (Quand tu sens le vent mourir) en 1972.

Il a écrit des nouvelles, La trântă cu munții, 1949, Candidatul, 1950, Timpii de aur (L'Âge d'or), 1951, Pâinea păcii (Le Pain de la Paix), 1951, Noaptea de la Ipotesti (La Nuit à Ipotesti), 1957, et Strigoaica si casa nebuna (Le Fantôme et l'asile), 1973.

Il a aussi été traducteur en langue roumaine. Il a traduit Le Petit Prince d'Antoine de Saint-Exupéry en 1962. En collaboration avec Geo Dumitrescu il a traduit My Life d'Isadora Duncan. Il a aussi traduit des poèmes de Blaise Cendrars.

Ses mémoires Tout espoir sera puni. Par un écrivain roumain réfugié à Paris'' sont publiées à Paris en 1984.

Notes et références

Annexes Bibliographie

Liens externes

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